Raid de printemps au mont rose

 

Partis pour une semaine de raid dans le mont rose, nous avons finalement sillonné le sud des alpes. Le prochain raid, on se fait missionner par le guide Michelin des refuges, gites et resto de montagne pour démarrer un classement à l’usage des skieurs de rando et autres gens du voyage.

Jour 1: staffal – rifugio Horeste (où nous découvrons les joies du 4* en altitude)

Après avoir récupéré le neuvième élément (Uta) du groupe au pont saint Martin, nous filons vers Staffal. Départ dans la chaleur de l’après midi, au milieu des skieurs.

depart du raid - staffall

La météo de cette semaine est … incertaine. En tout les cas, la brouillasse nous rattrape bientôt. La groupe atteint le Colle Salza et redescend vers le refuge situé en contrebas.

Le refuge est … juste luxueux ! C’est un hôtel avec salle de yoga, sauna, salon canapés et cheminée. Il est bien difficile de se convaincre de ressortir pour quelques exercices de remontée sur corde et mouflages.

Oreste hutte - du 5 etoiles !

C’est pourtant ce que nous faisons, malgré le risque de louper la dernière douche chaude de la semaine, puisque l’eau chaude s’arrête à sept heures. Enfin …  point trop n’en faut. A six heure trente nous nous éclipsons majoritairement vers l’intérieur, les autres révisions attendront bien demain.

refuge **** / accueil **** / repas ****

Jour 2: pyramide Vincent (où nous constatons l’utilité des nouvelles techno de la communication)

L’objectif initial de la pointe Giordani (4065m) est révisé pour la pyramide Vincent (4215m) dont l’itinéraire nous semble mieux dans l’axe du refuge Citta di Mantova ou nous résiderons ce soir.

1600m de dénivelé à cette altitude nous semblent bien ambitieux,  mais la dégradation prévue booste les motivations, et rien ne saurait empêcher Bruno, Jacques et Marc d’arriver au sommet. Les autres suivent tant bien que mal, taisant maux de têtes, vertiges et nausée.

Nous monterons tous, mais uniquement grâce à la dynamique du groupe. La suite montrera que c’était la bonne option.

pyramide vincent - le lyskam en arriere plan

En ce qui me concerne à la vitesse à laquelle je suis monté, je n’ai pas mal aux jambes pour la descente !! un bien pour un mal en quelques sorte. Bonne neige – quelques crevasses restent ouvertes, la vigilance est de mise.

Le Lyskam déroule ses pentes face à nous. Pfuiii !! Sacré sommet ! Le paysage est époustouflant. Les séracs du col du Lys impressionnants.

le lyskam

Au refuge, le WIFI nous permet de faire un point météo qui nous confirme l’incertitude des conditions dans cette partie des Alpes. Au sud cela semble meilleur pour les jours à venir.

Un groupe randonneurs suisses accompagnés par deux guides nous expliquent que la plupart des sommets restent en glace même l’hiver – conséquence des dernières sécheresses qui ont fait fondre la vielle neige qui les couvraient.

Nous décidons le soir … de ne pas décider. Nous nous lèverons à 5h et nous aviserons en fonction de la météo.  L’objectif est la pointe Giordani pour continuer l’acclimatation à l’altitude. Dehors c’est l’éclaircie.

Diner asiatique puisque au vu du prix de l’eau (2.5€ le ½ litre) et de la bière (5€ le ½ litre) nous décidons de diner à l’eau chaude (3€ le litre). C’est une première pour la plupart d’entre nous, mais jacques nous explique que l’eau chaude est excellente pour la santé et a des effets souverains sur le système digestif. A bonne entendeur, salut ! dorénavant ce sera eau chaude à tous les repas … enfin seulement au-dessus de 3000m et en cas de désordres intestinaux.

refuge citta di Mantova *** / accueil *** / repas ***

Jour 3: retour staffal – trajet Larche (où nous sauvons Uta des assiduités d’un groupe de suisses allemands)

Le mal de tête me quitte enfin, par contre l’éclaircie d’hier soir n’est plus qu’un souvenir, nous patientons une heure avant de décider de redescendre vers Staffal pour migrer vers le Sud ou la météo semble meilleure.

descente vers staffal - onrepars dans le sud

La descente est dans un brouillard intense, un groupe d’Autrichiens grands amateurs de bières (4 chacun la veille au soir minimum !!) nous suit.

Conciliabule sur le parking pour décider si Uta viens avec nous dans le Sud ou retourne vers l’hiver. Les Autrichiens proposent de la rapprocher de l’Allemagne, mais ils ont un ‘plan’ pour l’après midi auquel ils lui proposent de participer, mais que nous en comprenons pas … Andreas en bon capitaine reprend le contrôle de la situation, les renvois à leur plan et reprend Uta avec nous. Nous nous chargerons de la racompagner a Cervinia. Elle rejoindra Zermat en peaux.

Succulent déjeuner face à la gare du pont saint martin pendant que Andréas raccompagne Uta. Nous décidons de partir pour Larche afin de profiter d’une hypothétique accalmie.

Inutile de coter le refuge de Larche que nous connaissons tous, ni l’accueil exceptionnel de Bernadette.

Jour 4: Larche – bec de l’aigle (où Andréas teste les limites de son réservoir d’essence à la grande joie de ses co-voitureurs tous avides de se rendre utile.)

Lever 5h15 pour le Bec de l’aigle en traversée. Nous prévoyons de monter par le vallon de font de crése pour redescendre par le vallon de Courrouit. En général, le circuit se fait dans l’autre sens, mais les versants Nord sont croutés, alors que les versant Est ont commencés à transformer.

montee au bec de l'aigle - il fait encore beau mais ca va pas durer

La purée de pois nous rattrape en fond de vallon, nous sortons au sommet avec une visibilité à hauteur de spatule et redescendons par l’itinéraire de montée.

La descente se fait avec une visibilité réduite mais dans une neige de rêve qui inciterai certains d’entre nous à remonter pour un tour de manège. Arrivés en forêt cependant, la neige devient une espèce de polenta molle dans laquelle André laissera un bâton.

descente du bec de l'aigle ... il neige !

Il est urgent de remplir le réservoir d’essence d’Andréas qui crie famine depuis quelques dizaines de kilomètres déjà. Nous descendons donc à Barcelonnette. Didier aborde une dame en train d’attendre son mari sur le parking pour lui demander où déjeuner ? La dame est de Saint sauveur sur tinée, Didier se découvre des accointances géographique, et la dame fini par nous emmener au restaurant avec son mari. Tout cela est un peu embrouillé, mais nous même n’avons pas tous compris dans l’enchainement des évènements qui ont fait qu’une dame que nous ne connaissions pas, finissait cousine à la mode de Bretagne de Didier et nous emmenait au restaurant. Didier décline l’invitation à s’assoir à la table du couple, mais promet de leur rendre visite un de ces jours prochains.

Nous décidons de partir vers Maljasset pour tenter le couloir ‘banane ‘ de font Sancte, mais la météo prévoyant un fort vent de Nord, nous nous rabattons vers le tour du Chambeyron sur une suggestion de Didier décidément en forme ce jour la.

maljasset avant le concert

Gite de maljasset *** / accueil *** / repas **** (brioche chaude au petit dej – ca merite bien 4* non ?)

Jour 5: Maljasset – tour du Brec de chambeyron (où Bruno souffre de sifflements d’oreille intense toute la journée).

Lever cinq h 15 à nouveau pour découvrir que Bruno a dormi dans la salle à manger fuyant un concert de ronflements à plusieurs voix. Nous chercherons à identifier les ronfleurs de Maljasset pendant le reste du Raid, mais ils réussiront à tromper les filatures.

Arrivés à Fouillouse vers 6h30, nous nous équipons quand Bruno nous annonce : ‘les gars ! (silence) mauvaise nouvelle ! (re silence) j’ai oublie mes chaussures à Maljasset (grand silence frisé ….)

eh les mec ... mauvaise nouvelle - fouillouse

Peu charitables, quelques éléments perturbateurs refrènent une grosse envie de rire pendant qu’Andreas et Bruno remontent en voiture. L’histoire ne dit pas comment se fit l’aller retour, mais pour ceux qui restent à Fouillouse, nous souffrirons de crampes abdominales toutes la journée. Bien fait pour nous, il ne fallait pas se moquer de notre camarade.

Finalement temps superbe pour un magnifique tour du Chambeyron. Soleil, peu de vent aux altitudes ou nous restons. Et en plus un couple de randonneurs partis quelques instant avant nous du gîte de Fouillouse nous fait la trace toute la journée.

La neige est excellente à la descente, tant et si bien qu’Andreas et moi décidons de remonter faire un tour de manège avant de rentrer sur Fouillouse.

La ballade se termine autour d’une bière locale (tourmente), et de grands éclats de rire. Didier ayant cassé sa fixation, Andréas le ramène à Barcelonette où le magasin de sport local nous dépanne avec beaucoup de gentillesse.

dans la tourmente - au retour du tour du brec - fouillouse

Nous dinons en ville à ‘l’Abris’ restaurant réputé mexicain de spécialités locales. Pour faire court c’était une pizzéria améliorée.

gite de l’Eterlou **** / accueil **** / nous n’avons pas pu y déjeuner faute d’avoir réservé.

Jour 6: Barcelonnette – Brec second (où Fred étrenne enfin son nouveau piolet)

Temps bof bof. Nous avons l’objectif de monter au chapeau de gendarme mais une grosse coulée nous en dissuade. Le regel nocturne a été médiocre et toujours cette météo changeante. Nous décidons de gravir le Brec second sous le plafond pour enfin profiter d’un sommet.

descente du brec second

Bonne pioche, sommet sympa. Pour la descente nous nous partageons entre ceux qui descendent en ski, et ceux qui conservent les crampons. A Super Sauze, bien que la station soit ouverte, il n’y à que 4 voitures sur le parking, y compris les deux nôtres. La meteo se dégrade et nous décidons de partir vers Limone, aux limites prevues de la pertubation.

on a pas fait que skier - le gaudissard -barcelonette

Jour 7: Limone – la fascia (où nous apprenons qu’un qui réfléchit vaut mieux que six qui cherchent)

Comme toujours, la montés vers la Fascia est envoutante entre ces deux falaises de calcaire. Nous montons par le couloir au fond du vallon de Cros – la neige a decaillé sauf  le long des coulées ou les crampons sont indispensables.

 

 

la fascia

 

Nous redescendons sur le refuge Morgandini dont le CAI a Cuni nous a affirmé qu’il était équipé de Gaz. Nous n’avons donc pris que deux petits réchaud avec nous. Le refuge à l’air très confortable, mais impossible d’ouvrir le gaz. Pendant que Marc et moi dégageons les fenêtres de la neige accumulée, les autres cogitent sur la meilleure façon de trouver le robinet d’ouverture du gaz. Les voilà parti à creuser le long du tuyau d’arrivée. Au bout d’un instant je constate perplexe que Fred a arrêté de creuser et sonde le tour du refuge. Bon sang, mais c’est bien sur !! il trouve rapidement la trappe, il ne reste qu’a la dégager (enfin quand je dis ‘qu’a la …’ je me comprend, puisque qu’une bonne heure d’effort à trois personnes qui se relaient seront encore nécessaire pour atteindre le Graal.

c'est comme au boulot: un qui bosse et les autres qui commentent

Ce soir la tension est palpable. L’épisode du gaz à agité les cerveaux, et il ne faudra pas moins de deux kilos de pates à la crème d’asperge pour réconforter les esprits.

Recette des pates à la crème d’asperge : pour 8 randonneurs et un renard, prévoir deux kilos de pates et deux sachets de soupe de crème d’asperge – préparer la soupe comme indiqué sur la recette – faire cuire les pates – mélanger – déguster.

 

Pour demain, nous prévoyons de monter au Marguareis, mais deux écoles s’affrontent : les partenaires d’un aller retour (tout le monde sauf Bruno) et Bruno qui affirme qu’il n’est pas venu pour faire le Cheiron du coin, et qu’il faut faire le tour du Marguareis. Il faut dire que pour toute cartes, nous n’avons que le GPS de Fred et le smartphone de Andreas. C’est insuffisant pour juger de l’ambition du tour, et nous nous laissons convaincre du fait que le tour est envisageable après le sommet. La nuit promet d’être claire, le regel nocturne sera bon. Nous décidons néanmoins de nous lever a 4h30 pour partir à la frontale.

La soirée nous offre un magnifique spectacle face à la plaine du Po cernée par les orages.

Jour 8: refuge morgandini – tour du marguareis (ou nous confirmons que rien ne remplace une carte)

tour du margareis

Montée au Marguareis à la frontale puis dans les petites lueurs du jour. Nous arrivons au sommet vers 8h30 et confirmons le tour.

Sept nains au margareis

Nous descendons par le couloir des Turinois (Andreas plutôt à ski, les autres plutôt en crampons)

couloir des turinois

puis rejoignons le passo del Duca, Colle di Malaberra et remontons sur la Fascia dans des décors de samivel sans voir personne, ni chien ni loups. Seuls un troupeau de Chamoix s’échappe à notre arrivée sur les pentes du Marguareis.

Dit comme cela ca semble simple, mais le cheminement dans le relief karstique, entre buttes et dolines dans la conca delle Carsene requiers un sacré sens de l’orientation, d’autant que nous n’avions pas de carte. Encore une fois Bravo Fred pour ta lecture du relief et de la topo.

La pause au refuge est bienvenue avant de remonter sur la Fascia et de redescendre vers Limone par le vallon del Cros pour finir cette boucle d’environ 1600m de dénivelle et 19km.

retour au bivouac apres le tour

Retour au monde réel:

Après 8 jours hors du temps, le retour est un peu rude, après avoir fait le tour du Marguareis avec deux biscottes et un bol de thé (dixit Didier qui avait oublié les excellentes pates à la crème d’asperge de la veille au soir), nous dévalisons le bar Perugina à Limone avec force bières, foccacia et glaces … mais pas de clients pour un bombardino.

Un grand merci à

–          Uta pour son courage, de nous avoir rejoins depuis Leipzig

–          Fred pour ses topos infaillibles

–          Andreas pour l’organisation et la météo

–          Bruno qui grâce à sa motivation jamais défaillante nous permis de faire la pyramide Vincent et le tour du Marguareis. N’oublions pas la recette des pates à la crème d’asperge !!

–          Marc pour l’intendance

–          Didier pour l’animation, et la recherche des restos

–          Jacques pour avoir souvent tiré la caravane (j’espère que nous n’étions pas trop lourds !)

–          André pour sa gentillesse

Bref une super équipe pour une super semaine !

C’est quand qu’on y retourne ?

Le commentaires sont fermés.