48 heures dans le Verdon : Pas de Prélude pour Hervé, El Gringo Loco, La Dérobée

48 heures dans le Verdon : Pas de Prélude pour Hervé, El Gringo Loco, La Dérobée

Fin octobre, c’est l’été indien sur tout le sud de la France. Nous nous échappons sur les parois ensoleillées de la Dent d’Aire et du Belvédère de Trescaïre. La sortie hebdomadaire du mercredi s’est transformée en 2 belles journées d’escapade au pays de la grimpe !
J1 : Le jour se lève sur la magnifique route qui traverse le plateau de Thorenc. Le temps semble soudainement s’arrêter à la vue d’un immense troupeau de brebis et leurs petits agneaux . Un véritable tableau de peintre…divin
La Palud sur Verdon. Peu de monde. A la terrasse du café, un couple se réchauffe derrière la baie vitrée. Le barman a disparu. Nous prenons le rythme paisible de la campagne et attendons patiemment son retour.
A 11h00 nous gagnons la falaise de l’Escalès et lançons notre corde de rappel au belvédère de la Dent d’Aire. Les vautours prennent leur envol. A tour de rôle ils se risquent dans des thermiques encore timides. Nous restons de longs moments à les observer pendus sur nos cordes à tourner la tête dans tous les sens. A ce rythme nous finirons à la nuit…
Après avoir tiré nos 3 rappels dans « Dolce Vita », nous dévalons la pente sur un petit sentier escarpé. Nous nous faufilons entre 2 gros chênes où se trouvent la main courante conduisant aux rappels du second ressaut.
De jolis surplombs et des baumes de couleur ocre font tout le charme de cette descente. Il nous faut ensuite longer la paroi en continuant plus bas sur des chemins étroits.
Puis nous trouvons notre départ sur un rampe inclinée le long d’un éperon caractéristique. C’est parti pour 5 magnifiques longueurs bien homogènes en 6a+ . L’équipement béton de Catsayannis et la qualité du rocher ne démentent pas la réputation de cette voie. « Pas de Prélude pour Hervé » permet à tout grimpeur de 6, même modeste, de se préparer progressivement aux grandes voies du Verdon.
Ouvrez vos yeux dans les dernières longueurs et tenez bien votre gauche pour ne pas vous retrouver dans les variantes beaucoup plus dures qui partent à droite !
Une fois le jardin traversé, nous reprenons notre ascension dans « El Gringo Loco » 3 longueurs en 6a. Equipement différent, et qualité du rocher bien moins agréable
C’est à la frontale que nous sortirons sur la route des crêtes. Une nuit qui nous surprendra en s’abattant sur nous comme un couperet. Pas de prélude pour Hervé… pas de crépuscule pour la cordée ! Une belle ambiance avant de foncer vers le refuge de la Maline où Pascale que l’on a prévenue à temps, retarde le service et fait patienter les randonneurs qui passeront la nuit comme nous au chalet…
les photos:

visible de la route…

vue du rappel sur la route des crêtes…

rappel sur chaîne marqué « Dolce Vita »

1er rappel

le premier jardin

le Verdon aux couleurs d’automne…

les Vautours  s’envolent de leurs nids

à la recherche de courants ascendants…

les thermiques manquent à l’appel, pour notre plus grand bonheur

nous observons

ils sont gigantesques

n’arrivent pas à monter

seconde partie des rappels entre 2 arbres

les baumes

nous ne remonterons pas par là

ombre et lumière..

le départ de « Pas de Prélude pour Hervé »

C’est parti pour un petit test en « rever »

c’est du 6 dès la 1ère longueur

je reprends la tête

magnifiques couleurs

un des plus beaux canyons

sans aucun doute.  C’est pourquoi on est là

belle ambiance !

6a+ … 6a + … 6a +…6a+  c’est comme ça tout le long

c’est pas attirant une fissure pareille ?

c’est plus que raide

la fissure vue du haut

Une fois sortis de « Pas de Prélude » il nous faut choisir une autre voie pour pour passer cette muraille. Il est déjà tard

chamois du Verdon

1ère longeur de El Gringo Loco

les 2 autres dans une nuit d’encre !

J2 : les chèvres sauvages s’invitent sur la terrasse. Les randonneurs traînent au lit. Le Verdon est prisonnier du brouillard. La visibilité quasi nulle. Pourtant il ne faut pas traîner si l’on veut profiter du soleil dans « les Gros Lards » ; La paroi n’est pas exposée soleil l’après midi. Il y a 5 rappels à tirer, avec le risque de coincement de corde qui pourrait nous retarder. Mieux vaut être matinal.
Nous quittons le Chalet après avoir salué nos 2 amis de la veille, 2 frères jumeaux sympathiques, en totale admiration devant notre détermination à la conquête des falaises. Nous repassons par La Palud et garons le petit van au premier Belvédère. La brume est toujours là. Il nous faut marcher 300m avant de trouver la descente sur la vire. Le fléchage rouge nous conduit au rappel sur chaîne facilement reconnaissable par des inscriptions qui portent le nom de la voie historique du secteur : « La Dérobée ».
5 rappels plus bas, nous changeons d’objectif et laissons tomber « Pour une Poignée de gros Lards »… Bref, nous nous « dérobons ». Ce qui nous permet finalement de grimper en réversible jusqu’aux vires; L’équipement malgré qu’il soit très correct n’est pas celui d’hier. ça grimpe. la seconde longueur nous surprend La sortie du dièdre demande de l’application et me fait ralentir l’allure. Dalle ou renfougne ? un peu des 2, en écart dans une fissure trop large pour des chaussons ! Il y a un pas comme on dit… Je propose à mon second de poursuivre en tête dans les passages historiques de la voie. Nous reviendrons un autre jour pour le « Rasoir ». Je le vois hésiter, monter descendre, placer des points intermédiaires, je l’entends parfois s’invectiver. Je me dis que ça ne doit pas être si bon que ça et que j’ai sans doute eu tort de ne pas l’envoyer dans les belles fissures du Rasoir. Effectivement c’est pourri, mouillé par endroit et parfois délicat dans la végétation du dièdre. Heureusement la 4 ème longueur redevient sympa. Sur la dernière vire sous le sommet, nous partons à gauche à la recherche du fameux 6b+ de sortie. L’arbre est toujours là, et je me dis que les plaquettes rapprochées permettront toujours de nous en sortir. Des beaux passages surplombants qui laisseront des traces dans les bras…
C’est ainsi que nous terminons cette belle ascension au Verdon.
Le temps de me rejoindre parking, je dresse un apéro improvisé pour fêter comme il se doit notre succès… Le temps se fige. Le silence qui règne autour de nous nous remplit de quiétude. Aucun vent, aucune âme, ni touristes ni voitures. Seul le bruit du torrent au fond du canyon vient troubler le calme de la nuit qui s’installe. C’est un vendredi soir au Verdon. Fin octobre. La semaine se termine. Pour beaucoup c’est le week-end qui commence. Nous, nous avons l’impression d’en finir un! 2 jours de grimpe qui valait bien un détour au pays des vautours.

les photos:

la biquette plus matinale que les randonneurs

l’autre biquette…

il n’y a qu’à suivre les flèches

et oui c’est là. Faut se motiver !

on détend un peu l’atmosphère. Tirer des rappels au Verdon ça pince toujours un peu le ventre …

trouvé !

des bombés et des arbres… attention au coincement de cordes !

sous la vire un autre rappel

en face la paroi des parois

dalles à trous et belles fissures

rappel entre La Dérobée et Pour une Poignée de Gros lards

une « meurtrière » pour le soleil entre les parois des 2 rives

Paroi rouge et Castapiagne pour les amateurs d’artif

avant dernier rappel dans un beau dièdre

5ème et dernier rappel

tout ça à remonter

L1 5sup

L2..  6a+

sortie du dièdre en dalle puis dans la fissure… à la chamoniarde !

les hostilités démarrent pour mon second

à la recherche du meilleur

un arbre bien placé

prise naturelle

sur un arbre perché

du végétal au minéral il n’y a qu’un pas !

ça passe

et ça repasse

la sortie historique de La Dérobée. Très végétale et peu interessante

humide et glissant… dans du 5c+

4 ème longueur en 5c, un peu plus saine mais rocher toujours médiocre

Départ marqué D comme Dérobée à gauche sur la vire . C’est L5 en 6b

magnifique fissure à remonter, très bien équipée

vue d’en haut

la suite est magnifique

on oublie les 2 longueurs pourries

réjouissances au parking

apéro bien mérité

Aldo

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