Archive pour décembre 2016

Dimanche 18 décembre 2016 sortie à Isola 2000 vallon D’Orgials

G1 : cime d’Orgials (2648 mètres)

G2 : collet dei Morti (2477 mètres) et même plus…

 

C’était quand, la dernière sortie de la section raquette à la cime d’Orgials ? Je vous le donne en 1000 : le 18 décembre 2011, soit il y a 5 ans jour pour jour ! Il faisait -15° ce jour-là, et les doigts de Denis avaient gardé pendant des semaines le souvenir de ce grand froid, et des crampons gelés qui ne voulaient rien savoir… 

 

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                   Mont Aver   –  Cole dei Morti – Monte della Valletta – Cima d’Orgials – Cime Lombarde

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Rien de semblable aujourd’hui : le ciel est d’un bleu printanier et la température, nettement plus clémente, nous permettra d’arborer vêtements légers, casquettes et crème solaire dans les grandes combes ensoleillées qui jouxtent le col de la Lombarde. Nous étions 6 en 2011. Nous voilà 35… Annie, Patrick, Denis et Jacques pour le G1 (26 personnes en comptant les encadrants). Gabriel, Michel et Tony pour le G2 : 3 encadrants pour 6 participants, ah les p’tits veinards qui vont se faire chouchouter…

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Le choix s’est porté sur Isola 2000 en raison, bien sûr, de l’enneigement, qui nous permettra de chausser directement au départ de la route du col de la Lombarde. Chausser sans avoir à porter nous met en général de meilleure humeur…Nous remontons le long des pistes de ski en essayant de ne pas trop endommager le damage tout frais du matin, et voilà déjà le col de la Lombarde. La qualité de la neige est tout de suite différente : plus froide, plus légère, comme tombée de la veille !

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Le G2 se dirige, dans les larges vallons italiens, en direction du col dei Morti. Tout le monde est en forme et visiblement pas assez fatigué pour considérer que le but de la journée est atteint avec l’arrivée au col. Un coup d’œil vers le Mont Aver et ses premières belles pentes : comment résister… Le groupe démarre avec plaisir cette ascension non prévue au programme, bonus improvisé.

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Toutefois, les crampons s’Aver (hum : s’avèrent) nécessaires à mi-parcours, contraignant le groupe à faire demi-tour : les raquettes trouvent rapidement leurs limites dès que les pentes se redressent et que la neige devient trop dure.

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Ça tombe bien, il est l’heure du casse-croûte : retour vers des terrains moins inclinés et plus propices à la recherche de DVA en guise d’apéritif. Le petit lac d’Orgials fera l’affaire. Un par un, tous les participants y passent, pas question de se fondre lâchement dans le groupe : aujourd’hui, c’est du sérieux et les nouveaux s’en sortent plutôt bien ! On ne dira jamais assez l’importance de la pratique, qu’aucune théorie ne remplacera jamais. Au loin Sant’Anna nous regarde

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Pendant ce temps, le G1 a obliqué vers le vallon d’Orgials en visant bien sûr la cime, mais d’abord le col à 2600 mètres. On attaque, raquettes aux pieds la grande pente du verrou qui ferme le fond du vallon. Annie et Patrick sont à la trace, Denis et Jacques en soutien.

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Scénario classique : la pente se redresse, la neige, encore à l’ombre, est de plus en plus gelée, on suit en guise de trace un petit rail de ski bien dur, mais tant que ça passe à raquette… Pourtant à un moment, une petite voix souffle à tout le monde presque en même temps : « ça ne serait pas mieux avec les crampons ? » Bien sûr que si ! Reste donc à enfiler les crampons et mettre les raquettes sur le sac dans des positions acrobatiques de recherche d’équilibre, sans trop de gestes brusques, en essayant de ne pas faire tomber quelques bricoles dont on peut difficilement se passer, crampons, gants, bâtons…

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Globalement, on ne s’en sort pas trop mal… Comme le dit Annie, « c’est dans les terrains difficiles qu’il faut savoir enfiler les crampons. Sur du plat, aucun intérêt, c’est à la portée de tout le monde. » Encore et toujours la nécessité d’une pratique qui ne soit pas hors sol…

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Le passage délicat et exposé est désormais plus facile à négocier, et c’est dans une file indienne redevenue plus bavarde que nous passons au col d’Orgials. Encore quelques minutes d’ascension facile sur la crête et nous voilà au sommet, avec une vue splendide sur l’Argentera et tous les sommets de la Tinée, encadrés que nous sommes par la Lombarde et le Mont Aver.

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Tiens ! entre Lombarde et Aver, il y a aussi une certaine cime de la Valette… Jacques entraîne Alain, et les voilà partis à la conquête de cette nouvelle montagne, tandis que le reste du groupe se replie sous le col pour déjeuner, tiraillé entre des émotions contradictoires : on y serait bien allé, nous aussi, à la Valette, ça fait envie… mais il faut aussi garder des forces pour redescendre la mauvaise pente du matin…

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Fort heureusement, le soleil a bien travaillé pour nous, et la neige dégelée nous permet une belle descente face à la pente, avec de bonnes sensations bien franches sous les crampons. Quelle différence avec nos pas prudents d’il y a une heure à peine…le casse croûte est à portée de main. Et quel panorama ?  Merci à toi, Ami Soleil !

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Il va nous accompagner jusqu’au bout de ses doux rayons. Au col de la Lombarde, nous retrouvons les copains du G2, et c’est tous ensemble que nous regagnons les voitures, survolés par un drone, surexcité et bourdonnant comme un gros insecte. Ciao provincia di CUNEO

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L’épilogue de l’aventure n’est pas à la hauteur du reste de la journée : nous ne trouverons que des bistrots fermés ou ne voulant pas recevoir un tel groupe, pourtant tout prêt à y dépenser des sous… C’est finalement jusqu’à Pont de Clans que nous devrons endurer notre soif. Avant de tomber dans un gros méchant bouchon de type « Ligue 1 » à la sortie de l’Allianz : champions d’automne !

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Bonnes fêtes de fin d’année à tous, et rendez-vous en 2017 pour les traditionnels vœux, bises et batailles de boules de neige. Car oui, il est prévu qu’elle tombe !

                           A l’an que ven ! Se sian pas maï  Que siguen pas men..

Dimanche 11 décembre 2016 sortie raquette au Boreon

G1 : boucle au Mont Archas (dénivelée = 1050 mètres, pour 12,5Km)

G2 : cime de la Valette des Adus (dénivelée = 850 mètres, pour 10 km)

 

C’est parti pour une nouvelle rando raquette CAF (Cuisses-Abdos-Fessiers) !

Dans les pas de Denis, de Mario, de Michel et de Patrick : 19 candidats à l’Archas. Dans ceux de Gabriel et de Tony : 12 postulants à la Valette des Adus. Si les comptes sont bons, ce sont 37 raquettistes qui s’équipent au parking d’été de Salèse. Mais attention aux cailloux

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Ah… cette première montée à Salèse de l’année, de combien d’autres sera-t-elle suivie ? Tant de possibilités de courses s’offrent à partir du col, que c’est devenu une destination incontournable, été comme hiver. Et, à en juger d’après le nombre de traces de pattes et de sabots dans la neige, il n’y a pas que des humains à raquette ou à ski qui affectionnent le secteur.

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Un peu au-dessus du col, nous chaussons enfin les raquettes : sensation exquise du sac qui s’allège…

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Très agréable montée vers le col de la Valette des Adus, sous un ciel d’un bleu… mais d’un bleu…, sur une neige d’un blanc… mais d’un blanc… Le grand champ de rochers est devenu un labyrinthe dans lequel nous zigzaguons, montons, descendons. Des métaphores d’ordre alimentaire s’insinuent dans les esprits : chantilly, fromage blanc, sucre glace, rochers pralinés enrobés d’un délicieux glaçage immaculé… La faim doit commencer à se faire sentir.

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La sortie du labyrinthe nous mène droit au petit col (2356 mètres) duquel nous dominons le vallon d’Anduébis (souvenir de l’an dernier) et apercevons le Pépoiri (souvenir de dimanche dernier).

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La cime de la Valette des Adus (2449 mètres) est aisément gravie, grâce aux belles traces faites par les leaders du groupe : des marches pas trop hautes, juste comme on les aime.

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Après cette bien agréable ascension, le G2 se replie en bon ordre au col de la Valette pour casser la croûte au soleil sous la houlette de Gabriel et de Tony, tandis que le G1 poursuit vers son but du jour, le mont Archas (2526 mètres), encore un peu plus loin, toujours un peu plus haut.

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Sur le chemin du retour via le refuge des Adus, après une descente dans une belle poudreuse légère et douce les petits veinards du G2 vont faire une rencontre exceptionnelle, et je passe la plume à Gabriel :

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Et oui quelle belle surprise : impensable, inimaginable, insolite… les superlatifs ne manquent pas. Je vous le fait à 100 je vous le fais à 1000 !!! une idée ?

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Trois soldats en tenue d’époque de la grande guerre, fusils en bandoulière et mitraillette aux poings traquant l’ennemis. Oui vous ne rêvez pas. Des Hommes fervents de reconstitutions historiques qui poussent à l’extrême ce devoir de mémoire qui les entrainent à reproduire et à partager la vie des maquisards de la vallée de la vésubie. Chapeau Christian, Simon, Stuar du R.I.A Régiment d’Infanterie Alpine ou plutôt casque bas messieurs pour cette fresque Historique au bord du lac des Adus .

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(Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez retrouver un reportage de FR3 sur Dailymotion qui s’intitule : Les cimes de la discorde)

Le G1 dispose aujourd’hui d’un atout majeur : Michel qui, en très grande forme et particulièrement en verve, se charge de l’animation du groupe durant la pause repas au sommet du mont Archas. On en oublierait presque de faire le tour d’horizon, ce qui serait vraiment impardonnable. On pose et on prend des couleurs

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On en profite pour repérer les secteurs « à neige », et ceux à garder en attente, car les idées et les projets se bousculent toujours un peu, en début de saison. Les paillettes ne sont pas seulement dans la neige : elles sont aussi dans nos yeux.

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Il est temps de jeter un coup d’œil à la suite de l’itinéraire : la croupe Est puis, par la balise 393, le collet d’Estrisson et la balise 391, le sentier qui nous ramènera aux voitures par le GR. À première vue : c’est plutôt du genre plongeant… à peine à trois coups de raquettes du sommet, la pente s’accentue et la crête s’effile. L’heure n’est plus à la rigolade, et une consigne proférée d’une voix ferme nous incite au silence qui conditionne le calme, la prudence et donc la sécurité. Et on a grandement besoin des quatre pour franchir quelques passages exposés et glissants…

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Relâchement général une fois rejoint le sentier d’été déneigé, avec une « pause prairie » tout à fait inhabituelle : besoin de se détendre un peu, après la tension de la descente « neige » ? Le thermomètre que Mario sort de son sac indique 28°, incroyable. Il n’en faut pas plus au groupe pour basculer dans des plaisanteries de potaches en goguette que nous ne divulguerons pas !

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Le retour aux voitures de cette bande de belles lurettes et de gais lurons est pris en main par Anne, grande experte des sentiers du Boréon. Par contre, on rigole nettement moins une heure plus tard devant notre QG des Tilleuls : fermé ! Les traditions se perdent… Mais pas le plaisir de faire de la raquette CAF tous ensemble… Bravo à tous, merci à tous. À dimanche.

Tête des Margès 2550 m

Dimanche 4 décembre 2016

G1 : traversée col Ferrière, col du Barn, Pépoiri (1200 mètres de dénivelée, 12 kilomètres)

G2 : idem, sauf la traversée du Pépoiri

 

Mémorable reprise de la saison raquette 2016/2017 ! On s’en souviendra !

 

Le jour n’est pas encore levé sur ce dimanche annoncé radieux par la météo. Quelle foule à Saint-Martin-du-Var… nous sommes 37 raquettistes à nous répartir dans les voitures, + 1 qu’on récupèrera in extremis dans une voiture de skieurs ! Donc après remise dans le droit chemin de la brebis égarée, nous voilà finalement 38.

 

Denis, Mario et Jacques vont guider le G1 (21 personnes) vers les alpages, crêtes et sommets des Millefonts. Tandis que Michel et Jean encadreront le G2 (17 participants) sur un parcours presque identique, auquel ne manquera que la traversée du Pépoiri.

 

Les voitures sont garées sur la piste de la Raya. Car la décision a été prise de rejoindre le parking du col de Veillos à pied : soyons fous, un peu de panache, que diable ! Pourquoi rejoindre en voiture ce qui peut se faire par le GR ? Allez, les raquettes sur le sac !

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Point positif : avec cette petite marche apéritive, l’échauffement sera au point pour attaquer la montée (débonnaire…) au col de Veillos qui domine le parking de ses 2194 mètres. Au-delà du col s’ouvre la vaste combe des Millefonts, les « mille sources », sous un manteau immaculé ! Pour une première neige de l’année, nous sommes dans le registre du grand luxe : quantité et qualité, tout y est, avec en prime les fameuses paillettes étincelantes si photogéniques…

 

Le G2 chausse les raquettes dès que la neige est atteinte, tandis que le G1 décide de le faire un peu plus loin, au lac Petit, bien au soleil, à l’occasion de la première pause banane de la saison : immuable rituel auquel on souscrit toujours avec plaisir… Ô le doux bruit de la neige qui crisse doucement…

 

En deux imposantes colonnes, G1 et G2 atteignent tranquillement le col Ferrière (2418 mères), tandis qu’un toutou tout foufou et son maître gravissent la cime des Lauses, qui à papattes, en aboyant joyeusement, qui à ski.

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La suite de l’itinéraire, commun à tous, emprunte la crête panoramique qui rejoint le col du Barn via la tête des Marges (2550 mètres) et celle du Barn (2529 mètres). À droite la combe des Millefonts avec la Méditerranée dorée en arrière-plan. À gauche, un vaste panorama 100% Mercantour avec ces hautes terres que nous aimons tant, Gélas, Argentera, Geign, et tous les autres…

 

Et, dominant le col du Barn où nous venons d’arriver après une agréable série de montagnes « russes », (le jeu de mots est facile), voici le Pépoiri, maître des lieux et détenteur du record d’altitude dans le secteur.

 

Pour le G2, après la pause pique-nique sous la tête du Barn, le retour se fera par le vallon du même nom, ses belles pentes, ses lacs devenus patinoires…

 

Pour le G1, l’aventure continue, direction le sommet du Pépoiri. Denis inspecte une trace qui monte en oblique sous la pente sommitale : crampons ? raquettes ? Raquettes ! Nous montons à la queue leu leu, prudemment, la présence des uns rassurant les autres… Le vide se creuse à notre droite mais, fort heureusement, le blanc uniforme – brume sur neige –  ne nous permet pas de bien visualiser le grand toboggan sur lequel nous évoluons : heureux les ignorants…

 

Un petit moment de stress lorsque, suivant Denis et sa trace, nous allons prendre droit dans la pente pour rejoindre la crête. Essayez donc de grimper à une sorte d’échelle presque verticale avec des raquettes aux pieds… Et quelle échelle… Les barreaux cèdent les uns après les autres dans un grand remue-ménage de neige pulvérulente brassée par les uns et re-brassée par les autres.

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Au-dessus de nos têtes, pile à l’aplomb, Jaja, qui a déjà pris pied sur le replat (veinarde !), nous tend son sourire et un bâton secourable, voire deux, pour nous aider à franchir le dernier mètre qui sépare le monde vertical du monde horizontal. Pourvu qu’ils tiennent, ces fichus bâtons, et qu’ils n’aillent pas se séparer en deux brins à l’instant précis où nous misons gros sur leur fiabilité en leur confiant notre survie… Mais ces bons vieux bâtons ont tenu, comme on les aime, tout à coup !

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Tout le monde respire. Il n’y a plus qu’à suivre la pente qui nous mène directement au sommet pour une pause casse-croûte.

 

Le moment est venu de se poser la question de la redescente. Ce ne sont pas les idées qui manquent, certes. Mais un groupe de 21 personnes à raquette implique quelques contraintes quant au choix des itinéraires… C’est finalement le vallon du petit lac de Veillos qui sera choisi. Tandis que Philippe part en éclaireur, Denis et son équipe aident de leurs conseils ceux qui n’ont pas le pied très sûr en terrain pentu… et là, en matière de terrain pentu, on est servi ! Les quadriceps chauffent… quelques glissades s’amorcent, parfois enrayées, mais pas toujours… Fort heureusement, pas de rochers embusqués, seule la neige est là pour râper les fonds de culotte… Après cette traversée sportive du Pépoiri, voilà enfin les pentes plus douces qui nous ramènent vers la route : sourires, et quelques discrets soupirs de soulagement qui viennent du plus profond des poitrines !

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Jonction parfaite G1 + G2 au parking, mieux que si elle avait été programmée. Il ne nous reste qu’à redescendre tous ensemble par le GR jusqu’aux voitures.

 

Et, pour respecter une tradition dont l’origine se perd dans la nuit des temps et sans laquelle une rando raquette ne serait pas une rando raquette : pot de fin de journée aux Tilleuls. À 38….. ça commence fort, très fort, cette nouvelle saison !

 

Bravo aux participants, merci à l’équipe : si on est aussi nombreux et aussi heureux de se retrouver, ça doit bien vouloir dire quelque chose… Alors à dimanche !