Archive pour janvier 2019

Dimanche 27 janvier 2019 : La cime Nègre était blanche…

Dénivelée : presque 1200 mètres                  Distance : presque 14 kilomètres

 

Sur l’air de « Nathalie », de Bécaud :

« La cime Nègre était blanche

La neige faisait un tapis

Et je suivais par ce froid dimanche

Le grand Deniiiiis… »

 

Le grand Denis, mais également Gabriel, Michel et Tony, enfin de retour parmi nous. À 33, nous saturons, d’un seul coup d’un seul, le parking de Roya et prenons plein ouest la piste tracée dans les marnes noires, un œil sur les rochers suspendus au-dessus de nos têtes, et l’autre sur les plaques de glace sous nos pieds.

 IMG_6883

P1080380

Balise 142 : changement de braquet. Nous abordons en deux groupes la remontée du vallon de l’Alpe, après avoir traversé le torrent, pénétré dans le Parc national et, surtout, chaussé les raquettes !

 DSC09567

DSC04023

Bel enneigement, régulier en quantité, avec comme toujours depuis le début de la saison, une alternance neige dure et neige poudreuse, afin que ce ne soit pas trop lassant de mettre une raquette devant l’autre… La file s’étire, et nous gardons involontairement un espacement qui n’est pas dicté, pour une fois, par des impératifs de sécurité. C’est juste qu’il est difficile de suivre le rythme des costauds qui sont à la trace. Mais, à l’arrivée au col de Crous, Jaja et Véro, dans le peloton de tête, sauvent définitivement l’honneur des dames !

 P1080390

IMG_6908

Un coup d’œil sur la suite de l’itinéraire nous laisse à penser que les choses sérieuses vont à présent commencer. La pente se redresse sans sommation, s’attaquant par surprise à nos souffles et à nos jambes. Nous suivons la crête qui nous mène vers la cime Nègre sur une bande, puis une bandelette de neige dure, de laquelle dépassent cailloux, rochers et autres pièges égratigneurs de raquettes. Mais, vu notre allure, on a largement le temps de les voir venir afin de ne pas se laisser surprendre…

 DSC04039

P1080407

Enfin, la cime Nègre est en vue, petite pyramide parfaite, mi-neige, mi-rocher, et le G1 troque les raquettes contre les crampons pour le dernier quart d’heure d’ascension. Quelques skieurs de rando la gravissent en même temps que nous. Prudence : il ne s’agit ni de glisser sur la neige, ni de faire partir des cailloux sur les suivants.

P1080416

 P1080429

cm2

Le sommet est bien exigu pour notre groupe, mais il fait frisquet, et il n’est pas désagréable de se serrer un peu les uns contre les autres. Le Mounier domine les lieux, d’un blanc immaculé. À l’opposé, on aperçoit le Pelat et les tours du lac d’Allos.

DSC04063

DSC09589

En contrebas, alors que nous abordons la descente en redoublant de prudence, nous voyons arriver le G2. Certains auraient bien envie de tenter à leur tour l’ascension du sommet, et il y aurait sans doute quelques volontaires pour y remonter avec eux. Mais les temps tournent, temps météo et temps chrono, lentement mais sûrement : redescente pour tout le monde, à crampons, en direction du vallon de Sallevieille.

DSC04062

cm1

Sous l’œil vigilant de notre bon berger Michel, le petit troupeau se met en route, tandis que Jean règle in extremis une paire de crampons rétive. DSC04065

DSC04064

En suivant Denis, nous contournons la base pentue de la cime Nègre, en une traversée à flanc dans une neige parfois sécurisante, parfois légèrement ouille-ouille-ouille… « N’hésitez pas à bien taper le pied gauche ! », conseille Gabriel à ceux qui entament la traversée. Oh oui, Gabriel, on va bien le taper, le pied, et plutôt deux fois qu’une…

 DSC09608

DSC04066

La fin de la descente, face à la pente, est presque plus confortable et moins impressionnante. D’autant qu’en bas nous attend, on le sait, la pause pique-nique promise depuis un moment par notre staff, manifestement jamais affamé… Dommage que la cime Nègre nous cache le soleil, on aurait bien besoin de ses maigres rayons en guise de caresses dans le dos.

DSC09610

DSC04077

Raquettes aux pieds, nous repartons rejoindre le torrent de Sallevieille et les balises rouges et blanches du GR5. Sans parler de la glace bleue, dont des nappes entières affleurent ici et là, telles des bonbons géants à la menthe claire. N’oublions pas que nous sommes dans un haut-lieu de la cascade de glace !

DSC04075

Mais quelle mouche des neiges vient de piquer le copain qui marche allègrement en tête ? Pourquoi diable cette brusque impulsion de traverser le torrent pour marcher dans les cailloux, alors qu’un beau tapis de neige descend jusqu’au niveau de la passerelle ? Effet « chamois de Panurge », sept ou huit personnes lui emboîtent le pas en rive droite. Michel, qui ferme la marche en rive gauche, et qui a une vue d’ensemble sur la situation, réclame à grands cris la démission du président, revendication très dans l’air du temps ! On rit tellement qu’on a du mal à repartir, mais les premiers flocons se chargent de nous pousser vers la sortie.

 DSC04088

Le passage du verrou de Sallevieille se fait sans aucune difficulté, à raquette, quelle agréable surprise ! Au passage, nous admirons des grimpeurs sur la célèbre cascade de glace.

 DSC09621

Malheureusement, l’enneigement du chemin se fait plus chiche, et nous voilà dans l’obligation de mettre les raquettes sur le sac pour terminer à pied. C’est là que commence, à ¾ d’heure des voitures, une autre épopée, jambes fatiguées sur neige gelée, ponctuée de quelques chutes, heureusement sans gravité, et de nombreux couinements, voire jurons montagnards… une belle boucle comme on les aime.trace cime nègre

 

Pour clore cette mémorable journée de façon originale, nous nous cassons le nez sur la porte close du bar d’Isola. Même Tony n’y pourra rien changer, c’est dire. Mais comme il en faut bien davantage pour que nous acceptions de bousculer nos habitudes gourmandes, c’est à ciel ouvert, en pleine place du village, que nous faisons circuler, dans une joyeuse pagaille, gâteaux et friandises !

Dimanche 20 janvier 2019 Mont Sainte-Marie (2740 mètres)

Dénivelée : 1200 mètres

Distance : 14 kilomètres

 

La journée est placée sous le signe de Sainte-Marie. Rendez-vous : le parking de l’hôpital Sainte-Marie. Destination : le mont Sainte-Marie. Pour faire bonne mesure, nous nous garons à proximité de l’auberge Marie-Madeleine de Castérino. Sous cette virginale protection, notre ascension devrait être copieusement bénie des dieux…

 DSC09491

20190122161813-e1b4a6c6

Mais tablons aussi sur la protection bien terrestre de nos encadrants : Gabriel, Vincent, Michel et Eric. Notre grand groupe de 30 personnes s’équipe sans perdre de temps, car par -7°, il ne fait pas bon rêvasser le nez en l’air. Nous accueillons avec plaisir Jean, un nouvel adhérent. Ça tombe bien : on avait déjà des doublons pour pas mal de prénoms, mais il n’y avait qu’un seul Jean !

 DSC03938

P1200374

La montée par la piste qui remonte le vallon de Fontanalbe dans un beau mélézin remplit son office : on s’échauffe, on se réchauffe, mais sans surchauffe. Elle est enneigée tout du long, ce qui nous fait toujours grand plaisir. Je règle inconsciemment mon rythme sur le raclement des raquettes de celui qui marche devant moi : la distance devrait donc rester identique entre lui et moi. Pourtant, inexplicablement, il prend du champ ! Ah ! j’avais oublié un paramètre à prendre en compte : la longueur des jambes, donc du pas…

 P1080268

P1200375

À la balise 390, Gabriel réclame l’attention de sa troupe turbulente et bavarde, occupée à troquer bananes contre abricots secs, pour nous exposer le choix à venir : soit un goulet, mais ce sera suivant l’enneigement ; soit la traversée du grand couloir d’avalanche qui descend de la cime de Chanvrairée. On lui fait confiance, comme toujours, et c’est la première option qui est retenue : parfaitement enneigée, une longue pente nous amène directement vers le Gias des Pasteurs, à proximité de l’extraordinaire Voie Sacrée, monument historique à ciel ouvert : 20 mètres de dalles gravées s’élevant vers un parterre en forme d’autel où le sol résonne étrangement…

pano1

 P1080273

P1200389

Mais nous sommes en janvier, et les précieuses gravures hibernent sous la neige : nous pouvons y aller franchement avec le planté du bâton… Toute la zone de Fontanalbe (la Source, la Fontaine Blanche) dégage une profonde impression de paix et d’harmonie, dominée par le Mont Bégo. Prudence tout de même : sorciers, diables et maléfices ne sont pas loin…

DSC09514

DSC09518

Les pentes se redressent pour nous amener (ouf-ouf) sur la crête des Rochers de Sainte-Marie, quelque part entre la cime Bicknell et notre lieu de pèlerinage du jour. Il est temps de troquer raquettes contre crampons, car la neige est dure, et la pente file, à notre droite. À gauche, c’est un à-pic vertigineux qui plonge d’un seul jet vers les grands lacs Noir et Vert. Le paysage s’élargit d’un coup : Gélas et Clapier, Chamineye et Grand Capelet, et à l’opposé, le massif du Marguareis dont seul émerge d’une mer de nuages le point culminant, encore un souvenir intense.

 Sm 2

20190122162146-aa961ff3

Tandis que le G2 pique-nique au soleil en contrebas de la crête, le G1 termine l’ascension dans une dernière traversée prudente. Le sommet est atteint avec une confortable avance sur les prévisions du plan de marche de Gabriel, donc bravo à tous !

 

sommet

20190122162052-e024d054

Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait particulièrement plaisir de voir Michel, identifiable aujourd’hui à ses bretelles pendantes, arriver au sommet, un peu avant tout le monde, pour jouir quelques instants en solo de la vue et de la Vie, et pour nous accueillir, tout sourire, les uns après les autres…

 P1080286

Eric, transfuge de G2, fait un aller-retour éclair jusqu’au sommet, aussi à l’aise sur ses raquettes que nous sur nos crampons… C’est le moment de prendre quelques photos souvenirs : pour l’arrière-plan, il y a le choix ! Pourquoi pas le massif du Mont Rose, très net, ou le Cervin, bien reconnaissable même sans téléobjectif.

 pano17

DSC03970

Prudente redescente jusqu’aux raquettes, puis jusqu’au spot pique-nique d’où vont nous chasser quelques importunes nappes de brouillard qui nous volent la douce chaleur du soleil. Très agréable redescente : à côté de pans de neige dure, qui aurait pensé trouver autant de belle poudreuse ?

DSC03964

 DSC03980

DSC03985

On en redemande… Au lieu d’opter pour un retour pépère par la piste, Gabriel, à qui Sainte-Marie donne décidément plein de bonnes idées, suggère de passer par la forêt. La neige y est parfaitement conservée. Nos raquettes se régalent, en fines connaisseuses.

 P1080378

Pour clore cette belle journée dédiée à Sainte-Marie, nous nous dirigeons, en toute logique, vers le Prieuré, pour une célébration franchement païenne qui consiste à rire, boire et manger. Aujourd’hui, cela prend carrément des airs de 3ème mi-temps, avec une véritable orgie de gâteaux auxquels s’ajoutent les notes salées des pissaladières de Michèle qui se marient si bien à la mousse des bières… Pierre (happy birthday !) et Karine arrivent avec deux grosses galettes, mais la table est tellement chargée : où les poser ?

 Sm 4

Attention, les amis ! Nous risquons de reprendre en 30 minutes les calories si laborieusement perdues sur les pentes des montagnes… Suggérons donc à Tony, lors de ses permanences du vendredi, de dresser une liste raisonnable des victuailles « pot de fin de journée », en parallèle à la liste des inscrits, pour nous préserver du risque de surcharge pondérale.

Dimanche 13 janvier 2019 : Cime de Rogué en traversée, montée par le Serre

Dénivelée : 1150 mètres

Distance : 16 kilomètres

 

 

N’ébruitons pas trop l’affaire : on a trouvé de la neige, et de la bonne ! De quoi consoler nos raquettes, frustrées par notre récente virée sur herbe sèche au Capelet inférieur… Nos amis skieurs du CAF nous ont généreusement mis sur la piste de l’or blanc : il y en aurait un beau gisement par-delà le col de Salèse ! Et ce ne sont pas quelques mètres de glace vive, à la barrière du parking d’hiver, qui vont refroidir la détermination de notre quête.

 DSC03844

DSC09434

Dites 33 ! Car nous sommes 33, dont notre pool d’encadrants quasi au complet : Annie et Patrick, Gabriel et Denis, Eric et Michel, l’encadrant raquette semble affectionner le fonctionnement en binôme…

 DSC03845

DSC03849

P1080130

La montée au col de Salèse, il n’y a plus grand chose à en dire, après tant et tant d’années. Il n’empêche qu’elle est incontournable, tout en permettant de chauffer les jambes et de dompter le souffle. Sans oublier que, pour nombre de raquettistes, elle est considérée comme une randonnée à part entière ! G1 et G2, résignés, se donnent rendez-vous au col, pour une pause rapide, avant de continuer leur route sur la piste qui monte vers camp Soubran.

 DSC03857

DSC03867

 

Mais, très rapidement, nous quittons le confort de la piste (horizontale) pour une orientation plein Est (pas horizontale du tout) vers le bas de la pointe de Rogué et la cuvette de la Combole. Ô surprise ! Eric, hilare, arrive sur les lieux avec son G2 en même temps que le G1. Dis-nous tout, Eric ! Connaîtrais-tu des raccourcis inconnus de nos GPS ? Aujourd’hui, nous ne sommes pas au bout de nos surprises sur le thème de la fable « Le lièvre et la tortue » !

 DSC09450

P1080154Vite ! Mettre les crampons ! Tout le monde a hâte d’entreprendre la montée vers la cime via le Serre ! Tout l’itinéraire est bien enneigé, et la neige répond bien sous les crampons, mais pas d’imprudence : le moindre faux pas nous ramènerait en une seule glissade jusqu’aux voitures…

DSC09455

rogué 3

P1080156

Sur moins d’un kilomètre de distance, nous avons le plaisir de goûter à toutes sortes de plaisirs alpins : un peu de mixte, du cramponnage sur quelques ressauts raides et gelés, jouer les équilibristes sur une portion brève où la crête se fait toute fine. Ça se voit : Gabriel, en tête, se régale à imaginer pour ses suivants un itinéraire sympathique, esthétique et surtout ludique, composant avec tous les jalons que la Nature a éparpillés sur le Serre de Rogué.

 P1080169

DSC03875

DSC09458

DSC03868

La file indienne s’est beaucoup étirée : les premiers sont déjà au sommet, alors que l’arrière-garde est encore bien loin. Mais avec un serre-file comme Michel (notre Gilet Vert à nous) on sait bien que tout peut devenir accessible ! On ne dira jamais assez le rôle majeur de celui qui ferme la marche, surtout s’il est patient, de bon conseil, toujours de bonne humeur, et prêt à donner un de ses bâtons lorsqu’il y a de la casse dans les rangs…

P1080180

 DSC03884

rogué 6

IMG_3357

Les 17 du G1, regroupés au sommet, ont tout le loisir de contempler le paysage, car la météo est parfaite : encore une fois, du Monte Rosa à la Corse, rien n’arrête le regard ! Et, plus près de nous, Giegn, Tablasses, Bresses, Frémamorte, blancs à point ! C’est la montre qui nous décide à redescendre sur la baisse de Rogué, par une crête de neige qui nous semble si facile, maintenant…

P1080208

DSC03896

rogué 8

 

 Agglutinés sur le mince espace entre les pentes qui dégringolent vers les Naucettes et Frémamorte, nous cassons au soleil une petite croûte béate lorsque, soudain… Un, deux, trois, dix, seize silhouettes apparaissent au sommet ! Les copains du G2 ! Tous sont là, alors qu’on pensait que, peut-être, certains renonceraient ! Et non ! Aujourd’hui, la distinction G1 et G2 n’a plus de raison d’être. Et pourtant, pour certains, il s’agissait là d’une toute première expérience de cramponnage…

P1080213

rogué 9

En général, on commence par plus simple, les amis, bravo à toutes et tous ! Et s’il y a eu quelques larmes au sommet, ce sont des larmes de bonheur, de celles qui coulent sans chagrin, tout juste pour faire tomber la vapeur après un pic de stress, et pour mettre de nouvelles étoiles brillantes dans les yeux. On les ovationne, bien sûr, quelle merveille d’être tous réunis et d’avoir la même expérience intense dans les jambes et dans le cœur !

 rogué 10

20190113_141517

Dix skieurs de rando atteignent à leur tour la baisse : problème de surpopulation, pire que sur la plage de Juan-les-Pins en juillet ! Il est temps de repartir. La descente de la baisse se fait bien sûr à crampons. Une partie plus raide (évidemment en neige dure, pour pimenter l’affaire) nous prendra un peu de temps, avant le dernier regroupement-changement-crampons/raquettes. Le reste de la descente dans la forêt restera dans nos mémoires comme un vrai régal, dans des filons de poudreuse incroyablement légère et bien conservée. Aux oubliettes, l’herbe sèche du Capelet 

P1080220

 DSC09489

Tony n’est pas là pour coordonner notre dernière migration de la journée vers Les Tilleuls, mais il a laissé de précieuses consignes que Gabriel applique à la lettre : passer un coup de fil, faire préparer les tables, prévenir qu’on débarque à 33 ! Avec des galettes, des panettone, des boîtes de chocolats, des gâteaux, des croquants aux amandes, et surtout beaucoup, beaucoup de bonne humeur…

pano1

 DSC03925

Le G1 avait fait pour la première fois cette traversée du Serre de Rogué, le 29 mars 2015. Le G2, quant à lui, était monté par la baisse de Rogué, et seules trois personnes avaient atteint le sommet. On peut mesurer les progrès réalisés en l’espace de trois petites saisons par l’ensemble des participants, sans minimiser pour autant le rôle majeur joué par nos copains encadrants qui, bien formés, bien entraînés et pleins d’expérience, savent insuffler confiance et audace raisonnable à leurs ouailles…

Dimanche 6 janvier 2019 : le Capelet inférieur (2419 mètres)

 

Bon plan pour les raquettes…

Dénivelée : 1100 mètres pour 14 kilomètres

 

Comme il est fort probable que nous ayons abusé des aliments gras-salés-sucrés lors des fêtes de fin d’année, suivons donc la préconisation de la Haute Autorité de Santé : « bougez plus ! ». Sac au dos, camarades, et sans délai 

 

sdr

dav

Tandis que notre président Gabriel se rendait à Estenc encadrer une formation Neige et Avalanche, former de nouveaux cafistes au danger de la montagne, pour que nous puissions conjuguer toujours mieux plaisir de la neige et exigences de sécurité, Annie, Patrick, Denis, Eric, Tony et Vincent nous proposent d’aller voir du côté des Capelets inférieur et supérieur si la neige est plus blanche qu’ailleurs en ce début 2019… 39 personnes, ça en fait, du monde, et garer toutes les voitures au départ de la piste des Terres Rouges requiert réflexion, calme et méthode.

DSC03783

 DSC03786

Les raquettes bien fixées sur les sacs à dos, nous nous dirigeons vers Patrick pour le premier contrôle DVA de l’année. Le risque avalanche semble léger-léger, à moins qu’on ne soit pris sous une avalanche de cailloux. Mais on ne badine pas avec la sécurité, et ce rituel-réflexe est tellement ancré dans nos inconscients qu’on vivrait son absence avec frustration…

IMG_3255

IMG_0722

Première épreuve de la journée : le kilomètre et demi à faire sur la piste, vitrifiée en patinoire. Il n’y a pas de neige alentour, et c’est à croire que tout ce qui fait le charme glacé de l’hiver s’est concentré ici sous forme de glace, vive, bleue, noire, verglas, neige gelée… Nous progressons avec des prudences de Sioux, tentant de poser pieds et bâtons sur des touffes d’herbe, des cailloux, des plaques plus blanches où la neige produit un crissement rassurant. La moyenne horaire s’en ressent…

DSC03790

DSC03797

La suite de l’itinéraire, dans la forêt puis sur le Serre de Clapeiruole, ne nous surprend guère : pas de neige, ou juste ce qu’il faut pour faire rigoler les raquettes, qui prennent le soleil bien au sec sur les sacs. Quelques rares filons de poudreuse, mystérieusement préservée dans des secteurs plus froids nous redonnent confiance, mais ces bouffées d’espoir retombent toutes comme soufflés hors du four.

 DSC03806

DSC03808

Les deux groupes arrivent à une demi-heure d’intervalle au pied des ultimes pentes du Capelet inférieur où les raquettes moqueuses sont abandonnées en tas. Le G1 chausse les crampons et opte pour une montée sur les maigres pentes de neige gelée, quelques centimètres, juste l’épaisseur requise pour ne pas transformer les pointes des crampons en petites cuillères (l’expression est de Michel, et c’était au Pel Brun !). Le G2 fera l’ascension sur herbe, expression qui sonne comme un glas en ce mois de janvier…

 DSC03815

Tandis que le G2 gagne à son tour le sommet, le G1 rejoint la baisse pour examiner d’encore plus près le Capelet supérieur qui nous domine de 280 mètres. Ira, ira pas ? Beaucoup de rochers apparents, de la neige très dure, le vent qui se lève et pulvérise de toutes petites choses très froides qui piquent le visage… Tous ces arguments ne pèsent guère en faveur de la poursuite de l’ascension, lorsque Philippe abat un atout un décisif : la vue est la même du supérieur ou de l’inférieur ! On ne demande qu’à le croire sur parole : demi-tour, on se contentera de l’inférieur, tant pis pour le prestige et le panache du supérieur !

 pano5 pano4

Les deux groupes redescendent les pentes, à crampons ou sans crampons, pour un pique-nique très cool avec petite sieste dans l’herbe, tandis qu’Eric qui, manifestement, n’est pas assez fatigué, escalade un gros rocher pour faire du groupe une photo plongeante. À l’horizon, la Corse aux sommets enneigés se détache nettement, juste à gauche de la redoute de la Pointe des Trois Communes, spectacle magique, tellement Mercantour !

 IMG_0724

Au moment de repartir, voilà que les raquettes, décidément facétieuses aujourd’hui, s’amusent à se mélanger, à se confondre, à embrouiller leurs propriétaires. Des confusions en cascade : tu es sûr que ce sont bien les tiennes ? Mais alors, qui a pris les miennes ? Dans ce cas, celles-là, à qui sont-elles ? Il devient urgent de les customiser, pour pouvoir les reconnaître au premier coup d’œil !

 DSC03832

La redescente sera mise à profit pour travailler un peu la pratique de la recherche avec les DVA. Les bip-bip s’entrecroisent, sur tous les tons de la gamme. Symphonie électronique alpestre que nous espérons n’avoir à entendre que dans le cadre d’exercices comme celui-là…

 DSC03840

Le retour sur la piste est à la hauteur de l’aller, vu qu’elle n’a pas dégelé. Certains préfèrent chausser raquettes ou crampons pour éviter les vols planés : bien vu ! Mais on se tient toujours le même discours intérieur : bah, on est presque arrivé, on ne va pas chausser maintenant. Et pourtant, la sagesse voudrait que…

 IMG_3248

Tony, qui a le numéro de la hotline des Tilleuls, fait ouvrir le bar rien que pour nous : trop fort, ce Tony ! Nous renouons en 2019 avec la tradition reconstituante de nos fins de rando… Une multitude de bonnes choses circulent d’une table à l’autre. Une mention cette fois-ci pour les roses des sables en chocolat de Christine, qui ne feront qu’un pli !

P1270875

Et, surtout, un grand bravo affectueux à Gaby Bartin, qui a reçu tout récemment la médaille pour ses 50 années de CAFisme actif ! On se sent petit et humble devant tant d’expérience montagnarde… Félicitations, Madame, et amitiés à Monsieur ! La section raquette est vraiment très honorée que vous l’ayez choisie pour entamer une nouvelle décennie d’aventures enneigées (le plus souvent) ou pas enneigées (comme aujourd’hui).