Week-end raquette à Estenc 23 et 24 janvier 2016

Samedi : la Sanguineirette (2855 mètres) : dénivelée = 1000 mètres ; distance = 11 kilomètres

Dimanche : col de la Boucharde (2539 mètres) tête du Grand Clot (2658 mètres) et Grand Clot de la Boucharde (2860 mètres) : dénivelée = 950 mètres ; distance = 12 kilomètres

 

                N’ébruitons pas cette grande nouvelle : il y a un coin du département où on a trouvé de la neige, et de la bonne ! Soie sous les raquettes, velours pour nos ménisques, paillettes pour nos yeux !   

            Lorsqu’il a créé ce petit paradis qu’est Estenc, le Grand Architecte de l’Univers a forcément dû penser au bonheur des raquettistes et skieurs à venir… Tous ces vallons qui convergent vers les sources du Var sont tellement taillés sur mesure pour les plaisirs hivernaux !  

            Annie et Patrick le savent bien, aussi nous proposent-ils deux jours de bonheur « blanc-bleu » avec nuit intermédiaire à la ferme des Louiqs, détail qui confère évidemment une étoile « verte »  supplémentaire à cet ordre du jour… Gabriel et Denis sont des nôtres, ainsi que Michel, juste pour la rando du samedi. Gilles arrive le samedi soir, pour la nuit et la rando du dimanche. Et 16 adhérentes et adhérents, qui ont peut-être passé les quelques nuits précédentes à rêver de belle neige… 

La Sanguineirette a plusieurs fois été inscrite au programme de la section, mais… le temps n’était pas encore venu, et la belle se faisait désirer… Jusqu’à ce samedi où toutes les planètes ont été enfin alignées : la météo, la neige, et la motivation des candidats à l’ascension. Et lorsqu’on chausse aux voitures, c’est toujours excellent pour le moral.

Nous atteignons les cabanes de Sanguinière pour une pause ravitaillement / regroupement / déshabillage : maintenant, ça va monter. Direction le vallon de la Roche Trouée, que nous quittons rapidement pour le vallon Cartaire. Cette large combe se remonte sans difficulté jusqu’à la baisse du Gias Vieux :

Tiens, nettement moins de neige sur les crêtes, elles sont dégarnies. Vu d’ici, la fière Sanguineirette ressemble à une enfilade de rochers empilés parmi lesquels, d’abord à raquette puis à crampons, nous allons nous frayer un chemin.

 

 Pour prendre d’assaut le bastion final, il nous faudra mettre un peu les mains, ce qui ajoute une petite touche technique à notre plaisir. Michel, posté à un point stratégique de l’arête, nous in-ter-dit formellement de glisser dans ce petit départ de couloir bien gelé… Comme on a tous très peur de Michel, on obtempère, et on passe prudemment. Plus en amont c’est Gabriel qui sécurise un passage rocheux  

 

 

            Photo souvenir au sommet, par petits groupes, car l’espace est limité et les rochers pas très francs. Quel arrière-plan ! La Côte de l’Âne, Fort Carrat, le Trou de l’Âne sont à portée de voix, toujours aussi impressionnants et austères.

 

 Pas de risque à la redescente ,restons concentré

            Retour dans la vallée. Loin des rochers sauvages et des crêtes pelées par les vents, nous installons notre campement aux Louiqs. Une petite marche d’approche est indispensable, avec même le franchissement d’un pont du Diable !

 

 

N’oublions pas, demain, de rajouter les 80 mètres de dénivelée entre voitures et gîte au décompte de la journée, non mais… Léonie nous accueille avec le joli sourire hérité de sa maman, et un vrai talent pour les petits plats cuisinés à partir des produits de la ferme : veaux, vaches, cochons et couvées sont tous originaires des Louiqs. Sans oublier le tendre « broutard » (plus tout à fait « veau », mais pas encore complètement « bœuf ») que nous mangerons en daube…

 

 

La douche chaude est tellement relaxante… Mais la douche froide est tellement vivifiante… il y en a pour tous les goûts ! Après le dîner et quelques expériences à base de breuvages plus ou moins licites, nous regagnons dortoirs, chambres ou mini-gîte, après avoir une dernière fois admiré une pleine lune étincelante qui réactive nos fantasmes récurrents de rando-lune … et les rêves du lendemain

 

           Cocorico ! Et oui, il y un coq, comme dans toute ferme qui se respecte ! Le petit déjeuner est englouti, le paquetage sanglé sur le dos, et nous reprenons la direction des cabanes de Sanguinière, direction le col de la Boucharde, tout en restant en aval de la zone « Tétras Quiet » (voir plus bas ce que nous en dit le Parc national du Mercantour). C’est une juste cause, jouons le jeu ! La  petite pause au niveau d’une cabane reconstruite est mise à profit par le staf pour analyser le terrain d’ un  retour possible

            Que faire au col de la Boucharde ? Léonie nous a dit, hier soir au dîner, qu’il pourrait être intéressant d’aller vers le Grand Clot de la Boucharde : go ! Nous chaussons les crampons car il y a un peu de pente, et la neige se fait plus coriace sous nos pas.

 

 

 

 

Après la tête du Grand Clot et sa jolie petite arête de neige, nous partons à la conquête (pacifique…) du Grand Clot de la Boucharde : encore des occasions de faire de belles photos des paysages de la « très » Haute Tinée !

 

 

        

Une pause pique-nique est réclamée à cor et à cri par certain(e)s depuis un moment… mais la prudence exige que nous descendions les pentes les plus raides sans trop attendre : on mangera plus bas, et avec d’autant plus d’appétit !  

   

 

 

 En effet, ces raides pentes qui vont nous ramener droit sur notre itinéraire aller, dans le fond du vallon de la Boucharde, il n’aurait pas été question de les emprunter si elles avaient été plus chargées en neige. Voilà une occasion de travailler le fameux « face à la pente »… on s’en sort avec plus ou moins d’efficacité, n’allons pas jusqu’à parler d’élégance…

 

Un bilan 100% positif pour ce week-end. Que ses initiateurs en soient chaleureusement remerciés ! Il nous reste tant à découvrir dans ce secteur d’Estenc, les richesses naturelles semblent inépuisables. Tout comme notre soif, que nous allons tenter de calmer au bar de Guillaumes où nous porterons le toast final qui clôturera ce week-end « sport, plaisir et amitié ».

A Sanguinière, en Haute Vallée du Var, les études menées par les agents du Parc national du Mercantour ont mis en évidence la baisse des effectifs du tétras-lyre et la forte diminution de l’espace occupé par cette espèce en hiver depuis l’essor des activités de randonnées hivernales. Dans ce contexte, il devenait important de créer une zone de quiétude assurant la tranquillité hivernale de ces oiseaux. Pour cela, l’itinéraire menant classiquement, en hiver, à la Boucharde et à l’Eschillon est dévié et remplacé par un parcours balisé contournant la principale zone d’hivernage du tétras-lyre : l’itinéraire « Tétras-Quiet ».

Afin que le dispositif mis en place sur Sanguinière soit une réussite, l’itinéraire « Tétras-Quiet » a été élaboré de telle façon à ne pas compromettre l’intérêt de la randonnée.

 

 

Le bilan de l’hiver dernier est très positif avec un retour en nombre des tétras-lyres dans la zone de quiétude, Cela n’aurait pas été possible sans l’excellente coopération des randonneurs qui ont respecté le balisage mis en place. Qu’ils en soient vivement remerciés ! espérons que les oiseaux retrouvent, dans cet espace, la quiétude nécessaire en période hivernale. A ski ou raquettes, pensez au Tétras-Lyre !

Que la montagne est belle!!

 

Un grand merci à tous  et à la semaine prochaine

 

 

 

Le commentaires sont fermés.