Archive pour avril 2016

Tour de l’enchastraye – 10 avril

The D Day pour ce tour de l’enchastraye, ou toutes les conditions etaient reunies.

Beau temps, mais temperatures raisonnables. Une petite couche de neige fraiche qui recouvre la neige rougie par les sables saharien, et qui protege du rechauffement. La belle descente en poudreuse sous la tete de l’enchastraye, et bien sur … un groupe au top !!

merci Franck, Max, Patrick et gerard pour cette belle journée.

les photos de ce beau tour: tour et sommet de l’enchastraye

 

Dimanche 10 avril 2015 :Sortie raquettes à Bousieyas

Cime de l’Alpe (2511 mètres) et pointe de Chaufrède (2731 mètres)

Dénivelée = 1000 mètres ; distance = 12,5 kilomètres

 

 « C’est le hameau le plus haut, en altitude (1960 m), du département des Alpes-Maritimes. Situé sur la célèbre route du Col de Restefond- la Bonette, il reste le témoin montagnard d’une vie traditionnelle pour les habitants, rythmée par les saisons. Bousieyas, du verbe provençal « bousihar » qui signifie souffler, est exposé aux vents mais tourné vers le sud. »

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Le week-end dernier, nous n’avons pas fait de sommet. Il est logique que nous en gravissions deux aujourd’hui ! Question de quotas. Et de dignité…

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Gabriel et Michel, Annie et Patrick, bien inspirés, nous proposent en ce beau dimanche d’explorer un des coins du département où on trouve de la neige accessible, excellente en quantité et en qualité : la « très » haute Tinée.

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Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu vent de l’info : c’est la crise du stationnement au niveau du célèbre lacet 1985 de Bousieyas. Beaucoup d’amoureux de la neige de printemps sont de sortie, à ski ou à raquettes. C’est comme si la saison venait enfin ! de commencer.

 

Crête de l'Alpe

Crête de l'Alpe

Crête de l’Alpe

Nous démarrons, en un seul groupe, et chaussons les raquettes au pont qui enjambe le bébé Tinée. 19 raquettistes s’élancent pleins d’espoir, tandis que la 20ème réalise juste à temps qu’elle n’a mis qu’une seule raquette, et encore : c’est parce qu’on le lui a fait remarquer. C’est dire l’euphorie des départs raquette…

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Incroyable, mais vrai. La neige est là, mieux qu’en plein cœur de l’hiver. À perte de vue, des alpages, des sommets, des crêtes, croupes et autres terrains de jeu d’un blanc immaculé, et pas encore de traces ! Les petites chutes des derniers jours ont tout repeint à neuf. Nous n’en croyons pas nos yeux, quelle chance !

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Par le vallon de l’Alpe, nous gagnons progressivement la baisse de l’Alpe, base de l’épaule de la cime de l’Alpe. Tout est à base d’Alpe, dans ce secteur tourné vers le pastoralisme. Une ascension-plaisir, facile et ludique, le long d’une longue crête de neige, tout juste comme on les aime ! On s’arrêterait à chaque pas pour contempler le paysage et vénérer les petites divinités alpestres… Ou pour faire des photos.

 

Col de Colombart

pointe de colombart,Col de Colombart et pointe de chaufrède

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Et de là-haut, on aperçoit (mais encore bien plus haut…) la surprise du jour : le second sommet, la cime de Chaufrède. D’abord, redescendre de l’Alpe, ensuite gravir Chaufrède. Le tout avec des sensations délicieuses dans les raquettes et des frissons voluptueux dans les jambes : quelle neige…

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 L’accès à la pointe de Chaufrède est défendu par d’impressionnantes corniches, œuvres éphémères des vents qui ont soufflé fort ces dernières semaines. Nous les longeons en respectant une prudente marge de sécurité. Quel spectacle ! L’ambiance de la haute montagne s’est invitée au-dessus de ces pâturages si paisibles.

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Les photos du sommet, prises dans l’allégresse générale, nous offrent un choix inédit d’arrière-plans : le Viso, le Chambeyron, la Grande Séolane, le Cimet, le Pelat, Fort Carra, le Mounier, l’Enchastraye et tous les autres… On aurait presque envie (jamais 2 sans 3 ?) de pousser jusqu’à la cime de la Bonette, si proche, ou celle de Voga, tentatrice en diable…

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Groupe, Pointe de Chaufrède 2731m

Groupe, Pointe de Chaufrède 2731m

En face de nous, à droite de la pointe de Colombart, un groupe de skieur de rando du club alpin de nice s’apprête à dévaler la pente

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Mais les estomacs se manifestent, et il est temps de redescendre des montagnes vers les vallées… Cap sur le col de Colombart. Le vallon de Chaufrède nous permettra d’emprunter un itinéraire différent de celui de montée, tout en restant dans des sensations assez exceptionnelles… Et de finir sur une touche de free-style au-dessus du torrent histoire de mériter, jusqu’aux ultimes langues de neige, notre label de « raquettistes tout terrain ».

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Cette journée, placée sous le signe faste de l’abondance –neige, soleil, plaisir et bonne humeur- se clôt dans un registre similaire, au bar de Saint-Etienne, entre tartes, biscuits et gâteaux. Un des paramètres qui font qu’on se souvient de certaines randos un peu plus que d’autres… le printemps est là, profitons en encore quelques week-end, à dimanche

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Raid San Bernolfo – Cinq jours de ski de rando en étoile du 6 au 10 avril.

              METEO ANNONCEE

Le temps devrait être correct mercredi et jeudi, mauvais vendredi et très beau samedi et dimanche.

 

JOUR N°1 : Limonetto, cime de Salante (2176 m)

Nous nous retrouvons tous à Limonetto à 9h (1294m). La météo est acceptable. Le faible enneigement ne permet pas l’ascension programmée du Chiamassero. Georges, qui a plus d’un tour dans son sac, nous propose la cime de Salante. Nous partons sur la piste  de ski de Limonetto, que nous quittons rapidement pour suivre le vallon en direction de Rocca Bastera en longeant le bas des granges de Moretto,Tetto, et Brunda.  Au loin, le  Monte Creusa, le  Ciotto Mieu,  le Monte Vecchio et  l’Abysse.  Nous contournons la cime de Salante, avant de la gravir : elle s’élève en pente douce jusqu’à la crête frontière. Pique-nique au sommet au pied d’un cairn imposant de 3m de haut et 2m de diamètre.  Magnifique  vue sur la ligne des forts  défensifs protégeant la vallée de la Roya : le fort Giaure,  le fort central, le fort Marguerie et l’ancienne route du col de Tende …. Belle descente dans une neige tout à fait agréable.

Nous reprenons les voitures, traversons Valante (le village de Collodi, l’auteur de Pinocchio), puis Borgo San Dalmasso, grande ville où il ne faut pas oublier de tourner pour pénétrer dans le val Stura. Nous remontons la rive gauche de la rivière Stura et gagnons peu à peu Vinadio. Le hameau de San Bernolfo est à une bonne heure de marche de là,  la route d’accès n’est pas encore dégagée. Chacun s’apprête à transporter sur son dos tout le barda pour le séjour quand, quelle chance! nous sommes informés que le chasse-neige est à l’œuvre. Dans quelques minutes (italiennes !), c’est en voiture  que nous irons au refuge.

Nous patientons au bistro. Tout nous sourit : nous avons fait une belle balade, la route va ouvrir juste comme nous arrivons et nous voilà devant un chocolat italien avec la cuillère qui tient dedans.

La route semble maintenant ouverte et nous nous engageons. Le chasse-neige a bien travaillé : il a ouvert un passage dans l’avalanche qui a coupé la route. Reste à circuler sur une bonne épaisseur de neige et de glace. On patine, on pousse, on sort les pelles…quand arrive l’adjoint au maire qui se fâche : la route est fermée ! Finalement Beppe, notre hôte, vient nous chercher en 4X4.

 

SAN BERNOLFO (1702m),

C’est un hameau rude fait de quelques maisons de montagne, dont 4 sont habitées à l’année. L’une d’elles est transformée en refuge/restaurant : le Dahu de Sabarnu où nous nous installons.

Pour rappel : San Bernolfo, évêque d’Asti martyrisé par les Sarrasins, ayant distribué les richesses de l’église, était l’ami des pauvres.

Une petite chapelle dédiée à San Lorenzo, martyrisé lui aussi, mais beaucoup plus tard, veille sur le hameau. Comme chacun sait, Saint Laurent est le patron des cuisiniers, ce qui explique sans doute la suite.

 

LE DAHU DE SABARNU:

le dahut

Beppe Giovanni, un jeune gaillard italien à la barbe fournie et sa femme Giorgia tiennent le refuge. Ils parlent très bien le français. Il fait bon, le poêle à granulés rougeoie. On y boit des bières locales et on y prend des repas gastronomiques. Le premier soir, c’est ravioli à la bourrache et crème fraîche, suivis de pommes de terre du jardin, saucisses du pays et gâteau maison (la polenta, c’est pour demain). On arrive quand même à se lever pour gagner à l’étage supérieur le dortoir. Plus dur que le ski !!!

JOUR N°2 : TOUR DE LA COLLE LONGUE (2759)

Il fait beau temps mais l’enneigement limite le choix des courses.

Aujourd’hui ce sera Colle Longue.

Nous montons par le Vallon Lapassé, passons devant le refuge Alexandris Foches (ex del Laus) pour déboucher sur le lac de San Bernolfo .

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Nous continuons par le vallon de Collalunga di Bagni. Nous atteignons le Pas de Colle Longue 2533m, qui n’a pas volé son nom (nous avons parcouru quelques km).

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Georges et Alain ont choisi de laisser la Cime de l’Autaret à gauche pour rejoindre les crêtes 2628m et 2682m puis le sommet de Colle Longue 2759m (Antennes Relais) où nous déjeunons.

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Nous descendons par le col, le lac et le vallon de la Seccia pour regagner San Bernolfo.

 

JOUR N°3 : LE BECAS CORBORANT 2806m.

La météo étant hésitante, le but est d’aller vers la cime de Rocca Nera, puis finalement il fait beau et c’est, dans le même secteur, aux Becas Corborant que nous allons. Nous montons par le vallon de Barbacana. Nous laissons le pas de Barbacana  à notre gauche pour longer le bas de la pointe Isatier Spagnoli (2664m) pour atteindre la splendide combe commune au sommet de Rocca Négre/ Bec W du Corborant et le Becas du Corborant.

 

Pour finir, nous accédons au sommet en crampons :

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Nous descendons par l’itinéraire de montée dans des neiges humides mais skiables. Certains rêvent de couloirs…

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Le soir, orientation et plan de marche pour le lendemain pour la pointe Gioffredo.

 

JOUR N°4 : MANIP ET SECURITE

 

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La perturbation attendue hier est arrivée aujourd’hui. Il neige. C’est magnifique, silencieux … Mais pas de visibilité ! Nous consacrons la matinée à la cartographie, l’orientation, la formation de nœuds, manipulation de cordes, etc…Midi, le soleil pointe son nez, rouge-gorge, rouge-queue à front blanc, mésanges charbonnières chantent à tue-tête. Nous nous précipitons…à table ! Une bonne assiette de ravioli, ça ne se refuse pas ! Pour digérer, rien de mieux que quelques exercices de recherche de DVA. Nous allons dans le vallon de Barbacana (Torrent de Corborant).

Les exercices sont réussis, nous avons mérité la descente. Grâce à Alain qui nous a poussés pour que nous marchions un peu loin dans le vallon, nous avons le plaisir de descendre par le Vallonallo dei Dossi recouvert de sa moquette toute neuve.

Au menu, les gnocchi aux orties que Giorgia a passé tout le matin à concocter avec de magnifiques pommes de terre et de la farine de châtaignes. Au dessert, gâteau éponge bien consistant.

 

 

JOUR N°5 : POINTE GIOFFREDO (2960m)

 

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Aujourd’hui, dimanche, il y a foule. Il fait grand beau. C’est le bouquet final : l’ascension de  la punta Gioffredo.

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Nous partons du refuge par le même vallon que la veille. Nous passons par les Laghi dei Lausfer, inférieur et supérieur (2511m et 2555m). Il fait très chaud. Nous nous faisons dépasser par une bande de jeunes et joyeux surfeurs du CAI. Après un passage délicat, nous montons une grande pente qui conduit au sommet.

Des cafistes dignes de ce nom utilisent leurs piolet et crampons pour finir de parcourir la crête jusqu’à la pointe et admirer le panorama. D’autres (dont moi, qui tremble comme d’habitude) s’arrêtent au début de la crête, 30m plus bas que le sommet.

La vue est prestigieuse : le Viso, l’Argentera, le Mounier, les Ecrins, Moïse…

l'argentera

Ici, l’Argentera

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Là, le Viso

le mounier

Et le Mounier…

Nous descendons par les vallons Costa Gias Verde puis le Gias Della Pera et le vallon de Barbacana dans une neige molle mais très skiable pour arriver à temps au refuge pour une dernière ventrée de ravioli..

bilan

BILAN :

5 jours de ski, 5 jours de bonheur, 5 jours de convivialité et 5 jours de ravioli !

Merci à Alain et Georges pour avoir fait partager leur savoir, leur savoir-faire, leur dévouement, leur patience, leur gentillesse, leur sens de l’humour, leurs encouragements et pour nous avoir permis de grandir tous ensemble. Merci aussi aux autres participants pour l’entraide, la convivialité, la solidarité et la bonne humeur.

Et merci a Sylvie pour ce trés beau recit !!

Mercredi 06 Avril : couloir Nord Est du PELAGO, les castors sont de sortie…

Mercredi 06 Avril : couloir Nord Est du PELAGO, les castors sont de sortie…

Retrouvailles avec les fidèles du mercredi
« Toujours debout » oserai-je dire ! comme Renaud dans son nouvel album, grâce à mes solides compagnons : Jacques en pleine forme, Doc tout autant et Linda véritable ange gardienne.
Nous quitterons le parking du Boréon à 7h00, sans ignorer qu’il devrait faire une chaleur hors norme.
Le sommet sera atteint à12h45 . Horaire correct si l’on décompte une petite escapade de mes amis partis chercher des œufs de Pâques dans la forêt…
Et puis ce petit coup de fatigue 50m sous le sommet, sans doute dû à ce virus de la fièvre jaune qu’on m’a injecté dans un vaccin il y a 8 jours.
Bref ils auront été bien patients avec moi mes amis. Surtout à la descente, où j’ai bien cru ne jamais en venir à bout.
La suite avec les photos
Aldo
Les versants Sud du Pelago sont déneigés

PELAGO approche versantS 06-04-16



Nous ne regrettons pas d’avoir laissé les raquettes dans la voiture

DOC Sangué

En prenant pieds dans le vallon Sangué nous constatons que la neige est abondante et ne porte pas si mal que ça

PELAGO base du Vallon Sangué 06-04-16

au fond du Vallon, Baissette sous un ciel bleu…

PELAGO Vallon Sangué Baissette 06-04-16

derrière nous , Les Juisses et l’Agnellière… la neige tient le coup sur les pentes nord…

PELAGO base du Vallon L Agnellière 06-04-16

 

Nous testons la neige dans les grosses bosses sous le couloir Est. Un choix de descente qui semble praticable sur ce versant… PELAGO premiers couloirs arête Sud Vallon Sangué Baissette 06-04-16

Dans la masse imposante du Pelago, notre objectif apparaît enfin…

PELAGO couloir NE Vallon Sangué 06-04-16

 

Repérage évident une fois la baisse du Pelago en vue

PELAGO couloir NE 06-04-16

c’est un couloir caractéristique avec un passage à 50° qui ne semble pas être un problème aujourd’hui…

PELAGO couloir NE zoom 06-04-16

Le couloir NE, dit « Bérhault Brizzi Dumas » s’élève sur 350m à 35° en moyenne
Tout y est jusqu’à la brèche… c’est de l’AD inf

PELAGO attaque couloir NE zoom 06-04-16

10 heures, la première cordée se lance. ( 15°c à mon thermomètre ! )

PELAGO base couloir NE 06-04-16

puis c’est autour de la seconde…

PELAGO 1ers pas couloir NE 06-04-16

Dans une pente qui s’incline progressivement nous évaluons le risque prudemment…

DOC bas couloir

La neige porte, les pierres sont sages, le rocher est sec

PELAGO mi hauteur couloir NE 06-04-16

on s’enfonce de plus en plus. 18°c au thermomètre….

PELAGO couloir NE 2nd partie 06-04-16

Notre couloir vu de haut. Couloir descendu à skis par S.Clarys, S.Masotti et P.Montiglio

PELAGO couloir NE vue plongeante 06-04-16

le court passage à 50° dans une neige très molle…

PELAGO couloir NE partie finale 06-04-16

la présence du rocher nous rassure…

PELAGO couloir NE accès brèche 06-04-16

l’ambiance sauvage que nous sommes venus chercher… au fond notre majestueuse et splendide Cougourde

PELAGO couloir 06-04-16

les derniers coups de pioche avant la brèche. Quand je vous disais que la neige devenait limite …

DOC haut couloir

la corniche franchie, la brèche est suffisamment large pour nous permettre d’assurer convenablement Doc à l’assaut de l’arête finale

PELAGO brèche 06-04-16

en une petite longueur de corde il gagne la crête …

PELAGO arête finale 06-04-16

Quelques mètres nous séparent du sommet, le vent souffle fort, le temps a viré, la température plonge… Derrière Jacques les cayres Nègres du Pelago et le Guilié se profilent vers le nord

DOC sommet

au Sud les nuages envahissent le ciel… Doc est arrivé au sommet

PELAGO accès sommet 06-04-16
alt. 2768m à 12h45. Le plafond est bas.

PELAGO summiters 06-04-16

Le Gélas prisonnier des nuages où se trouvent Bruno et ses 2 compagnons du jour…

PELAGO côté GELAS 06-04-16

du sommet nous continuons de descendre sur l’arête sud à la recherche du meilleur passage pour basculer dans le couloir Sud Ouest

PELAGO arête sud descente 06-04-16
Doc et Jacques se lancent dans la pente vers la voie normale…. 45° dans une neige qui personnellement m’inspire peu de confiance. Avec Linda nous trouverons de quoi nous protéger 2 fois sur des rochers apparents avant de retrouver le lit du couloir

PELAGO descente 06-04-16

Couloir recherché par les bons skieurs, le couloir SO a été descendu entre autres par les guides J.Beretti et P.Montiglio en avril 1996 …
Il faut bien serrer à gauche dans l’étranglement un peu plus bas

PELAGO couloir versant W brèche 06-04-16

La descente est fastidieuse. Les chutes de pierre sont possibles dans l’entonnoir que forme le goulet. Il ne nous laisserait aucune chance si d’aventures….

PELAGO couloir SW voie normale descente 06-04-16
Après que mes amis compatissants m’aient relevé une bonne dizaine de fois , j’ai pu par miracle retrouver avec eux le Boréon, titubant comme un rescapé de l’Everest…
C’est en jouant les castors que nous réussirons le traverser
DOC castors
La neige fut lourde à la descente . Mais comme sur l’autre versant, elle a mieux porté en bas qu’en haut des couloirs. Ceci dit, les purges de fonte sont loin d’être terminées. Le risque est sérieux. Alors avis à la prudence en cette fin de saison avec des températures bien au dessus de la moyenne. Les rochers se délitent. On a vu passer un joli tas de cailloux ….

parking 16h00

Aldo

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Dimanche 3 avril 2016 : refuge de Nice (650 mètres de dénivelée)

On ne peut pas manger tous les week-ends de la brioche : aujourd’hui nous sommes au pain sec, sauf qu’il s’avère plutôt humide… Après les trois jours de rêve dans le Val Varaita nous partons aujourd’hui, d’une raquette mollassonne, dans la Gordolasque.  En fait, les copains ont fait l’effort de se lever, malgré les prévisions météo : pas question de se couvrir de honte en annulant l’inscription, et de passer pour un CAFiste de pacotille. Tout le monde semble s’être tenu le même raisonnement, et nous voilà 16 en route vers notre destin du jour : pluie et brouillard. Effet de groupe ! Un jour à ne pas mettre un photographe dehors, sauf Laurence. (donc photos d’archive et quelques photos de laurence)

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Peu avant le pont du Countet, les pelles sortent des voitures (surtout celle de Denis, qui y croit pour les 15 autres…) afin de déneiger une petite portion de route et permettre aux véhicules courts sur roues de passer sans trop frotter. Voilà qui permet de gagner au moins… 10 minutes de marche à pied, tout en réchauffant très efficacement Denis !  Denis et Michel ont mis au programme la boucle aussi classique qu’intéressante lac Autier / lac Niré par la baisse Niré.

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Au pont du Countet, nous ne l’envisageons déjà plus, et mettons le cap sur le refuge de Nice. Si le temps s’arrange, on pourra toujours pousser sur le lac Niré, ou plus, qui sait ? C’est beau, l’espérance du raquettiste qui interroge les nuages.

On le sent, tout ira mieux une fois franchi le Mur des Italiens. Mais en attendant, attention aux rochers glissants, aux trous dans la neige et aux cailloux qui ne demandent qu’à rejoindre le bas des pentes, tout ça en portant les raquettes sur le sac…

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Une petite épreuve, qui nous permet heureusement d’accéder au vallon de la Fous : allez ! aux pieds, les raquettes ! On respire.Nous croisons quelques skieurs, certains ont fait le Clapier hier. Aujourd’hui, il n’y a plus de Clapier : juste des nuages. Notre aventure va s’achever dans le refuge d’hiver, au milieu des soupirs : pour certains, de frustration ; pour d’autres, de soulagement.

Pierre escalade le refuge pour l’ouvrir de l’intérieur. Nous nous y engouffrons : serrés autour de la table, nous cassons une petite croûte, et cet ordinaire est amélioré par le thermos de café chaud de Rémy. Le froid s’accentue, et l’humidité aussi : voilà la pluie… Il faut redescendre sans lambiner.

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Christine, qui est avec nous pour la première fois, bénéficie des cours particuliers réservés aux nouvelles recrues. Quelqu’un suggère qu’on fasse deux groupes : un pour les « tousseurs », et un pour les « non-tousseurs ». Halte à la ségrégation et à la stigmatisation des enrhumés, grippés et autres bronchitiques, un peu de compassion pour leurs quintes et leurs efforts…

La rando s’achève dans une ambiance aux couleurs du brouillard qui descend, de la pluie toute fine, et des paysages aux teintes de lavis, qui se fondent dans l’humidité du ciel et de la terre.Et si nous cherchons encore une raison pour justifier de notre lever matinal, la voilà : le salon du gîte des Merveilles, où nous allons nous réconforter au vin d’orange ou au Yogi Tea, autour du feu de cheminée, tout en dégustant la pissaladière faite par Michèle. Quel sens de l’intuition, elle y a mis pile 16 olives !

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26, 27 et 28 mars 2016 : week-end pascal dans le Val Varaita- Episode 3/3

3ème jour, cime de Bondormir (1000 mètres de dénivelée, 4 kilomètres de distance :     

Le dernier jour, déjà. Les chutes de neige de la veille sont minimes, et pas de nature à infléchir notre projet de gravir aujourd’hui la cime de Bondormir, quel nom sympathique. Nous partons donc en rive gauche du Val Varaita, du hameau de Prafouchier : la cloche de l’église sonne le départ de la troupe. L’enneigement est moindre qu’en rive droite, nous contraignant à un peu de portage. Mais, assez vite, il y a suffisamment de neige pour chausser les raquettes.

   1000 mètres de dénivelée pour à peine 4 kilomètres de distance : on visualise assez bien la pente… Heureusement les pâtes au pesto ou à la bolognaise de la veille au soir sont déjà à l’œuvre dans nos organismes.

   Après nombre de zig-zags dont le but est de modérer autant que faire se peut « l’inclinaison ressentie » du terrain, nous rejoignons, enfin ! la crête. Et là…

Les habitants des lieux nous regardent passer

 

  Une croupe de neige au tracé parfait rejoint d’un seul jet une autre crête perpendiculaire qui ferme l’horizon. Son point haut : la cime de Bondormir (2670 mètres), notre objectif. De loin en loin, en équilibre entre ciel et terre, des granges sont posées comme autant d’incitations à une petite pause soleil / paysage / photos / émerveillement.

Nous ne nous en privons pas. Au rythme de notre montée se dévoilent, lentement, les quatre horizons : il nous faut les mériter. Conquérir est un mot trop agressif :  il nous faut juste les mériter…

   La montée est un plaisir. Que dire alors de la redescente de cette longue crête ? Un léger brouillard nous isole de la réalité et, comme nous marchons loin les uns des autres, nous voilà « seuls au monde ». Le seul lien qui nous relie aux autres : la précieuse trace que laissent dans la neige ceux qui marchent devant.

 Si le temps pouvait s’arrêter sur cette indescriptible sensation de perfection… Où finit le paysage, où commence le corps ? Sensation d’unité, de plénitude, d’harmonie, de douceur. Un vrai grand moment. Rare. Le tintement de la cloche du hameau nous rejoint tout là-haut.

Elisabeth dira plus tard « En 40 ans de montagne, je n’ai jamais vu et eu un aussi beau « visuel  » que cette descente du Col du Bondormir où en ligne de mire, sur la crête, je voyais Michel et quelques autres, presque suspendus, par un cordon invisible dans l’immensité du ciel, ce furent quelques moments d’exquise plénitude, des moments qui n’appartiennent qu’à ceux qui les vivent. Encore Merci pour tous ces rêves réalisés. »

Une rapide collation et il faut penser  à redescendre cette crête avant les heures trops chaudes de l’après midi  

  Nous évoquerons cette expérience, une fois aux voitures, dans le brouhaha revenu et l’agitation des fins de week-ends, chacun avec ses propres mots. Mais le fond de l’expérience a le même goût précieux pour tous.

 Le retour sur Nice réserve une dernière petite surprise, d’un autre ordre : la halte gourmande dans un temple du chocolat, café, pâtes et biscuits italiens, histoire de nous donner la patience requise pour avoir droit au feu vert du col de Tende.

  

Quel séjour réussi ! Merci aux encadrants, notre satisfaction est à la mesure du mal que vous vous êtes donné pour que tout soit parfait. On y reviendra, dans le Val Varaita ? Bientôt ?

« En népalais, comme en langue sherpa,

il n’y a pas de mot pour dire « sommet ».

Le concept n’existe pas :

pour ce peuple très croyant, la montagne est un tout, une entité sacrée, à respecter, pas à conquérir ».

26, 27 et 28 mars 2016 : week-end pascal dans le Val Varaita- Episode 2/3

2ème jour : colle di Vers, en boucle (1260 mètres de dénivelée, 13 kilomètres de distance) :

 

   Nous espérons faire aujourd’hui la traversée d’un des sommets emblématiques du Val Varaita, la Rocca la Marchisa (3072 mètres), occasion de visiter un autre beau vallon de la haute vallée. C’est tellement agréable de chausser à la porte du refuge, sans avoir à utiliser les véhicules ! Crampons dans le sac, piolet sur le sac, le tout sur le dos, go !

 

   « Ciel rouge le matin, pluie en chemin ». Ce matin, c’était vraiment rouge, un vrai décor d’opérette… Le bulletin météo nous donne une dégradation à la mi-journée, et une dégradation de la dégradation pour 17 heures. On n’a donc qu’à marcher vite pour espérer passer entre les flocons. Nous passons devant la chapelle de St. Anna ornée d’un superbe cadran solaire.

 

 Le groupe avance à une allure régulière et soutenue, prenant rapidement de l’altitude dans un vallon parfaitement enneigé. Quel calme ! En sentinelle, des bergeries montent la garde, traits d’union entre la montagne et l’Homme, témoignages d’une harmonie toujours possible.

 

  C’est le mauvais temps qui nous accueille au Colle di Vers (2862 mètres), juste sous la Rocca la Marchisa. Les encadrants partent jeter un coup d’œil sur la suite de l’itinéraire : rejoindre au mieux le sommet de la Rocca pour revenir par un autre col et ainsi boucler la boucle. Rapide concertation. Non, la raison l’emporte, et c’est très bien comme ça. Il faudrait faire des cordées, cela prendrait du temps, et le brouillard arrive.

 Nous pourrons tout de même faire un circuit, sans pour autant passer par le sommet della bella Marchisa.  Le retour sollicitera jambes, souffle et capacité de vigilance. Et lecture de terrain. Nous traversons prudemment, bien espacés, de grandes pentes encore non tracées.

Apres la bascule sur l’autre vallon et un pic nic bien mérité, La descente d’un goulet nous donnera un peu de fil à retordre :

 

 De nombreux skieurs sont passés par là les jours précédents, et la neige est un peu décapée pour nos raquettes.

Un peu plus bas, une coulée saute en grondant les barres rocheuses et vient mourir en limite de forêt dans un bruit soyeux. Loin de nous, heureusement.

Mais ce spectacle impressionnant nous incite à toujours plus de vigilance… Plus que jamais, nous sentons combien est ténue la frontière entre le plaisir de la montagne et le risque inhérent, toujours en embuscade.

   Ces aventures alimentent les conversations du soir, autour du plat de pâtes traditionnel. Nouveaux éclats de rire, (revoilà les mésaventures de la brebis 450), nouveau partage d’apéritifs et de digestifs maison, brossage des dents en commun : pyjamas, liquettes, nuisettes sont de sortie et se font courbettes et pitreries dans le couloir.

   Dehors, la nuit est tombée. Il neige. Que c’est beau.

 

 

 

 

 

 

26, 27 et 28 mars 2016 : week-end pascal dans le Val Varaita- Episode 1/3

    1er jour : Bric de Rutund (730 mètres de dénivelée, 7 kilomètres de distance) :

 

    On en parle depuis si longtemps, de ce week-end de Pâques, enfin nous y voilà ! Nous partons à la chasse aux oeufs (à la neige ?) dans le Val Varaita, vallée italienne qui fait le pendant du Queyras, il paradiso dello scialpinismo, cascate di ghiaccio naturali, sans oublier nos chères ciaspole.

     Gabriel se charge de la logistique : choix et réservation du refuge, encaissement des arrhes, organisation du covoiturage (qui s’avère être cette année une affaire étonnamment complexe…). Denis travaille dur sur les cartes, et fait chauffer son GPS pour préparer un certain nombre de courses, des plans A très excitants, et des plans B en cas de météo contrariante. Annie, Patrick et Michel complètent l’encadrement : LA bonne équipe!

Une petite anecdote, juste une, qui nous a tous bien divertis… Une fois passé le col de Tende, allez savoir pourquoi, dans les 7 voitures survient de façon synchrone, et sans la moindre concertation, une envie pressante de pause pipi. Vite tout le monde se gare sur le bas-côté, et s’éparpille comme une volée de moineaux dans les maigres buissons du bord de route qui constituent un camouflage plus psychologique qu’effectif. Surtout que chacun a gardé sa doudoune, orange vif, jaune fluo, bleu électrique, vert pomme, rouge vermillon, rose bonbon : une collection de Dragibus ! La prochaine fois, nous les choisirons kakis ou vert forestier pour faire plus discret…

    Le Viso, immense, se dresse au-dessus des plaines que nous traversons : on approche !   Peu avant d’atteindre le rifugio Melezé (1806 mètres), nous prenons le départ de notre première rando, l’ascension du Bric de Rutund (2482 mètres). Voilà l’occasion de tester la neige italienne, et le test est concluant ! De nombreux skieurs et raquettistes semblent valider notre avis : que de traces !

    Au fur et à mesure de la montée vers le sommet, le Viso se dévoile à nouveau, tout proche, ainsi que les sommets de ce Val Varaita que nous avons hâte de découvrir. A nos pieds, tout au bout de la route déneigée : le refuge Melezé, dans son écrin de montagnes, forêts et champs de neige.

L’objectif du jour est en vue. Encore un petit effort !

    Après un pique-nique reconstituant (on s’est levé très tôt…), voici venu le moment tant attendu de la redescente en ligne droite dans les belles pentes immaculées, avec concours de grandes, très grandes enjambées dans la poudreuse : je voooole ! Première impression : « trois étoiles » ! Nos encadrants, toujours vigilants repère déjà l’itinéraire retour de la rando de demain et ce petit goulet qui semble bien chargé au-dessus !!!

 

 

A la descente, dans cette belle neige, la croisière s’amuse .

    Pour une ancienne caserne militaire, le rifugio Melezé est bien convivial. Beaucoup de monde :  skieurs, raquettistes, promeneurs à la journée, habitants des hameaux qui viennent y boire un coup… Nous nous répartissons dans les chambres, puis nous nous précipitons sous la douche ou sur le bar, ou sur les transats en plein soleil : à chacun ses priorités.

 

   Énorme fou rire au moment du repas. Gabriel nous raconte les tribulations (vraies) de la brebis 450, et Michel ne peut pas s’empêcher de les transposer au monde merveilleux de la raquette… Cette histoire est propriété privée de la section, donc chut ! mais que d’éclats de rire ! Et on en rit encore trois jours plus tard !

   Le patron passe et nous demande « à quelle heure demain, le petit déjeuner ? » Un ange passe. Dans la nuit, on change d’heure, en Italie également… La scène aurait été à filmer, car chacun a son avis : on avance, non on recule les montres ! mais ça fait une heure de plus, non, de moins ! Et si on ne changeait pas l’heure pour demain, ça serait plus simple. Oui, mais le patron, lui, va la changer, l’heure. Mais si on met les téléphones et les montres à la nouvelle heure, et qu’elles avancent toutes seules dans la nuit, programmées qu’elles sont ? Oui, mais il faudrait de la 4G, éventuellement de la 3G, et le cul-de-sac du Val Varaita n’en est point doté ! On essaye de visualiser tous les scénarios possibles, pour ne pas partir trop tôt, le ventre vide. Ou trop tard. Tout est flou. En désespoir de cause et faute de consensus, on consulte Tony, notre Horloger Maître du Temps et des Montres, tandis que le ton monte, chacun donnant son point de vue sur la question. 24 personnes = 24 avis. Démocratie participative ? On s’attendrait presque à voir voler de gros poissons au-dessus de nos têtes, comme dans les bagarres d’Astérix.

   Tout le monde au lit ! Un référent par chambre a été nommé pour coordonner ce lever du dimanche. Peut-être les cloches de Pâques se chargeront-elles de nous carillonner l’heure (l’ancienne ? la nouvelle ?) La planète va-t-elle s’arrêter de tourner une heure, cette nuit ? Ou accélérer sa rotation, au risque de nous satelliser tous ? Et bien non, tout semble « normal » en ce matin de Pâques, où nous ouvrons un œil aussi embrumé que le ciel.