Archive pour mai 2018

Dimanche 20 mai 2018 : point d’orgue de la saison en Haute-Gordolasque !

G1 : tour de la Malédie (1500 mètres de dénivelée, 18 kilomètres)

G2 : lac Niré (800 mètres, 12 kilomètres)

 

 

Météo France nous conseillerait plutôt de rester au coin du feu avec le chat sur les genoux… Nous consultons de façon compulsive les prévisions pour ce dimanche, qui sera le dernier pour notre section raquette. Averses orageuses, petites chutes de neige, orages, ô rage, sont annoncés. Sortirons-nous ? Et si oui, pour aller où ? Le suspens entretenu autour de la robe de Meghan, à côté, c’est purement anecdotique…

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Nos encadrants ont sorti du chapeau le petit papier « tour de la Malédie » pour le G1. 1ère édition de ce tour pour la section raquette : le 1er avril 2012. Quant au G2, qui partira une heure plus tard, il avisera sur place en fonction de la neige et de la météo. Direction pour tout le monde : le pont du Countet. Annie, Gabriel, Denis et Vincent encadreront le G1 (16 personnes en tout). Tony, à lui tout seul, s’occupera du G2, composé de quatre dames qui lui sont d’une fidélité à toute épreuve.

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Le printemps a pris ses quartiers au pont du Countet : tous les dégradés de vert sont juxtaposés dans les arbres et dans les prairies. Pourtant, nous le savons, la neige nous attend à l’ancienne frontière, au mur des Italiens.

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Les copines du G2 aimeraient bien monter au lac Long, pour en redescendre en même temps que le G1, et des négociations sont lancées… Mais Tony, seul maître à bord, et conscient de ses responsabilités vis-à-vis de sa petite troupe, opte pour une destination moins pentue, donc moins « à risque » : le lac Niré.

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Marie-Françoise et Michèle participent à la trace. Le pique-nique se fait sur les rives du lac, mais le temps qui se dégrade contrindique la sieste digestive. À la mi-journée, un contact radio entre Gabriel et Tony permet de rassurer tout le monde sur le sort de tout le monde, et le G2 reprend le chemin du retour.

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Pour le G1, que le sac est lourd, ce matin : raquettes, piolet, crampons, baudrier, mousquetons, casque, corde pour les plus musclés… nous voilà transformés en mulets. Aussi, dès les premiers champs de neige, certains s’empressent de tomber le sac pour chausser les raquettes : ça sera autant de moins à porter. L’enneigement nous surprend et nous émerveille, en cette (presque) fin du mois de mai.

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La neige, de plus, porte bien : quelle bonne idée de s’être levé une heure plus tôt ! Nous voilà bien réveillés, dans le grand air frais qui descend du Clapier, avançant d’un bon pas vers le lac de la Fous et le refuge de Nice. Le lever à 4 heures, ronchon, grognon et cie, était justifié !

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Au niveau du refuge, les pentes qui montent vers le pas de Pagari se redressent et nous obligent à passer en mode « crampons ». Sans oublier, bien sûr, d’enfiler le baudrier « avant » les crampons. Sinon, c’est plus compliqué !

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Deux Vincent, deux Frédéric-que, deux Gabriel-le :  on voit double, aujourd’hui ! Gabriel explique qu’il faudrait être « sortis » à midi (sous-entendu : « sorti » des difficultés), histoire de nous mettre un peu de pression, juste la dose qu’il faut pour qu’on ne relâche pas l’effort.

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Pendant cette mise au point nécessaire, Denis aborde courtoisement Vincent M. pour lui proposer, comme une faveur, la première place dans la file et la responsabilité de la trace, le tout emballé de tant de rubans et de papier cadeau que l’intéressé ne peut vraiment pas se défiler : tant mieux pour nous, car Vincent nous réussit une trace régulière et efficace pour remonter le vallon de Pagari,  bravo !

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Mais pour atteindre le pas de Pagari, d’autres bonnes volontés devront se relayer en tête en alternance avec Denis… La pente est de plus en plus raide, et nous traversons d’anciennes coulées, de vrais champs de boules de neige dans lesquels on s’épuise rapidement. C’est là qu’on apprécie d’avoir quelques grands et solides gaillards dans le groupe, merci à eux… Prudence dans la dernière traversée, exposée, au-dessus de barres rocheuses, qui débouche, ouf ! enfin ! au pas de Pagari.

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Quel paysage… Enfin, quel paysage on aurait, sans tout ce brouillard… Nous y voilà : les prévisions météo nous ont finalement rattrapés, et pourtant on a marché vite… En attendant que Gabriel et la queue du peloton soient en vue, un conseil de guerre se tient, à cheval sur la frontière franco-italienne : qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? Au pire : redescendre. Au mieux : tenter l’ascension de la cime Pagari (grimace de Denis).

 

Malédie et Canale Muraion

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Mais au même moment, (signe du ciel ?) une déchirure se fait dans le brouillard, nous dévoilant l’intégralité du couloir Muraion, tandis que Jean, du fond de sa sagesse, invente un beau néologisme, un mix entre « tentant » et « jouable » qui résume la situation : « Mmmh… c’est tentable ! » Comme si nous n’attendions que ça, nous voilà tous à dévaler les pentes italiennes, en direction de la base du couloir, dans une neige excellente, en essayant de ne pas perdre trop d’altitude sous le Serre de Pagari.

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Les cordées se forment, par deux ou par trois. Denis contrôle les encordements. Jean et ses dames démarrent. Un peu plus haut, c’est la cordée d’Annie qui prend sa suite à la trace, puis celle de Vincent H. Le couloir est en très bonnes conditions, quelle chance ! Et un léger brouillard l’enveloppe, supprimant les sensations vertigineuses que l’on peut parfois éprouver sur des pentes très raides. Malheureusement, ce même brouillard nous vole la vue impressionnante sur la paroi de la Malédie, totalement invisible tout en étant proche à la toucher.

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Un chamois nous bombarde de mottes de terre qui roulent et rebondissent dans le couloir, tandis que retentit un lointain coup de tonnerre : ambiance… Et voilà que Vincent H. disparaît dans un trou au niveau d’une sorte de rimaye : c’est dire le travail de la neige, dans ce couloir, et l’importance du casque…

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La sortie des cordées sous la facette nord de la Malédie est un grand moment de bonheur, pour tous, même si elle se déroule dans un brouillard épais et le début d’une averse de neige. En bon ange gardien Jean attend, à la sortie du « canale  Muraion », l’arrivée de la dernière cordée

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Maintenant, fini les congratulations, car il faut redescendre du pas de la Malédie. Vincent H., dont l’optimisme est inoxydable, nous encourage « on voit le replat ! ». Cool ! Il ne reste donc plus qu’à l’atteindre ! Prudence extrême à la redescente, avec un encordement raccourci, afin d’enrayer une chute éventuelle.

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Mais la neige est parfaite, pas de rocher ni de glace dans ce second couloir de la journée, tout tient bon, les marches comme le moral, et nous nous regroupons un peu plus bas pour nous désencorder, casser la croûte et remettre les raquettes (mais auparavant : enlever le baudrier, car avec les raquettes aux pieds, c’est plus compliqué).

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Le lac Long, encore sous la neige et la glace, est cerclé d’un anneau d’un bleu-gris légèrement opalescent, quel beau cadeau de la Nature ! Nous poursuivons notre descente pour rejoindre les rives du lac de la Fous. Au fur et à mesure que nous perdons de l’altitude, la neige passe de très bonne à très moyenne… Un passage « pourri », en neige filante, nous contraindra à passer à pied, en louvoyant dans des zones où nous laisserons quelques beaux trous en signe de notre passage…

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Mais les difficultés sont terminées, et un brin de soleil refait son apparition : la chance était dans notre camp, aujourd’hui ! Même la descente du mur des Italiens (ah… ses cailloux mouillés, glissants à point) n’altèrera pas notre bonne humeur.

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Au parking, nous retrouvons le G2 et, tous ensemble nous prenons la direction de Lantosque et de ses Tilleuls, ce pôle magnétique qui aimante toutes nos boussoles. Le bar est fermé ? Qu’à cela ne tienne ! Il nous en faut plus pour nous empêcher de vider des cannettes et de manger des gâteaux ! Merci Marie-Françoise, merci Joëlle ! Vos gâteaux-cadeaux valent largement le royal entremet « citron et fleur de sureau » de la fête de Windsor ! Et voilà que la boulangère du village, à son tour, nous offre gentiment une grosse pissaladière !

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La saison se clôt sur une sortie magnifique, une de celles qui donnent ses lettres de noblesse à la raquette alpine. Michel, Patrick, Eric, votre présence nous a manqué, aujourd’hui, nous aurions tellement aimé partager cette journée avec vous. Vivement la saison prochaine pour qu’on se retrouve tous. Merci, amis encadrants, pour ces six mois passés avec vous, à mettre avec application nos raquettes dans la trace des vôtres, vous allez pouvoir souffler un peu… On se connaît depuis si longtemps… Amitié, confiance et respect font la force de notre petit groupe. Il a encore de belles saisons devant lui !

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« La montagne nous offre le décor.

À nous d’inventer l’histoire qui va avec ».

Nicolas Helmbacher, guide de haute montagne

Week-end à Estenc pour le groupe raquettes

Samedi 5 mai 2018 : Tête du Colombier (point coté 2758 mètres)           13,7km pour 1000m

Dimanche 6 mai 2018 : Tête de la Boulière (2708 mètres)

15,2 km pour 1000m 

Samedi :

 

Comme les saumons sauvages, nous nous devons de remonter à la source une fois par an : à la source du Var, à Estenc ! La météo n’est guère engageante, mais il en faut davantage pour démotiver le groupe, surtout quand Annie, Gabriel, Denis, Michel et Tony sont aux manettes, avec leur enthousiasme communicatif…

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La route est certes un peu longue, pour accéder à cette si belle Haute-Vallée du Var, mais quelle récompense : peu de monde, de grands vallons bien enneigés et un calme absolu, garanti par le fait que la route du col de la Cayolle n’est pas encore ouverte à la circulation. Bien qu’intégralement déneigée côté 06, il reste encore 1 kilomètre ½ à ouvrir sur le versant 04. Les hordes de motards ne troublent pas encore la parfaite quiétude du lieu, pour le plus grand bonheur des premières marmottes, du renard de la Canto, des chevreuils, et des 22 CAFistes que nous sommes.

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L’aspect du ciel nous incite à l’humilité… Direction pour tout le monde vers le col de Sanguinière. Et puis on verra bien. Les voitures sont garées à la barrière fatidique du pont sur le ruisseau du Garret, et nous rejoignons rapidement, sur bitume, la balise 286 qui marque pour nous l’entrée dans le vif du sujet : on chausse !

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Les Cabanes pastorales de Sanguinière se dressent en sentinelle au milieu de leur grand pré, carrefour de tant de beaux vallons, qui débouchent sur tant de beaux cols, qui donnent accès à tant de beaux sommets… Notre choix du jour est fait : c’est le ravin du Colombier que nous allons remonter, après avoir longé le ruisseau de Sanguinière qui chante, de toute sa voix d’eau, l’histoire du printemps qui est là, et de la neige qui commence à fondre…

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Attention aux trous ! La neige ne porte guère. Annie, qui trace, en fait les frais. Que d’énergie, pour s’extraire de ces pièges…

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Sous un ciel de moins en moins encourageant, nous arrivons au col. La tête de Sanguinière, maîtresse des lieux, s’est depuis longtemps retirée dans les nuages… Après regroupement, nous poursuivons malgré tout, avec un bon espacement, dans le petit vallon orienté sud-est, qui monte rejoindre la crête venant du col de la Braïssa. Un dernier effort (crampons ? non, on continue à raquette !) nous hisse sur un ressaut rocheux que signale un gros cairn.

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Denis et quelques aventuriers des causes perdues poursuivent leur marche pendant quelques minutes. Mais il n’y a plus rien à voir, à part le brouillard : demi-tour pour tout le monde, et prudence en redescendant cette pente bien raide en neige moyenne… Sur la carte, la tête de Sanguinière est si proche. Mais encore une fois, la raison l’emporte, et c’est très bien ainsi.

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20180508165016-fcd2915cEt puis, il est l’heure de manger, nous avons faim ! Les quelques rares rochers qui émergent de la neige sont pris d’assaut par notre troupe aux vestes et doudounes multicolores.

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Jean, le local de l’étape, propose d’improviser une petite boucle qui nous permettra de revenir à raquette aux voitures…  moyennant un peu de marche sur route et la traversée du tunnel routier. Bonne idée, nous retrouvons la neige !

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Comment imaginer le drame qui s’est déroulé, ici-même, le 2 mars dernier, faisant 4 victimes ? Les deux couloirs qui descendent de la tête de Crépine ressemblent à tous les couloirs, et le pré où sont morts ces skieurs ressemble à tous les prés : anodin, paisible, accueillant à notre halte et propice à notre petit moment de recueillement. Une leçon d’humilité sur le terrain, grandeur nature. C’est la seule leçon à tirer de ce drame. Surtout, ne pas se hâter de juger, critiquer, condamner…

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Mais la vie et la joie d’être en montagne reprennent vite leurs droits ! Nous rejoignons la « Canto » pour la soirée et la nuit. L’apéro, qui est en passe de devenir un rituel aussi réputé que la halte aux Tilleuls, est l’occasion, pour Denis, de nous faire une brillante démonstration à base de cordes et de nœuds. Le vin blanc du patron et les tartes salées de Joëlle faisant monter l’ambiance, les contorsions de Denis pour enfiler un baudrier deviennent vite irrésistibles, malgré sa taille mannequin et ses tentatives désespérés pour rester sérieux et professionnel…

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Le fou-rire nous a ouvert l’appétit ! Tant mieux, car de grands plats de lasagnes au saumon et petits légumes arrivent sur les tables… précédés d’inépuisables marmites de soupe, et suivis de salade, fromage, et d’un délicieux gâteau, noyé sous un Everest de chantilly… de quoi envisager des lendemains qui chantent !

 

Dimanche :

 

Lendemains qui chantent ? Peut-être, mais qui chantent sous la pluie… Michel tente d’impulser un mouvement de grève, très dans l’air du temps, et parle d’installer des piquets de grève devant les voitures… D’un œil morose, nous contemplons le ciel bas, la pluie qui tisse son rideau flou entre les nuages et la terre, et ce gros escargot, toutes cornes dehors, visiblement enchanté de l’humidité ambiante.

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Nous partons pour le vallon de l’Estrop, histoire de partir « vers » quelque part… « Langue de neige, ou cailloux ? » Poser la question en ces termes, c’est déjà y répondre, Denis ! Nous chaussons dès le bas du vallon, sur ladite langue de neige, tandis que Gilles, qui préfère définitivement les cailloux, opte pour le sentier d’été.

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Tony et quelques copines décident rapidement de faire demi-tour : la pluie et cette première montée un peu brutale ont effrité leur motivation, on les comprend…Et voilà, ironie du sort ! que, pour saluer leur décision, le soleil fait un come back durable ! Le reste du groupe, boosté par cette bonne aubaine, continue. La file s’étire, menée par Annie, Gabriel et Denis.

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Ce vallon nous émerveille par son calme, ses perspectives, proches ou lointaines, Pelat, Cimet… Le pas de l’Entonnoir est franchi sans difficulté, le col de Gialorgues et la baisse de la Boulière sont déjà en vue.

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Tandis que Michel bifurque en solo vers le col, nous gravissons, à notre rythme, les dernières pentes de la Tête de la Boulière tandis que se dévoile, furtivement, la cime de Pal, toute proche. Ce sera pour une autre fois ! La Boulière suffit grandement à notre bonheur du jour !

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Retour joyeux, exploration de l’autre rive du vallon, pique-nique en deux groupes rivalisant de provocations rigolardes…

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La bonne humeur est telle que nous ne freinerons pas à temps sur la fameuse « langue de neige » qui descend vers les Louiqs, et que nous devrons remonter la pente en tirant la langue pour retrouver notre sentier. Philippe le confesse : « Tant que j’ai vu de la neige, je suis descendu »… Philippe… Ses photos sont si belles… on lui pardonne tout !

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Merci à tous pour ce très beau dernier week-end de la saison et à très vite car malgré le printemps, la neige est encore là.

Dimanche 29 avril 2018 Sous la protection de la Madone (de Fenestre)

G1 et 2 : tête de la Lave (2375 mètres)

 

 

En ce jour d’happy birthday de Denis, il est évident qu’on fera tout pour lui être agréable ! Il propose d’emmener son monde sur les crêtes Férisson – Prals : on applaudit. Annie, Eric et Tony sont de la partie : un bon groupe de 20 personnes, presque pas découragées par les prévisions météo. Où sont passés les glorieux effectifs du début de saison ? à la plage ? Et pourtant, la neige est encore bien présente sur le Mercantour, et les routes d’altitude commencent à être ouvertes, libérant de nouveaux secteurs…

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Les voitures sont garées au niveau du pont à partir duquel la route de la Madone passe en rive gauche, à la cote 1513. Quelques paquets de neige semblent bloquer la suite du parcours. La suite se fera donc à pied, 2 kilomètres environ, avant de rejoindre le niveau de la vacherie du Devensé où, ô joie, les raquettes vont arrêter de se balader à nos frais sur les sacs à dos.

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Après quelques errements entre vacherie, forêt et ruisseau, histoire peut-être de tester notre détermination à grimper là-haut-là-haut-sur-la-montagne, Denis trouve enfin LE bon gué sur LE bon torrent et, par là même, LE bon itinéraire vers la baisse de Férisson. En prenant de l’altitude, la forêt s’éclaircit, ses pièges sont plus faciles à déjouer, et la visibilité et la lisibilité de la suite du parcours arrivent comme une récompense ! Baisse de Férisson en vue ! Jacques relaie Annie et Denis pour faire la trace sur ce dernier tronçon pentu et le groupe, très étiré aujourd’hui, se reforme sur la crête.

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La vue est déjà sympa et on reconnaît, en particulier, l’intégralité de la si belle sortie dans le vallon Peillasque, la Valette de Prals et le Monjoia. À l’opposé, le sanctuaire de la Madone est bien visible : pour une fois, c’est d’en-bas que la Madone veille sur nous, elle qui, habituellement, semble avoir une prédilection pour les lieux élevés.

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Tandis que le G2 reprend ses forces, le G1 repart déjà en direction de la tête de Cinant, puis de celle de la Lave, par un joli parcours panoramique. Panoramique ou presque : les nuages ont déjà grignoté le paysage, en commençant par les sommets les plus hauts : plus de Gélas, on ne voit que son satellite le Saint-Robert… Puis la cime de la Valette de Prals, notre objectif enneigé du jour, disparaît à son tour, noyée dans un brouillard qui arrive au galop des quatre horizons… Quelques formes émergent lentement de la brume : des copains qui arrivent en soufflant…

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Conseil de guerre… Qui veut continuer ? Frédérique ! Qui veut faire demi-tour ? Tout les autres, ou presque ! Annie et Denis décident de s’en tenir strictement aux règles de la démocratie, un système qui a fait ses preuves : on redescend !

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La pente qui rejoint le plan de Prals est vraiment raide, peut-être à la limite de ce qu’on peut expérimenter à raquette ? Mais aujourd’hui, nous explorons joyeusement nos limites : sur les pieds ou sur les fesses, la descente est homologuée pour tout le monde ! Aïe ! Si Patrick détaille les photos prises dans ces pentes, il risque de pester en voyant que nous avons déjà tout oublié de ses leçons de « ramasse »… Comme quoi il faut qu’il revienne vite pour prêcher encore et toujours la bonne parole à ses brebis qui déjà s’égarent…

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Nous pensons en avoir fini avec les émotions, et savourons notre pique-nique avec insouciance… Jacques fait tourner le chocolat… Joëlle fait la bise à Jean pour le remercier de lui avoir fait de belles marches de descente : un tableau idyllique, au soleil. Oui, car entre temps, ce mauvais plaisant a fait un éclatant come back, et a entrepris de chauffer à blanc la neige de la combe. On remarque d’étranges juxtapositions entre neige parfaitement blanche et neige « de sable », et chacun y va de sa petite interprétation pour expliquer le phénomène : effet du vent, du ruissellement, du dégel, des coulées ?

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Redescente dans le vallon de Prals, méconnaissable, jamais vu ainsi à la même époque, sous tant de neige : les ponts sur le torrent tiennent bon. Il y a encore une telle épaisseur de neige, même humide, qu’on n’a pas le sentiment de marcher au-dessus de trous, rochers, racines et autres pièges filous. Heureuse insouciance…

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Balise 362 : la route est proche. Si proche. Trop proche ? Denis jette un coup d’œil à sa carte, qu’il porte en sautoir, puis à sa montre : il est tôt. Si tôt. Trop tôt ? Et si nous rejoignions la route à la balise 353 par la forêt et le tracé du sentier d’été ? Pas le temps de négocier : Jacques, son complice, est déjà parti en éclaireur et trace avec énergie dans des dévers encombrés de toutes sortes de végétaux…

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Comme c’est l’anniversaire de Denis, on a tous à cœur de lui faire plaisir : aussi, personne ne râle, et ceux qui glissent et vont s’empêtrer dans un arbre ou un buisson s’extraient des branches presque sans pester, ou alors à voix basse… Mais c’est à voix haute que tous, nous poussons un énorme OUF ! en rejoignant la route ! C’est vraiment drôle, tous ces OUF ! qui s’enchaînent, dits sur tous les tons : ils viennent du fond du cœur !

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Et voilà la pluie ! Une averse qui ne durera que jusqu’à ce que nous ayons enfilé vêtements de pluie et sur-sacs, on devrait le savoir : c’est la loi de Murphy appliquée à la montagne… À bonne allure, nous redescendons jusqu’aux voitures en constatant avec amertume que, finalement, la route était praticable, une fois passé le premier paquet de neige après le pont, qui d’ailleurs a déjà fondu…

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À présent, c’est Tony, efficace, qui prend en charge la suite des opérations. Évidement, son choix se porte sur notre QG vésubien de Lantosque, au-dessus duquel les emblématiques tilleuls sont en train de fabriquer les feuilles vertes qui, bientôt nous abriteront du soleil. Mais le bar est fermé, Tony ne peut pas tout savoir… Toutefois, comme nous nous sentons un peu chez nous (chut…) nous disposons tables et chaises de la terrasse autour de la quiche et de la tarte aux pommes de Joëlle et de la succulente pissaladière de Denis (hé ! n’oublie pas qu’on veut la recette de ta pâte). Toutes ces bonnes choses sont englouties en un clin d’œil, et tout ça sans boire ! Comme quoi l’impossible est possible !

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On se quitte sur les bises habituelles. Pour certains, c’est la fin de la saison, à bientôt les amis. Pour d’autres, rendez-vous est pris pour le samedi suivant, un peu plus tôt que d’habitude, mais ça, c’est une autre histoire à lire dans le prochain numéro…