Dimanche 23 avril 2013 : aux confins des Alpes-Maritimes, le Camp des Fourches (2240 mètres)

G 1 : tête de l’Enchastraye (2954 mètres). 15.5 km, dénivelée = 1100 mètres

G 2 : col de Pouriac (2506 mètres). 11 km, dénivelée = 700 mètres

 

Deux étymologies sont proposées pour le nom « Enchastraye » :

  • « Enclos où l’on enferme les brebis dans les hauts pâturages ».
  • « Endroit où il fallait chausser les « chastres », c’est-à-dire les raquettes ».Grande nouvelle : le Service des Routes vient d’ouvrir celle de la Bonnette au-delà du Camp des Fourches ! Retenons donc la deuxième proposition, emmenons avec nous nos « chastres » prendre l’air dans le vallon du Salso Moreno, et emboîtons le pas au quatuor Annie-Patrick-Michel (G1) et Tony (G2).

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  • Nous laissons les voitures au niveau du Camp des Fourches, ancien casernement militaire, dont la chronique raconte qu’il aidait à vivre les hameaux de Bousiéyas et du Pra en faisant tourner (essentiellement) ses bars… L’air de la montagne donnait donc déjà soif ?Vite ! Un coup d’œil impatient depuis le col des Fourches, à cinq minutes des voitures, pour voir à quoi ressemble ce vallon indécelable depuis la route. Pas de surprise, ni bonne ni mauvaise. C’est comme toujours : d’abord du vert avec un peu de blanc, puis des proportions qui s’inversent : du blanc avec un peu de vert. Puis du blanc, du blanc, du blanc !

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  • Pour entrer dans le vif du sujet, nous commençons par descendre prudemment le gros névé (ah, celui-là…), qui s’installe sous le col des mois durant, peut-être pour tenter de repousser le plus longtemps possible les invasions humaines. Est-ce pour sanctuariser l’ambiance mystérieuse et magique de ce vallon, et la réserver aux seuls mouflons, marmottes et chamois ? Attention, ça glisse, autant sur l’herbe mouillée que dans les traces de neige dure.

Vallon de Salso Moreno

  • Mais une fois passé cette délicate mise en jambes, il ne nous reste plus qu’à descendre jusqu’au fond du Vallon du Salso Moreno par le GR5, qui se confond ici avec le tracé tout frais de la Grande Traversée du Mercantour.

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  • Les raquettes peuvent être chaussées peu après la séparation entre le GR5, qui part vers le Pas de la Cavale et l’Ubaye, et la GTM qui file vers le col de Pouriac et la vallée italienne de la Stura. Quelle agréable façon de réviser notre géographie…Les hautes barres de marne noire sous lesquelles nous progressons sont toujours aussi austères et impressionnantes. L’érosion y a sculpté des formes étranges : regardez l’étonnant Bonnet Carré et son Tourillon, les Roubines Nègres, Pelouse et Pelousette, les Trois Évêques !

Montée (énergique) vers le col de Pouriac

  •  Quelle agréable façon de réviser notre géologie…Et nous voilà déjà au col de Pouriac, frontière entre les neiges française et italienne. La suite de l’itinéraire tient ses promesses : enneigement parfait ! Un petit coup d’œil sur la crête qui part à droite vers le Pel Brun et le Mont Aiga (souvenirs…)

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  • et nous obliquons comme un seul homme à gauche, vers la grande combe Trois Évêques / Enchastraye.Tony et ses quatre groupies feront halte juste là, au niveau de l’embranchement avec la sente qui mène, l’été, au sommet des Trois Évêques. Pendant ce temps les douze du G1, dans les pas d’Annie qui mène le groupe, se rassemblent sous les dernières pentes pour chausser les crampons.

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  • La neige est bonne, portante, et suffisamment travaillée par les cycles gel-dégel pour que nous puissions profiter de belles marches sécurisantes. L’arrivée sur la crête est toujours un moment sympathique, puisqu’elle nous donne accès à un tout pan du paysage qui nous était masqué :

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  • le vallon du Lauzanier et le col de Larche, le Monte Viso qui se hausse derrière la tête de Moïse (vue ici sous un tout autre angle que la semaine dernière !), l’Oisans et ses Écrins, le Haut-Verdon et sa Grande Séolane, encore si blanche.

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  • Courage, encore quelques dizaines de mètres et nous voilà tous regroupés au sommet, après être passés auprès de la chapelle miniature qui abrite, comme souvent en Italie, une petite madone et un Livre d’or.

Le sommet n'est plus très loin

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  • Pendant que Jean y couche quelques phrases, nous déballons plus prosaïquement notre pique-nique.Quatre cents mètres en-dessous de nous, nous voyons le G2 déjà en train de repartir vers le col de Pouriac. Il est temps, pour nous aussi, de songer au retour. Et, qui sait, peut-être aurons-nous la chance de retrouver le téléphone que vient d’égarer une des copines du G2 ? Ah, s’il avait été orange fluo au lieu de blanc, ce téléphone, peut-être l’aurions-nous repéré…

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  • Descente prudente, concentrée : les pentes sont raides et la neige a déjà changé. Une des participantes va d’ailleurs expérimenter une longue glissade en terrain très pentu, que Michel évalue à 80 mètres, glissade fort heureusement enrayée, puis stoppée, grâce à la bonne utilisation du piolet et au flash d’un souvenir de formation : « vite, se mettre sur le ventre ». Le bien-fondé de ces formations est-il encore à démontrer ? La glisseuse, escortée par Michel, revient sous l’aile protectrice du groupe qui a tout de même eu peur pour elle…  Une facétie à ne pas rééditer trop souvent, même un piolet à la main, même en étant formé aux techniques neige, même avec un ange gardien vigilant à ses côtés, bien au fait des techniques de garde du corps…

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Groupe au sommet

L’ambiance s’en ressent un peu : moins de rigolades dans les rangs… De toutes les façons, il vaut mieux garder son souffle pour des efforts « utiles » : la remontée au col des Fourches est en vue. Changement de braquet, une bonne respiration, une gorgée d’eau, trois cacahuètes, et on y va !Encore une belle journée à mettre à l’actif du groupe raquette alpine et de ses encadrants.

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  • Tony et presque tout son G2 sont déjà repartis lorsque le reste du groupe arrive aux voitures : Monsieur a la responsabilité de poser tout son monde à l’heure devant les bureaux de vote (on lui chercherait en vain des défauts, à ce Tony…). Et nous aussi, cap sur la vallée, ses candidats, ses sondages, ses isoloirs : aux urnes, citoyens ! Et tant pis pour le pot de  fin de journée. En attendant fébrilement 20 heures, élisons à l’unanimité l’Enchastraye dans le peloton de tête des sorties de la saison 

 

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