Dimanche 15 avril 2018 : Un Raton. Et 28 sangliers !

Cime du Raton (2066 mètres) depuis Les Launes (1498 mètres).

 

Un risque 4, ça donne toujours à réfléchir. Et ça calme tout net nos envies de Millefonts… Des scores d’anthologie sont annoncés à la suite des dernières chutes de neige d’avril : 1 mètre de neige serait tombé sur Isola ! Gabriel, Eric, Michel et Tony décident d’emmener leur bande de raquettistes gourmands de neige fraîche sur une des crêtes Cians/Var, peu exposée au risque avalanche, mais nous permettant de ne pas relâcher notre entraînement, dans la perspective du prochain week-end à Estenc qui s’annonce sportif…

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Le parking des Eguilles, déserté depuis la fermeture de la station de Valberg, est tout libre pour nos voitures et notre grand déballage dominical de sacs, chaussures, raquettes, victuailles, bâtons, pelles, sondes et autres DVA. Au top départ, comme par magie tout est sur les dos, aux pieds ou dans les coffres, un rituel bien rodé. Direction le contrôle DVA, assuré par Michel, déjà en forme et en verve.

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Départ en une seule colonne par la piste du bois de Tailler. Gabriel ne s’attendait sans doute pas à devoir tracer comme en plein hiver dans 30 centimètres de neige… On suit sa trace présidentielle jusque dans ses moindres zigzags, tout le monde tenant à profiter de la belle tranchée qui s’élabore au fur et à mesure de l’avancée du groupe.

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Haaaalte ! Pour nous tirer de notre marche automatique, tous les 250 mètres environ, des ateliers de type accrobranche sont organisés ! Le poids de la neige lourde, conjugué aux fortes rafales de vent des derniers jours, a déraciné ou cassé de nombreux épicéas et sapins, encore tout chargés de leurs pignes odorantes.  L’allure du groupe s’en ressent : il faut passer à quatre pattes, en bons sangliers que nous sommes, ou jouer aux écureuils, de branche en branche. Quant aux bâtons, certains les utilisent à la manière des funambules, pour garder l’équilibre ; ou à la manière des majorettes, pour faire de jolis moulinets. Nous franchissons les obstacles, avec plus ou moins de panache et d’élégance dans le lever de jambe, mais avec efficacité.

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DSC07100Fleurant bon la résine fraîche, mais las d’enjamber, de contourner, de ramper « sous » ou de grimper « sur », Gabriel abandonne la piste et ses obstacles pour viser l’Adrech de Forche. Mais voilà que s’annonce un autre type d’épreuve : tracer en pleine pente, dans la forêt ou dans les buis, dans une neige de plus en plus épaisse et lourde. Les bonnes volontés ne manquent pas, dames et messieurs se relaient en tête, sous les hourrah.

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Mica prend part à ce labeur collectif et réussit non seulement à nous faire une trace efficace, mais également à prendre de l’avance, tout en exhortant le groupe à tout donner. Maintenant ! Courage ! Quelle énergie !

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Et voilà enfin la crête, avec la vue panoramique qui justifie comme toujours tant d’efforts : le télésiège de Barzès arrive juste là. En le suivant, on peut refaire à rebours la si belle rando en crête que Denis nous avait offerte il y a quelques semaines entre cime du Pra et tête de la Colombière. Le Pelat, au loin, nous fait de l’œil, d’un blanc insolent. Plus près de nous, dôme de Barrot, Mounier et Cluots rejouent l’hiver en plein printemps.

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Faux espoir à la cime du Faux Raton ! C’est le « vrai » Raton qu’il nous faut apprivoiser pour valider la course… Encore un effort. La tête de Rigaud apparait enfin : nous sommes arrivés !

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DSC07142Nous poursuivons nos pérégrinations par la crête du Bois Noir, qui domine les impressionnantes barres de l’Illion. C’est toujours une surprise de constater les différences incroyables qui peuvent exister entre les différents versants d’une montagne : prairies à vaches d’un côté, couloirs et falaises verticales de l’autre.

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20180416093345-afe536b2Pique-nique dans les sous-bois… mais ne levons pas trop la tête de peur d’attraper le tournis… Le vent souffle comme un fou, là-haut, et les mélèzes, si souples, se balancent dans tous les sens. Le BERA est élevé, aujourd’hui : Bulletin d’Estimation des Risques « Arbres »…

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DSC08382Maintenant, rejoindre la piste : droit dans la forêt, et droit dans la pente ! La neige se fait lourde, elle est humide en profondeur mais nous n’avons que celle-là à nous mettre sous la raquette… Voilà l’occasion de travailler le planter du bâton… Après une mémorable descente à trous multiples, félicités ou raillés par le chant d’un Pic noir (merci Philippe pour l’identification de cet oiseau), nous retrouvons enfin ! la piste presque plate, son confort, et… ses arbres en travers : et c’est reparti pour un deuxième parcours d’accrobranche.

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Rando au dénivelée modeste, certes, et pas de passages techniques : et pourtant, nous nous écroulons au bistrot de pays de Beuil dans un grand Ouf ! collectif. Cette longue descente dans une neige difficile a eu raison de notre restant d’énergie. Heureusement, de bonnes choses circulent sur les tables pour nous requinquer, merci aux pâtissières ! Et Gabriel, en prononçant les mots magiques « week-end à Estenc », nous guérit instantanément de notre fatigue, et rallume des petites étincelles dans nos yeux.

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Bourrasques fantasques en Gordolasque !

G1 : lac Niré, 2353 mètres (dénivelée = 850 mètres ; distance =13km

G2 : refuge de Nice, 2232 mètres (dénivelée = 600 mètres ; distance =10km

 

 

À la queue leu leu, nous remontons le cours de la jeune Gordolasque. D’autres raquettistes nous ont précédés. Mais pour eux, pas de sommets en vue : dans leur sac à dos, pas de crampons mais des hameçons. Ce sont des pêcheurs ! Nous les laissons à leur paisible installation , poursuivons en direction du Mur des Italiens et passons à coté de la cabane de  » Belle et Sébastien » feuilleton  T.V  de notre enfance.

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Nous ne sommes « que » 21, aujourd’hui : la météo très moyenne en aura refroidi plus d’un(e). Mais Gabriel, Denis, Eric et Tony sont avec nous pour nous guider en Haute-Gordolasque, sur un circuit où nous avons déjà encaissé un but le 3 avril 2016 : le tour de la tête du lac Autier, via le refuge de Nice et les lacs Niré et Autier. Déjà, c’est la météo qui nous avait renvoyés, penauds, humides et l’oreille basse, dans nos foyers…

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Encore beaucoup, beaucoup de neige, mais elle est déjà bien humide, dès le matin, et elle ne porte guère. Les trois randonneurs « piétons » que nous croisons un peu plus haut poinçonnent la trace de trous très profonds. Nos raquettes nous permettent au moins de survoler ce problème.

 

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De grosses avalanches ont déjà coulé un peu partout, et certaines ont raboté les pentes jusqu’au sol, noires dans le grand blanc environnant. Certaines « boules de neige » semblent inclure des rochers, ou des arbres dont, seules, dépassent quelques branches : on imagine leur force irrésistible, lorsqu’elles dégringolent…

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Un peu de soleil nous accueille au Mur des Italiens. Quelques rayons timides, mais surtout de grosses bourrasques, bien affirmées, elles. En bénissant les uns et en maudissant les autres, nous poursuivons notre marche vers le refuge de Nice, perché sur son promontoire. Le lac est entièrement recouvert de neige mais, ça et là, quelques zones verdâtres, louches et suspectes, nous incitent à contourner l’eau en prenant bien large…

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Refuge d’été et refuge d’hiver sont engloutis sous la neige ! Une sorte de tunnel-galerie donne accès à la porte d’entrée (fermée) du bâtiment principal, et pour y accéder, il faut « descendre », par rapport au niveau de la neige qui nous porte. Impressionnant !

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Le temps et le lieu n’étant pas très propices à la méditation, le G1 (11 personnes) décide de poursuivre vers le lac Niré, sans attendre l’arrivée des 10 copains du G2, qui montent à un rythme un peu moins rapide et qui s’y arrêteront pour casser la croûte, mettant le point final à leur rando du jour, bien à l’abri dans le refuge d’hiver.

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Au lac Niré, tout est figé sous la neige. Seuls, hélas, les nuages défilent à toute allure dans le ciel blanc. Mais pourquoi ne pas continuer encore un peu, jusqu’à apercevoir le passage vers le lac Autier, le Sésame ouvre-toi de ce si beau circuit, histoire de se faire du mal ? Justement, voilà la fameuse baisse, à moins d’une heure, et son accès est déjà tout tracé ! Tous agglutinés sous la tête du lac Autier qui nous regarde de très haut, nous interrogeons tour à tour le ciel, les pentes, la montre, le cœur, la raison… Tempête dans le ciel, tempêtes dans les têtes… On devine, dans le crâne de Gabriel et de Denis, le grincement des balances qui pèsent le pour, le contre, le peut-être, le pourquoi pas…

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C’est la voix de la sagesse qui finit par l’emporter, et tous les participants valident ce choix raisonnable : les bourrasques nous déstabilisent déjà, alors que nous sommes encore sur le plat, qu’en sera-t-il lorsque nous serons en équilibre dans des pentes raides ? Denis fait demi-tour le dernier, après un ultime regard lourd de déception vers la baisse, qui comme souvent les baisses, se trouve « en haut » et pas « en bas »…

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DSC08325Retour au refuge, où le G2 vient de nous chauffer la place. Quel beau petit refuge, et comme on s’y sent en sécurité, alors que le vent et la tempête prennent possession de la montagne. Gabriel, plein d’enthousiasme, déniche un cubi de blanc et un verre, et entreprend de faire circuler le breuvage, mais sans grand succès. Denis aura plus de chance en partageant son Earl Grey brûlant.

 

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Sur le chemin du retour, Eric et Tony coordonnent un exercice de recherche de DVA pour leur groupe. Ils ont raison : rien ne remplace la pratique. Et même en pratiquant, on ne sera jamais certain d’avoir les bons réflexes si, par malheur, il fallait intervenir en situation réelle, lorsque le stress et l’urgence compliquent les choses de manière dramatique.

 

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Retour de la troupe encapuchonnée, au pas de charge, vers les voitures, en file indienne ou en troupeau, selon la configuration du terrain… Les copains du G2 sont déjà en train de se déchausser et l’ami Tony essaie de trouver du réseau car, dans le groupe, il est responsable-en-chef du coup de fil aux Tilleuls qui conditionne l’apothéose finale…

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Il sort de sa manche un sublime gâteau carottes-noix-épices, nous contant avec force détails la fabrication de cette merveille, tout modeste devant nos félicitations. Mais nous ne croyons pas une minute à ses fanfaronnades. Il n’est pas l’auteur de ce chef-d’œuvre : c’est devant Christine qu’il faut s’incliner !

Pâques 2018 Chasse aux œufs (à la neige) dans le Queyras

 

Annie, Patrick et Denis : G1                      Eric et Tony : G2

 

Samedi 31 mars : sommet Bucher (2254 mètres) au départ de Molines-en-Queyras

 Départ de Saint-Martin-du-Var sous une pluie battante, ultime vestige d’un orage mémorable. Le Queyras, « pays où le coq picore les étoiles », est réputé pour être le département français métropolitain qui bénéficie du plus grand nombre de jours d’ensoleillement par an : 300 ! Aucune hésitation : fuyons les intempéries des Alpes-Maritimes et la neige qui tombe au col de Toutes-Aures pour le soleil des Hautes-Alpes !

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Annie planche dur sur ce week-end depuis des semaines, rien n’échappe à sa vigilance et tout ce qui est susceptible d’être anticipé l’a été. Que de temps et d’énergie sont ainsi épargnés grâce à ses capacités d’organisation. Merci et bravo de la part de tout le monde, d’autant que la gestion d’un groupe de 37 pourrait vite devenir un épouvantable casse-tête… Mais non, tout roule !

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Un regroupement sur la première aire d’autoroute après Sisteron permet de faire l’appel : personne ne manque. Certains sont partis la veille, d’autres ont choisi de passer par Seyne, d’autres enfin (honte à la copilote d’une certaine Picasso blanche, hou !) exploreront bien involontairement un itinéraire aussi pittoresque que tortueux du côté du barrage de Serre-Ponçon, en pleine bourrasque de neige.

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Mais tout le monde arrive en temps et heure sur le parking du gîte Les Arolles à Molines-en-Queyras : des noms à faire rêver le plus blasé des montagnards. Le gîte ne pouvant nous accueillir qu’à partir de 16 heures, nous avons donc le loisir de faire une première randonnée au Sommet Bucher, belvédère idéal pour une mise en jambe après le long trajet en voiture, et une mise en appétit avant le plat de résistance espéré pour le lendemain.

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Nous retrouvons avec plaisir dans nos rangs quelques copains dont cheville ou coronaires ont été remises à neuf. Il est vrai que, pour compenser ces réparations, une épaule et quelques genoux nous donnent des inquiétudes…

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La quantité de neige ne cesse de nous arracher des oh ! et des ah ! Espérons que ce n’est pas un poisson d’avril qui fondra dans la nuit… Une neige parfaite, velours et paillettes, sans le moindre traître de caillou embusqué.

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Le sommet Bucher est gravi vite et bien : un beau point de vue en effet. Des deux tables d’orientation faites d’après les relevés de Monsieur Helbronner, l’une affleure à peine, l’autre est entièrement engloutie : Jean s’évertue à la faire apparaître, juste pour confirmer que ce sommet, là, c’est bien la Font Sancte : bravo !

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Redescente via le Col des Prés de Fromage et la chapelle Saint-Simon, à grandes enjambées dans la poudreuse. On a beau connaître cette sensation exquise, on ne s’en lasse pas : le bonheur peut aussi se nicher dans les jambes, dans les pieds, et même dans les raquettes, pourtant réputées « objets inanimés »…

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IMG_9558Tout requinqués par ce grand bol d’air labélisé Parc Naturel Régional du Queyras, nous faisons connaissance avec le gîte et ses propriétaires, Monique et Romain. En chambre, ou en petit dortoir avec salle de bain et toilettes, chacun trouve tranquillement sa place, grâce à la feuille de route préparée par Annie.

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Le goûter et l’apéritif s’enchaînent sans transition : une salle de détente avec canapés, poêle et confortables fauteuils nous accueille le temps de l’apéritif, que beaucoup mettent à profit pour goûter le vin de mélèze du patron. Puis le dîner prend en douceur la suite de l’apéro : on attaque avec une soupe bien chaude, tout-à-fait ce qu’il nous faut !

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Les chambres et dortoirs ont des noms de fleurs, ce qui nous change des Marmottes, Chamois, Bouquetins et autres Dahus. Dans la chambre Ancolie, rien n’engendre la mél-ancolie : Michel est de retour parmi nous, avec sa gaieté qui nous est si chère.

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Ce soir, on donne une représentation du sketch « Michel dort en gîte ». Où l’on voit Michel qui apprend à faire son lit ; où l’on voit ensuite Michel qui cherche en vain son T-shirt bleu (le doux), peste après son T-shirt vert, et se rabat en désespoir de cause sur le T-shirt blanc ; où l’on voit Michel démonter le dortoir pour retrouver cette maudite frontale pour finalement la retrouver, ah c’est ballot, bien accrochée (par lui-même) au sac-à-dos. Allez trouver le sommeil, après avoir trop ri…

 

Dimanche 1er avril : pic de Château-Renard (2989 mètres) au départ de Saint-Véran

 

            Dans la nuit, les cloches de Pâques ont fait leur travail et ont livré, sous les bols de notre petit déjeuner, des petits œufs en chocolat… Nous leur préférons, dans l’immédiat, les yaourts « maison », le pain fait sur place, les bonnes confitures, les céréales et les morceaux de fruits frais pour commencer notre journée de raquettistes.

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Quel beau matin de Pâques : un ciel parfaitement bleu ; les plus hauts sommets qui s’éclairent déjà sous le soleil levant ; un pivert qui doit être tout ébouriffé à force de pilonner son mélèze. Un parfum de printemps souffle sur le Queyras. Aujourd’hui, nous laisserons les voitures à Saint-Véran, à quelques kilomètres de Molines.

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 Nous nous séparons en deux groupes : Annie, Patrick et Denis emmènent le G1 à bon rythme. Eric et Tony encadrent le G2. Les GPS sont réglés sur le pic de Château-Renard, à qui il manque trois fois rien pour mériter le qualificatif honorifique de « 3000 »… Les crampons sont dans le sac, et ils n’en sortiront pas. La neige est tout juste parfaite.

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Ce sommet, très prisé des skieurs (via le téléski du Grand Serre ou pas…) autant que des raquettistes, surplombe Saint-Véran. Mais le direct azimut est à proscrire : de longues traversées prudentes nous permettent de prendre de l’altitude sans jouer avec le feu dans ces interminables pentes.

 

Pic de Château Renard

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Les rochers de la Chaîne Vive une fois contournés, nous arrivons en vue du Pic de Château-Renard où nous ne verrons ni château ni renard, mais les installations d’un observatoire, un temps pressenti pour accueillir un grand télescope, puis dédié à l’étude de la couronne solaire.

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Pic de Chateau Renard et Pic de Rochebrune

La pollution lumineuse étant quasiment inexistante, on se prend à rêver à des levers ou couchers de soleil vus de là-haut… d’autant que l’association Astro-Queyras, qui gère les installations, propose des séjours astronomiques pour clubs ou équipes, avec nuitées sur place… Qui veut bien nous organiser ça, une soirée astro-raquette ?

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 Quelques dizaines de mètres de dénivelée séparent l’observatoire du sommet, c’est dire si le coup de collier final sera bref ! Certains y remonteront même une ou deux fois, juste pour le plaisir de le gravir avec Untel ou Unetelle… Le casse-croûte attendra ! Vue du plateau de l’observatoire, la corniche qui ourle le pic est vraiment impressionnante : nos photographes cliquent vers les quatre horizons, avec la certitude de faire de très beaux clichés :

Rocca Bianca, ColBlanchet, Toillies

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le Viso, le Grand Queyras et le Pain de Sucre sont tout proches, derrière le col Agnel ; au-dessus du refuge de la Blanche culmine la tête des Toillies ; et à nos pieds, le village de Saint-Véran, rendu silencieux par la distance. Et le tout sous un manteau de neige parfaitement uniforme.

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Une halte pique-nique s’organise sur le trajet retour, calculé de façon à nous faire faire la traditionnelle « boucle », un rituel que nous affectionnons particulièrement. Une pente bien raide aura raison d’une paire de bâtons…

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Le groupe s’attarde à  Saint-Véran, qui s’enorgueillit du titre de « plus haute commune d’Europe », avec ses 2040 mètres officiels, et d’un classement parmi les plus beaux villages de France. Ça mérite une visite !  Le village possède un patrimoine architectural, artisanal, scientifique et culturel d’une grande richesse. Il semble bien préservé, les hordes touristiques sont stoppées à l’entrée du village, et n’y accèdent qu’à pied ou en navette.

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On se croirait au cœur d’un album de cartes postales « Queyras nostalgique », avec ses fontaines en bois, ses cadrans solaires, ses balustrades en bois sculpté, et ses maisons qui servent à la fois d’habitation, d’écurie et d’étable et de lieu de stockage des récoltes … Mais l’on y boit aussi de la bonne bière !

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« La fai bun basti de la peyra de sun luo ».

« Il fait bon bâtir avec les pierres de son pays ».

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            Retour au gîte, sa douche bien chaude, son coin du feu, et le petit vin bio de l’apéro qui soutient le moral d’Annie et Tony, très occupés à faire les comptes : encaisser, rendre les chèques d’arrhes, et empiler pièces et billets… Pour cet aspect-là du rôle de l’encadrant, encore et toujours, merci et respect ! Ce soir, c’est Jean qui prend le relai de Michel dans la chambre Ancolie… Où donc est passé tel T-shirt ? Et les lunettes ? D’abord, trouver la paire de chaussettes qui leur sert d’étui… Ils sont drôles, nos raquette-men !

 

            Lundi 2 avril : col de Bramousse (2251 mètres) au départ du Pont de Bramousse sur le Guil.

 

Déjà le dernier jour… Pour notre rando au col de Bramousse, il nous faut déjà faire un petit bout du chemin du retour …

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Tandis que le G1 attaque pleine pente en direction des hameaux d’altitude qui se trouvent sur le trajet de la GTA (Le Pontet, Bramousse), le G2 opte pour une montée plus régulière par la piste. Nous rencontrons aujourd’hui un autre aspect du Queyras, la montagne traditionnelle, celle où bêtes et gens vivaient sous le même toit.

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On imagine les veillées qui réunissaient les familles des hameaux, les femmes travaillant sur leur tambour à dentelle, les hommes fabriquant des outils en bois tout en racontant des légendes aux enfants… Mais pas d’idéalisme passéiste : la vie était si rude…

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Pour nous, heureux touristes du XXIème siècle, l’ascension vers le col de Bramousse est placé sous le signe exclusif du sport-plaisir. La vue, du col, se porte sur Ceillac et sur les montagnes environnantes. Annie a repéré, sur sa carte, une butte « point de vue » qui nous permettrait un tour d’horizon complet.

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Mais il y en aurait encore pour presque une heure de marche, et nous devons revenir à la maison, ce soir… Le pique-nique est donc voté à l’unanimité, et il se termine par une distribution d’œufs de Pâques que l’ami Gillou a monté dans son sac à dos.

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Ultime descente dans la belle neige du Queyras. Certains toits portent encore plus d’un mètre de neige. Patrick, en bon architecte, calcule le poids que cela doit représenter : affolant. Ils savaient construire, nos anciens.

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Les deux groupes se font les bises d’adieu sur le parking, avant de remonter en voiture. Que de compliments pour Annie, et comme ils sont mérités ! Pas question d’oublier le reste de l’équipe, Patrick, Denis, Eric et Tony qui ont contribué, chacun avec sa spécificité et ses compétences particulières, à la réussite de ce week-end.

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Et merci aussi à tous les copines-copains qui ont amené, qui du bon vin bio, qui son sourire, qui ses cannelés, qui des petits chocolats, qui ses blagues, qui ses conseils, qui son appareil photo, qui sa connaissance des montagnes ou sa capacité à interpréter des traces d’ailes dans la neige… Une belle synergie !

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Ce Mont c’est Démant ! Par Marie VIDAL

Ce Mont c’est Démant!

Après 5 dimanches consécutifs de mauvais temps, quel plaisir de partir de Saint Martin du Var sous un ciel bleu annonciateur d’une excellente journée ! Direction Beuil et le Mont Démant !

Ce sont 15 motivés qui partent depuis le pont entre Beuil et le col de la Couillole, skis aux pieds et le sourire aux lèvres … exceptionnel pour une fin de mois de Mars !

On dépasse tranquillement les cabanes du fond de vallon et a près quelques conversions sur les aiguilles de pin dans la forêt et quelques passages à gué, Claude, Georges et Patrick nous conduisent au col des Molines par un vallon progressif.

T3Il y a encore énormément de neige pour cette période de l’année ! Et là-haut la vue sur le petit Mounier et le Mounier est imprenable !

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On continue ensuite vers l’Ouest en suivant la crêt vers le Mont des Molines puis le sommet du Mont Démant. La neige est un peu cartonnée par le vent qui nous accompagne jusqu’au sommet, mais le grand soleil motive les troupes !

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Pause casse-croûte bien méritée en haut du Mont Démant, tandis qu’un premier groupe a déjà rebroussé chemin et qu’un troisième groupe continue vers le sommet suivant. On se retrouve pour la descente sur de la neige cartonnée en haut mais qui se révèle très bonne dans le vallon plein Sud en-dessous du col des Molines …

Un pur bonheur !!!

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En bas on fait un peu notre chemin au milieu de la forêt en trouvant assez de neige pour garder les skis aux pieds le plus longtemps possible, quasiment jusqu’à la voiture !

C’est au bistrot du pays que l’on retrouve des forces autour d’un vin chaud, d’un chocolat chaud, de bière et de récits de montagne.

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Très belle journée, du soleil, un bon groupe, une bonne neige de printemps …

Que demander de plus ? C’est vraiment Démant !

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Dimanche 25mars 2018 Cime de Chanvrairé ou presque :

G1 et G2 : Baisse de Vallauretta 950 m de dénivelé pour 13 km

 

En ce début de printemps, comme chaque année, notre vie est réglée par le changement d’heure. Et oui qui dit une heure de moins à dormir dit se lever encore plus tôt que d’habitude. Allait-il y avoir des pannes d’oreillers ? Tony en bon horloger avait bien réglé les pendules :  « 6h30 parking Sainte-Marie, 7h15 Trucco de la nouvelle heure ! » Combien serions-nous aux RDV pour le lac des Mesches et cette cime de Chanvrairé? :

Pointe de Vallaurette    –  Baisse de Vallaurette  – Cime de Chanvrairé  – Rocher Rouge

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Oh surprise pas un ne manque à l’appel. 26 participants embrumés mais ravis de retrouver enfin une journée ensoleillée sont présents prêts à en découdre. La stabilité du manteau neigeux était finalement la seule incertitude du jour. Comment allions-nous trouver la neige ? Une fois n’est pas coutume que nous disait le B.E.R.A.

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. « …Les plaques et accumulations les plus récentes ont été formées par du vent de nord-est puis nord, elles sont fragiles. Il est facile de déclencher une plaque, même pour un randonneur seul, surtout à l’approche des crêtes et des ruptures de pente. Méfiance toute particulière dans les orientations ouest à est en passant par le sud, où des cassures épaisses sont à redouter. Le risque est plus marqué au-dessus de 2000/2200 m. Après un excellent regel nocturne, l’humidification va reprendre en journée de dimanche… 

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…Quelques avalanches de taille modeste pourront alors se produire dans les pentes au soleil suffisamment raides. Le risque le plus préoccupant car de très importantes quantités de neige sont actuellement présentes, est celui de voir partir une très grosse avalanche, sous forme de plaque se décrochant seule et raclant sur son trajet toute la neige humide jusqu’au sol. Le décrochage d’une plaque de fond dans une pente ensoleillée n’est pas à exclure non plus. Dans ces deux cas, il faut s’attendre à la mise en mouvement de volumes de neige inhabituels… » Alors : prudence.

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Au départ du lac la petite caravane s’élance en direction de la chapelle de Vallaura. Pour les groupes on verra plus haut. Le soleil baigne déjà ce beau vallon de la Minière recouvert par un épais manteau blanc. Pas un trainard tout le monde suit. Après la traditionnelle pause banane, nous longeons le cours d’eau jusqu’ aux granges de Vallaura Inférieur, où les choses sérieuses vont commencer.

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DSC06699Jacques et Gabriel prennent en charge le G1, Eric et Tony le G2. La montée est raide et les passages étroits par endroits. 4 skieurs nous doublent partis eux faire le BEGO : « chouette !! » on aura au moins la trace jusqu’au débouché du plateau. Après plus rien, la neige vierge et scintillante à perte de vue.

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Nos deux meneurs se relayent pour faire la trace dans une neige changeante. Tantôt dure et glissante, tantôt croûtée, tantôt profonde lourde ou légère un vrai casse pattes. « Tous derrière tous derrière » la colonne avance. Nous laissons sur notre droite le Gias de Vallauretta et continuons en rive droite notre progression.

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Magnifique décor que ce vallon sauvage et balcon idéal pour admirer la crête opposée partant de la cime de la Nauque jusqu’à la cime Escandail en passant par la Corne de Bouc : tiens ! une ancienne connaissance.

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Encore un effort, la délivrance est proche. Avant d’attaquer le dernier raidillon nous prenons nos distances et restons sur la croupe pour aboutir en quelques virages au-dessus de la baisse de Vallauretta. Un par un, et après 3h30 de montée nous atteignons ce promontoire, exceptionnel point de vue sur le vallon de Fontanalba et le mont Sainte Marie : tiens ! encore une ancienne connaissance.

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D’un côté la pointe de Valauretta de l’autre la cime Chanvrairé : bien tentantes toutes les deux. Quoi que ! Moins de 100 mètres nous séparent du sommet. Y allons-nous ? quelles informations retenir du B.E.R.A. ? tout y figure : l’orientation, la pente, les accumulations, l’horaire, le soleil…La décision ne fait plus aucun doute : Ce sera tout pour aujourd’hui.

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Clic photo à droite, clac photo à gauche et nous redescendons, dans une belle neige qui se transforme déjà par endroits, pour pique-niquer à l’abri du vent. Mais tout le monde n’est pas encore arrivé. Au passage nous encourageons Christine puis Daniel et Tony, victime de crampes, à poursuivre pour rejoindre Éric resté au sommet pour les attendre.

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DSC08276Tout en grignotant son repas Pierre déploie sa sonde qui disparait presque entièrement. « 2m 20 de neige sous nos pieds » Belle moquette que cette salle à manger. Nous sommes rejoints par nos 3 retardataires et c’est tous ensemble que nous entamons notre retour. Envolés nos rêves de belle boucle, ce sera pour une autre fois, les montagnes, elles, ne bougent pas.

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Nos 4 skieurs du matin descendant de l’épaule du Bégo nous dépassent à travers les arbres. Nous rejoignons tranquillement le refuge Neige et Merveilles en rive gauche cette fois pour terminer aux conduites d’eau de la centrale électrique.

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Arrivés aux voitures la fatigue disparait. Où allons-nous nous poser ? Breil semble le lieu idéal. Arrivés sur place que se passe-t-il ? tous nos QG sont fermés, dimanche les Tilleuls aujourd’hui le café de la gare. Mais il en faut plus à notre bande d’assoiffés, direction la place centrale de Breil où nous sommes accueillis par 2 belles « barmaids » le sourire revient. Un service propre et efficace accompagne un pot de l’amitié agrémenté des douceurs habituelles. Belle conclusion à cette journée, avec un petit plus pour les «Amaretti » de Jaja.

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Dimanche 18mars 2018 Dans les brumes de l’Authion :

G1 et G2 : Mont Giagiabella 850 m de dénivelé pour 12.5 km

 

L’estimation du risque d’avalanche en ce début Mars joue du yo-yo entre 3 et 4 et au rythme des dépressions qui se succèdent, les annulations de nos sorties s’enchainent. Allons-nous encore une fois marmonner et 1 et 2 et 3 repos !! L’hiver a décidé de faire de la résistance et de jouer les prolongations, ce qui somme toute n’est pas pour nous déplaire. Mais ne pourrait-il pas le faire en semaine et nous laisser profiter de ses bienfaits le dimanche

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En prenant le petit déjeuner vers 5h30 quelques gouttes commencent à tomber puis la pluie s’installe forte et drue. « Ting » un SMS vient d’arriver, puis deux, un mail… les défections commencent à pleuvoir. Par correction nous décidons d’aller à Saint Martin, on verra bien là-bas…

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Sur place : pas une goutte d’eau. Après un bref tour d’horizon, tout le monde est motivé et ce n’est pas la route coupée de la Vésubie qui va nous empêcher de rallier notre destination. Direction Levens et Duranus, une petite rallonge d’une dizaine de Km pour rejoindre enfin le col de TURINI.

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Au Camp d’Argent, tout semble normal. Sauf qu’on n’aperçoit notre but du jour, le mont Giagiabella, que par moment. Les raquettes piaffent d’impatience. Certains chaussent sur la route, d’autres rejoignent le départ en courant. Pas facile de retenir nos 28 participants du jour. Et voilà qu’un bâton résiste et qu’une raquette ne veut pas se fermer : Vite vite le contrôle…

 

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Le ciel est bas quelques bancs de brouillard trainent sur les sommets. Direction la cabane de Tueis. Les organismes commencent à chauffer et une couche en moins c’est mieux pour attaquer la belle crête qui mène à la Pointe des Trois Communes. Annie, Denis et Eric prennent le groupe 1 et Gabriel le groupe 2.

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Au fur et à mesure que nous progressons la brume nous envahit. Le paysage apparait puis disparait. Le soleil blafard tente de percer les nuages. Par moment à peine 50 mètres de visibilité : restons groupés. La silhouette fantomatique du fort de la Redoute se dessine enfin : Vestige emblématique de la résistance des maquisards pendant la guerre.

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La pause est la bienvenue, barres de céréales et fruits secs remontent le moral des troupes. Nous admirons avec envie la belle crête de l’Ortiguier et plus loin le Capelet Inférieur, le Grand Capelet, la Cime du Diable. Juste le temps de faire une photo et nous entamons la descente vers plan Caval.

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L’alternance pluie neige de ces derniers jours a rendu la neige souple mais crouteuse par endroits pas idéal pour nos raquettes. Puis par une succession de « munta cala » nous atteignons enfin le Giagiabella. Un flocon puis deux, le mauvais temps arrive.

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Avec une visibilité réduite et la neige qui tombe, la météo ne s’est pas trompée. Le G1 décide de ne pas poursuivre en direction du Ventabren et fait demi-tour.

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Le groupe 2 arrive à son tour au sommet. Michelle, en forme, malgré 3 semaines d’arrêt, nous fait une proposition :  « Et si on allait plus loin en direction du mont Maouné, pour une fois on en ferait plus que le G1 … »

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Mais Gabriel a une autre idée en tête : plutôt que de récupérer la piste, il plonge directement au fond du ruisseau et remonte par une pente soutenue en direction de la Vacherie des Cabanes Vieilles pour pique-niquer à l’abri en regardant tomber la neige. Gilles connaissant le coin nous a précédés, et pour les neuf personnes que nous sommes, la salle à manger est assez grande.

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Annie et Denis eux ont choisi de rester de niveau et de récupérer la piste. Ils passent au-dessus de la vacherie pour attaquer la belle croupe qui mène au fort des Mille Fourches. « on mangera après la montée !… » Finalement c’est derrière les murs des anciennes casernes du fort enterré, mais pas franchement à l’abri qu’ils pique-niqueront.

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Pas facile de se remettre en marche pour le G2 et c’est dur de réattaquer 300 mètres de dénivelé après le repas. Mais qu’à cela ne tienne. Après être passé devant un vieux tank de la dernière guerre, de zig en zag le sommet est atteint et c’est presque ensemble que s’effectue la redescente dans une belle neige comme on l’aime

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Le G1 effectuera une ultime remontée à l’Authion avant de rejoindre par les crêtes de montée, la cabane de Tueis où l’attendait le G2. Toujours sous les flocons nous rejoignons notre point de départ. Notre Tony national n’étant pas là pour téléphoner à notre Q.G. des Tilleuls (qui au passage était fermé), nous décidons d’étancher notre soif autour du feu de bois de l’auberge du Camp d’Argent.

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Cakes, chocolats chauds, thé et autres breuvages, un zeste de bonne humeur, de quoi finir en beauté cette belle journée. Et oui, en ces périodes de vaches maigres ne faisons pas les difficiles. Merci à tous d’avoir répondu présent malgré la météo incertaine, merci aux encadrants d’avoir maintenu cette sortie et à la semaine prochaine.

Dimanche 25 février 2018 Aventures enneigées au Boréon

G1 : cime de Piagu (2338 mètres) 1050m pour 12.5 km

G2 : refuge de la Cougourde (2100 mètres), mais pas que !

 

Avons-nous déjà scruté les sites météo avec autant de fièvre ? Et cette sortie de dimanche à la cime de Juisse, annuleront ? annuleront pas ?

Malgré un risque 4 et des prévisions à se cramponner des deux mains à sa couette, « ils » n’annulent pas ! Il faut donc bien mettre le réveil dimanche matin… « Ils », c’est Annie, Gabriel et Denis pour le G1 (17 personnes) et Eric et Tony pour le  G2 (9 personnes). « Ils » ont l’air d’y croire, donc on ne va pas leur faire faux bond, à ces encadrants qui ont préparé notre sortie dominicale…

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Au Boréon, tout semble normal. Sauf qu’on n’aperçoit pas notre but du jour, la cime de Juisse, déjà effacée du paysage par la grande gomme de la brume. Mais les GPS confirment qu’elle est bien là, plus de 1000 mètres au-dessus de nos têtes. Mallory le disait avant nous : « Pourquoi gravir les montagnes ? Parce qu’elles sont là ». Raison suffisante. Gravissons-les donc…

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Le parking supérieur est vite atteint, puis la bifurcation qui donne accès à la si belle crête qui relie Juisse à Piagu. Tiens ? Piagu… au fait, pourquoi pas ? Nous remontons le large couloir où passe le sentier d’été et saluons au passage la balise 432.

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La pente se redresse, on connaît ça ! Les arbres miniatures qui poussent dans cette pente, bonsaïs engloutis sous la neige, nous rappellent qu’il nous faut désormais redoubler de prudence : nous sommes dans un couloir régulièrement raboté par des coulées de neige. On s’espace, tandis qu’Annie, en tête, trace avec l’ardeur qu’on lui connaît, et qui n’a jamais failli. De beaux zigzags pour un direct azimut qui vise la crête !

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Tout à coup, un cri « avalanche ! ». N’exagérons rien, une simple petite coulée part sous nos raquettes, nous incitant à toujours plus de prudence. Sur une dizaine de centimètres d’épaisseur, la neige s’est fracturée, et a glissé sur quelques mètres, faisant disparaitre avec elle un lacet entier de la belle trace d’Annie et Denis. Laurence en est encore toute mouillée.

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Fort heureusement, tout se stabilise très vite : plus de peur que de mal ! Mais bon, rien de tel pour jeter un froid dans un groupe.

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Plusieurs dames du  G2 ont le bon réflexe de se mettre en sécurité. Bien joué, les filles. Et, tandis que le G1 poursuit vers le haut en redoublant d’attention et en rectifiant les espacements, le G2 et quelques transfuges du G1 rebroussent chemin, peu tentés de poursuivre l’aventure dans ce passage qui monte vers un brouillard de mauvais augure…

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Le G1, après avoir persisté en bordure du couloir a finalement renoncé car impossible de progresser davantage, hauteur de neige jusqu’en haut des cuisses, impossible d’avancer même avec les crampons. Repli stratégique, redescente des derniers 100 m de dénivelée pour récupérer le sentier d’été et atteindre dans le brouillard le pas des roubines de la Maïris.

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De fins flocons commencent à tomber. Le mauvais temps arrive et après un petit point GPS décision est prise de nous diriger vers le sommet du Piagu plus propice aux conditions du jour. La crête finale est légèrement glacée, mais nos raquettes accrochent bien et on dépasse sans même s’en apercevoir le cairn recouvert de neige qui symbolise le sommet.

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Hésitation pour la descente : droit dans la pente ou retour sur nos pas ? La neige étant de mauvaise qualité nous revenons sur nos pas pour venir manger contre les murs du refuge de la Maïris en s’abritant comme on pouvait sous l’avancée du toit…

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Aurélien notre petit nouveau du jour, se taillera à grand coup de pelle un abri en forme d’igloo pour profiter de cette pause. Au chaud !! As-tu pensé à faire la fosse à froid ? Elodie sa copine, se moque en dégustant une tarte verte du panier repas du gîte de Nicolas

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La redescente se fera dans une belle neige épaisse en slalomant à travers les arbres. Nos encadrants s’amusent et se « chambre …» un peu. La bonne humeur comme toujours sous ce bel hiver qui continu.

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Le G2 dévale prudemment les quelques centaines de mètres du couloir à grandes enjambées dans une belle neige poudreuse (mais prudence…) et rejoint la piste du refuge de la Cougourde, avec le projet fort sympathique de rejoindre le refuge pour y casser la croûte en regardant tomber la neige. Le torrent a pris son aspect des grands jours d’hiver, on le distingue à peine entre les rochers transformés en bonshommes de neige.

 

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IMG_2196Les chutes de neige du toit ont englouti la terrasse, les tables et les bancs. Eric organise notre repli dans le refuge d’hiver. L’heure et le lieu sont propices au casse-croûte. Et à vouloir changer le monde… à commencer par l’étrange mentalité (heureusement minoritaire) de certains visiteurs du refuge d’hiver qui semblent manifestement tout ignorer des règles élémentaires du bon comportement en montagne, sans parler de l’usage de la pelle et du balai… Les trois hommes du groupe s’en emparent, et nous aurons la satisfaction (un peu amère, certes) de laisser en partant les lieux plus propres que lorsque nous les avons trouvés…

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IMG_2215Redescente sans problème, dans une neige idéale, de A à Z, avant le regroupement G1 – G2 au chalet d’accueil du Boréon, au terme de nombreux contacts radio entre nos encadrants : un « plus » pour notre sécurité à tous.

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Il neige sans discontinuer depuis plusieurs heures, la route est toute blanche… vite, redescendre, passer les lacets sous le lac ! Nous croisons deux chasse-neige, et nombre d’automobilistes à genoux dans la neige, en train de mettre ou de retendre des chaînes… Seul, un acrobate à VTT nous dépasse, à fond, ses skis de rando sur le sac à dos, s’équilibrant avec les pieds dans les virages-dérapages ! Un véhicule tape contre un muret, un autre fait un tête à queue…

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Notre abri le plus sûr, notre refuge inconditionnel, notre havre de paix favori : Lantosque, et nos arbres préférés : les Tilleuls ! L’ultime étape de tant de nos aventures enneigées…

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Merci à notre équipe d’encadrants qui nous a évité la décadence d’une grasse matinée, surtout un dimanche… Et un coucou amical à Patrick, aujourd’hui absent : reviens vite, comment allons-nous nous débrouiller, sans tes conseils, pour descendre en ramasse dans les super-pentes que tu affectionnes tant ?

Dimanche 18 février 201 : Croix de Carlé et Crête de la tour

G1 : Croix de Carlé et Crête de la tour   1200 m de dénivelée 12 Km

G2 : Croix de Carlé 1050 m de dénivelée 10 km

 

 

Jamais nous n’avons scruté avec une telle fébrilité les bulletins météo et avalanches… Les mauvaises conditions de samedi, avec de la pluie annoncée jusqu’à 1800m, allaient-elles changé la donne ! Après avoir écarté non sans mal le Pic de Chamatte, une destination nous semble susceptible de répondre à nos espérances : Saint Dalmas le Selvage.

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Lorsque Gabriel et Denis nous proposent de faire la traversée des crêtes de la tour entre la croix de Carlé et la tête Ronde du petit Valloar, 42 adhérents s’inscrivent auprès de Tony mais seuls 39 seront du voyage. Nous démarrons à saint martin, tout heureux à l’idée de prendre… un bon bol d’air …   

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Pas de difficultés techniques au début, ce qui permettra aux 2 groupes de faire le même parcours des crêtes de pra Gazé , chacun à son rythme. A l’arrivée à Saint Dalmas : surprise surprise… Le ciel est tout bleu et le soleil brille : Oh sacré météo la bonne blague !!

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Les précipitations de la veille ont durci la neige au départ. Après le traditionnel contrôle des DVA, 2 groupes se forment bien homogènes. Le groupe 1 avec Annie, Patrick, Denis et Gabriel, le groupe 2 avec Eric et Tony et c’est parti    

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DSC06006La pause banane après les chalets d’alpage est la bienvenue. Nous avançons dans une trace profonde qui témoigne de l’abondance des dernières chutes de neige. Annie est en forme et malgré la pente raide, le rythme est soutenu, les bosses s’enchainent les unes après les autres et la petite troupe s’allonge.

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La croix est en vue et dans ces pentes en devers, soufflées par le vent tout le monde s’active.

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Enfin le sommet pour le groupe 1 rejoint peu après par le reste de la troupe. Plusieurs d’entre nous s’arrêteront là, fatigués par un rhume tenace ou une semaine trop mouvementée.

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Mais quel spectacle : un beau 360° avec en face de nous les majestueux fort carra, cime de pal, pointe de l’escaillon ou autres cime de Bolofré et mont pierre châtel.

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Le groupe 2 arrive à son tour et par ce beau soleil pique-nique au sommet de la croix de Carlé avant un retour par le même itinéraire très enchanteur sur la neige excellente des crêtes de Pra Gazé. Avec quelques passages plus délicats dans la forêt.

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Mais la course est encore longue. Le groupe 1 prend son élan pour une grande « Traversée Blanche » vers « La tête ronde de Valloar ». Nous voilà donc reparti sur les crêtes de la tour en direction des serres de la braïsse.

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 La dernière ligne neigeuse qui nous mène au sommet des crêtes est vite gravie. Et là !! force est de constater que la course est encore très longue avec   des « calas muntas » assez raides, et que le temps risque de nous manquer. Après un ultime briefing, décision est prise de s’arrêter là. Stop « on mange »

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Puis à la reprise, les organisateurs, sans doute (très) inspirés par les J.O. de Pyeong chang, nous proposent une descente à travers la Forêt du vallon de la tour. Piste rouge ? Non piste noire…prise de distance, trace unique à travers les mélèzes et hop après quelques glissades la pente se radoucie et la belle neige arrive enfin. Quel plaisir ce vallon de la tour !!

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Nous retrouvons ensuite la route de sestrière qui nous ,ramène enfin vers saint dalmas ,où les 2 groupes arriverons à quelques minutes d’intervalles

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Magnifique journée malgré une légère frustration, mais promis on reviendra en prévoyant plus de temps. Encore une fois seule inquiétude de la journée : Allons-nous trouver un bistrot à la taille de notre groupe. Rassure-toi Tony, Marie Françoise, la petite sœur de notre président venue passer quelques jours dans nos belles montagnes, a réussi le tour de force de faire ouvrir « le Forest » que pour nous.

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Alors ne nous privons pas, dégustons gâteaux, pain d’épice, tarte aux courgettes, chips de socca…sans oublier le nougat donc voici la recette selon Michelle

Proportions pour une cinquantaine de petits nougats: 4 feuilles azymes (chez Alice Délice 1er étage au Cap ou Nice Etoile) 120gr de miel 130 gr de fruits secs (2/3 amandes, 1/3 pistaches) 200gr de sucre (j’ai utilisé du sucre brun 1/2 complet) 3 c/s d’eau S’armer de patience pour fendre en deux les fruits secs puis les torréfier légèrement au four. Réserver. Fouetter les blancs en neige bien ferme. Liquéfier à feu très doux le miel (ne doit surtout pas bouillir) puis le verser sur les blancs en mélangeant avec légèreté. Préparer un caramel épais, l’ajouter au mélange précédent et faire épaissir à feu doux en tournant pendant 30′. En fin de cuisson ajouter les fruits secs torréfiés. Attendre que la préparation refroidisse avant de la placer entre les feuilles azymes et aplanir au rouleau à pâtisserie. Laisser durcir au moins 1/2 journée au frigo, découper aux ciseaux. Se conserve au frigo et encore meilleur 4 ou 5 jours après.

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Et puis, si vous avez besoin de faire tester votre nouvelle recette…n’hésitez pas à l’amener un dimanche… on est prêts!!!

Dimanche 11 février 2018 : broussailles d’enfer et poudreuse divine…

G2 : cime du Pra par Barzès (dénivelée = environ 900 mètres, distance =11)

G1 : traversée cime du Pra – tête de la Colombière (dénivelée = environ 1080 mètres, distance =12)

 

Avec un sourire qui inspirerait presque confiance, Denis nous prévient qu’au moins une fois par an… il a besoin de mettre au programme une rando « comme ça ». Ses complices ? Eric (bienvenue !) et Tony pour le G2 ; Jacques pour le G1. Et des comptes ronds : 40 raquettistes, 80 raquettes, 400 doigts et autant d’orteils tout froids en sortant des voitures sur le parking de la chapelle de Saint-Jean, entre la D28 qui monte sur Péone, et Barzès, en bout de route. Quelques maisons, et un chien complètement dépassé par la situation puisqu’il doit aboyer, en une seule journée, après plus de monde que dans toute la saison.

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Denis, qui a besoin en général d’une bonne heure de marche pour se réchauffer, constate qu’il est en ébullition dès le départ. Que faut-il en conclure ? Qu’il n’a pas lâché le GPS des yeux, surtout sur une rando inédite ; qu’il a eu en permanence un œil dans le rétro pour surveiller le groupe ; tout ça en marchant en tête et en étant encore convalescent : de quoi, en effet, vous faire monter la température sous le Buff, bravo et merci, chef !

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Franck, promu au titre honorifique de contrôleur DVA, s’acquitte à merveille de son rôle, hommage à l’expérience !

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Nous rejoignons, au prix de quelques raccourcis, la piste forestière des Sauches et le départ des deux télésièges de Barzès et du Pas Brûlé qui retournent sur la station de Valberg. Nous remontons la piste du Pas Brûlé, encouragés par quelques « ho-hisse ! » (perfides ou admiratifs ?) venant des skieurs perchés sur les nacelles des télésièges…

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Les zigzags s’enchaînent et le G2, aux trousses du G1, remonte son léger retard… Mais nos vaillants traceurs donnent tout ! Et tracer dans 40 centimètres de poudreuse pour remonter une piste rouge n’est pas une mince affaire. Un bel effet chorégraphique et visuel, tous ces raquettistes qui se croisent et se recroisent sur une dizaine de niveaux de lacets bien réguliers !

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Une courte pause à la cabane d’arrivée du télésiège, et le dilemme classique : on va à droite sur le dôme du Barrot, ou à gauche vers la tête de la Colombière ? Tout nous tente, mais il faut faire un choix. Tant pis pour le Barrot qui nous fait signe d’un peu trop loin.

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Après l’ascension de la cime du Pra, toute proche, le G2 redescendra par le même chemin (et surtout par cette fabuleuse piste de poudreuse que nous venons de gravir, les petits veinards…), tandis que le G1 rejoindra la tête de la Colombière par la crête, avant de regagner (au mieux, n’est-ce pas…) le parking. C’est parti ! On mangera plus tard…

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Ô joie, plusieurs habitué(e)s du G2 rejoignent pour cette traversée les rangs du G1 ! Le parcours s’annonce panoramique : Saint-Honorat, Pelat, Aspre, Pal, Mounier, que de monts, que de cimes autour de nous.

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Tout à coup, stop ! Denis, qui marche en tête, disparaît pour un repérage : en effet, plus de crête du tout, qu’y a-t-il donc derrière ces derniers rochers ? Pascal, qui connaît le coin, parle des crampons, car il n’est pas question de tenter de passer à raquette. En attendant le retour de notre messie-Denis, on fantasme sur les aventures qui nous attendent, en embuscade derrière ce point où semble s’achever la crête.

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Denis confirme : « crampons ! ». On mangera plus tard… Il y a un petit couloir à passer, court mais bien raide, et se terminant en tremplin sur de longues pentes, hérissées de rochers. Tel un gendarme à un carrefour, Denis nous guide de la voix et du geste.

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Son calme et son assurance sont communicatifs et rassurants, ses encouragements bienvenus, ses conseils pertinents. Devant moi, Michèle jubile, radieuse d’avoir suivi le G1 dans ses aventures haut perchées. 

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Concentrés, nous descendons jusqu’à lui, traversons le mauvais pas, et gagnons des pentes qui, du coup, nous semblent incroyablement faciles !

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Et sur les pentes faciles : « raquettes ! », afin de rejoindre la Tête de la COLOMBIERE, déjà gravie par un autre itinéraire en décembre dernier. On mangera plus tard… On se roulerait de bonheur dans toute cette poudreuse, quelle merveilleuse sensation de flotter, de surfer, de s’envoler, de voler, de glisser, de planer !

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Mais voilà que les pentes censées nous ramener droit aux voitures deviennent de plus en plus raides : Denis douche notre enthousiasme : « crampons ! ». On mangera plus tard… Sous nos pieds, invisibles sous l’épaisse couche de neige fraîche, des rochers, de la neige gelée, des branches nous tendent toutes sortes de pièges louches : prudence extrême, malgré l’envie de courir comme des foufous en faisant voler la poudreuse…

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Nous rejoignons enfin la forêt, et les pentes se font moins propices aux glissades involontaires et aux avalanches : « raquettes ! » ET ON MANGE ! Nos quadriceps ont bien chauffé, et ils réclament leur ration de carburant…

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D’autant que l’aventure n’est pas finie, et elle prend la forme d’un « gentil petit vallon » qui nous conduira pile là où il faut. Notre méfiance s’endort à la vue de tant de belle neige entre tant de beaux arbres… mais le vallon s’encaisse, les arbres, tombés en travers, nous obligent à pratiquer le saut de haies et d’obstacles raquettes aux pieds (nouvelle discipline olympique ?), jusqu’à devenir un inextricable fouillis végétal dans un inextricable fouillis de rochers enneigés.

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Georges, parti en éclaireur, ne nous annonce rien de bon concernant la suite de ce vallon. Faisons confiance au GPS et, encore une fois, au flair de Denis qui, retrouvant une vague trace, déclare : « Mmhhh… ça pourrait ressembler à une sente, et il n’est pas impossible qu’elle aille où il faut » : et il a tout juste !

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Magnifique journée où la discipline et la solidarité des membres ont compensé la pénurie d’encadrants. Seule inquiétude de la journée : Tony craint depuis le matin que nous ne trouvions pas de bistrot à la taille de notre groupe. Rassure-toi, amigo, il y a tout ce qu’il faut à Entrevaux. Même si nous avons mis la révolution dans sa salle en pleine retransmission des JO, le patron ne s’est pas départi de sa patience devant nos soifs impérieuses, notre grand déballage de victuailles et nos séries de bravos sonores à l’intention de Denis, Eric, Jacques et Tony, par ordre alphabétique !

Week-end raquettes 3 et 4 février 2018 : Marguareis, nous voilà !

Haute vallée du Tanaro (Piémont italien)

Cima Missun (2356 mètres) : G1 et 2, dénivelée = 1100 mètres, distance = 14 kilomètres

Colle dei Signori et refuge Don Barbera (2110 mètres) : G2, dénivelée = 800 mètres, distance =13 kilomètres

Punta Marguareis (2651 mètres) : G1, dénivelée = 1400 mètres, distance = 14 kilomètres

 

 

 

Les week-ends de la section raquette s’arrachent comme des pots de Nutella les jours de promo à Intermarché. Il ne faut pas lambiner si l’on veut s’inscrire et faire partie des heureux élus… Pas question de manquer ces deux randos dans le massif du Marguareis. Les 40 places disponibles sont prises d’assaut. Certains viennent du Var, du Vaucluse, mais la Raquette d’Or revient à Véro pour son aller-retour Paris-Marguareis-Paris. Une seule défection, celle de Philippe, notre « grand » reporter, victime d’un lumbago… Ses photos magiques nous manqueront forcément !

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Gîte réservé, courses repérées sur le terrain, briefing de dernière minute au sujet du matériel, du rendez-vous et du covoiturage : quel boulot pour nos amis encadrants ! Gabriel va même jusqu’à recenser les végétariennes du groupe pour adapter le repas du soir : c’est du sur-mesure. Chouchoutés, les raquettistes ! Autour de lui, Denis, Annie, Patrick, Tony et Mario, une sacrée équipe.

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Un lever plus matinal, un trajet plus long puisque nous allons dans le Piémont, une excitation plus sensible que d’ordinaire : en route pour la belle aventure ! Les voitures sont garées devant la Locanda d’Upega, dans la haute vallée du Tanaro. Les bagages sont entreposés vite fait dans une pièce du refuge, une boisson chaude au bar, et on s’équipe. La petite route Upega-Monesi est par endroits enneigée et verglacée… 45 minutes de marche à pied pour démarrer ? Même pas peur !

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L’union fait la force. En un seul groupe, nous partons en direction de cette belle cima Missun, de piste forestière en route militaire, puis directement à travers monts et vaux, jusqu’à rejoindre la crête qui réunit le Mont Bertrand à notre cima du jour.

Missoun

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La pause s’impose…et nous repose. Le temps de se regrouper, nous nous livrons à notre jeu favori : situer les montagnes que nous avons déjà gravies dans l’immense chaîne blanche qui nous fait face. Tiens ! Le Viso ! il ne se ressemble pas, vu d’ici…Et, à nos pieds, le petit hameau de Morignole, si cher au cœur de notre président Gabriel !

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La cima Missun est toute proche, avec ses falaises qui plongent dans la vallée. Mais nous l’abordons en douceur, par des pentes à l’inclinaison complice…Du sommet, nos encadrants repèrent le secteur que nous irons explorer le lendemain, en plein dans le mille du massif du Marguareis : on n’y voit que du blanc ! Vivement demain !

 

Mont Bertrand

Groupe, Colla Rossa

Sur l’élan de la redescente, nos chefs vont-ils nous faire grimper en haut du Mont Bertrand ? Non, halte pique-nique à Colla Rossa, avant une redescente sans problème, direct azimut sur Upega. La neige est excellente. Nous l’aimons tant, cette douce neige, que nous la savourons jusqu’aux ultimes rubans blancs qu’elle a laissés dans la forêt, ce qui nous oblige sur la fin à opter pour le mode « raquette de combat », afin de passer sous les branches, enjamber quelques troncs, ou sauter une marche de géant… la belle boucle se termine enfin au porte  du refuge.

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Installation dans les chambres de la locanda, ou dans les dortoirs du rifugio, situé dans une maison du village, à quelques dizaines de mètres du gîte principal : nous prenons tout d’assaut ! Gabriel tente de superviser notre installation, mais le mini-tsunami de 39 personnes qui s’éparpillent, bien décidées à dormir dans ce lit-là et pas ailleurs, ne lui facilite pas la tâche !

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La fin de la journée est un grand classique : réhydratation au bar du gîte, douche chaude pour les plus rapides ou les plus chanceux, puis à table ! Comme pour un banquet, toutes les tables du restaurant sont regroupées en un grand « U ». Soupe au chou ou pasta, veau en sauce aux pommes sautées (ou sa variante végétarienne, sans morceaux de bête à cornes dedans) et panacotta : un régal ! Qui sera arrosé, comme il se doit, d’un cépage Barbera… Tiens, mystère : il semblerait qu’une âme généreuse ait pris à son compte le vino et le café du groupe. Moi, j’ai ma petite idée sur l’identité de notre bienfaiteur…

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Non, ce n’est pas un effet du Barbera : dehors, il neige sans discontinuer depuis un moment. Tout est blanc. Au matin, une couche d’une dizaine de centimètres de fraîche recouvre les voitures, les maisons, les champs.

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Et la route, toute blanche elle aussi… Pourrons-nous monter en convoi jusqu’à Carnino superiore, point de départ de notre deuxième jour de rando ? Denis suggère qu’on fixe les pelles à neige à l’avant d’une voiture, pour bricoler un genre de chasse-neige…Mais c’est jour de chance : finalement, il n’y a pas tant de neige que ça sur la route. Tout heureux de notre bonne fortune, nous accédons donc sans difficulté au Parco Naturale del Marguareis.

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IMG_8075Patrick contrôle consciencieusement les DVA. Mais heureusement que quelqu’un contrôle Patrick, qui n’a chaussé qu’une raquette…Les deux groupes partent ensemble plein ouest, raquettes aux pieds, pour un cheminement commun. Par une série de gradins, nous avançons en direction de gorges encaissées. Un passage déversant et délicat, la Gola de la Chiusetta, nous oblige à ralentir l’allure et à redoubler de prudence. Denis, Mario et Annie, en tête, nous préparent une bonne trace que nous ne lâchons pas d’un centimètre…

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DSC05677Une fois franchi ce mauvais pas, les deux groupes se séparent : le G1 oblique vers le nord où culmine la Punta Marguareis, tandis que le G2 continue, Gabriel en tête et Tony en fin de peloton, en direction du large Colle dei Signori, si caractéristique, juste sous lequel est niché le refuge Don Barbera. Le vallon s’élargit, et la montée vers le col se poursuit agréablement, sans difficulté notoire, sous un ciel redevenu d’un bleu intense.

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Le refuge est fermé. Mais une vaste cabane accueillante permet à nos 12 copains de casser la croûte à l’abri, sans pour autant perdre une miette de ce paysage exceptionnel. Le retour sur Carnino se fera par le même itinéraire.

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Pendant ce temps, les 27 du G1 poursuivent leur progression émerveillée vers le sommet, longtemps invisible, à travers des paysages de plus en plus sauvages, de plus en plus ouverts, de plus en plus surprenants. De longs vallons en larges crêtes, de rudes (longues) montées en raides (courtes) descentes, on se rapproche de plus en plus… du ciel !

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Patrick, qui ouvre l’œil et surveille le groupe d’en bas, nous exhorte à tenir les bâtons « en ramasse » dans les montées les plus raides : « Quand on part à la guerre, on ne laisse pas le fusil dans le sac ! », sous-entendu : il faut être prêt, en cas de glissade, à utiliser de suite les bâtons pour se freiner. Sur les photos, on voit les bons élèves…

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IMG_8084Des perspectives étonnantes s’offrent à nous, falaises et contreforts de calcaire noir, qui dominent des vallons secrets, sans la moindre trace humaine ou animale. Nous sommes au cœur des paysages de ce grand karst d’altitude, lunaire l’été, sauvage l’hiver. Une expérience hors du temps, comme celle de Michel Siffre, menée en 1962, au fond du gouffre de Scarasson… précisément dans le massif du Marguareis !

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Il faut toujours avoir un géologue à portée de main, quand on randonne dans des secteurs inconnus : grâce à Vincent, nous apprenons que ces « trous », que certain(e)s prennent pour des terriers de marmottes (bonjour la taille des marmottes…), sont en réalité des cheminées, qui donnent sur des puits, qui débouchent sur des gouffres ! Gare à ne pas mettre le pied trop près du « terrier », on risque de se retrouver 500 mètres plus bas, et bonne chance pour remonter avec les raquettes aux pieds !

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Ce massif est un paradis pour spéléologues, au sous-sol richissime en cavités, réseaux, canyons, dont certains sont encore à topographier, avis aux amateurs ! Mais écoutons plutôt Vincent :

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« Le Marguareis est un karst : un plateau calcaire parcouru de nombreux réseaux formant parmi les grottes les plus profondes des Alpes-Maritimes (jusqu’à -500m de profondeur pour l’Ail mais jusqu’à plus de 600m de profondeur côté italien de la frontière). Un haut-lieu de la spéléo où de nombreuses explorations sont en cours par les spéléologues. On aperçoit d’ailleurs le petit refuge du Castel Frippi du Club Martel sur la photo.

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<<Sous terre, la température de l’air est constante, c’est la moyenne annuelle de la température du massif (de la roche) liée à l’altitude, l’hygrométrie y est élevée.  12-14°C dans les cavités de st Vallier 8-9°C dans les cavités de Caussols et Calern. 0.5-3° dans les cavités du Marguareis

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En fonction de la température extérieure, l’air d’une cavité semblera chaud ou froid selon la saison alors qu’en fait sa température reste inchangée, ce qui donne l’impression que l’air sort chaud et humide en hiver et froid en été. Ce n’est donc qu’un ressenti.Ce phénomène permet aux spéléologues de découvrir des cavité grâce à la neige. On dit qu’un trou « déneige ».  A cela s’ajoute les différences d’altitude et les volumes souterrain qui créent un véritable courant d’air un peu comme quand on ouvre 2 fenêtre dans une maison.

Calpier, Malédie, Gélas

 

Plus le gradient est élevé et surtout pus les volumes souterrains sont importants, plus le courant d’air sera fort. La simple détection d’un courant d’air et de ses variations est déjà un signe de l’ampleur d’un réseau souterrain.  L’hiver est une période propice pour la prospection sur les karsts pour repérer de nouvelles grottes potentielles en repérant les zones soufflées, sans neige. » …( précisions de Pascal de la section spéléo)

 Argentéra

Le viso

Mais c’est pour atteindre les hauteurs que nous sommes là, pas pour visiter les profondeurs ! Un dernier coup de collier, et nous émergeons enfin au sommet, pile à la croix qui marque ce point mythique. Quel bonheur d’être là… Tout l’arc alpin est visible, et on réalise qu’on est ici vraiment tout au bout, tout au sud. Les jours de grand beau temps clair, on voit du Cervin à la Méditerranée, quel incroyable mirador que cette Punta Marguareis…

 refuge Garelli

Attention à ne pas trop s’approcher du bord de la falaise : elle domine les prestigieux couloirs des Génois et des Turinois qui font face au refuge Garelli que nous désigne Mario, en contrebas. Il est difficile d’imaginer que de tels précipices puissent brutalement succéder à ces douces combes que nous venons de traverser…Tel est le charme du Marguareis.

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Le froid et le vent nous chassent du sommet où nous nous serions bien attardés encore un peu mais… la redescente sera longue. Une rapide pause pain-jambon-chocolat, et nous prenons le chemin du retour, par un vallon affluent à notre itinéraire de montée, testé précédemment par Mario, et qui sera l’occasion de faire du ski à raquette (oui-oui). La neige, idéale, contribue à la perfection du moment.

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Nous voilà de retour aux voitures, G1 et G2 presque en même temps, les yeux encore pleins de ces sublimes grands espaces, mais déjà embués de nostalgie : il faut vraiment repartir ? Oui, mais à condition que ce soit pour mieux revenir.

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Mille mercis, mille bravos pour ces deux belles traces à notre équipe d’encadrement et à tous les bénévoles qui les assistent de leur mieux. Le rêve est à portée de raquette, et un rêve réalisé, c’est de la joie. Et là où il y a de la joie, le bonheur n’est pas loin.