Week-end raquette à Palenfre (Italie) des 25 et 26 février 2017

 

Samedi : Mont Pianard (2306 mètres) 935 mètres de dénivelée, 8,5 km de distance. 

 

Depuis décembre 2013, nous ne sommes pas revenus traîner nos guêtres dans les vallons de Palenfre. Il était plus que temps que nos encadrants remettent cette destination à l’ordre du jour. La neige piémontaise commençait à nous manquer « grave »…

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À Gabriel, Denis, Annie , Patrick et Tony revient tout le mérite de ce week-end réussi : c’est un gros boulot que de préparer les courses et gérer l’intendance, avec les dizaines de mails, coups de fil et SMS que cela va inévitablement générer… On ne saluera jamais assez l’engagement de tous nos copains bénévoles, sans eux rien ne tournerait rond. Qui sait même si la neige tomberait ?

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Au col de Tende, c’est la douche froide : brouillard, grésil et rafales de vent. En ruminant des pensées aussi sombres et lourdes que le ciel, nous chargeons les sacs sur le dos. Le mont Pianard est invisible mais on sait où le trouver : c’est tout droit, là-haut dans les nuages.

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 Nous zigzaguons entre les arbustes, en rive droite du vallon. Hum… brouillard au-dessus de nos têtes, neige croûtée sous nos raquettes… Mais « la pluie du matin n’arrête pas le pèlerin » !

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Au bout d’une petite heure de marche, la radio des encadrants grésille : la voix de Tony, notre serre-file assermenté, annonce qu’il redescend jusqu’à la gare de Limone avec une des participantes qui vient de se casser une dent, et la fracture semble mauvaise. La pratique de la raquette peut être mise hors de cause, mais pas les dattes, pourtant réputées inoffensives… Cette malchance nous attriste : la gentillesse et le sourire de notre copine vont nous manquer. Mais pas ses petits gâteaux, dont elle nous laissera une pleine boîte, quelle douce attention…

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En maudissant les fruits secs en général et les dattes en particulier, nous poursuivons notre montée vers le sommet du Pianard, dans une purée de pois de plus en plus épaisse. La pente, interminable, semble s’accentuer, puis elle s’aplanit jusqu’à nous faire buter sur la grande croix occitane du sommet dont n’émergent que quelques dizaines de centimètres. Les ombres entrevues se précisent : ce sont les premiers arrivés du groupe, aux mèches blanches de givre.

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Une fois la troupe regroupée autour de ses chefs, nous battons en retraite sans même sacrifier au rite de la photo-souvenir. Oubliée la Rocca d’Orel, mais nous retenterons notre chance une quatrième fois s’il le faut, pour voir à quoi ressemble le monde vu de là-haut, car c’est forcément plus beau (le montagnard est comme ça, incorrigible…).

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La redescente vers la vallée est menée tambour battant, presque d’une seule traite, dans une neige compliquée : elle accroche, mais pas suffisamment ; elle glisse, mais pas assez. Au diable les raquettes et tous les sports d’hiver ! Filons sur le gîte l’Arbergh, sa douche chaude, son chocolat (denso ou pas), et l’accueil de Silvana et Giancarlo, si conforme à la tradition d’hospitalité italienne.

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Tiens ! Voilà le soleil, le ciel bleu, la bonne blague ! et la Rocca d’Orel qui nous nargue.En attendant l’heure du dîner, Annie nous passe une vidéo pédagogique sur les avalanches, risques, témoignages (glaçants), secours, démonstrations de recherche de victimes. La conclusion : le temps est un facteur-clé, les chances de survie diminuent dramatiquement vite, et il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer. Gabriel en profite pour nous rappeler quelques principes de base.

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La suite de la soirée sera beaucoup, beaucoup plus optimiste ! Le repas nous met en joie (une des tablées, surtout, qui se fera remarquer par sa gaieté, puissante en décibels…). On se régale à gogo d’antipasti, de charcuteries, de fromages de la vallée, de quiche, de gnocchi. Trois sortes de pains « maison », dont une focaccia à tomber à la renverse. Quand le dessert arrive, on n’en peut déjà plus, mais il est si tentant, comme tout ce qui est couleur chocolat…

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Sur le coup de 10 heures, le patron lâche ses casseroles, allume la boule à facettes et se transforme en disco-DJ comme sur un coup de baguette magique ! ça alors… Ceux que nous connaissions depuis toujours comme de placides raquettistes se muent soudain en Dancing Queens ou en Princes du Dance floor, so glamour !… Cours de rock (en comptant ou sans compter, car il y a deux écoles), déhanchements sur le YMCA des Village People, reprise des refrains à tue-tête : oubliés, le Pianard et son triste brouillard !

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11 heures sonnent, au lit les joyeux fêtards… parce que, demain, ce sont d’autres « frissons » qui nous attendent. Nous projetons d’aller mettre en pratique nos connaissances toutes fraîches sur la nivologie et les avalanches du côté des laghi del Frisson et de la cime Ghiglielma.

 

Dimanche : cime Ghiglielma (2242 mètres) : 950 mètres de dénivelée , 12km de distance :

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Le soleil, les p’tits oiseaux et une neige scintillante nous accueillent, dès la traversée de la belle forêt de hêtres. Le vallon qui monte vers le Monte del Frisson présente une succession de petits verrous dans des pentes potentiellement avalancheuses : une vraie course d’application «neige et avalanches ». Nous passons un par un, vigilants et concentrés, un œil sur la neige et l’autre sur les copains.

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Des coulées récentes confirment la nécessité pour les encadrants de bien penser l’itinéraire.

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Puis le vallon s’ouvre sur la réserve naturelle de Palanfre et ses grand espaces.  Quelques passages clefs abordés avec sécurité  au dessus du petit lago Vilazzo.

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Encore un effort et nous abordons sur les rives du lac inferiore del Frisson, dans les eaux duquel doivent se refléter, l’été, de bien belles perspectives. Mais là, immobile sous les neiges de février, on ne le repère qu’à la grande étendue plate sous laquelle il hiberne. Nous le contournons en prenant « large ».

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Même si la course s’arrêtait là, nous estimerions que nos efforts sont récompensés. Mais, encore invisible au-dessus de nos têtes, il y a la cime Ghiglielma… Encore une pente très raide. Pendant que Denis sonde la neige, Jaja pausse. (prudence !)

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P1370321Le Passo della Mena franchi nous abordons dans une petite combe suspendue entre ciel et lacs, dans une ambiance assez irréelle. Et puis, juste là, LE sommet ! Il a la taille idéale pour la photo de groupe !

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Gabriel nous fait faire le tour des 4 horizons, nous pointant au passage le Monte Colombo, un autre magnifique souvenir. La vue porte très loin : Monte Rosa, Cervin, Viso. Et d’autres crêtes, d’autres sommets, d’autres lacs, d’autres champs de neige, d’autres plaisirs. Il faudra revenir…

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Prudence à la montée, prudence à la descente. Tout au long du trajet retour, même si nous avons parfois opté pour quelques petits raccourcis pleine pente, nous gardons en tête que ce week-end est placé sous le signe d’une conscience accrue du risque avalanche. L’éclairage de l’après-midi met particulièrement en valeur le paysage, et nos photographes s’en donnent à cœur joie.

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Un léger malentendu donnera à certains (petits malins !) l’occasion de boire deux fois le pot de fin de journée… mais le délicieux gâteau d’Annie, farine de châtaigne et crème de marron, sera partagé à Vernante, lors du pot « officiel »… A bientôt Palanfre

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Il nous faut bien ça pour nous armer de patience : au col de Tende, dans la Roya, au péage de Vintimille, ce sera embouteillage sur embouteillage. Mais nous avons fait le plein à ras bord de calme, de beauté et d’oxygène. De quoi patienter jusqu’à la prochaine fois… à nous de ne pas dilapider trop vite ce précieux capital santé-sérénité-gaieté.  Merci à nos encadrants : quel formidable week-end… Bravo à tous les participants qui désormais méritent le label « disco-raquettistes »…

Amitiés à notre amie blessée, on attend de tes nouvelles !

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