Dimanche 15 avril 2018 : Un Raton. Et 28 sangliers !

Cime du Raton (2066 mètres) depuis Les Launes (1498 mètres).

 

Un risque 4, ça donne toujours à réfléchir. Et ça calme tout net nos envies de Millefonts… Des scores d’anthologie sont annoncés à la suite des dernières chutes de neige d’avril : 1 mètre de neige serait tombé sur Isola ! Gabriel, Eric, Michel et Tony décident d’emmener leur bande de raquettistes gourmands de neige fraîche sur une des crêtes Cians/Var, peu exposée au risque avalanche, mais nous permettant de ne pas relâcher notre entraînement, dans la perspective du prochain week-end à Estenc qui s’annonce sportif…

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Le parking des Eguilles, déserté depuis la fermeture de la station de Valberg, est tout libre pour nos voitures et notre grand déballage dominical de sacs, chaussures, raquettes, victuailles, bâtons, pelles, sondes et autres DVA. Au top départ, comme par magie tout est sur les dos, aux pieds ou dans les coffres, un rituel bien rodé. Direction le contrôle DVA, assuré par Michel, déjà en forme et en verve.

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Départ en une seule colonne par la piste du bois de Tailler. Gabriel ne s’attendait sans doute pas à devoir tracer comme en plein hiver dans 30 centimètres de neige… On suit sa trace présidentielle jusque dans ses moindres zigzags, tout le monde tenant à profiter de la belle tranchée qui s’élabore au fur et à mesure de l’avancée du groupe.

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Haaaalte ! Pour nous tirer de notre marche automatique, tous les 250 mètres environ, des ateliers de type accrobranche sont organisés ! Le poids de la neige lourde, conjugué aux fortes rafales de vent des derniers jours, a déraciné ou cassé de nombreux épicéas et sapins, encore tout chargés de leurs pignes odorantes.  L’allure du groupe s’en ressent : il faut passer à quatre pattes, en bons sangliers que nous sommes, ou jouer aux écureuils, de branche en branche. Quant aux bâtons, certains les utilisent à la manière des funambules, pour garder l’équilibre ; ou à la manière des majorettes, pour faire de jolis moulinets. Nous franchissons les obstacles, avec plus ou moins de panache et d’élégance dans le lever de jambe, mais avec efficacité.

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DSC07100Fleurant bon la résine fraîche, mais las d’enjamber, de contourner, de ramper « sous » ou de grimper « sur », Gabriel abandonne la piste et ses obstacles pour viser l’Adrech de Forche. Mais voilà que s’annonce un autre type d’épreuve : tracer en pleine pente, dans la forêt ou dans les buis, dans une neige de plus en plus épaisse et lourde. Les bonnes volontés ne manquent pas, dames et messieurs se relaient en tête, sous les hourrah.

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Mica prend part à ce labeur collectif et réussit non seulement à nous faire une trace efficace, mais également à prendre de l’avance, tout en exhortant le groupe à tout donner. Maintenant ! Courage ! Quelle énergie !

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Et voilà enfin la crête, avec la vue panoramique qui justifie comme toujours tant d’efforts : le télésiège de Barzès arrive juste là. En le suivant, on peut refaire à rebours la si belle rando en crête que Denis nous avait offerte il y a quelques semaines entre cime du Pra et tête de la Colombière. Le Pelat, au loin, nous fait de l’œil, d’un blanc insolent. Plus près de nous, dôme de Barrot, Mounier et Cluots rejouent l’hiver en plein printemps.

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Faux espoir à la cime du Faux Raton ! C’est le « vrai » Raton qu’il nous faut apprivoiser pour valider la course… Encore un effort. La tête de Rigaud apparait enfin : nous sommes arrivés !

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DSC07142Nous poursuivons nos pérégrinations par la crête du Bois Noir, qui domine les impressionnantes barres de l’Illion. C’est toujours une surprise de constater les différences incroyables qui peuvent exister entre les différents versants d’une montagne : prairies à vaches d’un côté, couloirs et falaises verticales de l’autre.

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20180416093345-afe536b2Pique-nique dans les sous-bois… mais ne levons pas trop la tête de peur d’attraper le tournis… Le vent souffle comme un fou, là-haut, et les mélèzes, si souples, se balancent dans tous les sens. Le BERA est élevé, aujourd’hui : Bulletin d’Estimation des Risques « Arbres »…

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DSC08382Maintenant, rejoindre la piste : droit dans la forêt, et droit dans la pente ! La neige se fait lourde, elle est humide en profondeur mais nous n’avons que celle-là à nous mettre sous la raquette… Voilà l’occasion de travailler le planter du bâton… Après une mémorable descente à trous multiples, félicités ou raillés par le chant d’un Pic noir (merci Philippe pour l’identification de cet oiseau), nous retrouvons enfin ! la piste presque plate, son confort, et… ses arbres en travers : et c’est reparti pour un deuxième parcours d’accrobranche.

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Rando au dénivelée modeste, certes, et pas de passages techniques : et pourtant, nous nous écroulons au bistrot de pays de Beuil dans un grand Ouf ! collectif. Cette longue descente dans une neige difficile a eu raison de notre restant d’énergie. Heureusement, de bonnes choses circulent sur les tables pour nous requinquer, merci aux pâtissières ! Et Gabriel, en prononçant les mots magiques « week-end à Estenc », nous guérit instantanément de notre fatigue, et rallume des petites étincelles dans nos yeux.

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