Week-end à Estenc pour le groupe raquettes

Samedi 5 mai 2018 : Tête du Colombier (point coté 2758 mètres)           13,7km pour 1000m

Dimanche 6 mai 2018 : Tête de la Boulière (2708 mètres)

15,2 km pour 1000m 

Samedi :

 

Comme les saumons sauvages, nous nous devons de remonter à la source une fois par an : à la source du Var, à Estenc ! La météo n’est guère engageante, mais il en faut davantage pour démotiver le groupe, surtout quand Annie, Gabriel, Denis, Michel et Tony sont aux manettes, avec leur enthousiasme communicatif…

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La route est certes un peu longue, pour accéder à cette si belle Haute-Vallée du Var, mais quelle récompense : peu de monde, de grands vallons bien enneigés et un calme absolu, garanti par le fait que la route du col de la Cayolle n’est pas encore ouverte à la circulation. Bien qu’intégralement déneigée côté 06, il reste encore 1 kilomètre ½ à ouvrir sur le versant 04. Les hordes de motards ne troublent pas encore la parfaite quiétude du lieu, pour le plus grand bonheur des premières marmottes, du renard de la Canto, des chevreuils, et des 22 CAFistes que nous sommes.

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L’aspect du ciel nous incite à l’humilité… Direction pour tout le monde vers le col de Sanguinière. Et puis on verra bien. Les voitures sont garées à la barrière fatidique du pont sur le ruisseau du Garret, et nous rejoignons rapidement, sur bitume, la balise 286 qui marque pour nous l’entrée dans le vif du sujet : on chausse !

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Les Cabanes pastorales de Sanguinière se dressent en sentinelle au milieu de leur grand pré, carrefour de tant de beaux vallons, qui débouchent sur tant de beaux cols, qui donnent accès à tant de beaux sommets… Notre choix du jour est fait : c’est le ravin du Colombier que nous allons remonter, après avoir longé le ruisseau de Sanguinière qui chante, de toute sa voix d’eau, l’histoire du printemps qui est là, et de la neige qui commence à fondre…

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Attention aux trous ! La neige ne porte guère. Annie, qui trace, en fait les frais. Que d’énergie, pour s’extraire de ces pièges…

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Sous un ciel de moins en moins encourageant, nous arrivons au col. La tête de Sanguinière, maîtresse des lieux, s’est depuis longtemps retirée dans les nuages… Après regroupement, nous poursuivons malgré tout, avec un bon espacement, dans le petit vallon orienté sud-est, qui monte rejoindre la crête venant du col de la Braïssa. Un dernier effort (crampons ? non, on continue à raquette !) nous hisse sur un ressaut rocheux que signale un gros cairn.

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Denis et quelques aventuriers des causes perdues poursuivent leur marche pendant quelques minutes. Mais il n’y a plus rien à voir, à part le brouillard : demi-tour pour tout le monde, et prudence en redescendant cette pente bien raide en neige moyenne… Sur la carte, la tête de Sanguinière est si proche. Mais encore une fois, la raison l’emporte, et c’est très bien ainsi.

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20180508165016-fcd2915cEt puis, il est l’heure de manger, nous avons faim ! Les quelques rares rochers qui émergent de la neige sont pris d’assaut par notre troupe aux vestes et doudounes multicolores.

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Jean, le local de l’étape, propose d’improviser une petite boucle qui nous permettra de revenir à raquette aux voitures…  moyennant un peu de marche sur route et la traversée du tunnel routier. Bonne idée, nous retrouvons la neige !

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Comment imaginer le drame qui s’est déroulé, ici-même, le 2 mars dernier, faisant 4 victimes ? Les deux couloirs qui descendent de la tête de Crépine ressemblent à tous les couloirs, et le pré où sont morts ces skieurs ressemble à tous les prés : anodin, paisible, accueillant à notre halte et propice à notre petit moment de recueillement. Une leçon d’humilité sur le terrain, grandeur nature. C’est la seule leçon à tirer de ce drame. Surtout, ne pas se hâter de juger, critiquer, condamner…

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Mais la vie et la joie d’être en montagne reprennent vite leurs droits ! Nous rejoignons la « Canto » pour la soirée et la nuit. L’apéro, qui est en passe de devenir un rituel aussi réputé que la halte aux Tilleuls, est l’occasion, pour Denis, de nous faire une brillante démonstration à base de cordes et de nœuds. Le vin blanc du patron et les tartes salées de Joëlle faisant monter l’ambiance, les contorsions de Denis pour enfiler un baudrier deviennent vite irrésistibles, malgré sa taille mannequin et ses tentatives désespérés pour rester sérieux et professionnel…

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Le fou-rire nous a ouvert l’appétit ! Tant mieux, car de grands plats de lasagnes au saumon et petits légumes arrivent sur les tables… précédés d’inépuisables marmites de soupe, et suivis de salade, fromage, et d’un délicieux gâteau, noyé sous un Everest de chantilly… de quoi envisager des lendemains qui chantent !

 

Dimanche :

 

Lendemains qui chantent ? Peut-être, mais qui chantent sous la pluie… Michel tente d’impulser un mouvement de grève, très dans l’air du temps, et parle d’installer des piquets de grève devant les voitures… D’un œil morose, nous contemplons le ciel bas, la pluie qui tisse son rideau flou entre les nuages et la terre, et ce gros escargot, toutes cornes dehors, visiblement enchanté de l’humidité ambiante.

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Nous partons pour le vallon de l’Estrop, histoire de partir « vers » quelque part… « Langue de neige, ou cailloux ? » Poser la question en ces termes, c’est déjà y répondre, Denis ! Nous chaussons dès le bas du vallon, sur ladite langue de neige, tandis que Gilles, qui préfère définitivement les cailloux, opte pour le sentier d’été.

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Tony et quelques copines décident rapidement de faire demi-tour : la pluie et cette première montée un peu brutale ont effrité leur motivation, on les comprend…Et voilà, ironie du sort ! que, pour saluer leur décision, le soleil fait un come back durable ! Le reste du groupe, boosté par cette bonne aubaine, continue. La file s’étire, menée par Annie, Gabriel et Denis.

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Ce vallon nous émerveille par son calme, ses perspectives, proches ou lointaines, Pelat, Cimet… Le pas de l’Entonnoir est franchi sans difficulté, le col de Gialorgues et la baisse de la Boulière sont déjà en vue.

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Tandis que Michel bifurque en solo vers le col, nous gravissons, à notre rythme, les dernières pentes de la Tête de la Boulière tandis que se dévoile, furtivement, la cime de Pal, toute proche. Ce sera pour une autre fois ! La Boulière suffit grandement à notre bonheur du jour !

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Retour joyeux, exploration de l’autre rive du vallon, pique-nique en deux groupes rivalisant de provocations rigolardes…

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La bonne humeur est telle que nous ne freinerons pas à temps sur la fameuse « langue de neige » qui descend vers les Louiqs, et que nous devrons remonter la pente en tirant la langue pour retrouver notre sentier. Philippe le confesse : « Tant que j’ai vu de la neige, je suis descendu »… Philippe… Ses photos sont si belles… on lui pardonne tout !

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Merci à tous pour ce très beau dernier week-end de la saison et à très vite car malgré le printemps, la neige est encore là.

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