Archive pour avril 2015

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Le Clapier (3045 mètres)

1500 mètres de dénivelée

19,5 kilomètres de distance

 

 

Fini de rire ! La bande des 15 attaque les 3000 !

« Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer », comme le remarquait Guillaume d’Orange, dit le Taciturne.Illustration en ce dimanche 19 avril 2015. On y croit très moyennement : il ne fait pas beau, et ça devrait encore se gâter dans le courant de l’après-midi.

Et voilà un vent glacé qui nous cueille aux alentours du refuge de Nice où nous décidons de chausser les crampons… Printemps, reviens ! Les seules personnes vues, ou presque, sont nos amis
skieurs Sandra et Jérémy, qu’on croise toujours avec autant de plaisir. Et d’eux, au moins, nous sommes certains de ne pas essuyer de remarques aigrelettes sur nos traces de raquettes importunes… compte tenu de leur passé de raquettistes…

Du coup, changement de programme. Gabriel, Denis et Michel préfèrent « assurer » le sommet, plutôt que de passer du temps à ramoner le couloir de la cime ouest Asquasciati, objet de notre fantasme du jour. Et encore heureux si on atteint le sommet du Clapier : les nuages nous le volent, par moments, et un certain fatalisme semble se lire sur les visages, en tout cas sur ce qui dépasse des lunettes, cagoules et bonnets.

Comme toujours « on avance, et on va voir »… car « point n’est besoin d’espérer pour entreprendre », etc… etc… C’est ainsi que, sans pression, mus par un « on verra bien jusqu’où on ira » nous arriverons… au sommet, certes un peu fatigués (à part peut-être Mario, auteur d’une spectaculaire échappée à ¼ d’heure de la ligne d’arrivée, mais bon, c’est Mario). Dimitri arrive sous les bravos
: c’est son premier 3000 !

  Pas de vue imprenable aujourd’hui, loin s’en faut, mais pas de vent : on ne peut pas tout avoir !

Nous nous apprêtons à faire un retour sans surprise par le même itinéraire. Mais c’est sans compter avec le diablotin des cimes, qui va pousser du bout de son piolet fourchu Michel, Jean et les autres vers le débouché d’un petit couloir oblique paré de toutes
les qualités : technique, mais pas trop, avec de la neige comme ci et une pente comme ça, parfait pour des raquettistes friands de sensations alpines…

Allez, hop, on descend par là : ça rallongera un petit peu la ballade, puisqu’on va atterrir dans le vallon de la Fous, mais ce petit couloir est décidément trop tentateur pour qu’on lui résiste.

Nous passons la marche arrière pour descendre cette belle pente et rejoindre des terrains moins inclinés. Mais pour un temps seulement, car nous allons quelque peu tâtonner entre barres rocheuses et couloirs impossibles, remontées imprévues et
traversées haut-perchées, avant de trouver une issue praticable vers le refuge de Nice… Ce qui fera, consolons-nous et soyons pragmatiques, monter nos compteurs dénivelée et distance jusqu’à des comptes ronds.

Somme toute un excellent exercice d’orientation et de lecture du terrain, surtout avec la pression supplémentaire du brouillard qui arrive et de l’heure qui tourne… (au fait, j’ai bien pris ma frontale ?)

Ce retour, plus lent que prévu, sera marqué par quelques chutes dans des trous vraiment impressionnants : vite, on remet les raquettes, au diable les crampons ! et par la casse d’une fixation de raquettes : vite, du fil de fer et surtout du sang-froid !

Arrivée tardive aux voitures sur le parking désert du pont du Countet : pas de pot aux Tilleuls ce soir, direct à la douche ! Et pour que la rituel des Tilleuls ne soit pas honoré, c’est que, vraiment, cette rando n’était pas comme les autres… Merci à nos trois
encadrants du jour, la vie est décidément toujours une aventure, avec eux ! Et nous, on aime.

 

 

 

 

 

 

 

HANDICAF06 12 avril 2015 : solidarité « verticale » au BAOU de St JEANNET

… du jamais vu à  « l »Oral » !

pour les photos, cliquez sur ce lien ou copiez le dans votre moteur de recherche:

https://plus.google.com/u/0/photos/102536564459242939046/albums/6140247242100984129

Aldo

ils l’ont fait ! ….  MERCI à TOUS

« Le difficile, c’est ce qui peut être fait tout de suite. L’impossible, c’est ce qui prend un peu plus de temps. » George Santayana

                                               Bravo les filles

Cime Agnel

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Dimanche 12 avril 2015

G1 : lac Agnel (2645 mètres) en boucle (1150 mètres de dénivelée

 12 kilomètres).

G2 cime Agnel (2927 mètres) en boucle (1350 mètres de dénivelée  

15 kilomètres).

Une grande classique du Haut-Boréon ! Et du beau temps annoncé… On sort sans problème du lit, et même un peu plus tôt que d’habitude, quand on nous agite une telle carotte sous le nez! Nous sommes 18 au rendez-vous, encadrants compris.

Gaby prend en charge le G2 , Michel le G1. Quant à l’ami Tony, en attendant d’aller mieux « pour de bon », il va chauffer son dos douloureux au soleil, sur la terrasse du refuge de la Cougourde, bel exploit quand on sait combien est douloureuse une sciatique qui s’obstine en mode inflammatoire…

Première satisfaction de la journée : la route est déneigée jusqu’aux vacheries, merci au service des routes et à ses chasse-neige ! Ceci ne nous empêchera pas de devoir porter un bon moment, à cause de l’enneigement en pointillés.

Au refuge, nous opterons directement pour les crampons, car à partir du lac des Sagnes, les pentes vont se redresser à plusieurs reprises, de ressauts en replats et de replats en ressauts.

On se dit toujours qu’on « ne vient pas assez souvent dans ce coin »… L’environnement est majestueux, et la vue complètement imprenable sur les caires de Cougourde et le roi Gélas ! Mhmmm… de l’autre côté, c’est pas mal non plus, avec sa majesté Argentera et ses satellites… Et quelques vallons très enneigés restent à explorer pour faire la jonction avec le secteur des Bessons et de la Ruine !

G1 et 2 arrivent pratiquement ensemble sur les rives du lac Agnel, invisible sous son manteau blanc. Caire et cime (Agnel évidemment) nous dominent encore de plusieurs centaines de mètres… pour le moment !

Tandis que le G2 se pose pour casser la croûte tout en haut du vallon de Malaribe, le G1 poursuit sa marche vers le bastion rocheux qui constitue le sommet de la cime Agnel.

 Un piolet et un bâton en main, la dernière pente est aisément franchie. Sur l’étroite plate-forme sommitale, on se serre les uns contre les autres, le temps de grignoter quelque chose et de prendre
une photo, dans des conditions un peu… acrobatiques !

Belle satisfaction pour tout le monde : amateurs de cimes comme amateurs de lacs, chacun a trouvé son bonheur aujourd’hui. Beaux paysages, neige agréable, fort bonne compagnie…

Redescente pour tout le monde par le vallon de Malaribe, que le G2 a déjà tracé pour nous. Au grand dam du gardien du refuge, skieur émérite, qui constatera d’un air chagrin que nous avons « emprunté le passage des skieurs »… Bon. On commence à connaître la
chanson, donc pas de polémique. C’est sur sa terrasse bien agréable que nous boirons (prématurément) le pot de fin de rando .

À signaler tout de même l’étonnant saut périlleux avant, raquettes aux pieds (mais sans filet) avec atterrissage dans les cailloux, exécuté par Chantal qui, c’est juré, ne s’entêtera plus sottement à garder ses raquettes bien-aimées pour traverser buissons et pierriers… Quelques contusions et éraflures sur le visage et les
jambes, une paire de lunettes cassées mais, surtout, beaucoup de chance !!! Le retour aux voitures se fait sans problème majeur, un peu à raquette, un peu à crampons, un peu sans rien du tout, sous les yeux éberlués  des habitants des lieux

La vue de toutes ces montagnes encore si blanches a instillé en nous une fringale renouvelée de randos, d’autant que certains secteurs du massif vont être « libérés » par l’ouverture prochaine des axes routiers : le camp des Fourches, la Cayolle, la Madone…. Vivement les prochains week-ends… S’ils pouvaient être aussi nombreux
que nos beaux projets !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Week-end de Pâques à Maljasset, Haute-Ubaye

 

Premier jour : col de Larche, tête de Villadel (2728 m), dénivelée : 850 mètres, distance : 8,5 kms environ.

 

Ce ne sont pas des œufs en chocolat et des lapins à ruban jaune que nous espérons trouver dans le vallon de l’Oronaye, en ce samedi veille de Pâques, mais de la bonne neige, pour dégourdir nos jambes après quelques heures de voiture, et pour requinquer notre moral, quelque peu écorné par la pluie, le brouillard, et les petits flocons qui nous accueillent au col de Larche…

 

Troisième tentative en quelques années dans ce vallon de l’Oronaye où nous avons déjà encaissé deux buts : une fois à cause du (très) mauvais temps, et l’an passé, à cause de l’absence de neige.

 

Nous sommes 20, dont nos trois encadrants : Annie, Patrick et Denis. Dans les rangs de la troupe à raquettes, on peut dénombrer aujourd’hui un certain nombre de chevilles, nerfs sciatiques, lombaires, genoux dolents ou convalescents… mais à voir l’allure vaillante et le rythme adopté, qui le croirait ?

 

L’enneigement est parfait. Et voilà que la météo s’arrange. Aussi, nous laissons tomber le col de Roburent pour nous diriger vers la tête de Villadel, plus panoramique, et équipée d’une jolie petite crête sommitale, et ça… on en raffole !

 

Une rando idéale pour une ½ journée, dans ce secteur entre Val Stura italien et Haute-Ubaye. Nous ne sommes pas si loin que ça de « chez nous » : coucou, Enchastraye ! On te voit sous un angle inhabituel qui va provoquer d’âpres controverses …

 

Direction Maljasset et son refuge CAF où nous allons passer deux nuits. Que de monde : beaucoup de skieurs, et notre groupe : 20 raquettistes d’un coup, ça vous rétablit l’équilibre ! A signaler le bon accueil, la disponibilité du couple de gardiens, les repas très copieux et bien adaptés à des organismes en quête de sucres lents (surtout s’ils sont bien accommodés à la sauce tomate maison).

 

Seul problème : un charmant petit chat chartreux aux yeux d’or qui ne vous laisse pas mettre vos chaussures tranquillement, et qui veut absolument faire joujou avec les lacets… Les skieurs ont moins de problème avec lui : il n’aime pas leurs fermetures en métal.

 

Deuxième jour : pas de Mongioia (3085 mètres), dénivelée : 1300 mètres, distance : 23 kilomètres environ.

 

On sait que ce sera la journée la plus exigeante du séjour, on est psychologiquement prêt, et nous avons grande confiance dans la polenta de la veille pour nous alimenter en carburant jusqu’au soir.

 

Temps maussade, vol de flocons, montagnes poudrées de blanc, sol gelé… le découragement rôde. Pourtant Annie, motivée pour deux, nous fait remarquer qu’il y a juste au-dessus de nos têtes une petite déchirure de nuages au travers de laquelle on voit… du vrai bleu ! Au cours de la journée, le petit bout de bleu va se maintenir, voire s’agrandir, quelle chance nous avons !

 

La marche d’approche nous paraît interminable, et elle l’est… La géologie de la Haute-Ubaye est à une autre échelle que celle dont nous avons l’habitude : les vallons sont plus longs, les sommets plus hauts, les combes déploient leurs vallonnements à perte de vue. Mais la traversée du ravin de Salcette, où nous devrons mettre les crampons, va nous tirer de la marche en pilote automatique que nous avons adoptée depuis le départ du refuge : une longue traversée en plein dévers, dans un sol où les cailloux ne tiennent que parce tout est gelé, boue et neige. Avec, accessoirement, des perspectives très « plongeantes » sur le torrent impétueux qui coule un peu plus bas. Glissade stri-cte-ment interdite.

 

Après des heures de marche et l’ascension des premières vraies pentes, nous atteignons la cabane pastorale de Rubren, halte obligatoire, ne serait-ce que pour rendre hommage au berger : « Mes ânes ont monté des bûches de bois, nourriture, bougies, allumettes, matelas, vaisselle, etc… que je laisse à votre intention »… « Il m’arrive de laisser du poison, contre loirs et souris, attention à vos chiens »… « Merci de fermer la porte, car cette fois ce sont les oiseaux qui restent prisonniers et meurent »… Quelle humanité, quelle générosité, quelle humilité dans ces simples lignes écrites sur de modestes pages de cahier d’écolier : le véritable esprit de la montagne est là, ne le cherchons pas ailleurs que dans le beau bestiaire de ce berger…

 

Pourtant il nous faut repartir, à crampons, puis à raquettes, car la route est longue et la montagne est haute (comme d’hab). Encore quelques heures avant d’atteindre le bivouac Franco Boerio, au pas de Mongioia où nous nous abriterons du froid et de la fine neige qui recommence à tomber, le temps d’un rapide pique-nique. Une pluie de petits œufs de Pâques sort du sac de Christiane, pour notre plus grand plaisir !

 

Le bric de Rubren est dans les nuages, 300 mètres au-dessus de nos têtes. Nous n’y monterons pas. Pas cette fois-ci. Une autre fois. Promis. Sa croix monte la garde sur ces hautes terres, figées dans la neige, le grand silence, le vent et le froid.

 

Nous le savons, la redescente sera très longue. Un passage de ravin nous occupera un certain temps : c’est à croire que le sort s’acharne pour nous proposer, de dimanche en dimanche, des passages de plus en plus raides à franchir ! Nous flirtons avec la verticalité, et même si ce n’est que sur quelques mètres… quels mètres inoubliables, droit dans les bras musclés des encadrants mâles qui nous attendent en contrebas, expérience finalement pas trop déplaisante !

 

Nous accélérons le rythme, pour tenter d’être à l’heure pour la soupe de 19 heures… ce qui sera presque réussi… Nous arrivons fourbus et crottés.

 

Troisième jour : cols de Mary et de Marinet, en boucle, dénivelée : 1000 mètres, distance : 15 kilomètres environ.

 

Et voilà le grand beau ! Il a neigé, et une belle couche de poudreuse de la nuit a repeint les vallons à neuf !

 

Après la rude journée d’hier, celle d’aujourd’hui sera placée sous le signe du plaisir absolu. On ne sait plus où porter les yeux : tout est tellement beau. Juste au-dessus de nous, l’aiguille Pierre André se colore d’orangé dès que le soleil l’illumine, quelle fière allure.

 

Une mention spéciale pour Tony, qui a décidé de traiter sa sciatique par… l’indifférence, et qui l’a hissée jusqu’au col de Mary, en compagnie d’Annick, toujours attentive ! Une paire gagnante, deux vrais complices !

 

Quant au reste du groupe, après le col de Mary et sa pittoresque boîte aux lettres franco-italienne, il gagne par une petite crête le col du Marinet, avant de redescendre vers les lacs du même nom dans une débandade digne… hum… d’une horde de sangliers… La fameuse poudreuse de rêve en garde les stigmates, que la montagne nous le pardonne, mais quelles sensations… D’ailleurs, si c’était à refaire…

 

Pour que le bonheur soit complet, il reste à fêter au refuge le succès de ce séjour en trinquant à la santé de nos trois encadrants, qui n’ont pas ménagé leur peine pour que tout se passe au mieux pour nous. Une bière « Sauvage » brassée dans la vallée, un jus de pomme chaud aux épices, un Yogi tea citron-gingembre… quel extraordinaire dépaysement, cette Haute Ubaye, jusque dans les breuvages !!!

 

Cette section raquette, initiée par Toussaint, tirée vers le haut par Dominique et son équipe de l’époque, voilà qu’elle continue à progresser sous la houlette de l’équipe actuelle : on en est tous très fiers. Et tellement heureux.

Chantal

Cime de Rogué en traversée par les serres

Cime de Rogué en traversée
Montée par le Serre de Rogué (G1) ou par la baisse de Rogué (G2)
Descente par le vallon des Naucettes
1000 mètres de dénivelée + et –

 

Et si, pour une fois, on commençait par la fin La scène se déroule
aux Tilleuls, en terrasse, car nous sommes trop nombreux pour tenir dans une des salles, le verre, la chope, la tasse ou le bol à la main. Nous portons un toast enthousiaste et applaudissons notre équipe d’encadrants, au complet aujourd’hui. Des applaudissements ? Pourquoi ? Ah-ah…

Ils nous ont proposé de monter saluer le printemps sur la Cime de Rogué, soit par l’itinéraire classique col de Salèse – baisse de Rogué, soit par le Serre… Et nous avons en masse répondu ouiiiii : Rogué… qu’on y monte par ici ou par là, c’est toujours
motivant et sympa… Nous sommes 25 inscrits, prêts à emboîter le pas au 5 encadrant du jour  Annie, Patrick, Gabriel et Denis
pour le G1 et à Michel, secondé par Jean, pour le G2. En route pour les 30 raquettistes et leurs 60 raquettes !

Le parking de Salèse est déjà le siège d’une activité fébrile : plusieurs groupes de skieurs sont déjà en train de s’équiper. De quel œil voient-ils débarquer tous ces bruyants « sangliers », potentiellement ravageurs de champs de neige… Avec le sourire,
semble t-il…
À quelques minutes d’intervalle, le top départ est donné pour les deux G : direction le col de Salèse, pour l’incontournable échauffement qui précède toute rando digne de ce nom dans le secteur.

Sous la conduite de Michel, un grand habitué du coin, et aiguillonnés par Jean, les 9 copains du G2 rejoignent sans encombre la baisse de Rogué après avoir amplement exploré le
secteur des lacs, encore prisonniers des glaces, mais déjà détectables aux 50 nuances de Blue qui ourlent leurs rives, signe que le dégel a déjà commencé : prudence ! On ne traverse plus ! Le regroupement se fait sur la baisse de Rogué, que l’on atteint aujourd’hui à raquettes : la neige, dégelée en surface,
permet de grimper l’ultime (mais sévère…) raidillon sans le recours aux crampons. Pause idyllique au soleil, en situation dominante, face à un des plus beaux paysages du Haut-Boréon… Ô temps, suspends ton vol !

Pendant ce temps, les 19 du G1 ont rejoint la Combolle par les pentes raides qui contournent la pointe de Rogué. Patrick trace avec l’énergie qui le caractérise ; Annie valide ses choix d’itinéraires, un œil sur le GPS et l’autre sur la carte ; Gabriel et
Denis veillent au grain et jouent les serre-file, tout en profitant de l’opportunité rare pour eux de se… laisser guider !

Dès les premières pentes annonçant la crête du Serre, on passe aux choses sérieuses : crampons pour tout le monde. La traversée de cette longue crête restera un des beaux souvenirs de la saison, voire « des » dernières saisons raquettes.

Denis nous exhorte à oser les pentes de neige raides de préférence aux rochers rassurants. Le plaisir de progresser sur ce fabuleux terrain de jeu se corse parfois d’une toute petite
dose d’adrénaline, pas du tout désagréable, et somme toute stimulante…

Qu’il est fascinant de regarder dans les yeux ces grands couloirs qui filent sous nos pas, ces pentes de neige sur lesquelles tout faux pas est prohibé, ce vide qui se creuse peu à peu autour de nous ! Qu’il est grisant de se projeter un petit film intérieur
dans lequel nous sommes (presque) de vrais alpinistes à la conquête d’un Everest à notre mesure…

Après une séance photos-fous-rires sur fond de pointe Giegn, aiguilles de Préfouns et tête des Tablasses, nous redescendons à grandes enjambées la crête de neige en direction des copains du G2, regroupés comme un petit essaim à la baisse. Nous croisons
deux cordées menées par Michel et Jean. Qui est le plus heureux ? Celle, celui qu’on guide vers le sommet, ou celui qui marche en tête, tout content de partager son expérience et d’offrir aux autres ce plaisir supplémentaire :

un sommet ? Les montagnes enneigées de la Corse se profilent au sud ; le Mont Rose aussi, au nord-est. Entre les deux : des montagnes, des montagnes partout, de la neige et du ciel bleu : la belle vie !

Il paraît qu’il faut redescendre… mais par où ? Par le « charmant » vallon des Naucettes. Et le « charmant » vallon des Naucettes démarre par une pente qu’on va devoir redescendre en marche arrière, sur quelques dizaines de mètres. Comme on descendrait une échelle. Mais sans les barreaux pour se tenir… Denis  assuré par Gabriel teste le manteau neigeux

La douce voix des encadrants exercerait-elle un effet calmant et hypnotique sur nos psychismes ? Le fait est que, malgré de légitimes appréhensions, tout le monde descend sans encombre et sans trop de couinements…

 Il tombe bien, ce petit exercice grandeur nature, voilà une deuxième pente à descendre, à peine moins raide, et beaucoup
plus longue ! Mais le groupe est à présent entraîné, et malgré quelques chutes dans une neige piégeuse cachant des trous indétectables, nous prenons enfin pied sur le bon vieux chemin d’été. Un genou nous donne des inquiétudes… Nous attendons de ses nouvelles !

Une bien belle journée, superbement menée par notre staff raquette, et dédiée à Tony, absent aujourd’hui bien qu’ayant contribué largement à la réussite de cette sortie trois étoiles. Soigne-toi et reviens-nous très vite, amigo !