Dimanche 2 mars 2014 : le Mont Joia (environ 1000 mètres de dénivelée pour environ 10 kilomètres de distance) :

La saison n’en finit pas de nous réserver des surprises…

Pour notre plus grand
plaisir, alors que le calendrier nous fait entrer de plein pied dans le mois du
printemps, nous allons faire en ce dimanche 2 mars une rando en conditions
quasi hivernales : arbres chargés de neige fraîche, vallons comblés de
poudreuse, jolies descentes en ligne droite dans la profonde… y’a plus de
saisons, comme dirait l’autre !

 

Un groupe de 34 personnes,
ce n’est pas facile à gérer. Non seulement nos encadrants maîtrisent le sujet «
montagne », mais ils se doivent également d’être de managers avisés, des
spécialistes en relations humaines et communication, et de vrais gestionnaires

Deux groupes prennent
le départ sur la piste qui fait suite à la petite route des Blancons, hameau
perché au soleil, au-dessus de Belvédère. Gabriel, Annie et Patrick conduiront
un important groupe 1 ; Michel et Tony auront la responsabilité d’un groupe 2
aussi motivé que joyeux. Et, détail fort sympathique, les deux groupes comptent
dans leurs rangs un certain nombre de nouveaux participants.

 

Une fois les
nombreuses voitures garées tant bien que mal, les raquettes chaussées et les
contrôles DVA effectués, les deux groupes démarrent, avec pour objectif commun
l’ascension du Mont Joia, 1000 mètres au-dessus de nos têtes.

 

On ne s’habitue pas
aux fééries de la neige : elles nous surprennent toujours. On reste sans voix
devant tant de beauté et de créativité. Le moindre buisson, le moindre rocher,
le moindre accident du relief devient autre : le même en plus beau, en plus
grand, dans une version complètement épurée. Les dernières chutes de neige,
abondantes, nous font ainsi le cadeau rare d’un Mont Joia tout neuf.

 

Le  premier trace. Le second tasse. Les suivants
passent. En silence, dans une neige douce, soyeuse, immaculée.

 

L’arête
sommitale est atteinte par le groupe 1, rapidement rejoint par le groupe 2. Le
fil de l’ultime arête neigeuse, assez cornichée, n’inspire guère confiance à
nos encadrants et, après réflexion, nous choisissons de faire demi-tour, à un
jet de boule de neige du sommet. Le risque avalanche est à prendre en compte,
et les pentes, des deux côtés, n’offrent aucune parade en cas de… petit faux
pas.

  

De la mer aux sommets
du Haut-Var, la vue embrasse tout l’horizon, hormis ce que nous cache la cime
de la Valette de Prals, légèrement plus haute . Par moment, nuages et
brouillard nous volent des pans entiers du paysage. Mentalement, malgré les
pièces manquantes, nous reconstituons le puzzle des chaînes et des vallées…

 

Aujourd’hui, le plus
difficile n’a pas été d’atteindre (ou presque) le sommet. Y renoncer, si près
du but, apprendre à gérer cette frustration et en reconnaître le bien-fondé est
autrement constructif : nous voilà au cœur de la montagnarde-attitude… Il n’est
pas suffisant d’avoir des jambes entraînées et performantes : tout doit être
bien en ordre dans la tête par rapport à la notion délicate du « sommet à tout
prix ».

 

Le plaisir de la
descente efface vite ce petit goût d’inachevé. Pour rejoindre la piste de la
vacherie de Férisson qui nous ramènera aux Blancons, nous tirons droit dans un
beau vallon rempli d’une neige pour laquelle on pourrait ouvrir un concours de
superlatifs… Cette sensation d’apesanteur dans la poudreuse vierge, elle est
incomparable !

 

Le groupe 2 a choisi
de revenir par l’itinéraire de montée, histoire de profiter encore un peu de la
vue panoramique qu’offre la crête de Bermonnet.

 

Avant d’atteindre les
voitures, nous faisons un exercice grandeur nature de recherche avec DVA,
sondes et pelles, sous la conduite énergique de nos encadrants. Bilan mitigé :
bien sûr, nous retrouvons les DVA cachés. Mais qu’en serait-il s’il s’agissait de
copains engloutis ? Nous manquons d’efficacité et dispersons trop nos
recherches. Il faut reconnaître que les DVA de quelques participants, restés en
mode « émission », nous ont un peu compliqué la tâche… Le B-A-BA reste donc à
reprendre, et la marge de progression est… conséquente !

 

Les Tilleuls, à
Lantosque, font le plein avec le CAF, aujourd’hui… La grande salle du fond
est « raquette ». Et l’autre salle est « ski de rando ». En sortant, nous
apercevons, au loin, la coupole blanche du Mont Joia qui nous salue du haut des
nuages.

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