Archive pour mars 2017

Dimanche 26 mars 2017 Tête ronde de l’Escuzier

Tête ronde de l’Escuzier (1100 mètres de dénivelée et 17,5 kilomètres de distance)

 

Magie du printemps : dans la vallée, des arbres blancs de fleurs. Dans la montagne, des arbres blancs de neige. Et, entre vallée et montagne : des arbres en fleurs sous la neige, doublement blancs, doublement beaux.

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Les récentes intempéries ont dû décourager quelques copains : nous ne sommes « que » 15, dont les increvables Denis et Tony, en un seul et même groupe qui part pour le col et, pourquoi pas, la tête ronde de l’Escuzier. Le lever matinal version « heure d’été » ne paraît pas agir sur le moral des troupes : personne ne semble spécialement grognon ou somnolent.

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Durant tout l’hiver, nous n’avons pas vu cette vallée aussi enneigée : il était grand temps que mars arrive pour nous amener la neige… Pour nous consoler de tant d’heures de portage effectuées sans broncher, le printemps nous gratifie enfin d’une occasion de sauter directement de la voiture sur les raquettes !

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Nous connaissons tellement cette montée vers le plateau de Sestrière que plus rien ne semble pouvoir nous surprendre. Et pourtant… l’atmosphère, dans la forêt immobile sous la neige, est tellement magique que le groupe, une fois n’est pas coutume, avance en silence dans un décor de cartes du Nouvel An. La Beauté nous laisse sans voix !

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Les 10 centimètres de fraîche deviennent 20, puis 30, puis 40… Allez donc faire la trace là-dedans… Fort heureusement, un sympathique Joël, raquettiste solitaire qui nous précède d’un bon ¼ d’heure, nous ouvre le chemin sans le savoir. Il est sur le point de faire demi-tour, épuisé, lorsque notre groupe le rattrape : à son tour de profiter de notre trace ! Denis s’y colle, et comme il n’est pas question qu’il soit le seul à la fête, Cyril, notre Iron Man, se voit également proposer ce rôle (purement honorifique, n’est-ce pas ?)… Sa prestation nous laisse pantois : quelle énergie… et tout ça avec le sourire. Ton secret, Cyril ?

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Le bout du vallon se rapproche, la cime de la Bonette est à portée de voix et la tête ronde de l’Escuzier à un jet de boule de neige (ou presque…). Une courte pause nous rassemble au col de l’Escuzier où Denis se remémore cette rando « des 3 cols », Escuzier, Plate, Braïssa. Pour aujourd’hui, cap sur la tête ronde de l’Escuzier, sur laquelle Joël, reparti en solo, nous prépare une trace qui gagne le sommet en quelques lacets réguliers et efficaces. On lui emboîte le pas.

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Pour 20 petites minutes d’efforts supplémentaires, nous avons droit à une vue magnifique sur la Grande Séolane, le Cimet, le Chapeau de Gendarme (quand y allons-nous, les amis ?). Et Denis donne le signal de la descente du sommet, pleine pente, mais prudemment, un vrai plaisir ! Notre élan est tel que nous ne nous arrêterons que beaucoup plus loin pour pique-niquer, une fois passé un dévers moyennement engageant. Certains estomacs, majoritairement féminins, commençaient à crier famine !

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Retour-plaisir aux voitures, sans pression, puisque nous avons devant nous une heure de soleil en plus ! Le paysage en porte d’ailleurs les stigmates : où est passé le tapis blanc immaculé de ce matin ? Les beaux arbres tout fleuris de neige ? Les alentours sont redevenus plus « avril » que « janvier ».

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La neige a reculé très loin autour de Saint-Dalmas, jusqu’aux secteurs où une couche pré-existante lui permet de résister aux ardeurs du soleil. Quant à la neige tombée plus bas, nous allons la retrouver, au retour, sous forme d’eau boueuse dans la Tinée, puis dans le Var. Adieu, belle neige de mars, et merci pour tant d’éphémère beauté…

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Notons un point intéressant : lorsque nous avons fait cette même rando, l’an passé, Joëlle nous avait régalés, tout comme aujourd’hui, d’un moelleux au citron et d’un fondant chocolat-noix. Il semblerait donc que le menu de ce sublime goûter soit lié à la tête ronde de l’Escuzier. Si l’hypothèse est confirmée, suggérons à nos encadrants de reprogrammer cette ballade au moins une fois par an !

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Dimanche 19 mars 2017 : diabolique randonnée en Gordolasque…

 

G1 : cimes du Diable et du Capelet supérieur en boucle +/- 12,5 km pour 1250 m

G2 : cime du Trem en AR par le vallon des Verrairiers +/- 10Km pour 1000m

 

Une rando entre Diable et Merveilles… c’est le grand frisson assuré. On va approcher des forces occultes qui nous dépassent… Et pour ce faire, baudrier obligatoire, Denis est très clair sur ce point, pas de simple sangle, qu’on se le dise !

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 Les deux groupes se maintiennent depuis le début de la saison dans des effectifs réguliers qui parlent d’eux-mêmes : 21 personnes pour le G1 (dont Denis et Michel), et 9 pour le G2 (dont Tony et Tony, à la fois meneur et serre-file, bravo l’ami !)

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Sur le parking du gîte des Merveilles, gazouillis, primevères et petits crocus nous souhaitent la bienvenue, à nous qui ne rêvons que de neige, de neige et de neige. Elle est bien loin, la neige, il va falloir porter longtemps, mais ça mettra les jambes en condition pour la suite de l’aventure. Forts de notre expérience au Mounier, nous emportons tout de même les raquettes, certains qu’elles nous sauveront la mise dans la neige molle de l’après-midi : quelle clairvoyance…

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La partie supérieure du vallon des Verrairiers, bien enneigée, nous récompense d’une grosse heure ½ de portage. Dans son élément favori, le groupe progresse allègrement vers le pas du Trem pour un ultime regroupement G1 et G2.

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Tandis que les candidats à la croisade contre le Diable s’équipent et s’encordent, une partie du G2, sous la houlette bienveillante de Tony, part vers le sommet de la Cime du Trem, tandis que quelques épicuriens s’installent à la baisse, pour une sieste béate au soleil de mars, en attendant l’heure du pique-nique. De leur paradis terrestre, ils ont tout le loisir de surveiller l’ensemble des cordées qui grimpent sur l’épaule diabolique !

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 À signaler, parmi tous les premiers de cordée, la féminine de l’équipe, notre photographe Elsa, qui mènera à bon port et en toute sécurité sa première cordée sur des pentes raides et sur une arête brève, certes, mais aérienne ! Bravo Elsa, et champagne !

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Il est écrit que ce Diable-là ne va pas se laisser berner si facilement que ça : la neige, déjà bien travaillée par le soleil, s’effondre volontiers sous les crampons, et de préférence dans les trous entre les rochers. De vraies marmites (du diable) !

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Le temps de pause au sommet, habituellement dévolu au tour d’horizon et à des congratulations diverses, est aujourd’hui monopolisé par LA question que souffle Lucifer à l’oreille de Denis : « aller-retour ou boucle ? » La base, consultée, émet des avis divers, mais c’est la saveur pimentée de l’aventure qui l’emporte : une boucle ! On fait confiance à Denis et Michel, et on n’a jamais regretté de rajouter un brin d’audace à notre menu du jour…

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Grande prudence pour redescendre du Diable et éviter ses embuscades : pentes attirantes, rochers glissants, et même cette petite coulée, en direct sous nos yeux. « On plante bien le piolet dans la traversée », clame Michel. Ça, pour le planter, on va bien le planter, car personne n’a envie d’arriver plus vite que prévu en bas. Toujours encordés, lentement et prudemment, nous rejoignons le bas des grandes pentes.

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Avant de repartir à l’assaut du Capelet supérieur, vite un petit coup d’œil à la cime dont nous arrivons : hé-hé, nous pouvons être fiers, quelle descente ! Pendant ce temps l’ami Tony emmènera une parti de son groupe au sommet de la cime du Trem pendant que , fatigué, l’antre parti se repose et farniente  au col.

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Pause casse-croûte au pied des antennes du Capelet supérieur. Michel menace de confisquer les portables : chacun veut vérifier de visu combien de barres de réseau s’affichent au pied d’un relais. Mais hâtons-nous, la descente sera longue, et il semblerait qu’elle réserve une part non négligeable d’exploration et de découverte. La redescente du Capelet supérieur se fait sans histoire. Idem pour la majeure partie du vallon choisi pour le retour : un régal à raquette, mais heureusement qu’on les a aux pieds… Lucifer est en train d’endormir notre méfiance.

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Soudain, plus de neige. Et puis plus rien du tout, à part une pente qui pique droit dans la vallée avec, juste pour faire joli, des barres rocheuses, d’étroites vires, des champs d’arbres abattus par la tempête d’il y a 4 ans et des champs d’éboulis planqués sous une mince couche de mousse bien glissante. Nous sommes probablement les seuls humains à être passés par là depuis des lustres. Nous régressons en mode sangliers.

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Horreur ! Voilà même une énoooorme vipère ! C’est un signe ! Un châtiment du Ciel pour notre entêtement à provoquer le Diable ! Il ne faut pas passer par là ! Demi-tour ! Mais nos encadrants, inoxydables, sont vaccinés contre la peur des serpents, et ils poursuivent leur chemin sans broncher. Et puis, réflexion faite, une vipère, ça nous change un peu des chamois.

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Quel soulagement lorsque nous rejoignons enfin ! la piste dont nos GPS-men nous parlaient depuis un bon moment déjà pour faire taire nos récriminations : « plus que 200 mètres, plus que 100 mètres, plus que 50 mètres, plus que 200 mètres… »

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Retrouvailles et vibrantes accolades avec les copains du G2, de retour depuis une petite heure après leur bel aller-retour à la cime ou au pas du Trem. Et dégustations / libations particulièrement bienvenues aux Tilleuls : on a intérêt à beaucoup boire, si on veut pouvoir avaler toutes ces divines gourmandises salées-sucrées que les uns et les autres posent sur la table… En plus, il convient aussi de trinquer à la santé des absents, dont notre cher président Gabriel. On n’en finirait pas de se trouver des prétextes pour lever le coude. Délicieux péché de gourmandise…

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 Bonne semaine, et n’oubliez pas la prochaine épreuve diabolique qui se profile : dans la nuit de samedi à dimanche, changement d’heure !

Dimanche 12 mars 2017 Mont Mounier (2817 mètres) par Valberg

1200 mètres de dénivelée ; 16,5 kilomètres de distance

 Ce Mounier, sommet emblématique de notre région, nous l’avons tous gravi X fois, en été ou en hiver, de jour ou de nuit, par la pleine lune ou pour y guetter le lever du soleil, lors d’un BRALP ou d’une rando famille, et par tant d’itinéraires ! Mais la section « raquette alpine » ne l’a jamais attaqué par le chemin le plus court et le plus évident : depuis Valberg et le col de l’Espaul. Lacune désormais comblée !

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Trente personnes chargent le sac sur le dos au parking du col de l’Espaul et prennent d’un bon pas la direction du hameau de la Colle, réputé pour son habitat traditionnel bien préservé. Denis, Michel, Annie, Patrick et Tony nous ont préparé une belle rando, le soleil est au rendez-vous dès le matin, les copains ont le sourire, comment ne pas commencer la journée joyeusement ?

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Avec ou sans raquettes, au fait ? Denis jette un coup d’œil sur notre première heure de marche : pas de neige du tout, une nouvelle herbe qui pointe ça et là entre les touffes sèches de l’an dernier, et les tout premiers crocus mauves, presque encore des boutons. Verdict : on ne prend pas les raquettes, allégeons, allégeons ! Que de bonnes nouvelles, ce matin… Les raquettes retournent donc dans les coffres, à part celles de trois originaux, qui n’envisagent pas une rando raquette sans raquettes…

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Nous franchissons la barre rocheuse des Passes du Cloutet, avant d’atteindre le vaste plateau du Mont Démant d’où une tempête « démente » nous chassa autrefois à grands coups de balai… Rien de semblable aujourd’hui, ambiance printemps ultra-précoce… Pourtant, à perte de vue, voilà les champs de neige !

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Bien au-dessus de nous, notre sommet du jour nous donne le torticolis, quand on le regarde : pourquoi choisit-on toujours des montagnes aussi haut perchées ?

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Un pas après l’autre, mine de rien on avance vite ! Les trois zozos à raquette se la jouent cool, en évitant tout triomphalisme vis-à-vis des copains à pied qui brassent dans un silence résigné… Voilà déjà la stèle Vallette, une pause regroupement ; le petit Mounier, et une dernière pause regroupement non loin des ruines de l’ancien observatoire.

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Ah, les effets de la perspective… D’ici, il a l’air méchant comme tout, ce Mounier, et ses dernières pentes semblent bien raides.

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Et pourtant ! En petits groupes, nous allons trouver sans difficulté le bon cheminement. Tranquillement, lire le terrain, interpréter ces amoncellements de blocs et de neige. Y voir non plus des barrières, mais des lignes de franchissements successifs à négocier paisiblement, un pas après l’autre, inspir après expir, sans se laisser démolir par cette impression de verticalité due à l’écrasement de la perspective.

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Combien de fois avons-nous été bluffés par des parois qui semblent trop verticales et compactes pour permettre un passage mais qui, lorsqu’on s’en approche, révèlent une multitude de fractures, failles et décrochements qui sont autant de marchepieds vers le sommet ? C’est souvent dans la tête que se trouvent les dédales, les labyrinthes et les voies sans issue. La montagne est une puissante métaphore des la Vie !

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Stop avec la philosophie ! Nous voilà au sommet. Certains arrivent sous les applaudissements, dont l’ami Tony qui connaît toutes les astuces pour se faire ovationner !

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Le tour d’horizon est de la catégorie 360°, quelle vue panoramique, de la mer au Chambeyron. Comme on est bien, en haut de nos montagnes…

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Le signal du retour est donné. Mentionnons la descente d’une grande pente qui démarre entre la stèle Vallette et le Petit Mounier, un raccourci 1ère classe… Avantage évident à ceux qui ont les crampons… Mais pour les trois irréductibles de la raquette, ce sera l’occasion de longues glissades : à partir d’une certaine inclinaison du toboggan, le raquettiste ne peut plus compter que sur la solidité de son fond de pantalon…

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Traversée retour du mont Démant : très net avantage aux raquettes, cette fois ! Les crampons des autres pointillent le plateau de trous profonds dont il leur est parfois difficile de s’extraire… Un dernier raccourci nous ramène droit sur la Colle où certains assoiffés en profiteront pour remplir leurs gourdes à l’abreuvoir du hameau.

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Pour tous les autres, il faudra attendre Beuil et son bistro de pays pour porter un toast aux bonnes idées de nos amis encadrants, et à la réussite de cette belle journée « raquette ». Avec ou sans.

Dimanche 5 mars 2017 Tour de la tête des lacs Bessons

 

G1 et G2 : 1250 mètres de dénivelée  de 20 à 23 kilomètres de distance selon les GPS

 

Toujours par monts et par vaux, cette section raquette ! Par monts, surtout… Et en ce premier dimanche du mois du printemps, c’est du côté des lacs Bessons que nous partons explorer les monts et les vaux du Boréon.

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Nous sommes aujourd’hui 23, dont nos encadrants Gabriel, Denis, Michel et Tony, tous fidèles au poste, en tête de file ou en queue de colonne.

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Tiens, tiens… Le beau temps, l’abondance de neige fraîche et la présence de quelques nouveaux adhérents semblent booster nos leaders, aiguillonnés par Dieu sait quel phénomène d’émulation virile… Quel rythme, pour atteindre le refuge de la Cougourde… Un groupe de messieurs démarre en tête, une-deux, une-deux, tandis que quelques dames s’efforcent de les suivre à la trace, en ruminant amèrement sur l’absence de parité dans le choix de l’allure…

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Mais voilà les premières pentes, au-delà du lac des Sagnes : il va falloir tracer dans la fraîche, les gars !… Ouf ! l’allure ralentit et, tout en lançant quelques encouragements à ces vaillants gaillards, nous en profitons l’air de rien pour reprendre notre souffle, et notre place à leur suite dans la file indienne. Les quatre cimes de la Cougourde, juste en face de nous, semblent complètement indifférentes à tous ces stratagèmes.

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Le verrou pour accéder au vallon de la Valette Escure nous donne du fil à retordre. Accumulation d’un côté et manque de neige de l’autre. Denis sécurise ce passage délicat.

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Les dernières chutes de neige vont prolonger un peu la saison, quelle chance ! Le paysage est immaculé et, bien sûr, comme sur toute surface vierge, on rêve d’y laisser sa signature… Et là, sur les pentes du collet des lacs Bessons, notre signature prend la forme d’un « Z » parfait, pas celui de Zorro, mais celui de Zig-zag. À crampons ou à raquettes, le collet se monte aisément, malgré une pente qui semble flirter avec les 40°, dixit Mario en guise d’encouragement…

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Nous voilà à 2647 mètres, avec vue plongeante sur les lacs Bessons, blancs sur fond blanc, le Pelago, Juisse et l’Agnelière. Au nord, le caire Agnel mange l’horizon : vues sous cet angle, ses barres ne sont pas engageantes. Et, au-dessus de nos têtes, il y a celle de la Ruine, ses barres rocheuses, ses neiges, et ce petit bonhomme qui chemine, solitaire, si minuscule dans cette grande face…

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Encore un tout petit effort, un court cheminement en mixte, avant de déballer sandwiches et chocolat, pour rejoindre le premier cairn qui balise la crête qui va jusqu’à la tête des lacs Bessons.

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Les nuages annoncés commencent à s’amonceler, et avec eux voici une première attaque du froid. Le groupe redescend jusqu’au collet, puis met le cap sur les lacs Bessons, de couloir en traversée et de traversée en couloir. Quel beau cadeau que cette neige parfaite, dans laquelle tout paraît si facile…

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Même la grande pente d’éboulis, entre les lacs et le vallon Sangué, si pénible l’été, voilà qu’elle se transforme en lieu de délices, dévalée en quelques minutes à peine. Comme dans la chanson : «  2 minutes 35 de bonheur » ! On la remonterait presque pour avoir droit à une deuxième dose de ce bonheur-là.

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Mais d’autres expériences nous attendent plus bas, lorsque nous allons rejoindre la partie basse du vallon Sangué. La petite musique du torrent, menace à peine masquée par la neige, nous accompagne presque jusqu’en bas. Il s’agit d’éviter le bain de pied, de siège, de raquettes. Il nous faut donc en passer par quelques numéros d’équilibriste, glissades « gérées » (précision qui a son importance…) et traversées de quelques ponts de neige où il convient de se faire léger-léger…

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Le retour au parking du chalet d’accueil, bien qu’un peu long, nous semble, par contraste, une promenade de santé… La neige des arbres, en fondant, s’égoutte sur nos têtes, mais il en reste suffisamment tout autour de nous pour nourrir nos rêves de randos à venir.

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Le point final de cette très belle rando est mis aux Tilleuls, où nos GPS semblent nous ramener invariablement : seraient-ils coincés sur les coordonnées de la place de Lantosque ?

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Un remerciement appuyé à nos encadrants qui nous ont offert là une journée inoubliable et inédite, et un bravo bien sincère aux copains qui, tout en pensant faire partie du G2, se sont retrouvés à l’insu de leur plein gré, incorporés au G1, pour la plus grande satisfaction de tous ! C’est beau, un groupe !

P1370401« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

Week-end raquette à Palenfre (Italie) des 25 et 26 février 2017

 

Samedi : Mont Pianard (2306 mètres) 935 mètres de dénivelée, 8,5 km de distance. 

 

Depuis décembre 2013, nous ne sommes pas revenus traîner nos guêtres dans les vallons de Palenfre. Il était plus que temps que nos encadrants remettent cette destination à l’ordre du jour. La neige piémontaise commençait à nous manquer « grave »…

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À Gabriel, Denis, Annie , Patrick et Tony revient tout le mérite de ce week-end réussi : c’est un gros boulot que de préparer les courses et gérer l’intendance, avec les dizaines de mails, coups de fil et SMS que cela va inévitablement générer… On ne saluera jamais assez l’engagement de tous nos copains bénévoles, sans eux rien ne tournerait rond. Qui sait même si la neige tomberait ?

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Au col de Tende, c’est la douche froide : brouillard, grésil et rafales de vent. En ruminant des pensées aussi sombres et lourdes que le ciel, nous chargeons les sacs sur le dos. Le mont Pianard est invisible mais on sait où le trouver : c’est tout droit, là-haut dans les nuages.

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 Nous zigzaguons entre les arbustes, en rive droite du vallon. Hum… brouillard au-dessus de nos têtes, neige croûtée sous nos raquettes… Mais « la pluie du matin n’arrête pas le pèlerin » !

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Au bout d’une petite heure de marche, la radio des encadrants grésille : la voix de Tony, notre serre-file assermenté, annonce qu’il redescend jusqu’à la gare de Limone avec une des participantes qui vient de se casser une dent, et la fracture semble mauvaise. La pratique de la raquette peut être mise hors de cause, mais pas les dattes, pourtant réputées inoffensives… Cette malchance nous attriste : la gentillesse et le sourire de notre copine vont nous manquer. Mais pas ses petits gâteaux, dont elle nous laissera une pleine boîte, quelle douce attention…

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En maudissant les fruits secs en général et les dattes en particulier, nous poursuivons notre montée vers le sommet du Pianard, dans une purée de pois de plus en plus épaisse. La pente, interminable, semble s’accentuer, puis elle s’aplanit jusqu’à nous faire buter sur la grande croix occitane du sommet dont n’émergent que quelques dizaines de centimètres. Les ombres entrevues se précisent : ce sont les premiers arrivés du groupe, aux mèches blanches de givre.

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Une fois la troupe regroupée autour de ses chefs, nous battons en retraite sans même sacrifier au rite de la photo-souvenir. Oubliée la Rocca d’Orel, mais nous retenterons notre chance une quatrième fois s’il le faut, pour voir à quoi ressemble le monde vu de là-haut, car c’est forcément plus beau (le montagnard est comme ça, incorrigible…).

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La redescente vers la vallée est menée tambour battant, presque d’une seule traite, dans une neige compliquée : elle accroche, mais pas suffisamment ; elle glisse, mais pas assez. Au diable les raquettes et tous les sports d’hiver ! Filons sur le gîte l’Arbergh, sa douche chaude, son chocolat (denso ou pas), et l’accueil de Silvana et Giancarlo, si conforme à la tradition d’hospitalité italienne.

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Tiens ! Voilà le soleil, le ciel bleu, la bonne blague ! et la Rocca d’Orel qui nous nargue.En attendant l’heure du dîner, Annie nous passe une vidéo pédagogique sur les avalanches, risques, témoignages (glaçants), secours, démonstrations de recherche de victimes. La conclusion : le temps est un facteur-clé, les chances de survie diminuent dramatiquement vite, et il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer. Gabriel en profite pour nous rappeler quelques principes de base.

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La suite de la soirée sera beaucoup, beaucoup plus optimiste ! Le repas nous met en joie (une des tablées, surtout, qui se fera remarquer par sa gaieté, puissante en décibels…). On se régale à gogo d’antipasti, de charcuteries, de fromages de la vallée, de quiche, de gnocchi. Trois sortes de pains « maison », dont une focaccia à tomber à la renverse. Quand le dessert arrive, on n’en peut déjà plus, mais il est si tentant, comme tout ce qui est couleur chocolat…

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Sur le coup de 10 heures, le patron lâche ses casseroles, allume la boule à facettes et se transforme en disco-DJ comme sur un coup de baguette magique ! ça alors… Ceux que nous connaissions depuis toujours comme de placides raquettistes se muent soudain en Dancing Queens ou en Princes du Dance floor, so glamour !… Cours de rock (en comptant ou sans compter, car il y a deux écoles), déhanchements sur le YMCA des Village People, reprise des refrains à tue-tête : oubliés, le Pianard et son triste brouillard !

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11 heures sonnent, au lit les joyeux fêtards… parce que, demain, ce sont d’autres « frissons » qui nous attendent. Nous projetons d’aller mettre en pratique nos connaissances toutes fraîches sur la nivologie et les avalanches du côté des laghi del Frisson et de la cime Ghiglielma.

 

Dimanche : cime Ghiglielma (2242 mètres) : 950 mètres de dénivelée , 12km de distance :

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Le soleil, les p’tits oiseaux et une neige scintillante nous accueillent, dès la traversée de la belle forêt de hêtres. Le vallon qui monte vers le Monte del Frisson présente une succession de petits verrous dans des pentes potentiellement avalancheuses : une vraie course d’application «neige et avalanches ». Nous passons un par un, vigilants et concentrés, un œil sur la neige et l’autre sur les copains.

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Des coulées récentes confirment la nécessité pour les encadrants de bien penser l’itinéraire.

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Puis le vallon s’ouvre sur la réserve naturelle de Palanfre et ses grand espaces.  Quelques passages clefs abordés avec sécurité  au dessus du petit lago Vilazzo.

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Encore un effort et nous abordons sur les rives du lac inferiore del Frisson, dans les eaux duquel doivent se refléter, l’été, de bien belles perspectives. Mais là, immobile sous les neiges de février, on ne le repère qu’à la grande étendue plate sous laquelle il hiberne. Nous le contournons en prenant « large ».

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Même si la course s’arrêtait là, nous estimerions que nos efforts sont récompensés. Mais, encore invisible au-dessus de nos têtes, il y a la cime Ghiglielma… Encore une pente très raide. Pendant que Denis sonde la neige, Jaja pausse. (prudence !)

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P1370321Le Passo della Mena franchi nous abordons dans une petite combe suspendue entre ciel et lacs, dans une ambiance assez irréelle. Et puis, juste là, LE sommet ! Il a la taille idéale pour la photo de groupe !

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Gabriel nous fait faire le tour des 4 horizons, nous pointant au passage le Monte Colombo, un autre magnifique souvenir. La vue porte très loin : Monte Rosa, Cervin, Viso. Et d’autres crêtes, d’autres sommets, d’autres lacs, d’autres champs de neige, d’autres plaisirs. Il faudra revenir…

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Prudence à la montée, prudence à la descente. Tout au long du trajet retour, même si nous avons parfois opté pour quelques petits raccourcis pleine pente, nous gardons en tête que ce week-end est placé sous le signe d’une conscience accrue du risque avalanche. L’éclairage de l’après-midi met particulièrement en valeur le paysage, et nos photographes s’en donnent à cœur joie.

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Un léger malentendu donnera à certains (petits malins !) l’occasion de boire deux fois le pot de fin de journée… mais le délicieux gâteau d’Annie, farine de châtaigne et crème de marron, sera partagé à Vernante, lors du pot « officiel »… A bientôt Palanfre

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Il nous faut bien ça pour nous armer de patience : au col de Tende, dans la Roya, au péage de Vintimille, ce sera embouteillage sur embouteillage. Mais nous avons fait le plein à ras bord de calme, de beauté et d’oxygène. De quoi patienter jusqu’à la prochaine fois… à nous de ne pas dilapider trop vite ce précieux capital santé-sérénité-gaieté.  Merci à nos encadrants : quel formidable week-end… Bravo à tous les participants qui désormais méritent le label « disco-raquettistes »…

Amitiés à notre amie blessée, on attend de tes nouvelles !