Pâques 2018 Chasse aux œufs (à la neige) dans le Queyras

 

Annie, Patrick et Denis : G1                      Eric et Tony : G2

 

Samedi 31 mars : sommet Bucher (2254 mètres) au départ de Molines-en-Queyras

 Départ de Saint-Martin-du-Var sous une pluie battante, ultime vestige d’un orage mémorable. Le Queyras, « pays où le coq picore les étoiles », est réputé pour être le département français métropolitain qui bénéficie du plus grand nombre de jours d’ensoleillement par an : 300 ! Aucune hésitation : fuyons les intempéries des Alpes-Maritimes et la neige qui tombe au col de Toutes-Aures pour le soleil des Hautes-Alpes !

 IMG_9516

Annie planche dur sur ce week-end depuis des semaines, rien n’échappe à sa vigilance et tout ce qui est susceptible d’être anticipé l’a été. Que de temps et d’énergie sont ainsi épargnés grâce à ses capacités d’organisation. Merci et bravo de la part de tout le monde, d’autant que la gestion d’un groupe de 37 pourrait vite devenir un épouvantable casse-tête… Mais non, tout roule !

 IMG_9524

Un regroupement sur la première aire d’autoroute après Sisteron permet de faire l’appel : personne ne manque. Certains sont partis la veille, d’autres ont choisi de passer par Seyne, d’autres enfin (honte à la copilote d’une certaine Picasso blanche, hou !) exploreront bien involontairement un itinéraire aussi pittoresque que tortueux du côté du barrage de Serre-Ponçon, en pleine bourrasque de neige.

 DSC06842

DSC06846

Mais tout le monde arrive en temps et heure sur le parking du gîte Les Arolles à Molines-en-Queyras : des noms à faire rêver le plus blasé des montagnards. Le gîte ne pouvant nous accueillir qu’à partir de 16 heures, nous avons donc le loisir de faire une première randonnée au Sommet Bucher, belvédère idéal pour une mise en jambe après le long trajet en voiture, et une mise en appétit avant le plat de résistance espéré pour le lendemain.

 20180404092925-2cf306ac

Nous retrouvons avec plaisir dans nos rangs quelques copains dont cheville ou coronaires ont été remises à neuf. Il est vrai que, pour compenser ces réparations, une épaule et quelques genoux nous donnent des inquiétudes…

 P1120106

20180404231031-40addd47

La quantité de neige ne cesse de nous arracher des oh ! et des ah ! Espérons que ce n’est pas un poisson d’avril qui fondra dans la nuit… Une neige parfaite, velours et paillettes, sans le moindre traître de caillou embusqué.

P1120093

P1120094

Le sommet Bucher est gravi vite et bien : un beau point de vue en effet. Des deux tables d’orientation faites d’après les relevés de Monsieur Helbronner, l’une affleure à peine, l’autre est entièrement engloutie : Jean s’évertue à la faire apparaître, juste pour confirmer que ce sommet, là, c’est bien la Font Sancte : bravo !

 DSC06856

P1120119

Redescente via le Col des Prés de Fromage et la chapelle Saint-Simon, à grandes enjambées dans la poudreuse. On a beau connaître cette sensation exquise, on ne s’en lasse pas : le bonheur peut aussi se nicher dans les jambes, dans les pieds, et même dans les raquettes, pourtant réputées « objets inanimés »…

 DSC06879

 

IMG_9558Tout requinqués par ce grand bol d’air labélisé Parc Naturel Régional du Queyras, nous faisons connaissance avec le gîte et ses propriétaires, Monique et Romain. En chambre, ou en petit dortoir avec salle de bain et toilettes, chacun trouve tranquillement sa place, grâce à la feuille de route préparée par Annie.

 20180404093006-e4301129

Le goûter et l’apéritif s’enchaînent sans transition : une salle de détente avec canapés, poêle et confortables fauteuils nous accueille le temps de l’apéritif, que beaucoup mettent à profit pour goûter le vin de mélèze du patron. Puis le dîner prend en douceur la suite de l’apéro : on attaque avec une soupe bien chaude, tout-à-fait ce qu’il nous faut !

 IMG_9526

Les chambres et dortoirs ont des noms de fleurs, ce qui nous change des Marmottes, Chamois, Bouquetins et autres Dahus. Dans la chambre Ancolie, rien n’engendre la mél-ancolie : Michel est de retour parmi nous, avec sa gaieté qui nous est si chère.

 gite-etape-queyras-hautes-alpes-2

Ce soir, on donne une représentation du sketch « Michel dort en gîte ». Où l’on voit Michel qui apprend à faire son lit ; où l’on voit ensuite Michel qui cherche en vain son T-shirt bleu (le doux), peste après son T-shirt vert, et se rabat en désespoir de cause sur le T-shirt blanc ; où l’on voit Michel démonter le dortoir pour retrouver cette maudite frontale pour finalement la retrouver, ah c’est ballot, bien accrochée (par lui-même) au sac-à-dos. Allez trouver le sommeil, après avoir trop ri…

 

Dimanche 1er avril : pic de Château-Renard (2989 mètres) au départ de Saint-Véran

 

            Dans la nuit, les cloches de Pâques ont fait leur travail et ont livré, sous les bols de notre petit déjeuner, des petits œufs en chocolat… Nous leur préférons, dans l’immédiat, les yaourts « maison », le pain fait sur place, les bonnes confitures, les céréales et les morceaux de fruits frais pour commencer notre journée de raquettistes.

 DSC06889

           

P1120177

Quel beau matin de Pâques : un ciel parfaitement bleu ; les plus hauts sommets qui s’éclairent déjà sous le soleil levant ; un pivert qui doit être tout ébouriffé à force de pilonner son mélèze. Un parfum de printemps souffle sur le Queyras. Aujourd’hui, nous laisserons les voitures à Saint-Véran, à quelques kilomètres de Molines.

 DSC06903

DSC06894

 Nous nous séparons en deux groupes : Annie, Patrick et Denis emmènent le G1 à bon rythme. Eric et Tony encadrent le G2. Les GPS sont réglés sur le pic de Château-Renard, à qui il manque trois fois rien pour mériter le qualificatif honorifique de « 3000 »… Les crampons sont dans le sac, et ils n’en sortiront pas. La neige est tout juste parfaite.

P1120228

P1120208

Ce sommet, très prisé des skieurs (via le téléski du Grand Serre ou pas…) autant que des raquettistes, surplombe Saint-Véran. Mais le direct azimut est à proscrire : de longues traversées prudentes nous permettent de prendre de l’altitude sans jouer avec le feu dans ces interminables pentes.

 

Pic de Château Renard

20180404230903-d2b867c4

Les rochers de la Chaîne Vive une fois contournés, nous arrivons en vue du Pic de Château-Renard où nous ne verrons ni château ni renard, mais les installations d’un observatoire, un temps pressenti pour accueillir un grand télescope, puis dédié à l’étude de la couronne solaire.

pano20

Pic de Chateau Renard et Pic de Rochebrune

La pollution lumineuse étant quasiment inexistante, on se prend à rêver à des levers ou couchers de soleil vus de là-haut… d’autant que l’association Astro-Queyras, qui gère les installations, propose des séjours astronomiques pour clubs ou équipes, avec nuitées sur place… Qui veut bien nous organiser ça, une soirée astro-raquette ?

 DSC06927

 Quelques dizaines de mètres de dénivelée séparent l’observatoire du sommet, c’est dire si le coup de collier final sera bref ! Certains y remonteront même une ou deux fois, juste pour le plaisir de le gravir avec Untel ou Unetelle… Le casse-croûte attendra ! Vue du plateau de l’observatoire, la corniche qui ourle le pic est vraiment impressionnante : nos photographes cliquent vers les quatre horizons, avec la certitude de faire de très beaux clichés :

Rocca Bianca, ColBlanchet, Toillies

DSC06935

le Viso, le Grand Queyras et le Pain de Sucre sont tout proches, derrière le col Agnel ; au-dessus du refuge de la Blanche culmine la tête des Toillies ; et à nos pieds, le village de Saint-Véran, rendu silencieux par la distance. Et le tout sous un manteau de neige parfaitement uniforme.

 DSC06961

 DSC06953

Une halte pique-nique s’organise sur le trajet retour, calculé de façon à nous faire faire la traditionnelle « boucle », un rituel que nous affectionnons particulièrement. Une pente bien raide aura raison d’une paire de bâtons…

 IMG_8611

  DSC00071

Le groupe s’attarde à  Saint-Véran, qui s’enorgueillit du titre de « plus haute commune d’Europe », avec ses 2040 mètres officiels, et d’un classement parmi les plus beaux villages de France. Ça mérite une visite !  Le village possède un patrimoine architectural, artisanal, scientifique et culturel d’une grande richesse. Il semble bien préservé, les hordes touristiques sont stoppées à l’entrée du village, et n’y accèdent qu’à pied ou en navette.

DSC06813

DSC06816

On se croirait au cœur d’un album de cartes postales « Queyras nostalgique », avec ses fontaines en bois, ses cadrans solaires, ses balustrades en bois sculpté, et ses maisons qui servent à la fois d’habitation, d’écurie et d’étable et de lieu de stockage des récoltes … Mais l’on y boit aussi de la bonne bière !

 IMG_8617

DSC00076

« La fai bun basti de la peyra de sun luo ».

« Il fait bon bâtir avec les pierres de son pays ».

 P1120271

            Retour au gîte, sa douche bien chaude, son coin du feu, et le petit vin bio de l’apéro qui soutient le moral d’Annie et Tony, très occupés à faire les comptes : encaisser, rendre les chèques d’arrhes, et empiler pièces et billets… Pour cet aspect-là du rôle de l’encadrant, encore et toujours, merci et respect ! Ce soir, c’est Jean qui prend le relai de Michel dans la chambre Ancolie… Où donc est passé tel T-shirt ? Et les lunettes ? D’abord, trouver la paire de chaussettes qui leur sert d’étui… Ils sont drôles, nos raquette-men !

 

            Lundi 2 avril : col de Bramousse (2251 mètres) au départ du Pont de Bramousse sur le Guil.

 

Déjà le dernier jour… Pour notre rando au col de Bramousse, il nous faut déjà faire un petit bout du chemin du retour …

 20180405074820-ff9a9d5a

DSC06987

Tandis que le G1 attaque pleine pente en direction des hameaux d’altitude qui se trouvent sur le trajet de la GTA (Le Pontet, Bramousse), le G2 opte pour une montée plus régulière par la piste. Nous rencontrons aujourd’hui un autre aspect du Queyras, la montagne traditionnelle, celle où bêtes et gens vivaient sous le même toit.

20180405074915-e01de026

On imagine les veillées qui réunissaient les familles des hameaux, les femmes travaillant sur leur tambour à dentelle, les hommes fabriquant des outils en bois tout en racontant des légendes aux enfants… Mais pas d’idéalisme passéiste : la vie était si rude…

 DSC06993

P1120435

Pour nous, heureux touristes du XXIème siècle, l’ascension vers le col de Bramousse est placé sous le signe exclusif du sport-plaisir. La vue, du col, se porte sur Ceillac et sur les montagnes environnantes. Annie a repéré, sur sa carte, une butte « point de vue » qui nous permettrait un tour d’horizon complet.

DSC06988

DSC06992

 

Mais il y en aurait encore pour presque une heure de marche, et nous devons revenir à la maison, ce soir… Le pique-nique est donc voté à l’unanimité, et il se termine par une distribution d’œufs de Pâques que l’ami Gillou a monté dans son sac à dos.

 P1120445

20180405075043-1eb229fb

Ultime descente dans la belle neige du Queyras. Certains toits portent encore plus d’un mètre de neige. Patrick, en bon architecte, calcule le poids que cela doit représenter : affolant. Ils savaient construire, nos anciens.

P1020680

 DSC07004

DSC07006

Les deux groupes se font les bises d’adieu sur le parking, avant de remonter en voiture. Que de compliments pour Annie, et comme ils sont mérités ! Pas question d’oublier le reste de l’équipe, Patrick, Denis, Eric et Tony qui ont contribué, chacun avec sa spécificité et ses compétences particulières, à la réussite de ce week-end.

DSC06997

Et merci aussi à tous les copines-copains qui ont amené, qui du bon vin bio, qui son sourire, qui ses cannelés, qui des petits chocolats, qui ses blagues, qui ses conseils, qui son appareil photo, qui sa connaissance des montagnes ou sa capacité à interpréter des traces d’ailes dans la neige… Une belle synergie !

 20180405075100-d18a60f0

Le commentaires sont fermés.