Archive pour avril 2013

SORTIE Raquette du 28 Avril – CIME de la Valette de Prals 2496 m

La météo n’était pas encourageante et il fallait être motivés, mais aussi avoir des fourmis dan les jambes pour oser sortir et pourtant ! Certains y croyaient.A St. Martin tout le monde scruté le ciel et arrivé à la madone de Fenestre tout était calme, L’accalmie annoncée semblait là. Les skieurs de rando eux aussi étaient là. Leur objectif la cime de Paranova . Nous nous engageons à notre tour dans le vallon de Prals sur une neige mouillée en surface, mais portante : la bonne surprise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les 2 groupes se rejoignent au plan de prals pour la traditionnelle pause banane 

Le cirque de prals est magnifique malgré un manque de lumière et les sommets se dessinent. Mont Caval, Neiglier, Cime de Paranova, Cime de Prals,  Cime du Pertus, Tête de la Lave. Après avoir pris un point GPS Le groupe de Denis s’engage vers la Baisse de Prals.

La pente se redresse et la progression est lente car directe dans le couloir qui mène à la baisse. La neige permet de faire de belles marches et les premiers arrivent déjà sur la crête.

La cime est à portée de raquettes mais des nappes de brouillard commencent à lécher les sommets.

                                             

 Le groupe de Gabriel arrive à son tour sur la crête et sans plus tarder enlève les raquettes et entame  la descente du couloir sur les talons, grande première pour Thérèse et Bénédicte

Le brouillard enveloppe maintenant  tous les sommets et les 2 groupes réunis décident de ne pas tenter  de faire la boucle par la baisse des 5 lacs,  prévue au départ, tous comme les skieurs qui croisent plus bas, le retour est annoncé.

A quelques encablures des voitures une bruine fine commence à tomber, mais peu importe la rando est finie et le refuge apparaît enfin.

Skieurs et raquetteur se retrouvent quelques instants  plus tard à Roquebillière pour picniquer tous ensembles autour du  verre de  l’amitié

Merci à Vincent pour les photos et à tous pour cette courte mais somme toute agréable journée

Gabriel

Photos souvenir d’Andorre

Bonjour

 

En cliquant sur la photo suivant, vous pourrez voir et télécharger l’album souvenir que nous a confectionner Michel.

Raid de printemps au mont rose

 

Partis pour une semaine de raid dans le mont rose, nous avons finalement sillonné le sud des alpes. Le prochain raid, on se fait missionner par le guide Michelin des refuges, gites et resto de montagne pour démarrer un classement à l’usage des skieurs de rando et autres gens du voyage.

Jour 1: staffal – rifugio Horeste (où nous découvrons les joies du 4* en altitude)

Après avoir récupéré le neuvième élément (Uta) du groupe au pont saint Martin, nous filons vers Staffal. Départ dans la chaleur de l’après midi, au milieu des skieurs.

depart du raid - staffall

La météo de cette semaine est … incertaine. En tout les cas, la brouillasse nous rattrape bientôt. La groupe atteint le Colle Salza et redescend vers le refuge situé en contrebas.

Le refuge est … juste luxueux ! C’est un hôtel avec salle de yoga, sauna, salon canapés et cheminée. Il est bien difficile de se convaincre de ressortir pour quelques exercices de remontée sur corde et mouflages.

Oreste hutte - du 5 etoiles !

C’est pourtant ce que nous faisons, malgré le risque de louper la dernière douche chaude de la semaine, puisque l’eau chaude s’arrête à sept heures. Enfin …  point trop n’en faut. A six heure trente nous nous éclipsons majoritairement vers l’intérieur, les autres révisions attendront bien demain.

refuge **** / accueil **** / repas ****

Jour 2: pyramide Vincent (où nous constatons l’utilité des nouvelles techno de la communication)

L’objectif initial de la pointe Giordani (4065m) est révisé pour la pyramide Vincent (4215m) dont l’itinéraire nous semble mieux dans l’axe du refuge Citta di Mantova ou nous résiderons ce soir.

1600m de dénivelé à cette altitude nous semblent bien ambitieux,  mais la dégradation prévue booste les motivations, et rien ne saurait empêcher Bruno, Jacques et Marc d’arriver au sommet. Les autres suivent tant bien que mal, taisant maux de têtes, vertiges et nausée.

Nous monterons tous, mais uniquement grâce à la dynamique du groupe. La suite montrera que c’était la bonne option.

pyramide vincent - le lyskam en arriere plan

En ce qui me concerne à la vitesse à laquelle je suis monté, je n’ai pas mal aux jambes pour la descente !! un bien pour un mal en quelques sorte. Bonne neige – quelques crevasses restent ouvertes, la vigilance est de mise.

Le Lyskam déroule ses pentes face à nous. Pfuiii !! Sacré sommet ! Le paysage est époustouflant. Les séracs du col du Lys impressionnants.

le lyskam

Au refuge, le WIFI nous permet de faire un point météo qui nous confirme l’incertitude des conditions dans cette partie des Alpes. Au sud cela semble meilleur pour les jours à venir.

Un groupe randonneurs suisses accompagnés par deux guides nous expliquent que la plupart des sommets restent en glace même l’hiver – conséquence des dernières sécheresses qui ont fait fondre la vielle neige qui les couvraient.

Nous décidons le soir … de ne pas décider. Nous nous lèverons à 5h et nous aviserons en fonction de la météo.  L’objectif est la pointe Giordani pour continuer l’acclimatation à l’altitude. Dehors c’est l’éclaircie.

Diner asiatique puisque au vu du prix de l’eau (2.5€ le ½ litre) et de la bière (5€ le ½ litre) nous décidons de diner à l’eau chaude (3€ le litre). C’est une première pour la plupart d’entre nous, mais jacques nous explique que l’eau chaude est excellente pour la santé et a des effets souverains sur le système digestif. A bonne entendeur, salut ! dorénavant ce sera eau chaude à tous les repas … enfin seulement au-dessus de 3000m et en cas de désordres intestinaux.

refuge citta di Mantova *** / accueil *** / repas ***

Jour 3: retour staffal – trajet Larche (où nous sauvons Uta des assiduités d’un groupe de suisses allemands)

Le mal de tête me quitte enfin, par contre l’éclaircie d’hier soir n’est plus qu’un souvenir, nous patientons une heure avant de décider de redescendre vers Staffal pour migrer vers le Sud ou la météo semble meilleure.

descente vers staffal - onrepars dans le sud

La descente est dans un brouillard intense, un groupe d’Autrichiens grands amateurs de bières (4 chacun la veille au soir minimum !!) nous suit.

Conciliabule sur le parking pour décider si Uta viens avec nous dans le Sud ou retourne vers l’hiver. Les Autrichiens proposent de la rapprocher de l’Allemagne, mais ils ont un ‘plan’ pour l’après midi auquel ils lui proposent de participer, mais que nous en comprenons pas … Andreas en bon capitaine reprend le contrôle de la situation, les renvois à leur plan et reprend Uta avec nous. Nous nous chargerons de la racompagner a Cervinia. Elle rejoindra Zermat en peaux.

Succulent déjeuner face à la gare du pont saint martin pendant que Andréas raccompagne Uta. Nous décidons de partir pour Larche afin de profiter d’une hypothétique accalmie.

Inutile de coter le refuge de Larche que nous connaissons tous, ni l’accueil exceptionnel de Bernadette.

Jour 4: Larche – bec de l’aigle (où Andréas teste les limites de son réservoir d’essence à la grande joie de ses co-voitureurs tous avides de se rendre utile.)

Lever 5h15 pour le Bec de l’aigle en traversée. Nous prévoyons de monter par le vallon de font de crése pour redescendre par le vallon de Courrouit. En général, le circuit se fait dans l’autre sens, mais les versants Nord sont croutés, alors que les versant Est ont commencés à transformer.

montee au bec de l'aigle - il fait encore beau mais ca va pas durer

La purée de pois nous rattrape en fond de vallon, nous sortons au sommet avec une visibilité à hauteur de spatule et redescendons par l’itinéraire de montée.

La descente se fait avec une visibilité réduite mais dans une neige de rêve qui inciterai certains d’entre nous à remonter pour un tour de manège. Arrivés en forêt cependant, la neige devient une espèce de polenta molle dans laquelle André laissera un bâton.

descente du bec de l'aigle ... il neige !

Il est urgent de remplir le réservoir d’essence d’Andréas qui crie famine depuis quelques dizaines de kilomètres déjà. Nous descendons donc à Barcelonnette. Didier aborde une dame en train d’attendre son mari sur le parking pour lui demander où déjeuner ? La dame est de Saint sauveur sur tinée, Didier se découvre des accointances géographique, et la dame fini par nous emmener au restaurant avec son mari. Tout cela est un peu embrouillé, mais nous même n’avons pas tous compris dans l’enchainement des évènements qui ont fait qu’une dame que nous ne connaissions pas, finissait cousine à la mode de Bretagne de Didier et nous emmenait au restaurant. Didier décline l’invitation à s’assoir à la table du couple, mais promet de leur rendre visite un de ces jours prochains.

Nous décidons de partir vers Maljasset pour tenter le couloir ‘banane ‘ de font Sancte, mais la météo prévoyant un fort vent de Nord, nous nous rabattons vers le tour du Chambeyron sur une suggestion de Didier décidément en forme ce jour la.

maljasset avant le concert

Gite de maljasset *** / accueil *** / repas **** (brioche chaude au petit dej – ca merite bien 4* non ?)

Jour 5: Maljasset – tour du Brec de chambeyron (où Bruno souffre de sifflements d’oreille intense toute la journée).

Lever cinq h 15 à nouveau pour découvrir que Bruno a dormi dans la salle à manger fuyant un concert de ronflements à plusieurs voix. Nous chercherons à identifier les ronfleurs de Maljasset pendant le reste du Raid, mais ils réussiront à tromper les filatures.

Arrivés à Fouillouse vers 6h30, nous nous équipons quand Bruno nous annonce : ‘les gars ! (silence) mauvaise nouvelle ! (re silence) j’ai oublie mes chaussures à Maljasset (grand silence frisé ….)

eh les mec ... mauvaise nouvelle - fouillouse

Peu charitables, quelques éléments perturbateurs refrènent une grosse envie de rire pendant qu’Andreas et Bruno remontent en voiture. L’histoire ne dit pas comment se fit l’aller retour, mais pour ceux qui restent à Fouillouse, nous souffrirons de crampes abdominales toutes la journée. Bien fait pour nous, il ne fallait pas se moquer de notre camarade.

Finalement temps superbe pour un magnifique tour du Chambeyron. Soleil, peu de vent aux altitudes ou nous restons. Et en plus un couple de randonneurs partis quelques instant avant nous du gîte de Fouillouse nous fait la trace toute la journée.

La neige est excellente à la descente, tant et si bien qu’Andreas et moi décidons de remonter faire un tour de manège avant de rentrer sur Fouillouse.

La ballade se termine autour d’une bière locale (tourmente), et de grands éclats de rire. Didier ayant cassé sa fixation, Andréas le ramène à Barcelonette où le magasin de sport local nous dépanne avec beaucoup de gentillesse.

dans la tourmente - au retour du tour du brec - fouillouse

Nous dinons en ville à ‘l’Abris’ restaurant réputé mexicain de spécialités locales. Pour faire court c’était une pizzéria améliorée.

gite de l’Eterlou **** / accueil **** / nous n’avons pas pu y déjeuner faute d’avoir réservé.

Jour 6: Barcelonnette – Brec second (où Fred étrenne enfin son nouveau piolet)

Temps bof bof. Nous avons l’objectif de monter au chapeau de gendarme mais une grosse coulée nous en dissuade. Le regel nocturne a été médiocre et toujours cette météo changeante. Nous décidons de gravir le Brec second sous le plafond pour enfin profiter d’un sommet.

descente du brec second

Bonne pioche, sommet sympa. Pour la descente nous nous partageons entre ceux qui descendent en ski, et ceux qui conservent les crampons. A Super Sauze, bien que la station soit ouverte, il n’y à que 4 voitures sur le parking, y compris les deux nôtres. La meteo se dégrade et nous décidons de partir vers Limone, aux limites prevues de la pertubation.

on a pas fait que skier - le gaudissard -barcelonette

Jour 7: Limone – la fascia (où nous apprenons qu’un qui réfléchit vaut mieux que six qui cherchent)

Comme toujours, la montés vers la Fascia est envoutante entre ces deux falaises de calcaire. Nous montons par le couloir au fond du vallon de Cros – la neige a decaillé sauf  le long des coulées ou les crampons sont indispensables.

 

 

la fascia

 

Nous redescendons sur le refuge Morgandini dont le CAI a Cuni nous a affirmé qu’il était équipé de Gaz. Nous n’avons donc pris que deux petits réchaud avec nous. Le refuge à l’air très confortable, mais impossible d’ouvrir le gaz. Pendant que Marc et moi dégageons les fenêtres de la neige accumulée, les autres cogitent sur la meilleure façon de trouver le robinet d’ouverture du gaz. Les voilà parti à creuser le long du tuyau d’arrivée. Au bout d’un instant je constate perplexe que Fred a arrêté de creuser et sonde le tour du refuge. Bon sang, mais c’est bien sur !! il trouve rapidement la trappe, il ne reste qu’a la dégager (enfin quand je dis ‘qu’a la …’ je me comprend, puisque qu’une bonne heure d’effort à trois personnes qui se relaient seront encore nécessaire pour atteindre le Graal.

c'est comme au boulot: un qui bosse et les autres qui commentent

Ce soir la tension est palpable. L’épisode du gaz à agité les cerveaux, et il ne faudra pas moins de deux kilos de pates à la crème d’asperge pour réconforter les esprits.

Recette des pates à la crème d’asperge : pour 8 randonneurs et un renard, prévoir deux kilos de pates et deux sachets de soupe de crème d’asperge – préparer la soupe comme indiqué sur la recette – faire cuire les pates – mélanger – déguster.

 

Pour demain, nous prévoyons de monter au Marguareis, mais deux écoles s’affrontent : les partenaires d’un aller retour (tout le monde sauf Bruno) et Bruno qui affirme qu’il n’est pas venu pour faire le Cheiron du coin, et qu’il faut faire le tour du Marguareis. Il faut dire que pour toute cartes, nous n’avons que le GPS de Fred et le smartphone de Andreas. C’est insuffisant pour juger de l’ambition du tour, et nous nous laissons convaincre du fait que le tour est envisageable après le sommet. La nuit promet d’être claire, le regel nocturne sera bon. Nous décidons néanmoins de nous lever a 4h30 pour partir à la frontale.

La soirée nous offre un magnifique spectacle face à la plaine du Po cernée par les orages.

Jour 8: refuge morgandini – tour du marguareis (ou nous confirmons que rien ne remplace une carte)

tour du margareis

Montée au Marguareis à la frontale puis dans les petites lueurs du jour. Nous arrivons au sommet vers 8h30 et confirmons le tour.

Sept nains au margareis

Nous descendons par le couloir des Turinois (Andreas plutôt à ski, les autres plutôt en crampons)

couloir des turinois

puis rejoignons le passo del Duca, Colle di Malaberra et remontons sur la Fascia dans des décors de samivel sans voir personne, ni chien ni loups. Seuls un troupeau de Chamoix s’échappe à notre arrivée sur les pentes du Marguareis.

Dit comme cela ca semble simple, mais le cheminement dans le relief karstique, entre buttes et dolines dans la conca delle Carsene requiers un sacré sens de l’orientation, d’autant que nous n’avions pas de carte. Encore une fois Bravo Fred pour ta lecture du relief et de la topo.

La pause au refuge est bienvenue avant de remonter sur la Fascia et de redescendre vers Limone par le vallon del Cros pour finir cette boucle d’environ 1600m de dénivelle et 19km.

retour au bivouac apres le tour

Retour au monde réel:

Après 8 jours hors du temps, le retour est un peu rude, après avoir fait le tour du Marguareis avec deux biscottes et un bol de thé (dixit Didier qui avait oublié les excellentes pates à la crème d’asperge de la veille au soir), nous dévalisons le bar Perugina à Limone avec force bières, foccacia et glaces … mais pas de clients pour un bombardino.

Un grand merci à

–          Uta pour son courage, de nous avoir rejoins depuis Leipzig

–          Fred pour ses topos infaillibles

–          Andreas pour l’organisation et la météo

–          Bruno qui grâce à sa motivation jamais défaillante nous permis de faire la pyramide Vincent et le tour du Marguareis. N’oublions pas la recette des pates à la crème d’asperge !!

–          Marc pour l’intendance

–          Didier pour l’animation, et la recherche des restos

–          Jacques pour avoir souvent tiré la caravane (j’espère que nous n’étions pas trop lourds !)

–          André pour sa gentillesse

Bref une super équipe pour une super semaine !

C’est quand qu’on y retourne ?

14 avril Randonnée de Touêt sur Var à Villars

Photos de Brigitte Pique

  Le printemps est bien là

 

 

 

 

 

Mais l’hiver a encore laissé ses traces

 

 

    Les rayons jouent avec les gerbes d’eau

 

 

 

 

 

 

 Arrivée à Villars et l’accueil fort sympathique au bar des Platanes

Dimanche 7 avril randonnée du Gros d’Utelle au Suquet

Photos de Brigitte Pique

 

  Montée vers Utelle

 

 

 

 

 

      Les cimes du Mercantour

 

 

 

 

  Le village d’Utelle

 

 

 

        Découverte du beau village d’Utelle

 

 

Paysage revu et corrigé par l’orage

 

 

    

 

SORTIE Raquette du 14 Avril – CIME du PLAN TENDASQUE et ROCHER ROUGE

Il est des expressions magiques qui font courir de délicieux frissons sur nos échines de raquettistes pourtant durs à cuire…
Que nous proposent nos encadrants, en ce radieux dimanche ? « Une boucle inédite » entre le vallon de la Minière et celui de Fontanalbe ! Hop ! Voilà 17 candidats à la « boucle inédite » qui emboîtent le pas de Gabriel, Denis et Michel au départ du lac des Mesches.

 Denis   nous a  conseillé de prendre les crampons, ainsi que le classique fond de sac : cordelette, sangle et mousqueton à vis : non seulement la fameuse boucle est inédite, mais elle est pimentée d’un passage qui nécessitera peut-être la pose d’une main courante… Délicieuse petite pointe d’inquiétude, et en route pour l’aventure !

Après avoir remonté le bas du vallon de la Minière, nous mettons le cap sur le premier objectif de la journée : la cime du Plan Tendasque (2256 mètres). La traversée de la forêt nous permet de nous frotter aux techniques mixtes combinant toutes sortes de terrains : rocherneige, racinesgadoue, mélèzes en travers du chemincailloux, branches dans la figure-neige fondante. Tous les coups sont permis : on s’accroche aux branches, on étreint des troncs, on tente un discret quatre pattes pour venir à bout d’un rocher hostile, on accepte de bonne grâce que la personne qui nous suit pousse sur notre fessier pour nous aider à franchir une marche un peu haute…

Tous ces efforts nous permettent de déboucher, enfin ! dans les belles pentes neigeuses qui descendent de la crête qui sépare les vallons de la Minière et de Fontanalbe. Des chamois nous ont précédés et nous regardent, pas effrayés pour un sou : ils ont compris depuis longtemps qu’ils ont un avantage définitif sur les bipèdes qui s’aventurent sur leurs terres… On imagine les mères expliquant aux jeunes : « Bah, ils sont bruyants, mais pas méchants »…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et nous voilà au temps fort de la journée : pour prendre pied au sommet de la cime du Plan Tendasque, il faut remonter une courte mais raide pente neigeuse, semée de mélèzes et encadrée de hauts rochers.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belle ambiance ! Nos encadrants redoublent de vigilance et serrent de près ceux dont les pas semblent un peu moins assurés. Les cordes sortent des sacs, car on ne sait jamais à quoi peut ressembler la neige quelques mètres plus haut. Mais les dieux de la montagne sont avec nous, aujourd’hui : la neige est très bonne, et des marches solides nous permettent d’ancrer efficacement nos raquettes. Les crampons resteront dans les sacs. Le passage délicat est vite franchi. Trop vite, même…


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Du sommet, quelle vue : la vallée des Merveilles est juste là, le beau groupe Abisso – cime de Peirefique se dresse en face. Et un peu plus loin, deux sommets-souvenirs : la cime de Marta et le Mont Bertrand !



 

 

Mais voilà que le gang des Mentonnais s’élance déjà à l’assaut du Rocher Rouge, à portée de voix de la cime du Plan Tendasque. 

 

 

Le reste du groupe suit vaillamment, et le regroupement général donne lieu à la photo traditionnelle. Philippe hésite entre cadrer sur le groupe et cadrer sur le Bégo : on lui fait confiance !


 

Michel se charge de l’animation de la pause déjeuner… quelle verve ! Et puisque la descente jusqu’à Castérino n’est pas longue, profitons-en pour nous initier aux mystères des machards, tressés ou pas, des prussiques, des noeuds de pêcheur, des corps morts et des mains-courantes. En terrain plat, tout semble simple… Mais ces notions restent à valider en situation plus « montagne », quand l’adrénaline et l’urgence viennent compliquer les choses…


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus bas, après avoir descendu toute la combe  un atelier « recherche DVA » s’improvise dans le mélézin. Bonne initiative !
Et voilà même une raquette qui casse et qui va permettre de confirmer qu’il faut toujours avoir un bon bricoleur (et du fil de fer) dans un groupe !

 


Pendant que les chauffeurs font une rotation « voitures » entre Castérino et les Mesches, une avant-garde part réserver une grande table aux Mélèzes, histoire de trinquer à cette belle « boucle inédite ». Entre projets de futures randos et souvenirs de courses passées, les conversations se croisent dans tous les sens… Ces montagnes… quelle belle énergie elles nous donnent

Environ 1000 mètres de dénivelée pour environ 10 kilomètres de distance;

Texte de Chantal ,Photos de  jean, pascal et Philippe  

A la semaine prochaine


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 10 avril 2013 : Premier de Cordée sous haute surveillance….

Il ne fait pas chaud à 7h00 du matin sur le parking du Boréon… mon thermomètre accroché au sac affiche –8°C… Linda mains nues s’affaire sur le réglage de ses raquettes et commence à sentir la horde de loups lui attaquer les phalanges… Hervé « surmotivé » est loin des tracasseries vestimentaires. Il attendait ce moment pour nous montrer son aisance en crampons piolets. Nous lui donnons l’occasion de s’exprimer, de passer en tête et de gérer intégralement la course. Nous ne le quitterons pas des yeux. Il va pouvoir prendre confiance en escalade mixte…. Premier de cordée sous haute surveillance !

Objectif du jour: l’arête Nord du Cayre Archas.

On vient de remettre pour la énième fois un projet au PELAGO. Il a neigé 10 cm de neige froide lundi. De la neige roulée. Les infos que j’ai de St Martin Vésubie ne m’ont pas rassuré. Avalanches de fonte dans les versants EST, vent fort de WNW sur les crêtes hier, et redoux maintenant qui va prendre de l’ampleur en régime de foehn … autant dire que c’est maintenant ou jamais !

Sans traîner nous remontons le chemin du col de Salèse. Les petits cris de Linda attirent notre attention. Ses doigts ne se réchauffent pas. Son amoureux n’étant pas de la sortie, je m’empresse de lui glisser ses mains sous mon tee-shirt pour lui offrir un peu de chaleur … mummmm

Sous le col de Salèse, la neige est dure. Hervé coupe droit dans la pente en direction du col des Adus. Sur ce versant Est, le soleil redonne le sourire à Linda. La vue est superbe, la neige porte bien , le regel de la nuit a bien fait son œuvre. Du moins c’est ce que je croyais…

A l’attaque du couloir la neige redevient molle et calme nos ardeurs. La progression ralentit. On brasse. Jusqu’aux genoux, puis jusqu’aux cuisses. On se relaye… 50 pas chacun. Cordée réversible devenue laborieuse où chacun apporte de son énergie. Derrière nous la Cime du Rogué, Frémamorte, le Giegn. Tous ces sommets gavés de neige pour le plaisir des skieurs.

Hier, Georges mon collègue nivologue, a fait partir une plaque au col de La Lombarde. Il a rebroussé chemin. Plus haut, sur des pentes soutenues, les  plaques avaient une épaisseur de 30 a 40 cm . Les conséquences auraient pu être plus fâcheuses.

Au dernier quart du couloir Hervé retrouve un bon appui des jambes. Il sort le premier au petit col. Derrière lui c’est un peu la guerre des tranchées. Il se lance dans une belle traversée pour gagner un second petit couloir. L’ambiance est magnifique. A cet endroit la neige est nickel. Mais nous sommes passés à l’ombre et Linda continue de se battre avec la meute de loups qui ne veut toujours pas lâcher ses gants. Elle ne sent plus ses doigts. J’engouffre de nouveau ses mains à même la peau contre mon torse velu… re mummmmm….

Hervé qui connaît l’itinéraire, nous fait le topo. Une désescalade, un petit crochet sous un bloc et une petite pente de neige un peu raide pour venir se positionner sous une étroite cheminée. Neige et glace mêlées vont pimenter son ascension.

Sur le terrain ça se complique un peu. La quantité de neige a déblayer lui prend du temps. Il perd quelques stoppeurs qu’on voit s’échapper et glisser dans le vide. Linda ne se réchauffe pas. Elle s’inquiète de gelures qu’elle a connues dans le passé. Je vois à son visage qu’elle ne s’amuse plus du tout. Ses orteils lui sont maintenant complètement étrangers. Il faut vite changer de rythme, et retrouver le soleil.

Notre premier de cordée gravit la cheminée un piolet dans chaque main et à ma demande pose immédiatement un relais sur la selle. Nous changeons de mode de progression. De la corde tendue nous passons à un assurage plus conforme.

Malgré une bonne protection Linda ne peut grimper qu’avec un bras . Une de ses mains ne répond plus. Elle se hisse tant bien que mal, courageuse. Je sais à ce moment précis, qu’il va falloir reconsidérer la suite de la course et gérer simultanément la progression de Hervé et le mental de Linda. J’envisage la retraite, sans en parler. Dans un geste maladroit j’explose l’écran LCD de mon appareil photo.

Hervé repart en traversée sur une petite « virette ». Les piolets trouvent leurs coincements au dessus de sa tête. Il se débrouille bien le bougre!. Nous avons choisi de continuer à la vue du soleil sur la crête faîtière. C’est ce que je ne cesse de souffler à l’oreille de Linda pour lui faire tenir le coup. Elle a les larmes aux yeux. Sa voix a changé et ça impressionne Hervé. Il gravit la pente prudemment.

On ne voit toujours pas de rocher apparent. Tout est plâtré de neige, les protections ne sont pas faciles à trouver. Il passe beaucoup de temps.. Il finit par gagner un arbre tout près de l’arête et un gros bloc qui semble tenir où je lui demande de bâtir un bon relais. Linda va pouvoir se mouvoir. Mais encore une fois ses mains ne se ferment plus autour du manche de son piolet. Elle est à bout de nerfs. Je lui frictionne les doigts. Je fonce sur Hervé, puis assure à mon tour Linda qui peut retrouver un brin du soleil trop timide à son goût.

En dressant la tête, à quelques longueurs de corde seulement, je vois la ligne de crête et le sommet du Cayre Archas. C’est plaqué ! C’est pas engageant. Moi qui croyait qu’on en avait fini! La neige ne me plait pas du tout, je sais qu’il y a eu beaucoup de vent hier, et je commence à compter les petits drapeaux rouges qui s’agitent autour de nous depuis un moment. Il faut savoir renoncer. La sagesse est évidemment de redescendre. La majeure partie de l’itinéraire a été parcouru . Et quand bien même, notre véritable objectif c’est de rentrer tous les 3 ce soir à la maison, contents.

Jérôme pourra compter jusqu’à 10 sur les doigts de sa petite Linda.

La suite est formatrice pour Hervé. Battre en retraite n’était pas prévu. Reconsidérer la course, chercher la meilleure descente, sécuriser les rappels, et retrouver nos traces pour vite aller au soleil. Psychologiquement ça va mieux pour Linda. Elle sait que son calvaire ne va pas durer. Je reprends l’initiative sur Hervé, et descends le premier en rappel pour rejoindre un arbre providentiel. La cordée me rejoint puis on tire un second rappel dans une cheminée par dessus des blocs coincés. En tirant à gauche en bout de corde, nous prenons pied dans un des couloirs, juste au niveau d’un point de protection qu’on avait rencontré.

La suite se déroule bien. Chacun descend avec un autobloquant sur la corde que je laisse pendre. Nous retrouvons l’itinéraire de montée,  puis rapidement la baisse des Adus où le soleil peut enfin redonner à Linda un peu de joie.

Il nous reste à enlever nos crampons, chausser nos raquettes et filer. L’empressement de Linda en ramasse dans une grande pente de neige nous rappelle à l’ordre. Dans son dos une petite avalanche se forme très vite et prend du volume. Linda est obligée de s’écarter vers les arbres pour la laisser passer. Il est vraiment temps de rentrer.

Le petit trio a bien fonctionné. Le but de la sortie a été atteint, même si nous avons rebroussé chemin sur l’arête finale. C’est un bel itinéraire, varié et intéressant, que nous referons. Ne serait ce que pour récupérer le matériel.

Aldo

Notre course en images:

 

surprise pour Hervé:     » …tu prends les rennes ! »

il ne se fait pas prier…

et nous suivons ses traces…

c’est par là …

derrière nous, les Tablasses, les Cayres des Bresses, la cime de Fremamorte…

sur les pentes de l’Adus

le Giegn

le Mercantour dans toute sa splendeur…
le couloir n’est plus bien loin

Hervé pavoise…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

et attaque le couloir…

tout va bien pour les encadrants, notre poulain assure !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hervé dans la traversée…

Linda, visage crispé à la sortie du 1er couloir, comme un bloc de glace  sorti tout droit du congélateur…

puis à son tour dans la traversée

Linda remonte la pente …

tandis qu’Hervé s’approche de la cheminée

… et disparait dans la petite goulotte

Linda en difficulté bénéficie d’une attention toute particulière…

avec un seul bras…

le bras droit

Hervé au relais assure Linda. Mon appareil photo explose.

Hervé doit sortir maintenant la dernière longueur

Linda sert les dents et s’accroche…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre dernière photo. Mon appareil rend définitivement l’âme…

 

 

Toute ascension se nourrit d’une douleur dépassée… monter, c’est surmonter  … (Gustave Thibon)

 

 

SORTIE Raquette du 7 Avril – PAS DES LADRES ET CIME OUEST DE FENESTRE 2662 m

Le coin est tellement beau qu’on y retourne toujours volontiers, même si on connaît déjà… La preuve ?19 enthousiastes pour cette rando raquette à la Cime ouest de fenestre. Piaffaient d’impatience en arrivant au boreon. Enfin le ciel était avec nous et la journée s’annonçait bonne

 

 

 

 

 

Les 2 groupes s’élancent et c’est au pont de Peyrastrèche que l’on s’aperçoit  de la quantité de neige tombée ces deniers temps . Bel enneigement ! quelle luminosité dans l’air, et quelle douceur toute printanière ! La coucourde majestueuse apparaît enfin 

 

Ragaillardis par le thé chaud, les bananes et autres remontants sortis des sacs, nous reprenons notre route en direction du lac de trécolpas. Michel puis Gabriel en tête  nous montrent les restes des coulées avalancheuses de ces derniers jours

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cirque de trécolpas est grandiose et le pas des ladres tout au fond parait si haut. Mais des skieurs nous ont précédés et nous observent d’en haut 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chacun à son rythme gravit le col et découvre le versant côté Madone des fenestre Maaaaagique !  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le petit vent qui nous accueille n’a rien de méchant, mais nous ne nous éternisons pas.  une belle crête neigeuse nous attend à présent jusqu’au sommet   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Et là quelle surprise !  Sandra et jérémy en train de dépeauter : belle retrouvaille. photo souvenir au sommet. Mais nous sommes si nombreux que nous devons nous serrer les uns contre les autres pour tenir dans le champ de l’objectif. Tout le monde a le sourire,

 

 

 

 

 

 

 

Nous retrouvons au col le groupe 2 qui nous y attend

 

 

 

 

 

 

 

Le temps se couvre un peu, mais bien à l’abri du courant d’airt nous cassons la croûte au milieu des gros rochers chapeautés de neige qui composent un paysage un peu irréel, ponctué de belles lignes très pures sculptées par le vent.Le retour à la voiture se fait dans la gaieté qui signe les randos réussies   

 

 

 

 

 

 

 

 

A bientôt : Gabriel

 

 

 

 

 

Mercredi 03 avril 2013: au Royaume de l’Escalade…

Aiglun, un tout petit village niché dans l’Estéron, peuplé d’une centaine d’âmes.

Un royaume perdu dans la Provence , qui cache ses trésors comme l’Eldorado.

Aiglun, véritable cadeau de la nature. De l’or quand le soleil illumine la paroi de couleurs éclatantes. De l’ Émeraude au fond des gorges où les torrents tumultueux bouillonnent. De véritables perles offertes par des lignes d’escalade exceptionnelles, où la raideur attire depuis 50 ans les grimpeurs en mal de vide.

Toute cette beauté du monde nous est offerte ce matin. Nous sommes chanceux d’être là et heureux de vivre.

Dans ce paysage incroyable, au royaume de l’escalade, on y pénètre par toutes les portes.

Dans le village il faut passer sous une maison percée d’un tunnel pour apercevoir le haut du triangle que forme la  paroi. S’en suit une courte marche d’approche qui dès le premier point de vue dévoile la réelle dimension du cirque. Des dévers impressionnants où l’artif prenait le pas sur le libre dans les années 70. Un univers de toits dans la partie centrale où des lignes d’anthologie de près de 300m ont été ouvertes entre 1980 et 2000. Puis au fond à gauche une zone plus adaptée à notre niveau, qui se démarque par la couleur grise du rocher. La spectaculaire ligne de l’ Echarpe ouverte par Michel et Francine Dufranc en juillet 1972, sépare d’une diagonale bien marquée le triangle central, et délimite ainsi les voies dures des voies les plus faciles.

Au fur et à mesure de notre approche je sens que cette évocation ne rassure pas mes compagnons de cordée. Nos 3 participants découvrent les lieux et sont encore sous le choc de l’ambiance impressionnante qui se dégage de ce véritable temple de la grimpe. C’est donc par la petite porte et sur la pointe des pieds que nous longeons la paroi tout en évoquant quelques récits historiques et les noms de ces héros arpenteurs que j’ai eu la chance de rencontrer pour certains. Des pros de l’Artif comme Marc Gamio avec Gérard Thomas pendant plusieurs jours dans « Alchimie » (années 2000), ou Marc (toujours le même) avec Stéphane Benoist dans les longueurs engagées de La Tounga. Puis je montre les toits de « Dévers de Gris » ouverts par Tardieu en 83. Et toutes les voies dures tapant dans le 7 minimum, ou dans le 8, fleurons des années 80 à 2000… Mort Subite » des frères Tanguy, « Le Spigolo des Hussards » où Jean Gounand était de la fête en avril 72 , « Panache » toujours des frères Tanguy avec un toit en 8b+ libéré par Patrick Berhault « pieds au plafond », « Masothérapie » (Jean Claude Raibaud), « l’Artisan du 8ème jour » (Gérard Thomas et Marie Agnes Duval), « le Temps de l’Innocence » (Michel Pittagula et d’autres complices), et la plus longue de toutes « Croquignol et Swordfish trombones » avec ses 300m impressionnants. …. Tout ça calme bien mes amis, nez en l’air planté dans la falaise.

On reparle de la grimpe en solo en passant sous l’Echarpe, sans savoir que Berhault la gravissait le 05 août 77 en solo ! , tout comme L’Ecole Buissonière le jour de l’an 78, et d’autres encore plus dures, comme le  Spigolo des Hussards.

Nous poursuivons sous la paroi devenu grise et arborée. Véritable terrain d’aventure, où des voies toutes récentes, fort belles au demeurant, sont venues chahutées les itinéraires historiques de « L’Ecole Buissonière » ou des « Murmures de la Forêt ».

Nous voilà rendus au bout du bout. En contre bas c’est le canyon, la clue d’Aiglun.

Courte marche d’approche comme je disais, mais Ô combien chargée d’histoires…

Notre objectif  du jour « Les Chevreuils du Calendal » qui démarre la plus à gauche mais croise au premier relais la traversée de « l’Eperon des 4 vents » , l’autre voie choisie par la cordée Fred / Hervé. Les chevreuils s’élèvent tout droit jusqu’au sommet en restant à droite de l’Eperon . 9 longueurs de 5c à 6a+ ouvertes par E.Petit et A.Thibaut en mai 1987

Quand à l’Eperon , dans un niveau similaire, elle a été ouverte le 20 octobre 1974 par Jean Gounand et J. Malaussène.

Il est 10 heures sous un ciel bleu azur. Nous voilà tous les 6, prêts à partir pour une ascension  « plaisir » où le niveau oscille entre le 5 et le 6a+ . Le bombé à strates du pilier de l »éperon des Quatre Vents est sec. La météo est garantie jusque dans l’après midi.  C’est parti dans un cafouillage de cordées, où la première longueur des Chevreuils a carrément grisé notre ami Fred. La gourmandise a eu raison de sa patience. On ne pouvait pas mieux rêver pour motiver et faire découvrir Aiglun.

Nous sortirons les 2 voies en même temps, à 14h30 pour les premiers.

Aucune ombre au tableau.

Les seconds ont bataillé dur. Leurs mines réjouies au sommet montrent que la fatigue se dissipe vite. Ils ont fait honneur à Aiglun, à quelques longueurs de corde de « Mémorial » la première voie ouverte par Dufranc Charvet et Kennis dans cette paroi du Giet en 69 , et revisitée par Jeannot en 76. Voie totalement oubliée aujourd’hui, devenue un mythe comme celui de l’Eldorado, après avoir  subit le joug des « conquistadores » du perfo.

Aldo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans notre dos…  Fred impatient s’approprie discrètement la première longueur des « Chevreuils » …

Tandis que nous tirons le portrait de nos billes de clown, heureux d’immortaliser le moment

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous laissons Fred et Hervé avec leur butin, et échangeons  notre  longueur avec celle de l’Eperon des 4 vents.

Après avoir remis un peu d’ordre dans tout ça, les cordées reprennent leurs lignes. Retour   dans les Chevreuils. Autant dire que j’aurais mieux fait de m’échauffer un peu  avant cette partie raide et soutenue. (6a+)

Après un long moment d’hésitation, et le bras gauche déjà en feu, je me décide enfin à y aller… et finalement j’enchaîne.

Laurent se lance derrière moi dans l’aventure. Alors qu’à côté , Hervé,  étonné du dévers de la 3 ème longueur de l’Eperon, n’est pas à la fête.

 

Impressionnant !

et pourtant ce n’est côté que 6a !

 

 

 

 

 

 

Hervé se bat comme un enragé. Je suis admiratif.

6a seulement !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Fred déjà dans la 4ème longueur…         ….  Doc M passe en tête et remonte notre retard dans L3 des Chevreuils (5c).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est au tour des filles de forcer le crux juste en dessous de notre relais.

Linda au R2 des Chevreuils, ravie.

Onil en découd. Elle sort et nous rejoint plus rapidement que je ne pensais…

Plus tard dans la 4ème longueur des Chevreuils, l’ambiance est au rendez vous. Le soleil réchauffe la paroi.

Hervé toujours en réversible reprend la tête…

… et me permet de le rejoindre rapidement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une cordée où les participants assurent !

 

 

 

Pendant ce temps, dans l’Eperon, Fred a pris de la hauteur.

 

Au dessus de nous c’est le splendide dièdre de la 6 ème longueur. Un petit bijou.   Sans dépasser le 5c !

Laurent me regarde un peu jaloux.  Nous nous connaissons bien maintenant. Nous pouvons nous faire des politesses en réversible.  Et partager les belles longueurs à tour de rôle.

Linda est là. Onil loin derrière doit se sentir bien seule depuis le départ. La prochaine fois on jouera les serre « fil…les »  !

Au même moment se joue un bel acte dans l’Eperon. Fred n’avait jamais fait en tête cette 7ème longueur.  Longueur photogénique de toute beauté.  Nous sommes au rendez vous pour les admirer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hervé se prépare à son tour …

et tente d’enchainer le 6a+

Dans les Chevreuils et dans l’ordre de passage au niveau du dièdre …  doc M !

suivi de Linda !

puis Onil !

… qui se régale. C’est son terrain !

Pour nous, ce n’est pas fini. Laurent doit sortir le 6a+ de la 7ème longueur. Je dois avouer que prendre des photos, regarder la cordée féminine sortir le dièdre, et lui donner le mou en même temps, ça n’a pas été un cadeau pour lui.  Mais il est très fort ce Doc ! …  et il le fait,   sous l’œil inquiet de Linda, comme s’il était tout seul !

Et les filles dans la foulée s’envolent avec nous…

Il est 14h15. La première cordée est sortie.

les autres ne tardent pas…

 

toutes ? … non !  une grimpeuse résiste encore.

Tout le monde se penche pour mieux voir.

Aux premières loges d’un théâtre peu ordinaire, on assiste bidonné à un numéro comique digne de Mado la niçoise …

….       ….   ….   dans une pièce qu’on aurait pu nommer : « Les promesses d’Onil »

 

Nous n’avons senti aucune goutte de pluie, ni vu un seul chevreuil.

 

Mais des « biches » au Calendal… ça oui !

et franchement…. c’était le pied !

 

Mercredi 27 mars 2013 : Accord parfait à St JEANNET

Une fois encore la météo est « tendue » pour nous. L’annonce de la perturbation qui se rapproche en fin de journée n’est pas notre souci premier. Il est 8h30 sur le parking de St Jeannet, nous avons le temps de réaliser notre projet « grande voie ». C’est l’humidité excessive qui nous inquiète, une sorte de bruine qui sévit depuis le lever du jour. Nous sommes juste sous le nuage qui coiffe le Baou. Pas de vent, les éclaircies semblent ne concerner que le littoral. Un coup de fil s’impose auprès de mon collègue prévisionniste de Météo France : « pas de pluie, tu peux y aller Alain » me dit-il, … « mais c’est tout mouillé lui « rrrr…éponge » ! Et c’est dans cette grisaille aux averses peu probables que finalement nous prenons, Laurence Hervé Fred Laurent et moi, le chemin d’accès à la grande face, pour au minimum y jeter un œil, au mieux y gravir 2 très belles voies : L’Etrier et La Tonton Walker, avec en bonus pour ne pas terminer aux vires Vernet, un petit tour sous la Proue de Navire et découvrir les passages les plus photogéniques de La Malet.

« L’Etrier » , ouverte…  excusez du peu,  en 1947 par « Kine » Gurekian (créateur du 1000pattes au Caf de Nice), et Kogan. Cette voie, reprise par la cordée Demenge Dufranc dix ans plus tard,  a eu plusieurs vies :  2 sorties différentes, et une partie « améliorée » dans la seconde longueur par notre impérial Jeannot (Jean Gounand),. C’est qu’à l’époque, les pas en « grosse » étaient durs, les anciens s’aidaient d’étriers pour gravir le dièdre. Jeannot, bricoleur de génie, m’a souvent répété cette phrase que j’adore  « Aldo, la médiocrité développe le sens de l’imagination ». Il y a planté dans les années 60 une cornière avec un maillon pour pouvoir s’extirper de la difficulté. D’ailleurs si vous voulez voir un de ses pitons Cassin, il en reste ! Ne traversez pas trop tôt dans la première longueur… Et puis dans ces vagues successives de réaménagement, le perfo est apparu. Le rééquipement sur spits en a contrarié quelques uns, et notamment poussé à bout une personnalité connue de st Jeannet qui  virait systématiquement les spits trop « pédagogiques » à sont goût. Partie de ping pong amusante,  puisque les chevilles à expansion étaient aussitôt remises, puis enlevées à nouveau, jusqu’à finalement trouver une sorte d’équilibre, les 2 adversaires ayant abdiqué.  Quoiqu’il en soit, soyons indulgents sur l’équipement parfois hétérogène du Baou. Il a son histoire, et n’efface pas le souvenir des anciens, l’audace des Gurékian/ Kogan, des Franco/Revel, des Malet/Vernet, des Ruggéri/Ughetto, qui ont  fait du Baou de St Jeannet le théâtre de nos envies d’aujourd’hui.

« La Tonton Walker »* ; Voie ouverte en 1976 par Paul Costantini et Gérard Thomas. C’est le fils de Paul qui a donné le nom à force de chercher un tonton qui y était toujours fourré.  Malgré ses 100 petits mètres, il faut garder des forces pour renfougner dans la fissure de la 4ème longueur. Passage côté V dans les anciens topos, 6a aujourd’hui. Des cotations revues à la hausse, comme les pas dans le mur de la 3ème longueur, 6b, où le tire-clou n’est pas possible, nécessitant un bon 6a obligatoire en tête pour sortir. Fissures dalles et petits toits se succèdent dans une belle escalade variée tout au long de cette ascension dont la cotation TD sup n’est pas usurpée. Le rééquipement de William n’a pas ôté le caractère intéressant de la ligne qui permet à chacun de compléter selon son gré par quelques coinceurs, notamment sous les toits.

Aldo

Le petit mot de Lys :

A notre arrivée, un gros nuage noir coiffait tout le Baou. Aldo, contacta ses indics … pour savoir si ce nuage allait bouger ou inonder le rocher sous peu.  Renseignements pris, il n’avait pas de mauvaises intentions si bien que nous entamâmes l’ascension.

Coup de chaleur habituel sur la marche d’approche, on enlève une couche, deux couches, trois couches et on se retrouve presque en short. On coiffe le casque et nous voilà le pied à l’étrier. Ou plutôt, les deux pieds et les deux mains dans l’Etrier, dire si c’était confortable !

Qu’est ce qui nous pousse donc à vouloir prendre à tout prix un raccourci quand le chemin est si bien balisé ? Je me le demande. Peut être parce qu’à l’école, on nous a appris que « La ligne droite est le plus court chemin pour aller d’un point à un autre ».

D’autant plus que le passage est bien raide,  visqueux, inondé de résurgences, envahit par la « Rue », cette plante traître qui vous brûle et dégage une odeur forte et pénétrante. Bref, un vrai parcours du combattant.

Heureusement, Fred notre leader avait de gros bras, et nous a hissé jusqu’en haut sans broncher.

résurgences dans l’Etrier…

Fred,  1ère longueur …                                                                                                                       Hervé dans la foulée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pendant ce temps,  dans la « Tonton » juste à côté, l’assaut est donné…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les 2 cordées vont garder ce rythme, et tenter de sortir ensemble sur les vires Vernet.  Laurent me rejoint et prend les commandes…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Doc se motive…

La cordée « Laurence/Hervé », guidée par Fred, dans la partie la plus dure de l’Etrier… 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour dans la « Tonton Walker »:  Doc au niveau du crux de L3, dans le pas en 6b  …. trempé !

Camouflage…………………                                                             Démasqué

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon bÔ Baou ! Que j’aime taaA  ver-dUUUU … re !

Doc, fasciné par le toit de la 4ème longueur, mais envahit par le doute : aucun point dans la traversée, tout est mouillé ! « Génial » je lui lance,  Un cadeau que de sortir cette longueur ! » , … mais que d’Ô ! 

ambiance sous le toit…

Doc pose un second camalot … …                                                       et ça sort !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernière épreuve pour Laurent, la fissure cheminée en (V), et le mousquetonnage difficile du spit de sortie !… et dire qu’avant William, ce spit n’existait pas…

 

Pendant que doc s’affaire au relais,  un regard sur ma gauche. Je vois notre cordée parallèle qui s’en donne à cœur joie. Mitraillage de part et d’autres pour de belles photos à partager.

Fred dans les strates

Fleur de Lys et son homme

la séquence en rouge et noir,

les cordées se retrouvent, l’accord a été parfait

Laurence sortie d’affaire…                                                                                     Hervé… sans les mains !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un bref regard à la montre, vers le ciel, et on fonce à la « fenêtre », occasion m’est donnée de leur faire découvrir ce passage bien utile qu’on emprunte comme échappatoire de la grande face par mauvais temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« la Proue du Navire »

la cheminée sous la fenêtre …                                                               et « la fenêtre »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

les 2 cordées franchissent le passage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Changement de décor, changement de cordées !  Je prends Laurence et Hervé sur ma corde.  Fred va faire connaissance avec Laurent, docteur M, pour découvrir la Malet, et son fameux « dièdre aux pitons.  Une présentation de ce qui nous entoure à mes camarades, et je décide d’accélérer le rythme pour être sur le plateau à 15h au plus tard

 »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA Traversée Rouge, sous la Proue du Navire, facile et photogénique…

Hervé veille sur sa douce…

 

 

la traversée se poursuit dans un dièdre couché où nous pouvons dérouler plusieurs longueurs assez rapidement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

s’en suit une petite désescalade

et nous voilà au pied du fameux « Dièdre aux Pitons »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hervé dans le dièdre

Les placements successifs…

Entraide dans le couple, dans ce qui sera la dernière difficulté de la journée

 

En quelques longueurs de corde tendue nous nous nous échappons par la « Vire aux Oeufs », tandis que Fred et Laurent entreprennent à leur tour la remontée du dièdre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Victoire et un horaire respectable. On aura mis 5 heures pour enchainer ce montage.

Malgré les difficultés rencontrées, un terrain parfois bien humide, la cohésion du groupe et la confiance qui s’est instaurée nous auront permis d’avancer vite, de nous retrouver au sommet à l’heure prévue, de partager l’essentiel de ce que j’espérais : découverte, plaisir,  et un peu de surpassement pour chacun d’entre nous.

Vivement mercredi prochain, en espérant qu’une autre « fenêtre », météo celle là, soit favorable à notre projet de sortie à Aiglun !