Archive pour septembre 2013

samedi 21 septembre 2013 : « la Terre des Dieux »

  « INLHASSABLEMENT »

En 2001,  c’est pas l’odyssée de l’espace, mais celle d’une voie qui pouvait tout aussi bien s’appeler « Panne des sens » , tout comme « le sens de la Vis » ou « l’ Echelle à spits » … Equipée à demeure, on y grimpe aujourd’hui sans rajout de matériel. C’est l’idée que nous avions eue avec l’équipe de Denali Sud, Eric et Jean Mi, sous le contrôle de notre brillant guide Bertrand. C’était sans compter avec un perforateur récalcitrant, un perfo … tenez vous bien ,  à essence !.  Un peu fatigué, son moteur nécessitait des réglages permanents à chaque fois qu’il se noyait. Nous n’avons pas cessé de nettoyer la bougie, régler le carbu, tirer sur le lanceur, donner des coups de tournevis dans un sens, dans l’autre … tous ces petits gestes,   in-la-ssa-ble-ment, au fur et à mesure de notre progression, pendant qu’à l’autre bout de la planète, la «  Terre des Dieux » cherchait encore sa « voie » démocratique, en amendant une Charte, celle des Tibétains en Exil ….

Pas moins de 3 passages pour venir à bout de notre entreprise. Le 09 septembre 2001, Bertrand Brouta, Eric PasdeLoup et moi même pour l’équipement jusqu’à L5.  Le 16 septembre de la même année  2 longueurs de plus, toujours avec le même perfo, L6 et L7  pour Eric et moi accompagnés de Jean-Michel Fanfani . Enfin un an plus tard, le 06 octobre 2002, Bertrand et moi pour les 2 dernières longueurs L8 et L9 . A chaque fois départ du bas. On n’a pas lâché prise. Même mieux, on a ouvert une sortie indépendante 5 ans après, et amélioré la sécurité en installant une main courante dans la traversée délicate du couloir.

Aujourd’hui samedi 21 septembre, c’est le moment de vérifier si les relais ont bien vieilli. Le temps est exceptionnel. Le week-end programmé au Corno Stella n’a pas eu lieu. Pourtant l’anticyclone est présent, et Marco avait rempilé un week end de plus pour maintenir son refuge ouvert. Le dernier week end de la saison à l’Argentera que j’avais programmé au club a donc été  annulé et remplacé par le plan B, « B » comme  » Barel »  dans le Mercantour. Depuis l’ouverture de la longueur de sortie d’Inlhassablement, je n’y étais pas retourné.  Brigitte et Marie Christine répondent de suite à l’appel, et c’est dans une excitation difficile à contenir, que je les accompagne  dans une des plus belles voies de notre département (à en croire tous les retours  depuis son ouverture)

Aldo

 

 

une approche énergique…   7 ° au mercure !                                     des spits bien visibles au dessus d’un cairn peu habituel …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LA cordée aux doigts gelés, sur les premières dalles bien compactes. La gomme des chaussons, dure comme du bois , sur un gneiss pourtant génial …

Le sourire « frisquet » en dit long…

et oui, ça grimpe d’entrée de jeu !

 

Marie Christine suivie de près par Brigitte

 

 

 

 

Tandis qu’à côté Nico emmène sa cordée féminine dans l’éperon Morisset…

 

 

 

 

 

 

 

 

Brigitte , concentrée…

quoiqu’il advienne , avec beaucoup de sereinité . Le regard comme un scanner, ne laisse rien au hasard …

quelques passages en dévers, avec de bonnes protections…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

un petit toit qui se négocie par la droite, et la plaquette jamais bien loin…

sur notre droite, un alpiniste dans le fenêtre du grand cayre…

 

 

 

sur notre gauche, Nicolas Féraud assure sa cordée, avec en toile de fond  le Gélas, la Roche Risso, la cime Cabret et le Mont Colomb

 

 

 

 

 

 

Une photo de nous 3 prise par Nico …

tout en bas Titinette et Bibinette s’approchent du maudit couloir…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

et de petits décalages en petits décalages, ça finit par passer sans même agripper la corde fixe !

Si vous cliquez sur l’image vous aurez la séquence de la sortie au R7. Un passage que j’avais surcoté à l’époque, en raison d’une grosse frayeur à l’ouverture. Après avoir franchi le couloir, j’avais continué dans la dalle, avec 2 lames plantées à « l’arrache ». Dans ce pas un peu bloc,  j’avais réussi à poser un camalot au dessus de ma tête, là où Brigitte a sa main gauche tendue. Mais le tirage  avait été si fort que la traction violente  pour avoir du mou avait arraché toutes les lames en dessous, et m’étais retrouvé sans RIEN entre moi et le couloir…  

aujourd’hui j’ai plaisir à voir évoluer mes seconds de cordée…

 

 

Depuis, il y a la plaquette…

 

 

 

 

 

 

 

 

la suite déroule bien…

 

 

 

 

 

la nouvelle sortie indépendante en 6b ne nous cause aucun problème…

au  sommet, victorieux  et heureux!

s’en suit la petite course d’arête pour trouver la chaine de rappel

dans une belle ambiance diaphane  côté Nord pour la descente en rappel …

 

…                    Cadeau final…  un sublime coucher de soleil sur le Grand Cayre de La Madone,

…                    une beauté inaltérable pour ceux qui rêvent d’éternité …

 

« Le vrai bonheur ne dépend d’aucun être, d’aucun objet extérieur. Il ne dépend que de nous…  »   de Dalaï Lama, ou l’art du bonheur dans un monde incertain …

 

Aujourd’hui au Tibet, hisser ce drapeau est considéré par les autorités chinoises comme un acte « séparatiste » portant atteinte à la « sécurité de l’état ». De ce fait, cela reste puni d’une peine très sévère ! C’est pourquoi l’acquisition d’un drapeau tibétain, dans notre monde libre, constitue un acte hautement symbolique et représente un soutien indéfectible au combat non violent que mène le peuple tibétain depuis 1950 face aux répressions des autorités chinoises.

 

mercredi 18 septembre 2013 : sous le signe DEMENGE à la pointe ANDRE

Soizic,  du CAF St Laurent s’invite à  nos sorties du mercredi. Elle vient nous faire partager sa récente expérience d’encadrante en terrain montagne.

Pour cette nouvelle rencontre nous avons choisi la Pointe André, 2679m et son Eperon Sud, côté D, itinéraire de Lippmann Demenge Vernet Viglieno Isch Wall des années 60 :  200m d’escalade au soleil qui va permettre à Soizic de « s’exprimer » dans un niveau qu’elle veut « apprivoiser » en montagne.

Un topo qui donne entre 1h30 et 2h00 d’ascension ! dur à tenir quand on débute en grandes voies.

Pas sûr que le rééquipement sur spits retrace avec exactitude le cheminement historique

Mais il conduit la cordée sur du beau rocher dans la zone médiane où elle est cotée V-.

A corriger sur certains topos, le bloc spité est à gauche dans la remontée du petit couloir. Visible de loin, il est à l’aplomb de la longueur la plus belle, qui au dessus, passe dans un dièdre fissuré protégé par 2 spits en dalle. Pas vu de relais dans la remontée  de ce couloir, soit on tire une longueur de 70m jusqu’au bloc spité, soit faut bâtir un relais. Qu’importe, Soizic chargée et « outillée» pour l’aventure met en application son tout récent apprentissage et gravi tout en tête. Bravo .On a attaqué à 10h30. On a pris notre temps. La cordée a  trouvé ses marques pas à pas. ça nous a mené à 14h30 au pied de la voie avec prudence.

 S’en suit l’inévitable rappel dans la voie Demenge / Dufranc

Comme la météo nous sourit encore, toujours dans l’esprit de faire connaissance , je propulse notre nouvelle amie dans les premières longueurs de cette magnifique voie rééquipée sur spits en 2001. Soizic évalue ses performances dans le 6a/b. Ce n’est pas son terrain habituel. Je l’encourage à dégager du temps dans son planning hebdomadaire hyper sportif, pour s’entraîner d’avantage en falaise ou en salle. Des promesses à tenir Soizic ! Et la montagne s’ouvrira à toi !

 Retour à Nice à 19h30. Journée magnifique, sans vent, avec la dynamique que j’aime, celle de progresser

  Aldo

 

 

 

adaptation nécessaire au terrain d’aventure, même si quelques spits viennent rassurer…

Soizic s’envole et gagne du terrain sur le fil de l’éperon…

 souplesse dans le pas de V- bien protégé par la plaquette…

Soizic à la sortie du passage le plus dur de la voie…

 

placement du corps et placement de coinceurs dans ce joli petit dièdre…

sortie triomphale dans l’avant dernière longueur de l’éperon…

 Soizic dans les rappels aériens de la Pointe André…

 

 la voie Dufranc / Demenge …  de la verticalité en TD+

 

Soizic à l’attaque de la voie…

le niveau monte … 5 …6a ….6a+ …. 

 

c’est raide…

lecture, placements, équilibre …. Soizic sort le grand jeu

tenir l’horaire !  cette obligation, véritable gage de sécurité quand le temps passe tellement vite …

mercredi 11 septembre 2013 : « Encore bêtement » à Big Ben, … l’agonie à St Jeannet !

Toujours le même enthousiasme à s’acharner dans les voies de cette grotte.

Une vue imprenable à l’abri des rayons ardents du soleil.

Quelques longueurs à la cotation abordable dans un monde « renversant »…..

Plan idéal ce mercredi 11 septembre pour faire connaissance avec Brigitte du Caf de Monaco, conviée par Marie Christine. Quant à Thibault, il est de plus en plus avide de sensations fortes, et compte bien se mesurer à des difficultés qui ne sont pas encore son terrain de jeu. Il s’en sortira très bien dans les 3  voies en 6a. La petite dernière, « Encore Bêtement » / 6b,  sera plus coriace, et le fera « bêtement » courir pour son cours de math, sans vraiment en profiter. Je n’aurais pas le temps de le photographier. Qu’importe, venir à Big Ben pour la première fois et penduler, c’est ne pas faillir à la réputation des lieux !

 En bon paparazzi que je suis, il y aura quand même des clichés pour les filles, et pour leurs gracieuses arabesques au plafond de la prestigieuse grotte .

 Après de tels exploits, et une confiance instaurée, quoi de plus naturel que de passer de « Big Ben »  à « Pour qui sonne le Glas » ? Alors direction St Jeannet mesdemoiselles !

Aldo

 

 

 

LA cordée est maintenant prête pour « se battre » dans les longueurs en 6b/c de St Jeannet :  Pour qui sonne le Glas !

 

 

  » …  Le monde est un endroit magnifique pour lequel il vaut la peine de se battre ! …    » Ernest Hemingway dans ‘Pour qui sonne le glas’

Mercredi 04 septembre 2013: un triangle pour deux

Petite escapade en « stricte intimité » sur le triangle du Pelago. Un triangle qui ressemblait à celui des Bermudes, je veux dire qu’on ne se s’est pas vraiment bousculé dans ce coin là ce jour là. Mais on ne s’est pas perdu non plus!

L’Eperon Nord Ouest (ou voie Demenge),  a eu notre faveur.

Les spits du rééquipement et les quelques clous restants permettent à un grand nombre de grimpeurs de se lancer dans cet  itinéraire relativement court.  Nous avons toutefois préféré démarrer dans les 2 premières longueurs de la variante de départ. Des dalles en rocher compact équipée par Pierrot Montiglio il y a 14 ans maintenant, où j’avais participé avec Christian Carlicchi.

Amateur d’espace, soyez les bienvenus ! du Vsup … « aéré »comme on dit.

 Après avoir repris le cheminement d’origine, nous avons fait un petit tour dans la dernière longueur de Terre d’Exil, histoire de « tester » le moral de Titinette, qui retrouvait des sensations après une longue période d’absence  

Pour la descente, les orages ne pointant toujours par leur nez, nous avons pris notre temps dans le rappel inévitable de l’Envol du Destin.

Un ravitaillement au pied de cette magnifique voie, et Marie Christine, les « accus » bien rechargés, s’est sentie soudainement attirée par l’appel de ce nouveau destin.

De cet itinéraire ouvert en 98 par JP Gass et sa bande, en mémoire à son ami disparu, j’avais souvenir d’un équipement bien « sportif » et du caractère soutenu de bas en haut .

Ben, il n’y a pas d’autres mots. Il faut grimper entre les points. Avec un bon moral .

6a/b obligé ,  1 spit tous les … 10 mètres. j’ai pas mesuré mais 45 mètres de longueur pour  4 spits, ça ne doit pas être loin du compte…

L’unique pas de 6a de l’éperon Demenge s’est vite fait oublier

Le réveil a donc été brutal à l’heure de la sieste, mais que c’était beau.

On a réussi. Non pas toute la voie, l’heure tournant vite, mais les plus belles longueurs.

Pour l’enchaînement , ce n’est que partie remise, et j’espère en comité moins restreint

Malgré quelques noms d’oiseau qui ont volé avec elle, des « Ohlalalalala », et des  » mais je suis une maman moi ! », Titinette a voulu en découdre. Au pied de la longueur en 6b/A0 et en scrutant le toit à passer, j’ai bien entendu sa détermination : « …c’est trop beau on fait encore cette longueur… »

Un vrai bonheur

Aldo

 Marie Chrtistine cherche l’itinéraire historique des années 60

en noir l’Eperon, en rouge l’Envol , départ très haut dans le couloir

 Et c’est parti, dans la fraicheur du matin

 un beau gneiss bien compact

 et quelques points…

 

 dalles dalles dalles

 ça déroule sur l’éperon…

 quelques surprises, ça grimpe dans le niveau

ça se couche sur une arête confort qui invite à la pause  

Marie Christine sous le petit pas de 6 …, peut être un peu surcôté 

ça repart sur le fil…

 belle ambiance aérienne …

 la petite touche finale dans une traversée vers  » Terre d’Exil »

 et le rappel obligé dans l’envol du Destin

 pluies acides ? ou mauvaise qualité ?  En un peu plus de 10 ans la rouille ne s’attaque pas qu’aux grilles !

 avec 50m on peut sauter le premier et le dernier relais

 Titinette au dessus du toit qu’elle voudra remonter. ça passe dans la zone de faiblesse à droite

Minnie petite souris, petite souris sors de ton trou!

 pour le grand jeu

 ça « couinne »

 ça « coince »

 mais ça passe

 on comprend pourquoi « l’Envol » …. de grandes dalles bien soutenues

 les placements sont délicats, petites prises et beaucoup de lecture…

 à l’approche du toit, ça se durcit

 les prises sont toutes petites… faut croire à l’adhérence des chaussons

les doigts sont mis à rude épreuve

attention aux positions arquées !  le pouce vient à la rescousse des fléchisseurs …

le destin va-t-il sourire à Marie Christine ?

 ça va mal pour son « futur proche » !

pourtant c’est bien la méthode, se placer avant de traverser vers le toit

 Newton à la lutte avec Marie,… le suspens bat son plein !

Marie vaincra , sans toit ni loi !

On reviendra ….  on n’a pas fini !