Archive pour décembre 2015

Mercredi 23 décembre 2015: traversée intégrale du PELAGO

traversée intégrale du PELAGO… complètement sec en plein coeur de l’hiver, du jamais vu !

Cette traversée Nord Sud en conditions hivernales, des Cayres Nègres du Pelago, est un vieux projet que l’on avait repoussé plusieurs fois à l’avantage de traversées moins ambitieuses, comme celle des Cayres Nègres du Mercantour réalisées 2 fois dans le cadre des sorties du mercredi.

Cette fois-ci notre motivation sans faille est due aux conditions printanières qui règnent sans partage sur les sommets du Mercantour depuis bientôt 2 mois, et qui vont nous faciliter la tache au grand dam de nos amis skieurs désemparés par un manque de neige exceptionnel. A quoi bon attendre les difficultés alors, et remettre à nouveau ce projet. Ça sera en « dilettante » comme on dit ou en « roue libre » … petit plaisir en ces périodes de fêtes qui approchent.

Je lance donc l’appel pour une « ballade » verticale, ou rando « alpine » si vous préfèrez :

l’arête Sud en première partie, 900m de déniv,  de la séparation du vallon Sangué et celui du Haut Boréon  jusqu’au sommet du Mt Pelago qui culmine à 2768m.

Durée estimée 3h, avec un petit côté historique » car l’itinéraire a été ouvert à la fin du XIXème, il y a plus de 100 ans, par J.PLENT et V. de CESSOLE.  Cotation …. Facile. C’est pour dire. Mais le plaisir n’est-il pas partout dans notre beau massif, tout comme celui de la découverte que Thibault,  seul à répondre à mon invitation, voudra partager avec moi ? …

La seconde partie de notre itinéraire sera la traversée complète des arêtes des Cayres Nègres dans le sens Sud-Nord. Cotation « PD ». Généralement faite dans l’autre sens pour récupérer la voie normale et redescendre dans le Boréon. Après une ascension par exemple, de l’un des nombreux couloirs qui balafrent  le versant ouest, très prisés en hiver, avec leurs lots de bonnes ou mauvaises surprises selon les conditions d’enneigement que l’on y trouve. Des passages en mixte, de AD à TD, jusqu’à 80° pour les plus raides. Des voies portant parfois le nom des ouvreurs, mais aussi des voix entachées de tragédies, comme celle de février 2008 où des membres du PGHM de St Sauveur ont malheureusement dévissé sur une plaque de glace …

C’est donc entre 2700m et 2800m d’altitude que nous allons suivre le fil d’une succession de petits sommets que l’on appelle les cayres Nègres Nord et cayres Nègres Sud, entrecoupés par des brèches qui nécessiteront bien 2 ou 3 heures pour rallier le sommet du Pelago à la Baisse des Cayres Nègres située elle, à 2745m. La partie finale plus technique devrait nous obliger à sortir la corde sans trop de problèmes sur un rocher sec même si quelques traces de givre ou de névés persistent dans les passages orientés nord.

Une fois la Baisse des Cayres Nègres atteinte, et selon l’horaire, nous poursuivrons notre logique jusqu’au bout, et tenterons de gagner la Cime de Baissette (2822m) pour terminer notre longue ascension  face au Guilié. (La baisse de Baissette par l’arête Nord est trop verticale avec des passages en V. Déjà été descendue dans les années 50 …. ça sera une excellente idée pour une prochaine fois)

Il est donc 7h du matin sur  le parking …. d’été .  Un luxe !

Frontale allumée juste le temps des préparatifs et nous filons à la lueur du petit jour naissant sur le sentier de la Cougourde.

Au pont de Peïrastrèche nous sortons du chemin. Nous bifurquons à gauche et commençons à nous élever sur des pentes déversantes qui enroulent la base de l’arête sud du Pelago.

La suite en images…

Aldo

Après avoir traversé le torrent au pont de Peïrastrèche, nous remontons des couloirs raides et herbeux versant sud……

la base du PELAGO est imposante. Il n’est pas aisé de choisir un itinéraire plus qu’un autre. Nous continuons à longer son socle dans un grand pierrier tout en prenant de l’altitude…

Nous nous trouvons devant un dilemme. Le point de départ le plus bas que nous avions choisi est en fait une grande muraille coupée en 2 parties et constituée de dalles verticales qui nécessitent les chaussons d’escalade. La progression en « grosses » semble problématique et nous prendrait de tout façon trop de temps. Plutôt que d’attaquer les vires et les cheminées qui slaloment dans les parois, nous préférons poursuivre et voir un peu ce qui se passe derrière, plus à l’est…

Nous trouvons « notre » passage à l’extrémité nord de cette grande muraille. Un tout petit couloir terreux et instable sera notre point d’attaque. A son sommet une sorte de selle délimite le point le plus au nord que nous ne voulons pas franchir afin de rester au mieux sur l’arête sud …

Après ce contournement, notre ascension commence véritablement…

Thibault s’impatiente de mettre les mains. Il aurait bien démarré plus bas dans les dalles…

L’arête Sud est enfin là sous nos pieds. Et le soleil bien présent sur nos têtes. Il était temps, moins 6°C au thermomètre !

Nous découvrons tous les deux l’arête sud dans toute sa splendeur. Le panorama est fantastique. Le Guilié au fond, la Tête de la Ruine à droite.  Les Cayres Nègres sont encore masqués par le sommet du Pélago…

L’arête est un jeu. Les jouets sont ces petits gendarmes et blocs de rocher qui entravent le parcours …

Nous revenons sur nos pas pour nous pencher au dessus de la paroi que nous avons contournée. Il y avait effectivement la possibilité de grimper dans des couloirs . Mais Ils ont l’air  pourris et je ne regrette pas notre choix.

La rencontre avec les premiers blocs exalte Thibault…

Sûrs de nous, nous gardons la corde dans le sac et jouons à saute mouton…

selon l’envie et l’adresse, chacun trouve son passage pour son propre plaisir…

Derrière Thibault, en toile de fond c’est une vraie carte postale … (cliquez sur les photos pour les agrandir)

voilà à quoi ressemble l’arête quand nous nous retournons …

Nous poursuivons en cherchant des passages ludiques…

des blocs empilés comme des allumettes tombées d’une boite…

des allumettes grosses comme des menhirs…

une partie abrupte sur la droite, où les premiers couloirs E et NE viennent terminer leurs courses comme celui référencé N° 449 sur le topo Gass…

Un rodéo improvisé…

un jeu de funambule…

un peu d’adrénaline au dessus du vide…

à l’approche du sommet, derrière nous… le versant Nord du Gélas est un peu enneigé.

L’arête tourne plus au Nord et nous oriente vers la cime …

encore de jolis passages pour qui veut jouer des mains…

Les lacs Bessons sont gelés…

Les pentes du Guilié sans neige…. je comprends le désarroi des skieurs.

le sommet est atteint en 1h40 depuis le petit couloir de la base de l’arête.

Après un long moment d’émerveillement entourés de jeunes bouquetins, nous reprenons notre route…

Nous sortons la corde pour descendre à la première brèche. La traversée des Cayres Nègres peut commencer …

Sur le versant Nord Est, la température repasse sous Zéro…

le rocher gèle les doigts…

c’est un passage que nous connaissons Thibault et moi pour l’avoir franchi dans l’autre sens après l’ascension notamment des couloirs Berhault Brizzi ( couloir NE) et le couloir Nathalie…

derrière cette brèche il faut regrimper quelques mètres …

sortie du couloir NE, en manque de neige un 23 décembre !

Thibault poursuit en leader…

Des points de vue remarquables…

Un bouquetin mâle, beau spécimen du genre, n’est ni effrayé ni enclin à se pousser du chemin. Faut dire que sur la baisse du Pelago il fait maintenant pas loin de +12°…

Le capriné se laisse admirer et photographier…

Indéniablement il est en rut. Il rabat sa queue sur l’échine et arbore un train arrière éclatant sans aucune gêne.

Faut dire que depuis près d’un siècle que les italiens l’ont réintroduit, il en voit passer des alpinistes !  1200 bêtes dans le parc italien je crois bien…

Il pose devant le Gélas, devant la Cougourde…

tout ça ralentit l’allure. On se ressaisit. Il faut quitter cet endroit  « maléfique » qui est un véritable appel au farniente ! Puis j’aime pas les bêtes à cornes, surtout lorsqu’elles sont en rut !

nous laissons la baisse du Pelago et son sommet derrière nous …

devant ça se corse ! une véritable enfilade de cayres et de brèches…

Car si la montée au Cayre Nègre Sud sont des éboulis faciles, la suite devient beaucoup plus rocheuse…

Au loin le panorama est fantastique. La cime de Brocan en marque la frontière. Baissette est en vue…

Thibault se risque vers l’inconnu…

Si si , ça passe. C’est par là . « … d’abord par le versant est … » dit le topo. De toute façon ça passe pas ailleurs, à moins de tirer un rappel…

La désescalade c’est comme l’escalade. C’est juste dans l’autre sens !

Si tout semble bien se passer, il faut se méfier !   c’est que quelque chose nous échappe…

un gendarme à l’ombre …paradoxal non ?

De toute évidence ce n’est pas par là qu’on serait descendu …

c’est côté Est…

infatigable ce Thibault !

pourquoi faire simple…

content de lui … mais c’est pas fini

derrière nous, la descente du cayre Nègre Sud à la brèche que nous venons de parcourir …

Nous arrivons au sommet du Cayre Nègre Nord…

Tout autour c’est tellement sec qu’on se croirait dans le désert d’Atacama…

il faut nous retourner pour apercevoir de rares névés versant nord

sommet du cayre Nègre Sud du Pelago, atteint en un peu moins de 1h1/4 depuis le sommet du Pelago…

Là commencent les p’tits problèmes.

Nous nous lançons dans un rappel plutôt que de descendre des couloirs instables.

ça c’était la bonne idée.  Le rappel est installé versant NW.

Mais nous sommes trop attirés par d’autres sangles de rappel que nous apercevons plus bas

Chaque solution amenant de nouveaux problèmes, nous nous apercevons que nous descendons trop bas sur ce que l’on appelle l’arête Ouest ou Nord Ouest qui vient du cayre des Erps. Traverser nous semble maintenant de plus en plus compliqué en l’absence de neige. C’est littéralement POURRI !  Malgré tout on essayera. Mais se tromper est tellement humain…

Après être remontés d’où l’on venait, nous trouvons une brèche qui nous ouvre le passage vers l’est.

Descendre en contournant par l’est le ressaut terminal qui surplombe la baisse des Cayres Nègres, voilà ce qu’il fallait faire…

la désescalade est beaucoup plus saine sur ce versant. Elle débute par une cheminée puis quelques dalles rocheuses…

On prend pied dans un couloir qui s’élargit et donne accès plus facilement à un cheminement évident que l’on poursuit jusqu’à la baisse.

à la baisse des Cayres Nègres du Pelago, famille bouquetin au grand complet !

cabris, étagnes nous dominent …

sous l’œil attentif des mâles …

bien plus agiles que nous

De toute la journée la mer de nuage n’a pas quitté la côte. Au sommet de la cime de Baissette, il est 14h45. Certains viennent nous boucher la vue. Il est temps de descendre. Nous descendrons par le vallon des Cayres Nègres.  Derniers clichés …

on serait bien resté 1h de plus …

je montre à Thibault la crête de la Maura que nous avions remontée avec Jacques … 1300m d’arête  jusqu’au Gélas

Les 4 cimes de la Cougourde sont bien visibles. Un petit descriptif des voies pour le faire saliver…

au Nord le Guilié, trop loin pour aujourd’hui …

encore un « selfy » comme on dit

notre parcours …

la cime du Mercantour s’ennuage, les cayres Nègres blanchissent…

féérique… à la veille du réveillon de Nöel

dans la brume après avoir dévalé les pentes du Baissette…

Nous déciderons de ne pas emprunter le sentier vers le refuge mais de descendre de rocher en rocher le torrent gelé du vallon  Sangué, un accès qui n’est plus entretenu par le parc.

Le parking sera rejoint vers 17h.

Au total 10h de rando dite « alpine » dont voici la trace

Au fait c’est quoi la différence entre « rando alpine » et « alpinisme » ? (question que l’on me pose souvent et dont je n’ai jamais vraiment une réponse claire)

De l’étymologie à la réalité de terrain :

Si l’alpinisme est un sport où les ascensions s’effectuent dans les Alpes et par extension en montagne, alors la traversée du Pelago serait de l’alpinisme ?

Mais alors c’est quoi la « randonnée alpine »  ?

Pour le ski de montagne on distingue le ski dit de « rando » (soit disant sans chrono…), et le ski dit « alpinisme » plus orienté performance où les différentes cotations reprises au fil des ans et très précises aujourd’hui ( SM à TBS, S1 à S7, F à ED, E1 à E4… etc ) demandent du « vécu » comme on dit pour comprendre leur signification.

L’Académie Française clarifie tout ça en 2008 en officialisant l’appellation du Ministère des Sports : le « SKI ALPINISME » regroupant ainsi toutes les façons de pratiquer la même discipline.

 

Alors pour ceux qui gravissent les sommets à pieds, que doit-on dire en montagne ?

 

L’Académie Française ne venant pas à mon secours , c’est vers les Suisses que je me tourne  et la cotation randonnée du Club Alpin Suisse. Sur leur échelle, T3 nécessite l’aide des mains. Le vocable  « randonnée alpine » apparaît clairement à partir de T4. Et une expérience dite « alpine » et confirmée, avec l’habitude du matériel technique d’alpinisme devient indispensable lorsque la progression est « difficile », niveau T7, niveau max de cette échelle.

Alors pour nous au Pelago…  rando ? ou alpinisme ?

Si l’alpinisme débute là où nous devons mettre les mains. Qui les met et quand ?

Si l’alpinisme débute quand on sort du matériel. Mais qui le sort et quand ?

Si l’alpinisme débute quand c’est dur. Mais qui trouve que c’est dur et quand ?

Si l’alpinisme débute quand c’est dangereux . etc etc …

 

 

C’est la FFCAM qui vient à notre secours en donnant plus d’indications sur le sujet.

La FFCAM délivre 3 brevets d’initiateur fédéral :  Initiateur « randonnée » (en dehors des massifs montagneux), « randonnée montagne » (en milieu montagnard à l’exclusion des zones d’enneigement permanent, et « randonnée alpine » (sur glaciers faciles peu pentus et en rocher dit facile  jusqu’au niveau II, en précisant même à l’altitude inférieure à 3800m dans l’arc alpin)

Alors ça, ça nous parle. Niveau II , rocher facile… ce sont les cotations en référence  à celles de  l’Union Internationale des Associations d’Alpinisme (UIAA) , la seule vraie référence,  sur laquelle  le ski alpinisme s’appuie aussi pour les cotations montagne.

Du coup la progression dite « difficile » en rando (T7) devient « facile » en alpi (F)

Hum…Vous suivez toujours ? 

Si vous n’allez pas vous y frotter, vous n’aurez jamais d’exemples concrets qui vous parlent.  Alors on va conclure avec humour. La randonnée « alpine » c’est jamais facile. Si c’est trop facile, c’est qu’un truc vous a échappé. Redoublez de prudence !

Ne banalisons pas avec des mots, si c’est la connaissance du milieu alpin qui forge les alpinistes, alors rien ne vaut le terrain  … il faut y aller !

ça permet de comprendre les cotations de l’Union Internationale des Associations d’Alpinisme (UIAA) , la seule vraie référence : (F, PD, AD, …) avec les passages cotés 1er degré, 2ème, 3ème.. etc,

Pour nous ce mercredi 23 décembre c’était de l’alpinisme, facile à peu difficile , côté ainsi : F et PD. Et c’était le pied !

Aldo

 

Sachez que la FFCAM a une commission Nationale de la Randonnée qui a défini un contenu de formation qui s’appelle « RANDONNEE ALPINE » dont les principaux sujets traitent de :

1- les pentes de neige ( < 45°) : neige , sécurité, freinage, relais corps morts, encordement, piolets, descentes, mains courantes … 

2- le glacier : itinéraire, assurage, ancrages, crevasses, mouflages, cramponnage…

3-terrain mixte : glace rocher neige , techniques, assurage ( broches anneaux pitons, relais..)

4-rocher : courts passages < 50m : encordement, baudriers, nœuds, assurage, rappels, mains courantes

5- sécurité secours : risques, météo, terrain, 1er secours, mise en situation, conduite à tenir ..

6- bivouac imprévu

7- conduite de groupe ( en altitude ) : plan de marche, marge de sécurité, repli, évaluation, psychologie, organisation des cordées, imprévus, renoncement etc..

8-hébergement : conduite refuge ou gîte gardé ou non

9- cartographie orientation

10- connaissance du milieu

11- vie de l’association

un vrai programme …. d’alpiniste ! 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 20 décembre 2015 Monts Triboulet et Riounet au départ de Roya

 G1 :1370 mètres de dénivelée 19 km G2 :1100 mètres de dénivelée – 15 kilomètres

 

    Gros, gros succès pour la section raquette à neige. Même sans raquettes. Et même sans neige. Nous sommes 35 à mettre le sac sur le dos sur le petit parking de Roya. Raquettistes, skieurs, amis randonneurs de la collective annulée ce jour-là, quel beau groupe ! Gabriel, Denis, Michel, Annie, Patrick, Mario, Jacques sont les bergers de ce troupeau indiscipliné, tandis que Tony et Jean, en bons chiens de bergers, encouragent les brebis égarées ou fatiguées. Un partage des tâches qui a fait ses preuves.

    La piste, d’abord large se réduit peu à peu à un sentier : voilà le troupeau qui passe en mode file indienne. C’est préférable : le vallon se creuse à notre droite, et il ne doit pas bon faire plouf ! dans les vasques du Trou des Corneilles. Même si la clémence de ce mois de décembre relève de l’imposture, il nous faut régulièrement contourner des plaques de neige gelée et de petits cours d’eau immobiles sous la glace, et sur lesquels les bâtons ripent en faisant un zzzip… fort désagréable.. mais nos cadres veillent

    Nous nous regroupons au bas des alpages de Ruisienigous, qui ont dû connaître jadis une vie pastorale intense. Seuls vestiges de cette époque pas si lointaine, des granges, des bergeries, des traces d’enclos. Beaucoup de ruines.

    La montée vers la baisse Barel se poursuit, et déjà le groupe s’étire…

Il nous faut traverser quelques profondes ravines, véritables entailles dans les marnes noires où il convient d’avoir le pied sûr et le coeur vaillant. Il vaut mieux regarder où on pose le pied…

 Pas le temps de faire des oh ! et des ah ! d’admiration devant le paysage alentour, qui se déploie entre Mounier et cime de Pal. Des perspectives très sauvages et minérales, dans lesquelles on sent bien qu’on est admis, mais à condition de ne faire que passer, et de préférence en silence…

Tandis que les 17 du G2 se regroupent à la baisse Barel, les 18 du G1 repartent déjà pour l’assaut final sur le mont Triboulet, enchaînant croupes herbeuses et pentes inhospitalières.

Le panorama 3 étoiles qui nous attend au sommet justifie l’effort de cette montée parfois ingrate : on fait le tour d’horizon complet, du Chambeyron au Chambeyron en passant par le Haut-Var, les sommets de la Haute-Tinée, le Mercantour Est, le secteur du Mounier et du Mont Rougnous, Pal, Demandols… tous semblablement figés dans l’attente de la neige. Patience infinie des montagnes…

    Nous en sommes à peine au dessert que voici les copains du G2 qui nous rejoignent, juste à temps pour faire partie de la distribution de lemoncello (aux citrons de Menton, s’il vous plaît) et de chocolat. La belle vie !

    Le G2, reviendra par le même itinéraire, et magie ! les montées sont devenues des descentes, mais les ravines restent des ravines, à négocier toujours avec prudence. Gabriel, Tony et Jean sont là, prêts à tendre à qui en a besoin une main solide. On ne dira jamais assez la valeur d’un simple mot d’encouragement, et le prix de la patience de celui ou celle qui est prêt(e) à vous attendre, quitte à arriver avec vous le dernier, ou la dernière…

    Pendant ce temps, le G1 continue sur les crêtes jusqu’au Mont Riounet, à un rythme soutenu impulsé par les plus rapides : il faut galoper pour vous suivre, les amis ! Nous rejoignons le haut des pistes d’Auron. Quelques-unes sont enneigées artificiellement. Sur certaines, les canons à neige (pardon ! les « enneigeurs ») n’ont pu laisser que des alignements discontinus de cercles de neige : il faut être le Marsupilami, pour skier là-dessus…

     Après une longue descente « directe » vers le fond du vallon de Roya, le G1 rejoint le G2 au pont de Ruisienigous : parfait synchronisme, ça laisse pantois ! Le troupeau ainsi reconstitué reprend le chemin de Roya, enchanté de l’aventure. Qui se termine, comme toutes les aventures de la section raquette, bien au chaud devant des choses qui se boivent ou se mangent. Aujourd’hui, c’est le patron du gîte d’étape de Roya qui devra réaliser le tour de force de prendre 35 commandes en un temps record…

    Foncier, fessiers, tout est prêt. Neige, on t’attend ! Petit papa Noël, fait quelque chose pour ta section raquette préférée…

Joyeux Noël à tous. Finissez bien l’année. Et à très bientôt pour les bises traditionnelles. Et peut-être pour une bataille de boules de neige, on peut, on DOIT rêver !

Dimanche 13 décembre 2015 Monts Aucellier (2204 m) et Gravières (2331 m)

Dénivelée : 1300 mètres Distance : 18 kilomètres

Et toujours pas de neige…Comme dit Denis, c’est l’occasion de travailler « le foncier »… Cette mission de confiance est confiée à Denis, Gabriel et Mario.Nous sommes 17 adhérents – raquettistes, skieurs de rando -, tous en mal de neige, mais bien décidés à ne pas nous laisser abattre tout en travaillant, donc, ce fameux « foncier ».Au départ de Roure, nous prenons la direction du parking de l’Arboretum (c’est très beau, et ça se visite !)www.arboretum-roure.org Au loin la station de valberg !!!

 

L’objectif du jour est le mont Aucellier. La marche dans la forêt de la Fracha, qui se poursuit par la crête de la Clauetta nous fait déboucher enfin dans les clairières que domine le paisible mont Aucellier. Tiens ! cherchez l’erreur : des gentianes printanières dans les prés, et des randonneurs en tee-shirts, voire débardeurs, qui pestent de ne pas avoir pris les shorts… Il est vrai que la montée, à un rythme soutenu, nous a mis un peu en ébullition mais tout de même, quel drôle de mois de décembre…

 

Pendant que nous prenons la photo-de-groupe-souvenir sur fond de Mounier, déneigé à en pleurer, nos encadrants ont déjà les yeux fixés sur le mont Gravières, là, juste là. À un jet de pierre (hum, les perspectives, en montagne..) Mario nous encourage, ce devrait être une formalité !

Nous nous élançons dans ses pas, en essayant de régler les nôtres sur les siens, ce qui n’est pas de tout repos. Nous dégringolons, façon de parler, sur le refuge des Portes de Longon, posté comme une silencieuse sentinelle au bord du mythique GR5. Il en a vu passer, des randonneurs… Et parmi eux, notre ami Toussaint, il y a quelques années… Il s’agit donc, à présent, de remonter sur l’autre versant du vallon de Longon jusqu’au somment du mont Gravières car, après le réconfort de la descente, l’heure est venue de l’effort de la montée. Classique ! Sauf que cette montée, elle n’est pas si classique que ça : pour travailler « le foncier », nous tirerons une ligne presque droite entre le refuge et le sommet, dans des pentes parfois à 40°.

 

Tout le monde tire un peu la langue, certains plus que d’autres… Voici la dernière crête, voici le sommet ! Quelle vue panoramique sur le secteur du Mounier et d’Isola ! Et même au-delà : le Haut-Var, le Cians. Et peut-être même la Corse, juste au-dessus d’un banc de nuages…

 

 

  À la redescente, pour changer un peu (et aussi éviter les plus fortes pentes), nous passerons par les cabanes des Gourcs. De nombreux vestiges de la 2nde guerre mondiale sont encore visibles. « Ces installations, qui sont en fait un petit bout de la ligne Maginot, permettaient aux soldats de surveiller le vallon de Castiglione, d’où les troupes italiennes pouvaient arriver par le col de la Lombarde, ce qui se produisit en juin 40 »…Voici le lien vers un blog consacré aux installations militaires dans ce secteur (et l’explication des mystérieux cercles de pierre vus à la descente !)http://www.leschroniquesdemichelb.c…

 

 

 

Le retour nous semble bien long. Pourtant, une fois passé Rougios, ses granges, ses bouses de vache et ses pâturages, il n’y a qu’à marcher en mode automatique sur une piste sans surprise jusqu’aux voitures. Mais le travail consciencieusement fait sur « le foncier » commence à se faire sentir… Vivement la position assise…

Après un pot avec vue panoramique pris dans le village-même de Roure nous prenons, après une dernière distribution de bisous, le chemin de la vallée car… aux urnes, citoyens !

 

 

Dimanche 6 décembre 2015 Pas des Ladres et un peu plus… Dénivelée : 900 mètres

Dans l’euphorie de notre soirée de réouverture de la saison raquette, riche en inscriptions de nouveaux adhérents, une première sortie est programmée… d’abord à raquette (sur le programme optimiste élaboré plusieurs mois auparavant) ; puis à pied sec (« soyons
réalistes, pas de neige » !) ; puis à raquettes le soir précédent la sortie (« il neige ! on prend les raquettes ! ») ; et en dernier lieu à pied sec, une fois sur site (« mais où donc est tombée la neige annoncée ? »).  faisant contre mauvaise fortune bon coeur les 22 participants s’élancent

Un bravo tout particulier aux nouveaux inscrits qui ont fait preuve en ce dimanche d’une grande adaptabilité, qualité primordiale pour être admis dans l’Ordre de la Raquette… En file indienne, tout heureux de retrouver les uns et de faire connaissance avec les autres, nous prenons la direction du pas des Ladres après avoir laissé les voitures à la Madone : nous sommes seuls au monde ! Seuls avec les chamois, paisibles et pas franchement concernés par nos débats raquettes / pas raquettes.

Une très fine couche de neige s’est déposée sur les montagnes, pas suffisante pour tout repeindre en blanc : nous sommes plutôt dans les tons sépia des vieilles photos, car l’herbe jaunie est parfaitement visible sous le très léger voile de cristaux blancs. Mais la couche est toutefois suffisante pour rendre bien glissants les rochers et le
sentier : le groupe progresse avec une allure prudente de Sioux sur le sentier de la guerre. Surtout dans les descentes…

Voilà le pas des Ladres, avec la vue sur
des lacs gelés – Trécoulpas, Fenestre – avec des horizons bouchés par les nuages, et des montagnes à peine blanchies par la petite chute de neige de laveille.

À partir de ce moment, le but de la ballade devient plus imprécis, à l’image des paysages floutés par le brouillard et le grésil : nous ferons « presque » l’Agnelière (demi-tour pas très loin du sommet, il y a de la glace, et elle présente une inclinaison  particulièrement pas sympathique)

 Puis retour au pas des Ladres ; puis « presque » la cime ouest de Fenestre (demi-tour juste sous le sommet, il y a de la glace, et elle présente, etc…etc… du déjà vu…).

Le vent arrive, et avec lui le froid. Finis nos vagabondages dans les alpages, et direct azimut sur la Madone ! Tables et bancs nous accueillent le temps du pique-nique, agrémenté comme il se doit de
diverses choses à croquer ou à siroter…

La journée se termine par un atelier « recherche DVA » : tandis que deux DVA, bien cachés, restent en mode émission, les 20 autres, en réception, lancent des bip-bip tantôt pressants, tantôt peu convaincus. Nous nous croisons dans tous les sens, un œil sur le cadran, et l’autre tentant de repérer discrètement de quel côté se dirigent majoritairement les copains (hou ! c’est vilain de copier !). Une bien étrange symphonie des alpages, tous ces sons électroniques…Comme toujours, force est de constater qu’il y a du boulot. Mais la bonne volonté est là, et nousaméliorerons nos prestations, promis.

Les voitures retrouvent toutes seules le chemin des Tilleuls, son vin chaud et sa bière de Noël ! Gabriel, Denis, Michel, Jacques, Mario, nous levons nos verres, tasses, chopes, bols, à cette première sortie « raquette ». Vivement la neige, faites votre maximum pour
qu’elle tombe ! Promis ?