Dimanche 29 avril 2018 Sous la protection de la Madone (de Fenestre)

G1 et 2 : tête de la Lave (2375 mètres)

 

 

En ce jour d’happy birthday de Denis, il est évident qu’on fera tout pour lui être agréable ! Il propose d’emmener son monde sur les crêtes Férisson – Prals : on applaudit. Annie, Eric et Tony sont de la partie : un bon groupe de 20 personnes, presque pas découragées par les prévisions météo. Où sont passés les glorieux effectifs du début de saison ? à la plage ? Et pourtant, la neige est encore bien présente sur le Mercantour, et les routes d’altitude commencent à être ouvertes, libérant de nouveaux secteurs…

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Les voitures sont garées au niveau du pont à partir duquel la route de la Madone passe en rive gauche, à la cote 1513. Quelques paquets de neige semblent bloquer la suite du parcours. La suite se fera donc à pied, 2 kilomètres environ, avant de rejoindre le niveau de la vacherie du Devensé où, ô joie, les raquettes vont arrêter de se balader à nos frais sur les sacs à dos.

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Après quelques errements entre vacherie, forêt et ruisseau, histoire peut-être de tester notre détermination à grimper là-haut-là-haut-sur-la-montagne, Denis trouve enfin LE bon gué sur LE bon torrent et, par là même, LE bon itinéraire vers la baisse de Férisson. En prenant de l’altitude, la forêt s’éclaircit, ses pièges sont plus faciles à déjouer, et la visibilité et la lisibilité de la suite du parcours arrivent comme une récompense ! Baisse de Férisson en vue ! Jacques relaie Annie et Denis pour faire la trace sur ce dernier tronçon pentu et le groupe, très étiré aujourd’hui, se reforme sur la crête.

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La vue est déjà sympa et on reconnaît, en particulier, l’intégralité de la si belle sortie dans le vallon Peillasque, la Valette de Prals et le Monjoia. À l’opposé, le sanctuaire de la Madone est bien visible : pour une fois, c’est d’en-bas que la Madone veille sur nous, elle qui, habituellement, semble avoir une prédilection pour les lieux élevés.

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Tandis que le G2 reprend ses forces, le G1 repart déjà en direction de la tête de Cinant, puis de celle de la Lave, par un joli parcours panoramique. Panoramique ou presque : les nuages ont déjà grignoté le paysage, en commençant par les sommets les plus hauts : plus de Gélas, on ne voit que son satellite le Saint-Robert… Puis la cime de la Valette de Prals, notre objectif enneigé du jour, disparaît à son tour, noyée dans un brouillard qui arrive au galop des quatre horizons… Quelques formes émergent lentement de la brume : des copains qui arrivent en soufflant…

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Conseil de guerre… Qui veut continuer ? Frédérique ! Qui veut faire demi-tour ? Tout les autres, ou presque ! Annie et Denis décident de s’en tenir strictement aux règles de la démocratie, un système qui a fait ses preuves : on redescend !

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La pente qui rejoint le plan de Prals est vraiment raide, peut-être à la limite de ce qu’on peut expérimenter à raquette ? Mais aujourd’hui, nous explorons joyeusement nos limites : sur les pieds ou sur les fesses, la descente est homologuée pour tout le monde ! Aïe ! Si Patrick détaille les photos prises dans ces pentes, il risque de pester en voyant que nous avons déjà tout oublié de ses leçons de « ramasse »… Comme quoi il faut qu’il revienne vite pour prêcher encore et toujours la bonne parole à ses brebis qui déjà s’égarent…

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Nous pensons en avoir fini avec les émotions, et savourons notre pique-nique avec insouciance… Jacques fait tourner le chocolat… Joëlle fait la bise à Jean pour le remercier de lui avoir fait de belles marches de descente : un tableau idyllique, au soleil. Oui, car entre temps, ce mauvais plaisant a fait un éclatant come back, et a entrepris de chauffer à blanc la neige de la combe. On remarque d’étranges juxtapositions entre neige parfaitement blanche et neige « de sable », et chacun y va de sa petite interprétation pour expliquer le phénomène : effet du vent, du ruissellement, du dégel, des coulées ?

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Redescente dans le vallon de Prals, méconnaissable, jamais vu ainsi à la même époque, sous tant de neige : les ponts sur le torrent tiennent bon. Il y a encore une telle épaisseur de neige, même humide, qu’on n’a pas le sentiment de marcher au-dessus de trous, rochers, racines et autres pièges filous. Heureuse insouciance…

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Balise 362 : la route est proche. Si proche. Trop proche ? Denis jette un coup d’œil à sa carte, qu’il porte en sautoir, puis à sa montre : il est tôt. Si tôt. Trop tôt ? Et si nous rejoignions la route à la balise 353 par la forêt et le tracé du sentier d’été ? Pas le temps de négocier : Jacques, son complice, est déjà parti en éclaireur et trace avec énergie dans des dévers encombrés de toutes sortes de végétaux…

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Comme c’est l’anniversaire de Denis, on a tous à cœur de lui faire plaisir : aussi, personne ne râle, et ceux qui glissent et vont s’empêtrer dans un arbre ou un buisson s’extraient des branches presque sans pester, ou alors à voix basse… Mais c’est à voix haute que tous, nous poussons un énorme OUF ! en rejoignant la route ! C’est vraiment drôle, tous ces OUF ! qui s’enchaînent, dits sur tous les tons : ils viennent du fond du cœur !

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Et voilà la pluie ! Une averse qui ne durera que jusqu’à ce que nous ayons enfilé vêtements de pluie et sur-sacs, on devrait le savoir : c’est la loi de Murphy appliquée à la montagne… À bonne allure, nous redescendons jusqu’aux voitures en constatant avec amertume que, finalement, la route était praticable, une fois passé le premier paquet de neige après le pont, qui d’ailleurs a déjà fondu…

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À présent, c’est Tony, efficace, qui prend en charge la suite des opérations. Évidement, son choix se porte sur notre QG vésubien de Lantosque, au-dessus duquel les emblématiques tilleuls sont en train de fabriquer les feuilles vertes qui, bientôt nous abriteront du soleil. Mais le bar est fermé, Tony ne peut pas tout savoir… Toutefois, comme nous nous sentons un peu chez nous (chut…) nous disposons tables et chaises de la terrasse autour de la quiche et de la tarte aux pommes de Joëlle et de la succulente pissaladière de Denis (hé ! n’oublie pas qu’on veut la recette de ta pâte). Toutes ces bonnes choses sont englouties en un clin d’œil, et tout ça sans boire ! Comme quoi l’impossible est possible !

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On se quitte sur les bises habituelles. Pour certains, c’est la fin de la saison, à bientôt les amis. Pour d’autres, rendez-vous est pris pour le samedi suivant, un peu plus tôt que d’habitude, mais ça, c’est une autre histoire à lire dans le prochain numéro…

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