Dimanche 22 avril 2018 : Les chenilles processionnaires des Millefonts

G1 : traversée cime des Lauses (2651 mètres) – la Costasse – tête de la Tranche: 14 km pour 1000m environ

G2 : tête des Margès (2550 mètres) 13 km pour 900 m environ

 

C’est la saison qui veut ça… À la queue leu leu, comme le font les chenilles processionnaires, G1 et G2 quittent le cocon douillet des voitures pour le paradis blanc des Millefonts.

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Mais, contrairement aux chenilles processionnaires qui désertent leur nid pour aller s’enterrer dans le sol sous la conduite exclusive d’une femelle, ce sont de vigoureux mâles qui prennent la direction de notre cohorte à raquettes : Gabriel et Vincent pour le G1, Eric et Tony pour le G2 (mais tous les autres mâles du groupe sont eux aussi vigoureux, faut-il le préciser ?).

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Un bon kilomètre de marche à pied sur la route nous permet de préparer les muscles et le mental aux efforts de la journée. Nous chaussons, avec une intense satisfaction, vers 1850 mètres, au niveau de la balise 81 du Plan de la Gourra, avant de poursuivre en direction du parking en coupant allègrement les lacets interminables de la piste. Premier regroupement, et séparation en deux groupes qui vont se suivre à quelque distance, pour se retrouver à nouveau au col de Veillos, en bonnes chenilles processionnaires à deux pattes.

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C’est toujours une bouffée de bonheur, quand on découvre cette immense combe des Millefonts (les mille « sources ») dans son habit d’hiver. Et là, bien que nous soyons au milieu du printemps, c’est bien un paysage d’hiver que nous avons sous les yeux : du blanc, et du bleu. Et juste quelques barres rocheuses qui interdisent certains accès, histoire de canaliser notre route vers des terrains sans danger.

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Pétoumier et Pépoiri nous toisent, mais nous n’avons d’yeux que pour leurs vis-à-vis : Margès, Lauses, Costasse, nos Graal du jour.

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Le G2 d’Eric et Tony, un bon petit groupe de 9, oblique vers la tête des Margès et progresse avec un espacement parfait, à rendre jaloux notre pauvre Gabriel : le G2 serait-il plus discipliné, plus enclin à respecter les consignes que le G1 ? Leur montée régulière, dans les pas d’Eric, les amène sans problème à avaler pentes et combes, jusqu’à sortir sur la crête qui court du col Ferrière au col du Barn, et qui sépare le Valdeblore du secteur de Mollières.

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Une crête comme on les aime, avec de belles corniches sculptées par le vent et un panorama devant lequel on resterait à rêver des heures durant, si la faim ne venait pas titiller les estomacs : et si on cassait une petite croûte dans cette salle à manger trois étoiles, la tête des Margès ? Unanimité sur ce choix.

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Le G1 fait une pause-regroupement au col Ferrière (quelle trace, quel rythme, Vincent, félicitations !). La corniche est impressionnante, et elle s’est même fracturée par endroits en se donnant de grands airs de rimaye… Prudence, ne surtout pas trop s’approcher pour tenter d’apercevoir les toits de Mollières…

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Gabriel est circonspect : il reste juste 160 mètres pour atteindre la cime des Lauses, mais la pente est raide, et il n’est pas question d’entraîner le groupe dans un mauvais plan. Il part en éclaireur pour tester la neige. Il est évident qu’il n’y en a pas une épaisseur trop importante. Ses raquettes font de confortables marches. Ça ne glisse pas. Feu vert ! Le top 10 du groupe lui emboîte virilement le pas, pour conforter la trace et préparer le terrain aux suivant(e)s. Et voilà comment se grimpe la cime des Lauses, aisément, calmement, prudemment, raquettes aux pieds !

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Groupe, Pépoiri, Pétoumier

Quatre personnes, sans doute moyennement tentées par l’aventure, ont préféré rester au col, et surveillent la montée des copains. Du sommet, il faut maintenant les prévenir que le groupe ne repassera pas par le col Ferrière, et qu’on se rejoindra directement au lac Petit. On tente de les joindre par téléphone, mais en vain. Finalement, c’est à l’ancienne, en soufflant dans nos sifflets et en beuglant tous ensemble, que nous réussissons à attirer leur attention et à leur exposer notre plan.

 

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Direction à présent vers la Costasse, en suivant la ligne de crête superbe qui nous mènerait jusqu’au Mont Giraud, si on ne nous retenait pas ! Les corniches sont impressionnantes. Impressionnantes aussi, ces traces de chamois dans des pentes à faire pâlir d’envie les amateurs de ski de couloir… Ah, la supériorité incontestable des sabots sur les raquettes, même les plus techniques…

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Personne n’a envie de redescendre, le moment est magique. Continuons donc encore un peu, jusqu’à la tête de la Tranche. Gabriel, qui comme toujours a bien anticipé, a remarqué une belle croupe qui descend du sommet vers le lac Petit, moins pentue que le reste du terrain environnant, sans barres rocheuses dangereuses, et en partie déneigée : tout à fait ce qu’il nous faut pour boucler la boucle en toute sécurité.

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Dans un timing parfait, G2 et G1 convergent vers le lac « Petit », pourtant le plus « grand » des lacs des Millefonts. Pique-nique pour le G1, tandis que le reste de la troupe prend le chemin du retour. La trace d’Eric est tentante : tout le monde la suit, dans une petite variante permettant de rejoindre le col de Veillos avec un petit bonus-dénivelée, et évitant de surcroît une longue traversée en dévers, pas très indiquée les après-midi de grand soleil…DSC08446

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Autour des voitures, dans l’herbe, grouillent des paquets de chenilles processionnaires. Dans les pins environnants, des dizaines de cocons, certains déjà éventrés… Attention à ne pas y toucher, et prudence en posant les sacs par terre… Mais la délicieuse petite brise qui souffle transporte déjà les poils urticants de ces bestioles, et nos bras se couvrent de boutons qui démangent… Attention aux yeux ! On frémit en pensant à ceux ou celles qui sont allés faire un petit pipi dans les bois, les inconscients…

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La bière fraîche ayant la réputation non-usurpée de calmer les démangeaisons causées par les chenilles processionnaires, direction Les Tilleuls ! Pour accompagner ce puissant rituel de guérison, Michèle a préparé deux délicieuses pissaladières, et elle réussit même le tour de force mathématique de les partager en 29 ! Bravo à elle. Elle a encore le sourire qu’elle avait, là-haut, en arrivant sur la cime des Lauses…

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Une rando inoubliable. Merci à nos encadrants, qui dénichent toujours pour nous « the place to be ». La vie est belle ! Et il y a encore plein de neige pour enchanter nos dimanches à venir !

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