Archive pour mars 2016

De trabzon à Erzurum – recit d’une traversée du Kaçkar

Janvier 2015 … morose ambiance, pas qu’en géopolitique !! pas un flocon sur les alpes, nous cherchons ou s’exiler pour sortir nos spatules, mais même le nord de l’Europe reste à sec.

Finalement, le seul endroit à être arrosé cette année, c’est l’Asie centrale .. ni une ni deux, allons donc voir la bas si nous y sommes.

Ce sera la traversée du kaçkar sur la proposition d’Ibrahim, avec l’assistance de l’équipe de Tamzaratur.

Départ le 12 mars à 8h, arrivés le 13 mars vers 1h a Ayder, les prévisions météo ne sont pas au top, mais qu’importe, avec l’espoir, la confiance et un petit peu de poudre de fée, nous savons bien que nous tirerons notre épingle du jeu.

Au depart a Ayder

Le plan c’est : traverser le massif du nord au sud, depuis Ayder jusqu’à Ispir, puis revenir vers Erzurum.

Ayder ressemble a une petite suisse, nous allons vite comprendre qu'on est bien du mauvais cote du foehn

 

Lundi 14 : montée vers les alpages de Kavrum ou nous devrions rester deux jours avant de traverser vers Yaylarla.

Fin de la montée en chenillette

Monter tout notre barda en chenillette relève du déplacement de troupe,

 

mais bon … une fois installé, nous montons reconnaitre la traversée pour constater que le temps se dégrade.

il fait frais dans la bergerie !!

Pendant la nuit il tombe 30cm de neige, et la raison nous fait battre retraite pour étudier un plan B.

 

la meme que plus haut .. le lendemain !

Mardi : Ce sera la traversée … en voiture (250km) plutôt qu’a ski (18 km) … pour éviter de rester coincés sur l’alpage. Et effectivement, versant sud a Yusufeli, il fait beau.

 

la montée sur Yaylarla

Mardi – mercredi – jeudi: Nouveau transport de troupe vers Yaylarla ou nous logerons dans la pansyion Kaçkar d’Ismael, qui a troqué sa chaire de prof de français contre un B&B au bout de nulle part, mais un si beau nulle part !!

 

Kackar Pansyion

La vallée de rêve nous tend les bras ; au fond le kaçkar dag nous nargue, sur tous les versant nord, la poudreuse nous accueille. Vers Ayder en revanche, le foehn sévit, et ourle sa menace sans cesse.

 

 

 

vendredi : ce sera la traversée ; en effet le mauvais temps est annoncé pour la fin de semaine a nouveau, et nous ne voulons pas nous faire piéger dans la vallée. L’itinéraire de toute beauté, nous emmène encore au sud, un beau passage de col à 3400m et  la descente pourtant prometteuse ne sera pas marquée d’une pierre blanche. La température baissant a crouté la neige, et il faut ‘s’arracher’ pour sortir quelques virages, le village ou nous attends notre accompagnateur Jeff (Alias Cevdet Oguz) est en vue, on aperçoit au passage, une belle trace d’ours récente… oui, des ours opportunistes rôdent près des villages en hiver…

C’est en voiture que nous terminons cette longue journée, la descente vers Ispir nous fait traverser des paysages incroyables, la vallée est complètement remodelée par la main de l’homme pour y installer des retenues hydrauliques en cascade. Nous en restons sans voix. Le bilan carbone de l’opération est-il positif ? en même temps, comment porter un jugement quand nous nous transportons à grand renfort de kérosène d’une extrémité de l’Europe vers le centre de l’Asie ?

Bref, restons donc sur le constat d’un travail de titan.

 

Kebab improvisé a ispir

 

A Ispir, nous logeons au bord de la rivière, avec l’espoir de monter skier au col le lendemain. Les prévisions météo ne sont pas très bonnes, mais qui trop écoute la météo … fini poivrot … et oui, même en Turquie quand le temps se gâte, on ne boit pas que du thé.

 

ca se gate ...

Samedi : montée au col. Une fois hélas, nous devons rester en aval du tunnel car le chef de chantier nous interdit l’accès à cause des manoeuvres de chantiers en cours, deux fois hélas, les prévisions se confirment, le vent souffle en rafale et bientôt il se met a neiger. Nous rebroussons rapidement chemin, et nous nous rabattons sur un pique-nique en bord de chantier. Bernard qui a récupéré une dalle de granite en profite pour subrepticement la glisser dans mon sac … je ne m’en apercevrais que le soir … (“Ho! il est bien lourd mon sac… )

DE retour au bungalow, la discussion s’anime : faut-il partir tout de suite pour Erzurum tant qu’il ne neige pas ? attendre en espérant skier vers Bozan demain au risque que la neige nous en empêche ?

C’est finalement la deuxième option qui l’emporte. Toute la nuit la pluie nous rebat les oreilles, et il se met à neiger a Ispir à 8h du matin.

 

Dimanche : C’est le replis !! sauf que … il faut traverser plusieurs cols à plus de 2000m, et … nous n’avons pas de chaines ni pneu neiges ….

Sur les recommandations de bernard, Cevdet s’arrête dans un village acheter de la ficelle, il ne trouve que de la corde à linge … Une fois n’est pas coutume le doute me prend ! je me plonge dans mon livre, n’ayant rien à apporter de positif à cette affaire, je laisse prudemment les garçons bricoler cette affaire …

Juste avant le col, le chasse neige s’est mis en travers. Et nous … nous comptons passer avec notre fil à étendre le linge …

…. Ils furent bibliques : homme (femme) de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? alors que la tempête fait rage, Cevdet maintient le cap, le fil a étendre le linge aussi, et nous passâmes les trois cols jusqu’à Erzurum. Certes, nous n’avons pas marché sur l’eau, mais c’est juste parce qu’elle était gelée.

 

Pour fêter cela, nous dinons le soir dans un restaurant tout à fait étonnant : 16 chaumières ont été regroupées, tout en gardant leur caractère ancien, et les convives sont installées a même le sol autour de grand plateau de cuivre pour partager un excellent repas.

Le tout est décoré de tapis, et bibelots plus ou moins anciens. Ici l’antique côtoie le tourne disque des années 50 mais le tout est arrangé avec beaucoup de gout.

Lundi : déjà le séjour se termine. Finalement malgré la tempête d’hier il n’a pas tant neigé que ça surErzurum. La vue depuis le 8ieme étage de l’hôtel ou nous prenons notre petit déjeuner est néanmoins magnifique. Nous décidons de tournicoter autour de la station de ski locale. En fin de journée, il n’y a plus un vallon vierge, nous avons soigneusement et méthodiquement tracé tout ce qui pouvait l’être.

 

Ce soir Ibrahim nous quitte pour rentrer à Paris, demain, nous rentrons aussi vers Nice, et Cevdet reprend la route pour rentrer sur Trabzon.

C’est un très beau séjour, sur un itinéraire riche qui s’achève sur un gout de revenez-y.

Seule ombre au tableau, les attentats meurtriers qui ont égrené la période, Ankara, Istanbul puis Bruxelle pour finir, quand cela s’arrêtera il ? Pourquoi face à une nature qui n’évoque que paix et beauté, sommes-nous capable de créer autant de laideur et de malheurs ?

Dimanche 20 mars 2016, Saint-Dalmas-le-Selvage

G1 : antécime de la tête de Cristel et tête ronde de l’Escuzier (1280 mètres de dénivelé et 17 kilomètres 500 de distance)

G2 : tête ronde de l’Escuzier (un petit peu moins !)

 

En ce premier jour du printemps, force est de constater que Saint-Dalmas-le-Selvage n’a pas eu une allure aussi hivernale depuis bien des semaines…  25 raquettistes s’équipent sur le parking du village, les yeux dans le bleu du ciel et dans le blanc des sommets. Voilà une journée qui commence magnifiquement !

Dès le pont, contrôle des DVA, fini de rire. Cette opération est toujours faite par nos encadrants avec le plus grand sérieux, car on en mesure tous l’enjeu. Mais le sérieux n’exclut pas la bonne humeur, et le rituel du contrôle s’accompagne souvent de rires, blagues et jeux de mots que nous ne répèterons pas, ou ne traduirons pas lorsqu’ils sont proférés en nissart.

Annie, Patrick et Michel escortent le G1 (18 personnes en tout). Gabriel et Tony s’occuperont du G2 (7 personnes). On le sait, il y a de la distance entre nous et l’objectif du jour, tout au bout du vallon de Sestrière. De la distance et du dénivelé. Heureusement, l’itinéraire permet un rodage progressif des muscles et articulations : la marche est facile sur la petite route bien enneigée qui monte au col de la Moutière, et les deux raccourcis en forêt sont les bienvenus.

Au niveau du refuge de Sestrière, la perspective s’ouvre largement sur notre gauche en direction de la Braïssa, des têtes de Sanguinière et de Valloar, de la croix de Carlé. Partout, des traces de skis, des courbes élégantes. Nous poursuivons, laissant nous aussi notre trace dans une neige immaculée, encore poudreuse en bien des endroits.

Le secteur du col de l’Escuzier est rejoint sans difficulté par les deux groupes. L’avance prise par le G1 lui permettra de gravir à crampons la crête menant à l’antécime neigeuse de la tête de Cristel, une copine de longue date. Puis de rejoindre le G2 sur le montagne d’en face, la tête ronde de l’Escuzier, lieu tout désigné pour le pique-nique.

 Ce sommet sans prétention présente pourtant toutes les caractéristiques des prestigieux points de vue : position haute, au confluent de plusieurs vallons et petites touffes d’herbe accueillantes pour poser les sacs ou les postérieurs.

Ces incursions dans la haute vallée de la Tinée nous permettent de saluer des sommets pas toujours visibles du Mercantour Est : Grande Séolane, Cimet, Chapeau de Gendarme…tous encore à découvrir en hiver ou au printemps !

 

C’est le froid qui, comme souvent, donne le signal du départ. L’option est prise d’un retour en commun, par un autre secteur du vallon. Ce qui nous permettra de descendre quelques belles pentes raides, mais sans danger autre que celui de se relever d’une glissade avec le fond de pantalon tout blanc de neige.

Bravo à Marina, benjamine du groupe et toute nouvelle adhérente, qui ne s’est pas départie de son sourire, surtout lors de la descente de ces fameuses pentes piégeuses… Il est vrai que, dans ces moments-là, les galants raquettistes ne sont pas avares de conseils, soutien moral, voire grandes démonstrations de brio et d’élégante technique…

La poudreuse est moelleuse, la neige est fondante ! Mais le sont-elles autant que le moelleux au citron et le fondant chocolat-noix de Joëlle que nous dégustons à l’Etoile ?

 Encore une occasion de trinquer à la santé des encadrants et de la pâtissière du groupe, tout en préparant le week-end de Pâques dans le val Varaita dont nous attendons, comme toujours, de grandes merveilles ! Avec une petite pensée pour les malades, convalescents, accidenté du groupe, qui nous ont manqué aujourd’hui… dA la semaine prochaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 13 mars 2016 sortie au Boreon

G1 : lac du Mercantour (dénivelée = 950 mètres, distance = 9 kilomètres)

G2 : lac de Cerise (dénivelée = 750 mètres, distance = 7 kilomètres)

 

Mars ? Le mois des fous ? Peut-être. Mais un mois complètement fou-fou, ça c’est sûr !

 On n’a jamais autant interrogé le ciel… Cap sur le Boréon et sur la fenêtre météo annoncée en ce dernier dimanche d’hiver. Les binômes Gabriel – Denis et Michel – Tony vont guider respectivement les G1 (20 personnes) et G2 (8 personnes).

On s’équipe dans une ambiance morose : tout le secteur est pris dans un brouillard de mauvais aloi, et une mitraille de grésil crépite sur nos vestes. Bah ! on sera à l’abri dans la forêt. Et après… on avisera. Heureusement, nous faisons un constat de nature à nous remonter un peu le moral : nous n’aurons pas à porter les raquettes, car la neige est là de suite, et le cheminement est aisé dès le bas du vallon de Cerise. Sous-couche, neige fraîche, belle trace, tout y est 

Tout, même et surtout le vent… Il nous cueille à la sortie de chaque ressaut, dans l’enfilade de chaque vallon, au débouché de chaque bosquet. Le grand méchant vent, celui qui, comme le chante Brassens, « rebrousse les bois, détrousse les toits, retrousse les robes ». Mais, dans le groupe, point de robes, heureusement, car trop susceptibles de se transformer en voiles de parachutes…

Tête basse et bouche de travers, nous tentons de trouver un angle de pénétration dans l’air qui nous permette d’éviter à la fois décollage, asphyxie et congélation. Les bourrasques nous vaporisent à la figure des nuages de cristaux de neige : séance de cryothérapie gracieusement offerte par dame Nature, aujourd’hui…

Les pauses sont abrégées. Nul n’a envie de s’éterniser dans le vent. Ravitaillement, photos, regroupements, vite ! vite ! A ce rythme, nous arrivons rapidement au lac de Cerise, où s’arrêtera tout net un G2 ébouriffé, ou au lac du Mercantour, sur les rives indistinctes duquel viendront s’échouer les rêves d’aventure du G1.

 

 

L’ambiance blanche qui nous environne complètement et les assauts répétés du vent nous empêchent d’imaginer qu’il y a, juste au-dessus de nous, une cime du Mercantour qui était notre objectif. Visibilité absente + vent trop présent = redescente à grandes enjambées !

il ne fait pas un temps à mettre une Jeanine dehors mais laquelle?

Un rapide pique-nique réunit G1 et G2 à l’abri des premiers arbres rencontrés dans le vallon. Et toujours la même mauvaise farce :

 

 

 

maintenant que nous voilà presque en bas, on dirait que le temps s’améliore et que le vent mollit… D’une raquette tristounette, nous décidons donc de prolonger un peu la ballade en rejoignant le vallon des Erps, le temps d’une petite boucle improvisée. Et aux voitures, voilà le soleil… Est-ce bien loyal, est-ce bien réglo, tout ça ?

Tiens ! il est 14 heures, en se dépêchant un peu, on aurait presque pu être aux Tilleuls à l’heure de l’apéro, après cette randonnée décoiffante, ébouriffante, époustouflante… mais régénérante !    Etait ce un rêve ou la réalité?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ski alpinisme: Cime negre par le vallon de Crous

Petit casse tete pour la collective de ce dimanche 6 Mars. La semaine derniere deja nous avons tout annulé a cause d’un bulletin d’estimation des risques defavorable.

Cette semaine apres avoir epluche toute les sources, nous décidons de maintenir. par contre … patatra, la route de casterino ou nous avions prevu de sortir est fermé.

Changement de programme, et nous decidons avec patrick et georges de faire le mont ferrant, et la cime negre … si affinité.

Le groupe est trés heterogene, et surtout … c’est un gros groupe: 19 personnes alors que météofrance annonce une chute de neige de plus de 50cm … Bref, nous décidons de couper le groupe en deux. Patrick partira seul en tete avec les skieurs autonomes, et georges et moi encadrerons les nouveaux skieurs ainsi que les personnes plus lentes.

Le paysage autour du village de roya est enchanteur. Au village cependant, la couche de neige tombée hier nous rassure, il s’agit de 5 a 10 cm seulement. Rapidement la couche de neige fraiche devient un peu plus epaisse (15 a 20 cm) mais déja alourdie par le soleil d’hier aprés midi. Au maximum vers 2500m, nous avons trouvé une quarantaine de cm, plutot bien solidarisé avec la couche sous-jacente en versant nord. Il est probable qu’en versant sud ou la couche sous-jacente etait deja en neige de printemps l’affaire soit différente.

Nous sommes seul au monde, nous progressons en une longue chaine de skieurs jusqu’au col de crous. Le groupe de patrick nous fait la trace.

Sur la crete la neige a été frittée par le vent, mais nous pouvons monter sans jamais dechausser, et décidons rapidement de laisser le mont ferrant pour aller directement à la cime negre.

Quelques skieurs decident de faire l’aller retour a la cime, pendant que le reste du groupe se restaure a la baisse. Manifique panorama au sommet. Helas la corse nous reste cachée par les nuages cotier, amis le mercantour en revanche est completement dégagé.

La descente fut a la hauteur de nos reves. La descente dans la combe de Crous fut l’occasion de belles courbes et a voir les sourires du groupe, tout le monde y a trouvé son compte.

En foret la neige etait plus lourde, mais restait tout a fait skiable.

En fin de journee, nous nous retrouvons tous au troquet du bourguet pour le pot de l’amitié.

Seule fausse note de la journee, les bouchons pour rentrer … quittant le bourguet a 17h, nous sommes arrivés a nive vers 20h, mais bon .. ca valait largement la peine. On n’aurait voulu rater cette belle journée pour rien au monde !!

Un grand merci a Bernadette, Charlotte, Oriane, Raphaelle, Yoanna, Maxim, Alexandre, Guillaume, Tonio, Franck, Max, Jacques, Eric, Xavier, Sebastien, Gerard pour votre companie et votre enthousiasme.

Georges, Patrick et Michele.

Toutes les photos:

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