Archive pour février 2017

Dimanche 19 février 2017 Tête sud des Bresses

G1 : tête sud des Bresses, 2824 mètres (dénivelée : 1300 mètres ; distance : presque 20 kilomètres)

G2 : lacs des Bresses (dénivelée : 1030 mètres ; distance : 13,5 kilomètres)

 

C’était couru d’avance : toute rando programmée dans le secteur emporte les suffrages, inutile de passer par une primaire. Majorité absolue et unanimité assurées. Annie et Patrick guideront le G1, 21 personnes. Michel et Tony le G2 : 13 personnes. Soit 68 raquettes pour damer la trace pour les groupes suivants…

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Une heure et quelque de marche à bonne allure, c’est l’échauffement incontournable pour accéder aux merveilles qui se cachent au-delà du col de Salèse. Le G2 y arrive alors que le G1 s’apprête à démarrer en direction du lac Nègre.

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La neige est bien présente. Où que l’on se tourne, on n’y voit que du blanc. Et du bleu, celui du ciel. Quelle journée printanière… luminosité, douceur, pas un souffle d’air, et déjà les premiers chants d’oiseaux dans les arbres.

Cime de Frémamorte

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Les raquettes ferraillent à grand bruit lorsque nous passons sur de la neige dure. Puis, une à une, elles se mettent à chuchoter : nous voilà à la queue leu leu sur une belle nappe de poudreuse toute douce, chhhhhhhh…

Cayre sud des Bresses

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Michel  a la superbe idée d’emmener le G2 pique-niquer sur le promontoire de la baisse du lac Nègre : une des plus belles salles-à-manger du Mercantour ! D’un côté le lac Nègre, de l’autre ceux des Bresses : pas mal, non ? Que manque t-il pour atteindre le nirvâna ? Un peu de dénivelée supplémentaire pour rejoindre les deux lacs des Bresses et en faire le tour.

Tête sud des Bresses

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Il n’est pas rare de noter que la technicité d’une course n’est pas obligatoirement proportionnelle à la satisfaction qu’on en retire : voici une rando où l’on en prend plein les yeux, la neige est excellente, et l’environnement fabuleux. Conclusion : pour le G2, que du bonheur !

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Le G1, quant à lui, travaille aussi à son bonheur en tirant un peu plus la langue, en tout cas pour certains… Annie et Patrick impulsent un rythme soutenu, régulier, et leur plan de marche sera respecté.  Annie , attentive, observe l’état du manteau neigeux !!

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Au fur et à mesure que nous prenons de la hauteur, d’autres sommets se dévoilent : Argentera, Tablasses, Cresta Savoia, Giegn, Pépoiri, Archas, Rogué, Frémamorte, on se répèterait les noms rien que pour le plaisir, un peu comme quand on dit bonjour à quelqu’un en l’appelant par son prénom… et tout au fond le refuge rémondino.

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Nous apercevons des skieurs au pas de Préfouns, d’autres à la baisse de Rogué, plusieurs sur les pentes de la tête sud que nous sommes en train de gravir. Nous ne sommes pas les seuls à apprécier le haut boreon

                            sommet

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Prudence sur les 50 derniers mètres : ça passe à raquettes, à condition d’éviter les figures libres… D’inquiétants couloirs se creusent à notre droite, mieux vaut donc regarder droit devant, d’autant que le passage est bien étroit. La petite Vierge du sommet nous accueille, sereine et bienveillante.

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Nous cassons la croûte en plein soleil, juste sous le sommet. Mais il faut bien sortir du rêve et se résoudre à redescendre dans la vallée. D’autant que nous apercevons les copains du G2 en file indienne en contrebas, déjà tournés dans le sens du retour…

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Bonne surprise : la neige reste très bonne, et la chaleur ne l’a pas trop transformée. Voilà qui autorise quelques audaces dans certains passages raides, on tente la ramasse, on expérimente le télémark, on ose les pas de géant. Le plus souvent, ça passe. Mais, parfois, ça donne lieu à des chutes et glissades chaleureusement ovationnées. Retrouvailles G2 + G1 au col de Salèse pour la photo de groupe, avant d’attaquer la descente dans la forêt.

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Efforts, émotions et chaleur ayant gravement hypothéqué nos réserves hydriques, l’heure est maintenant venue de nous mettre en quête du bistrot de nos rêves afin d’y célébrer un rituel collectif de réhydratation. La vallée de la Vésubie étant fermée pour cause d’éboulement, c’est à Saint-Dalmas que nous allons nous échouer autour de toutes sortes de choses de nature à satisfaire faim et soif. Tout en parlant du week-end à venir mais, chut, suite au prochain numéro !

Dimanche 12 février 2017 le Capelet inférieur

Cap sur le Cap(elet) inférieur (2419 mètres) 1100 mètres de dénivelée, 13 kilomètres de distance

 

La journée débute avec un petit parfum d’aventure… Vu de la vallée, le secteur des Blancons semble tout sauf enneigé : oublions donc le Mont Joia, et visons un secteur où nous pourrons sauter la case « portage» pour aller directement à la case « raquettes ». C’est le Capelet inférieur qui remplit ces critères et devient l’élu du jour.

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Première difficulté : garer la dizaine de voitures (ou plus ?) au départ de la piste des Terres Rouges. Et prendre le départ à 35 sans trop se piétiner les raquettes et se mettre les bâtons dans les jambes… Annie, Patrick, Denis (pour les 19 du G1) et Gabriel, Michel et Tony (pour les 16 du G2) : tout le staff est là ! Contrôle des DVA : OK. Contrôle des raquettes : il en manque juste une paire… ce qui contraindra l’une des nôtres à faire la rando « sans ». Respect pour son courage et sa bonne humeur devant l’adversité.

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Une montée sans difficulté par la piste nous amène sur la crête qui sépare la vallée de la Gordolasque du vallon des Graus. Sous les arbres, de larges taches d’herbe. Mais, globalement, la couche de neige récemment tombée suffit à nos raquettes. Plus haut, nous émergeons sur la crête et nous nous dirigeons vers le Serre de Clapeiruole.

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Malgré son altitude modeste, 2010 mètres, cette montagnette nous obligera à sortir le « grand » jeu, c’est-à-dire les cales de montée : sur quelques centaines de mètres, la croupe devient une crête qui s’effile et se faufile entre des rochers.

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À droite, le massif de l’Authion. À gauche, le Mont Joia et la Valette de Prals. Plus au nord, Gélas, Malédie et Clapier, le trio des 3000 du département. À l’horizon, la mer et ses reflets de métal doré.

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Et au-dessus de nos têtes, des nuages qui filent, filent, filent… « vrais » nuages, ou nuages de poudreuse soufflés par (et oui, le revoilà…) LE VENT ! Pris dans les tourbillons, et éclairés par des lumières changeantes, les cristaux de neige façonnent de très belles ambiances dans un camaïeu de gris et d’argent.

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Un dernier ressaut, juste sous le sommet, nous donnera un peu de fil à retordre : c’est pentu, ça glisse, il y a des rochers, et le vent s’obstine à titiller nos équilibres précaires. Un dernier effort et, au milieu de tourbillons hurlants, nous touchons enfin au but : le cairn sommital. Inutile de songer à continuer vers le Capelet supérieur, plus personne n’y pense, et une ultime rafale dissipe d’hypothétiques velléités…

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Ceux qui repartent du sommet croisent les vaillants copains qui s’en approchent. Les mots d’encouragement partent à l’horizontale par la voie des airs sans atteindre leurs destinataires…

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Par contraste, le pique-nique, à l’abri dans la forêt, nous semble d’autant plus cosy. Et comme il est relativement tôt, un exercice de recherche de DVA s’organise. Sous le contrôle d’Annie, Gabriel et Patrick. Par groupes de deux, tout le monde fouille le secteur d’une avalanche fictive, et trouve, le plus souvent, l’origine des bip-bip… Le groupe semble en progrès, mais peut mieux faire ! « Personne n’a zéro », commente Patrick.

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Nous redescendons sans stress aux voitures, sous le soleil revenu, mais avec la surprise de constater que, vers la fin de la forêt, la neige a déjà commencé à fondre. Sur les sommets, le vent nous la transforme en nuages ; et en bas, le soleil nous l’escamote pour imbiber la mousse des bois… Ah, le cycle de l’eau… Quelle tristesse…

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Nous nous consolons de ce gros chagrin aux Tilleuls, en portant joyeusement un toast aux pâtissières du groupe et aux encadrants, toujours aussi investis autour de notre bol d’air hebdomadaire. Merci m’sieurs-dame !

Dimanche 29 janvier 2017 à Saint-Dalmas-le-Selvage

Boucle par le vallon de la Braïssa, le col du Petit Valloar 2706 mètres) et Gialorgues.

1250 mètres + et – pour 17 kilomètres de distance

 

La dernière fois que la section raquette a fait cette boucle ? Le 10 février 2013. C’est fou ce que le temps passe… Notons que, lorsqu’on décide de refaire une rando, c’est qu’on a aimé !

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L’équipe d’encadrement est au grand complet. Sauf Tony, malade au fond de son lit. Soigne-toi, amigo, et reviens vite. Nous sommes 19 au total, en comptant Annie, Patrick, Gabriel, Denis et Michel. Nous allons progresser tous ensemble, en un seul groupe dit « à deux vitesses ».

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Partis de la côte sous une pluie fine, nous sommes tout heureux de trouver du beau temps, ou presque, en sortant des voitures sur le parking de Saint-Dalmas. Et pas de vent ! On avait presque perdu l’habitude des ambiances calmes …

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Un peu de portage, car tel est notre destin de raquettistes, et nous chaussons sur la piste de Sestrière. Les deux raccourcis par la forêt sont correctement enneigés, il n’en faut pas plus pour faire notre bonheur du jour !

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Avant de bifurquer vers le vallon de la Braïssa, un petit écriteau nous avertit que nous allons pénétrer en zone « Tétras Quiet » : Nous allons faire au mieux pour respecter la consigne et la quiétude desdits tétras…

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Ce n’est pas le bruit de nos raquettes qui les dérangera : dans une belle couche de neige fraîche, sans traces humaines, nous progressons silencieusement dans les pas de nos encadrants. Les personnalités transparaissent : l’efficacité très « classe » d’Annie, l’énergie de Patrick qui semble capable de fendre un mur de neige à la force de son poitrail, le tandem bien rodé Gabriel-Denis, la gaieté attentive de Michel… Et voilà déjà les cabanes de la Braïssa, lieu incontournable de divers rituels, mais n’entrons pas dans les détails…

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Le vallon est bien enneigé. De nombreuses traces dessinent les lignes de pointillés, indéchiffrables pour nous, mais certainement très parlantes pour qui sait les interpréter : chasse d’un prédateur, fuite d’une proie, reconnaissance des territoires ?

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Au sortir de la limite de la zone Tétras Quiet, nous voilà au pied des pentes du col du Petit Valloar, perspective qui justifie d’avaler un petit remontant pré-effort ; et de chausser les crampons pour éviter tout dérapage dans les pentes à venir. Ah… chausser les crampons dans 40 centimètres de poudreuse, les gants dans la bouche et le nez dans la neige, à sonder la poudreuse pour retrouver ce fichu crampon fouisseur… un grand moment de solitude, même si on est 19 à s’y coller… Mais la couche de neige plus dure sur laquelle on sent mordre les crampons valide ce choix : sécurité d’abord.

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En respectant une bonne distance de sécurité entre nous, nous gravissons le col, inondés de gratitude vis-à-vis des costauds qui se relaient en tête pour nous offrir une belle trace jusqu’au col, un vrai Stairway to heaven… Merci à nos super-traceurs et serre fileur  Quelle puissance au jarret !

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Voilà le moment de la photo-souvenir, une fois tout le monde regroupé au col, et d’une pause pique-nique bienvenue avant d’amorcer la redescente dans le vallon de Valloar, vallon affluent de celui de Gialorgues. En face de nous, la Sanguineirette et ses beaux couloirs ; à droite, sa grande sœur Sanguinière ; à gauche, la tête ronde de Valloar que nous ne regarderons que d’en bas, car la descente s’annonce longue…

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Longue, mais bien agréable, ce qui veut dire, en langage « raquette » : bonne neige, et pentes non gelées. Et juste ce qu’il faut de trous invisibles pour nous rappeler qu’il faut rester prudent et ne pas céder à l’euphorie d’une belle descente… Le jour blanc incite lui aussi à rester en alerte et à ouvrir l’œil.

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Au passage devant la mystérieuse entrée du Trou de l’Âne, nous apercevons Fort Carra et ses hautains satellites aux formes sorties d’une BD de science-fiction : quelles merveilles. Le temps de les photographier, le brouillard les a déjà dérobés à nos regards et à nos objectifs.

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Il reste une petite heure et demie de piste pour rejoindre le village. Allez, on prend le rythme, on se choisit un ou deux copains pour faire la conversation et c’est parti ! Les cascades de glace sont magnifiques cette année, très bien formées : elles vont jusqu’en bas des pentes dans de larges coulées d’un turquoise très clair.

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Oups ! Attention où nous mettons les pieds ! Sur la piste aussi, dans chaque virage, à chaque traversée de vallon, il y a « de larges coulées d’un turquoise très clair »… Heureusement que les raquettes accrochent, pas toujours d’ailleurs, et les bâtons pas du tout…

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Le pot de fin de journée est pris à Lou Ben Manja de Saint-Etienne où, pour ne pas faire mentir l’enseigne, nous allons bien manger et bien boire. Avant de passer du temps dans un embouteillage dû à un accident : pour certains, quel malheur, la journée à la neige ne se terminera pas, comme pour nous, dans l’allégresse…

PS : si quelqu’un trouve, sur notre trajet, une banane, prière de la ramener à Michel, il est inconsolable.