Dimanche 9 décembre 2018 : Pas contents sur les crêtes du Content…

Mont Aunos (2514 mètres)

Distance : 12 km   Dénivelée : 950 mètres

 

Eric et Gabriel, métamorphosés en Véronique et Davina (mais en moins fluo), nous proposent une séance d’échauffement-réchauffement sur le parking de Saint-Dalmas-le-Selvage, en attendant que le dernier véhicule arrive.

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Tout le monde est là ? Go ! Nous sommes aujourd’hui 28, dont les deux profs de gym-tonic cités plus haut, et Denis et Tony qui complètent l’encadrement. Nous savons que le vent nous attend là-haut, sur les crêtes du Content et au sommet de l’Aunos. Le vent…une vieille connaissance… Ce n’est pas la première fois que nous aurons à lutter contre ses rafales, alors… même pas peur ! Nous sanglons vestes et bonnets, tandis que Delphine ajuste sa cagoule avec précision, pour faire coïncider au mieux trou du tissu et trous du nez.

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Les mélèzes n’en ont pas fini avec leur mue. La neige est toute rousse d’aiguilles et de branchettes : adieu notre beau rêve blanc… Pour l’instant, le vent semble nous épargner. Mais… quel est donc ce bruit de ressac, dans les arbres ? Quant aux nuages, « vrais » nuages ou nuages de poudreuse, ils filent avec une vitesse qui n’augure rien de plaisant pour la suite des opérations.

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Après une brève halte-regroupement sur le plateau d’Anelle, nous poursuivons par la piste forestière pour rejoindre au mieux la crête du Content, en évitant l’ancienne piste de ski qui se transforme, au fil des saisons, en pépinière envahie de mini-épicéas.

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Pour l’instant, tout va bien. Sauf que la rumeur du vent se fait insistante… Mais nous aussi, nous insistons !

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La suite de l’aventure est au-delà des mots… Les quelques têtus qui vont finalement monter jusqu’au pied de l’Aunos, vers 2430 mètres, en redescendront complètement ahuris et un peu tourneboulés, avec des souvenirs décousus et des images en vrac dans la tête…

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Chaque rafale est si violente que c’est comme un mur de vent, large, solide et compact, qui appuie de toutes ses forces sur le groupe en direction des pentes raides qui tombent sur le vallon de Demandols. Pas d’alternative : à genoux, et vite. Mais, même à genoux, la prise au vent est trop forte : vite s’allonger, voire se prosterner devant Éole, face contre terre, en signe de soumission absolue…

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Impossible de lutter contre de tels coups de butoir. Philippe, en habitué des grands vents du Cap corse, n’est pas homme à parler à la légère : nous venons de tâter du 120 – 130 kms / heure.

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Gabriel envisage un instant de poursuivre l’ascension sur quelques centaines de mètres, juste histoire de faire coucou au cairn sommital, mais une ultime bourrasque nous flanque tous à terre, accrochés bec et ongles à la neige pour ne pas être emportés et roulés dans la pente : demi-tour, et très vite. Plus personne n’a envie de monter faire coucou au cairn, fût-il sommital.

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Prudence à la redescente, car le vent est complètement imprévisible. Toutefois, nous commençons à nous familiariser avec ses manières de rustre, et nous tentons de repérer à l’avance le hurlement et les nuages blancs de cristaux qui l’annoncent. Le paysage est noyé dans une lumière blanche délicatement argentée qui estompe tout, un soupçon de douceur dans cet environnement brutal.

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Le G1 rejoint le G2 au cours de la redescente, dans une neige tantôt couci, tantôt couça. La halte repas aux granges d’Anelle, au cours de laquelle nous reprenons enfin notre souffle, nous permet de retrouver un copain, redescendu avant le reste du groupe sous l’escorte d’Eric. Bravo mais quel beau baptême pour nos 3 nouveaux.

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Ébouriffés comme jamais, nous nous replions au Ben Manja de Saint-Etienne, que nous retrouvons avec plaisir. Les commentaires sur la journée vont bon train, certains affirment en avoir vu d’autres en train de décoller à l’horizontale, mais pas de preuve photographique à l’appui, donc prudence avec les témoignages, surtout ceux émanant des copains… Nous repartons bien lestés de gâteaux et de boissons chaudes ou fraîches : le vent ne pourra plus jouer avec nous comme avec des fétus de paille.

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