Archive pour juin 2013

Randonnée dans le Gapençais (suite)

Photos d’Annie Maïssel

  Symphonie de couleurs en remontant le vallon de l’Abéou

 

 

 

 

 

 

L’arc en ciel vue depuis le Col Bayard

 

 

 

 

 

Ambiance montagne sur le sentier des bans

 

 

 

Ravine à traverser vers le fond des Gorges

 

 

 

 

 

    La Dent d’Aurouze et le Pic de Bure

 

 

 

 

Le sentier des bans taillé dans la falaise dans les Gorges du Petit Buech

 

Une superbe randonnée avec des perspectives inoubliables

23 juin 2013 : Traversée des arêtes du Grand Capelet (NNW) … l’intégrale !

Dimanche 23 juin 2013…..  Le Grrrrand Capelet !

Laurence attendait ce moment avec impatience. Enfin une sortie  montagne à sa mesure. Un parcours d’envergure, aérien et long à presque 3000m d’altitude sur un des plus imposants sommets des Alpes Maritimes. Un sommet ouvert à 360° qui offre aux skieurs des pentes sur tous les versants, aux grimpeurs de nombreuses barres rocheuses, et pour nous une splendide  course d’arête…

La journée annoncée belle à nuageuse, nous invite à nous engager sur le plus long de ses itinéraires : l’arête NNW en partant du point le plus bas, le lac Autier, la variante 960.2 du Guide des AM de JP Gass. Un enchaînement de contreforts, de pitons et de brèches, de dalles et de gendarmes .

Il est 6h00, est ce l’heure matinale mais une panique s’empare de moi quand le sac bouclé au Pont du Countet, je suis persuadé d’avoir égaré mes clefs de voiture sur un parking, lieu de notre rendez vous 2h plus tôt. S’en suit un gros cafouillage et le sac maintes fois défait et refait autant que mes poches, qui nous feront perdre pas mal de temps. C’est dans cette confusion et après avoir réveillé quelques amis déconcertés que nous repartirons sur notre objectif.

 Nous quittons rapidement le fond de vallée de la Gordolasque et remontons le vallon Autier.

Le lac est complètement gelé. Nous sommes pourtant fin juin. C’est une saison incroyable. Nous immortalisons l’enneigement avec quelques photos, et étudions notre itinéraire qui se dévoile à nos yeux. Il est 8h00. Suffisamment tôt pour se lancer sur la variante 960.2. On laisse sur notre droite l’accès à la brèche Cabri qui conduit à la cime de Muffié par l’arête NW, ainsi que celui qui permet d’attaquer de plus haut notre itinéraire. Nous gagnons les rochers sous le 1er contrefort et nous nous équipons.

La corde de 40m et quelques camalots à la ceinture me donnent subitement l’envie de forcer un itinéraire différent. Je ne sais pas ce qui me prend mais je me décale à droite pour chercher dans un mur bien raide quelque chose à faire, et je me retrouve dans une cheminée pourrie sans pouvoir me protéger. Voilà comment on perd une bonne ½ heure à vouloir sa petite variante à soi ! Est-ce l’hivernale que j’avais faite avec Jean-Gounand en février 2005 qui me donne des ailes ? Avec Jeannot, avide de nouveautés et de variantes en tout genre, on n’est jamais sûr de passer 2 fois au même endroit. C’est un jeu pour lui, qui lui font pétiller les yeux. Peut être ce souvenir m’incite à jouer comme lui. Heureusement Laurence est patiente. Elle me laisse trouver soigneusement le meilleur passage et surtout le moins risqué pour elle et pour moi. Finalement après 2 bonnes longueurs de corde, on mettra un terme à cette petite excentricité, certes originale mais pas très recommandable.

De nouveau dans l’itinéraire, on se « re »motive et nous partons enfin à la recherche des fameux clous Vernet ! …. paraît qu’il y en a 2 à trouver ….

Aldo

lac Autier et notre enchaînement…

Neiglier, Ponset Gélas et cime Niré…

les premières longueurs…

les premiers pitons…

panorama dans les brèches…

si on joue le jeu il n’est pas rare d’être dans le IVsup, voire des pas de V…

du bon gneiss parfois lichéneux…

Fleur de Lys sur un des pitons…

notre parcours : piton 2783, piton 2789, piton 2826, ainsi se nomment tous les points culminants de l’arête jusqu’à la Pointe Vernet 2866m…

derrière nous le lac Autier s’éloigne et s’ennuage…

la crête qui s’étend de la cime de Muffié au Basto…

une des innombrables remontées sur les pitons…

la magnifique dalle de 30m en IVsup…

ambiance volcanique, ce n’est pas le piton de la Fournaise…

les difficultés s’amenuisent à la Pointe Vernet…

Belle ambiance avant la remontée sur Muffié 2901m…

Malgré les nuages, nous restons confiants…

un petit jeu d’adresse…

et le Grand Capelet se montre enfin ! 2935m …

J’invite Laurence à prendre la tête pour nous conduire au sommet… Fidèle à l’esprit qu’on a voulu garder toute la journée, elle ne cherche pas la facilité et s’engage dans un passage teigneux droit devant  elle qui nécessitera pose de sangles et coinceurs. Chapeau la miss ! tu m’as bluffé.

pour les retardataires, bivouac au sommet !

…    pour les plus pressés descente tout droit vers la baisse du Lac Autier !

Nous, nous choisirons une autre voix, la descente « touristique » par le Pas des Conques. Avec vue sur le Bego et les lacs des Conques…

Attention de bien repérer sur la carte la descente. Le passage du pas de la Barre Clause n’est pas engageant sans neige. Nous restons sur notre idée de franchir le pas des Conques et pour cela il nous faut descendre prudemment quelques ressauts.

la Barre Clause vue côté Gordolasque, avec à gauche le pas du même nom ( non repéré sur les cartes IGN) et à droite bien au fond le pas  des Conques. La Barre Clause est un temple « abandonné » de l’escalade. A l’écart des foules. 1000m de déniv pour y accéder ! autant dire que les grimpeurs ne sont pas nombreux à vouloir découvrir les voies en TD de Gounand. Peu reprises aujourd’hui, elles restent méconnues. On passe au pied des 250m de cette paroi avec un sentiment bizarre de curiosité mêlé à de la crainte. Au dessus de nous des dièdres et des dalles compactes impressionnantes de verticalité et d’une couleur peu commune que leurs confèrent le grès violacé et le vert de l’arkose permien….

Les couloirs de l’arête NW qui dégringolent vers les cheminées côté ouest…

Un journée longue pour tous ceux qui se lancent dans ce grand tour. 17h00 au sommet ….parking du Countet à 22h ! genoux fragiles s’abstenir…

…             voilà la petite ballade que mon GPS a mémorisée

Belle aventure partagée avec Laurence. Un p’tit cadeau que je voulais lui offrir avant l’été sur un parcours peu ordinaire.

Tu as maintenant  « ta » variante gravée sur le gneiss du Mercantour Fleur de Lys !

20 juin 2013 : Arête sud du petit Cayre et Tour Rouge du Grand Cayre de La Madone de Fenestre

06 juin 2013: PEILLON Monte Grosso

Couloir Nord de la tête du Lac Autier

Compte-rendu rando du dimanche 2 juin 2013 : Tête du Lac Autier par son couloir Nord (itinéraire : 12,11 km ; dénivelé positif : 1242 m ; dénivelé négatif : 1247 m)

Plus de sortie raquettes depuis le 5 mai 2013, un brin de dépit… Tout me laissait à penser que la superbe course des 3 cols (l’Escuzier, la Cime Plate et la Braissa) avait  clos la saison avec panache. Mais lorsque ma messagerie s’illumina d’un courriel de Denis, regain d’espoir ! : la saison raquettes jouerait-elle les prolongations ?

Effectivement, une invite laconique de Denis m’autorisait toutes les espérances :

« Dimanche, je pense faire une sortie en montagne en crampons, piolet. Qui serait disponible? »

Sans rien connaître de la destination, du niveau de technicité requis ou du caractère potentiellement anxiogène d’un parcours trop aérien, je répondis d’emblée par l’affirmative, tout heureuse à la perspective de retrouver les copains.

La liste du matériel s’allongeant au cours des échanges   -mousqueton à vis, casque et baudrier étaient désormais requis-, cette dernière exigence eut sans doute raison de la motivation de certains, dont l’équipement restait encore à parfaire.

C’est ainsi que nous nous retrouvâmes en effectif réduit, cinq compères bien déterminés à faire le petit couloir nord de la Tête du Lac Autier : Denis, Eric, Pascal, Alain et moi.

Les discussions allaient bon train dans la voiture, Denis s’enflammant à dénoncer les errements de nos gouvernements successifs pour juguler la crise!!!…, vaste programme qui nous fit oublier d’emprunter la bifurcation en direction de Belvédère ! Il faut croire que des échanges tout aussi passionnés animaient nos coéquipiers dans l’autre voiture, car personne ne nous ramena dans le droit chemin… mais peut-être poursuivaient-ils simplement leur nuit ?

Ce n’est qu’à 8 heures 07 que nous débutâmes notre rando depuis le Pont du Countet, horaire sans doute un peu tardif pour  notre objectif. Qu’importe! Nous apprécierions en temps voulu l’opportunité de le mener à terme !

D’ailleurs, premier flottement dès le départ : emporter  nos raquettes… les laisser dans le coffre ? Chacun prenant ses responsabilités, ainsi que nous y enjoignit Denis, deux courageux les attachèrent au sac, tandis que trois autres jouaient la carte de la paresse et surtout, d’une plus grande légèreté !

Direction le refuge de Nice, dans un profond silence, chacun s’imprégnant de la beauté des lieux, arpentant vigoureusement un sol sec, puis renouant avec la neige, si abondante, si immaculée, d’une faible portance pour nos pas alourdis, retrouvant enfin la douce sensation de la caresse du soleil sur nos peaux engourdies par un printemps qui s’était pris pour l’automne.

Parvenu au refuge, Eric se fit un devoir d’aller en saluer les hôtes, renouant  spontanément avec sa fonction de président. Fort heureusement, la conversation se poursuivit à l’extérieur, car nulle envie pour nous de nous soustraire au soleil,  si chaud, si enveloppant… Mais Eric s’attardait, déjà nostalgique de la savoureuse daube à la polente qui le narguait sur le menu, faisait frémir par anticipation ses papilles en éveil et le frustrait par une annonce prometteuse, mais non tenue. Ainsi va la vie …L’appel du couloir fut néanmoins le plus fort !

Et là, face à nos trois « Experts » qui s’équipèrent en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire,  petite redécouverte pour Alain et moi d’un matériel peu usité et nouveau flottement : ce maudit baudrier, dans quel sens faut-il l’enfiler ? Et l’attache de ce casque, pourquoi joue-t-elle la rebelle ?

Quelques maladresses et tâtonnements plus tard, nous nous retrouvions en file indienne,

crampons aux pieds, espacés d’une quinzaine de mètres  derrière un Denis à la vigilance décuplée sur un manteau neigeux dont la stabilité semblait incertaine, le bâton s’enfonçant parfois de façon inquiétante.

Tout  en faisant  vaillamment la trace, Denis  se félicitait d’être en effectif réduit pour assurer au mieux notre sécurité  dans un contexte un peu délicat … craintes corroborées par un bruit sourd : celui d’une coulée de neige en direct qui nous incita à redoubler de prudence.

Curieusement, Eric qu’un défaut d’assiduité avait rendu, de son propre aveu, un peu moins performant, retrouva un tonus à nul autre pareil :  plus efficace que dix barres vitaminées, cette petite avalanche lui avait fait pousser des ailes !

Dans une pente à l’inclinaison très prononcée – parfois à 45°, selon une appréciation toute subjective de Denis, que nous étions prêts à accréditer sans discuter tant elle flattait notre fierté-,  l’encordement ne fut pas nécessaire, car fort heureusement, la neige était souple.

Pascal, qui doit compter quelque parent chamois dans sa lignée, acheva avec une légèreté à nulle autre pareille de  faire une trace remarquablement initiée par Denis.

L’objectif fut atteint avec brio. Nous hésitâmes pour savoir si nous devions gravir la Tête du Lac Autier, mais l’horaire et les cumulus menaçants nous incitèrent à redescendre en boucle vers le point de départ. Et quand de fugitifs  grêlons rebondirent en tintant joyeusement sur nos casques, ce fut comme si le Ciel validait notre choix !

Voilà, une superbe journée  s’achève, et avec elle une saison raquettes dont je ressors  comblée : véritable école de l’amitié, de la tolérance, où nous avons tous pu découvrir qu’il existe mille et une façons d’aimer la montagne !

Parmi nous -ils se reconnaîtront !-,  il y a les Pros, les vrais de vrais, les montagnards férus de cartographie, experts en toponymie, qui  font sortir du magma de l’indifférenciation les sommets enneigés en les nommant. Magie du Verbe !

Il y a les naturalistes esthètes, qui s’attardent dans la contemplation d’un gypaète barbu, analysent  les reliefs épars du festin d’un prédateur repu, ou décryptent  les subtiles empreintes oubliées dans la neige. Non, celui-là,  à vrai dire, il est unique et cher à notre cœur pour son côté si atypique !

Il y a les randonneurs sportifs, qui retrouvent dans une saine émulation avec des  comparses mus par le même goût prononcé de l’effort et  la même soif  de dépassement, la joyeuse légèreté de leurs 15 ans ! Bonjour, Mario !

Il y a les « bleus » qui découvrent tout, l’activité, la montagne et qui ont dans leur approche la gourmandise démesurée d’un enfant face à une  vitrine de Noël !

Liste non exhaustive, qui s’interpénètre et se ramifie en autant de personnalités  variées (les  bavards, les extravertis, les discrets, les taiseux, les joyeux, les délurés, les prudents) , aux attentes non moins diversifiées et que le CAF fédère en une conviviale communauté: celle des amoureux de la montagne.

Alors, merci à tous les bénévoles de la section raquettes qui ont su mettre leurs compétences à notre service  pour nous permettre d’aimer, chacun à notre façon, la montagne, parce que, pour paraphraser le titre d’un vieux film de Claude Miller, personne n’est détenteur de  « LA »  meilleure façon de marcher.

 Une gratitude plus appuyée envers  Gabriel et  Michel, qui ont su assurer la pérennité de l’activité et continuer à s’impliquer à tour de rôle, quand la  maladie frappait leur coéquipier.

Et une mention toute spéciale à notre « petit » frère, Denis, dont la détermination force le respect et à qui je ne puis  que dire mon admiration.

Bon, comme  en Gaule, tout finit par des libations,  n’oubliez surtout pas pas le pot de l’amitié : rendez-vous VENDREDI !  ***

 

Roselyne.

***     Et que les lâcheurs (Marie, Jeannine et Philippe pour ne pas les nommer), dont la défection annoncée est  à moitié pardonnée, se rassurent : nous boirons triplement à leur santé !

 

29 mai 2013 : PEILLON « Baou Roux »

en cours d’écriture

25 et 26 mai 2013 : week-end VERDON

en cours d’écriture