Bourrasques fantasques en Gordolasque !

G1 : lac Niré, 2353 mètres (dénivelée = 850 mètres ; distance =13km

G2 : refuge de Nice, 2232 mètres (dénivelée = 600 mètres ; distance =10km

 

 

À la queue leu leu, nous remontons le cours de la jeune Gordolasque. D’autres raquettistes nous ont précédés. Mais pour eux, pas de sommets en vue : dans leur sac à dos, pas de crampons mais des hameçons. Ce sont des pêcheurs ! Nous les laissons à leur paisible installation , poursuivons en direction du Mur des Italiens et passons à coté de la cabane de  » Belle et Sébastien » feuilleton  T.V  de notre enfance.

 DSC08290

DSC08286

DSC08287

Nous ne sommes « que » 21, aujourd’hui : la météo très moyenne en aura refroidi plus d’un(e). Mais Gabriel, Denis, Eric et Tony sont avec nous pour nous guider en Haute-Gordolasque, sur un circuit où nous avons déjà encaissé un but le 3 avril 2016 : le tour de la tête du lac Autier, via le refuge de Nice et les lacs Niré et Autier. Déjà, c’est la météo qui nous avait renvoyés, penauds, humides et l’oreille basse, dans nos foyers…

DSC08292

Encore beaucoup, beaucoup de neige, mais elle est déjà bien humide, dès le matin, et elle ne porte guère. Les trois randonneurs « piétons » que nous croisons un peu plus haut poinçonnent la trace de trous très profonds. Nos raquettes nous permettent au moins de survoler ce problème.

 

 DSC08285

DSC08297

De grosses avalanches ont déjà coulé un peu partout, et certaines ont raboté les pentes jusqu’au sol, noires dans le grand blanc environnant. Certaines « boules de neige » semblent inclure des rochers, ou des arbres dont, seules, dépassent quelques branches : on imagine leur force irrésistible, lorsqu’elles dégringolent…

 DSC08300

IMG_8676

Un peu de soleil nous accueille au Mur des Italiens. Quelques rayons timides, mais surtout de grosses bourrasques, bien affirmées, elles. En bénissant les uns et en maudissant les autres, nous poursuivons notre marche vers le refuge de Nice, perché sur son promontoire. Le lac est entièrement recouvert de neige mais, ça et là, quelques zones verdâtres, louches et suspectes, nous incitent à contourner l’eau en prenant bien large…

 IMG_8672

IMG_8671

Refuge d’été et refuge d’hiver sont engloutis sous la neige ! Une sorte de tunnel-galerie donne accès à la porte d’entrée (fermée) du bâtiment principal, et pour y accéder, il faut « descendre », par rapport au niveau de la neige qui nous porte. Impressionnant !

 DSC08307

Le temps et le lieu n’étant pas très propices à la méditation, le G1 (11 personnes) décide de poursuivre vers le lac Niré, sans attendre l’arrivée des 10 copains du G2, qui montent à un rythme un peu moins rapide et qui s’y arrêteront pour casser la croûte, mettant le point final à leur rando du jour, bien à l’abri dans le refuge d’hiver.

 IMG_8669

IMG_8677

Au lac Niré, tout est figé sous la neige. Seuls, hélas, les nuages défilent à toute allure dans le ciel blanc. Mais pourquoi ne pas continuer encore un peu, jusqu’à apercevoir le passage vers le lac Autier, le Sésame ouvre-toi de ce si beau circuit, histoire de se faire du mal ? Justement, voilà la fameuse baisse, à moins d’une heure, et son accès est déjà tout tracé ! Tous agglutinés sous la tête du lac Autier qui nous regarde de très haut, nous interrogeons tour à tour le ciel, les pentes, la montre, le cœur, la raison… Tempête dans le ciel, tempêtes dans les têtes… On devine, dans le crâne de Gabriel et de Denis, le grincement des balances qui pèsent le pour, le contre, le peut-être, le pourquoi pas…

 DSC08315

DSC08321

C’est la voix de la sagesse qui finit par l’emporter, et tous les participants valident ce choix raisonnable : les bourrasques nous déstabilisent déjà, alors que nous sommes encore sur le plat, qu’en sera-t-il lorsque nous serons en équilibre dans des pentes raides ? Denis fait demi-tour le dernier, après un ultime regard lourd de déception vers la baisse, qui comme souvent les baisses, se trouve « en haut » et pas « en bas »…

 DSC08322

 

DSC08325Retour au refuge, où le G2 vient de nous chauffer la place. Quel beau petit refuge, et comme on s’y sent en sécurité, alors que le vent et la tempête prennent possession de la montagne. Gabriel, plein d’enthousiasme, déniche un cubi de blanc et un verre, et entreprend de faire circuler le breuvage, mais sans grand succès. Denis aura plus de chance en partageant son Earl Grey brûlant.

 

DSC08327

Sur le chemin du retour, Eric et Tony coordonnent un exercice de recherche de DVA pour leur groupe. Ils ont raison : rien ne remplace la pratique. Et même en pratiquant, on ne sera jamais certain d’avoir les bons réflexes si, par malheur, il fallait intervenir en situation réelle, lorsque le stress et l’urgence compliquent les choses de manière dramatique.

 

DSC08328

Retour de la troupe encapuchonnée, au pas de charge, vers les voitures, en file indienne ou en troupeau, selon la configuration du terrain… Les copains du G2 sont déjà en train de se déchausser et l’ami Tony essaie de trouver du réseau car, dans le groupe, il est responsable-en-chef du coup de fil aux Tilleuls qui conditionne l’apothéose finale…

 DSC08329

Il sort de sa manche un sublime gâteau carottes-noix-épices, nous contant avec force détails la fabrication de cette merveille, tout modeste devant nos félicitations. Mais nous ne croyons pas une minute à ses fanfaronnades. Il n’est pas l’auteur de ce chef-d’œuvre : c’est devant Christine qu’il faut s’incliner !

Le commentaires sont fermés.