Archive pour mars 2019

Dimanche 24 mars 2019 Tête de Combe Grosse (2795 mètres) Par le Pas du Loup (2693 mètres)

Dénivelée : 850 mètres ; distance : 8,5 kilomètres

14 personnes ! Dont 3 encadrants, Gabriel, Michel et Tony… Cela fait bien longtemps que nos sorties raquette n’avaient pas eu ce petit côté détendu et presque familial, qui fait qu’il devient possible de côtoyer et parler à tout le monde plusieurs fois au cours de la même journée…

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Direction Isola 2000, où se prépare la première manche du slalom « hommes » du championnat de France de ski. La radio de Tony capte toutes les conversations du staff et de l’organisation. Miracle (ou inconvénient) des ondes baladeuses : nous pourrons suivre l’événement en direct. Nous aussi, nous attaquons notre slalom hebdomadaire, mais en remontant les pentes, c’est plus original. Nul besoin de fanions, piquets et portique d’arrivée : nous savons par où passer pour rejoindre les lacs de Terre Rouge.

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Un petit quart d’heure de portage ? Broutilles ! Après avoir traversé ce qui est, l’été, un grand pré de tourbières, nous attaquons la remontée du vallon de Terre Rouge et chaussons là nos raquettes. Michel, pour nous donner du cœur à l’ouvrage, improvise un hymne montagnard à la gloire de notre activité dominicale, et trouve spontanément une rime riche au mot « raquette » (qui n’est pas « biquette », mais non). Quel talent.

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Jean est venu faire un repérage du secteur en fin de semaine : ses photos vont aider Gabriel à décider si nous irons vers la baisse de Druos, pour le tour classique de Tavels, ou vers le pas du Loup, pour la cime Vermeil, ce qui serait inédit pour le groupe raquette alpine. L’enneigement est satisfaisant au niveau du lac inférieur de Terre Rouge, alors pourquoi ne pas opter pour la nouveauté, toujours si séduisante ? A gauche toute. Le temps de boire un petit coup, nous partons en direction du pas du Loup ouest.

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Le secteur est sauvage, et d’un calme… Comme on se sent loin de toutes les chinoiseries de la vie en ville… Le Malinvern nous regarde de très haut, retranché au sommet de ses falaises, couloirs, éperons et autres arêtes.

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Bien que deux ou trois intrépides (de sexe masculin évidemment, crâneurs…) aient fait le choix de grimper le pas du Loup à raquette (hououou ! le pas du Loup à raquette !), la majorité du groupe opte pour la sécurité et un équilibre un peu plus confortable en chaussant les crampons. La pente se redresse de plus en plus, et la sortie du pas s’effectue, au choix, à plat ventre ou à quatre pattes, en se faisant léger-léger sur les derniers barreaux de cette échelle de neige.

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Ambiance ! Le versant italien impressionne toujours par son aspect sauvage et austère. Le refuge Città di Ceva, ou du Malinvern, est visible tout au fond de la vallée, dans de douces zones de forêts… Mais nous, perchés sur notre pas du Loup, nous sommes encore dans la zone des couloirs de neige et des barres rocheuses.

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DSC04937L’itinéraire qui monte vers la cime Vermeil et celle de la Lombarde n’est pas visible dans son intégralité. Comme le dit poétiquement Gabriel : « ça encorbelle »… Mais, malheureusement pour nous, ça encorbelle dans des pentes raides de neige dure voire gelée, tout un vaste secteur qu’il nous faudrait traverser à flanc, au-dessus de barres rocheuses et de longs toboggans à l’inclinaison hargneuse. Gabriel et Michel partent inspecter les voies de descente possibles mais, à leurs oreilles basses et à leurs mines déconfites, on comprend vite qu’on est dans une voie pour nous sans issue. Nous retournons vers le pas du Loup dans une file indienne morose.

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C’est alors que Gabriel, frappé par une soudaine illumination, avise un sommet frontalier sur lequel personne n’avait encore levé les yeux, juste à l’ouest du pas du Loup : la tête de Combe Grosse. Pour stimuler ses troupes, qui chaviraient déjà dans la moelleuse perspective d’un retour précoce à la maison, il nous démontre (ou tente de le faire) que Combe Grosse, « c’est même pas raide ! ». Et comme il commence à tracer dans la pente sans se retourner, et qu’il n’est pas question de laisser notre cher président vivre sans nous la suite de l’aventure, et bien… nous le suivons…

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Prudemment, lentement, crampons aux pieds et piolet en main, nous gravissons la longue pente qui mène au sommet, tantôt en neige dure, tantôt en bonne neige, longeant parfois des îlots de rochers, coupant parfois droit en direction du sommet. On se doute bien que Gabriel, en tête, doit donner toute son énergie pour nous sculpter un si bel escalier. Vincent et Alain, dans ses pas, accentuent les marches. Michel et Jean, à l’aise et vigilants, sécurisent certains passages par leur seule présence (c’est ça, le charisme…), en particulier lors des changements de direction, ou lorsque la neige, plus dure, ne se laisse pas facilement mordre par les crampons.

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Ouf ! Le sommet ! Mais maintenant, par où allons-nous bien pouvoir en descendre ? Voie sans issue : donc obligation de revenir par où nous sommes montés ! Grimaces et moues désapprobatrices de ces dames, mais déjà Jean nous harangue du haut de son rocher, expliquant où et comment poser les crampons pour ne pas détruire les précieuses marches, afin de ne pas se faire haïr des suivants. Il démarre le premier, suivi de Tony, Gaby et Janine. Tout en marche arrière, bien sûr… car cette pente est une vraie de vraie… Gabriel ferme la marche, avec une vue d’ensemble sur la petite troupe, soudain silencieuse et appliquée. Cent mètres de dénivelée à redescendre à quatre pattes, ça en fait, des marches…

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Intérieurement, je chante les louanges de Marie-Françoise, dont les crampons seront au niveau de ma tête pendant toute la durée de l’opération et qui, calme et assurée, jamais ne me causera le moindre soupçon de frayeur… Je chante les louanges de Michel, à mes pieds, le visage au niveau de mes crampons fraîchement aiguisés, guidant parfois mon pied droit ou mon pied gauche jusqu’à la bonne marche, et allant même jusqu’à détendre l’atmosphère en vantant les vertus de cet exercice sur la fermeté des muscles fessiers, dans la perspective de la saison des maillots de bain qui arrive, etc…

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Regroupement au pas du Loup, dans le soulagement général et la reprise des conversations et des rires ! La vision de la dernière pente qu’il reste à descendre ne nous fait plus ni chaud ni froid : Combe Grosse nous a vaccinés contre nos habituelles appréhensions. L’un après l’autre, nous enjambons allègrement la frontière franco-italienne qui ressemble un gros garde-fou de neige. Dès le premier pas côté français, on n’aperçoit plus de nous que le haut d’un bonnet ou d’une casquette, c’est dire à quoi ressemble la pente qui file sous nos pieds…

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Mais ce n’est l’affaire que de dix petites minutes de self-control pour éviter toute glissade, et nous pouvons faire une pause sur des rochers tout chauds pour enfin ! manger quelque chose. Nous terminons par un retour sans difficulté à la station : hormis le fait que la neige porte de moins en moins et qu’il faut faire des efforts pour se maintenir en surface sans palmes ni tuba, la tension s’est envolée et la vie semble bien légère…

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Les bars du village étant fermés, nous nous installons sur les marches de l’église pour partager les gâteaux de Marie-Françoise et Gaby, tout en buvant quelques goulées bien fraîches à la fontaine voisine. Espérons que le bon dieu s’est bouché les oreilles, car les blagues de Tony et Michel et nos fous-rires prennent très vite un caractère païen bien marqué. Ah, les vertus incomparables du rire, pour libérer la tension d’une journée nettement plus verticale que de coutume…

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Merci à nos amis encadrants. Gabriel, pour cette cime subsidiaire, délicieux plat du jour que tu nous as mitonné à la sauce adrénaline ; Michel pour tant de calme en situation pentue et tant de bonne humeur en général ; Tony, pour tant de constance aux permanences du vendredi, même si tu as souvent l’aide de plusieurs de nos gentilles copines !

Dimanche 17 mars Tour de la tête du lac Autier

Baisse du Basto et sommet « innomé » : 14 km et ≈ 1200 m D+

 

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Les quatre gouttes de pluie tombées ce matin sur Nice n’ont pas découragé les 24 participants qui se sont retrouvés au rassemblement habituel de Saint Martin. Bien nous en a pris car les nuages sont restés dans la vallée et soleil et ciel bleu étaient au rendez-vous toute la journée.

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L’objectif du jour  est le tour de la tête du lac Autier et + si conditions. Pas un brin de neige au pont du Countet et vue d’ici la montée vers le lac Autier parait bien dégarnie…

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Mais bientôt, sur les pentes nord au-dessus du vallon de l’Autier, nous chaussons les crampons sur une neige dure qui porte bien. Petite pause au lac et observations du trajet à prendre, couloir de gauche ou couloir de droite ? Nous optons pour le couloir gauche dont la montée semble plus souple et grimpons en raquettes une belle pente de neige au pied du Caïre Autier.

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Nous parvenons à un collet vers 2550 m où un vent glacial nous assaille. Face à nous, la majestueuse cime Chamineye et la cime Montolivo que nous avions envisagé de rejoindre mais qui est trop loin vu l’heure bien avancée. Nous décidons de nous rabattre sur la baisse du Basto plus accessible et attaquons en crampons sa belle pente soutenue.

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Au-dessus de la baisse un petit sommet rocheux nous fait de l’œil (innomé sur la carte), Pascal, très en forme ce matin, attaque son ascension suivie par la quasi-totalité du groupe. Au sommet, à 2720 m le vent est déchaîné, il nous bouscule et nous fait vaciller mais le panorama est superbe :

Bégo, Grand Capelet

Grand Capelet et Bégo d’un côté et Clapier, Malédie, Gélas et mont Colomb de l’autre.  Après un pique-nique à l’abri du vent sous la baisse nous entamons la descente vers les lacs Niré et le refuge de Nice, d’abord en crampons puis en raquettes.

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Le lac de la Fous commence à se libérer de ses glaces et laisse apparaître de larges échancrures d’un bleu azur du plus bel effet. Plus bas une harde de chamois nous regardent passer, quelques fleurs commencent à pousser, le printemps arrive à petits pas…

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_MG_2850Et pour finir cette belle journée, avant de nous quitter, étape traditionnelle aux Tilleuls autour de boissons variées et moults gâteaux.

Traversee St Dalmas Estenc 16-17 fevrier

Le compte rendu: CR ski

et les photos: photos de la traversée

merci marie pour ce beau compte rendu.

Samedi 9 et dimanche 10 mars 2019 Sous le signe de Pinocchio : Palanfré et Limone

Costa Garbella (2253 mètres)

Cima della Fascia (2495 mètres)

 

 

Pour nous remettre des 25 minutes d’attente au col de Tende, nous faisons une halte à Vernante, dans un bar que nous apprécions pour ses boissons chaudes (le matin) ou fraîches (le soir). Gabriel nous annonce le programme du week-end : Monte Colombo le samedi (tiens ! son nez s’allonge, étrange !) et Cima della Fascia le dimanche, pour laquelle il a fait un repérage le mardi précédent, 10 minutes de portage à peine (son nez s’allonge encore, bizarre !). Dans le village qui s’est choisi Pinocchio comme Saint Patron, ça doit bien vouloir dire quelque chose… Alors méfiance…

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 À ses côtés, pour nous supporter, guider, encadrer ou recadrer, canaliser : Denis, Annie, Patrick, Michel et Tony. Nous regrettons l’absence d’Elsa et de Philippe… Deux de nos excellents photographes absents en même temps, est-ce vraiment autorisé par le règlement intérieur de la section raquette alpine ? Soignez-vous bien, les amis… Nous sommes 27, et demain nous serons 29, Laurence et Fred ayant prévu de nous rejoindre pour la Fascia.

  

                Samedi : Costa Garbella (alias Monte Colombo) G1 et G2 dénivelée 920 m pour 7km

 

 

 Pas de portage, quelle chance ! Tandis que nous chaussons les raquettes au parking de Palenfre et vérifions nos DVA, Michel va faire trempette dans une baignoire-abreuvoir à vaches (ça te rappelle quelque chose, Michel, on dirait…) : la journée commence joyeusement !  Le soleil est sur nos têtes, la neige sous nos raquettes, les sacs sur nos dos : que demander de plus ?

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 Une montée bien agréable entre hêtres, noisetiers, églantiers et rhododendrons… Les beaux paysages du Parco Naturale delle Alpi Marittime, né en 1995 de la fusion de celui de l’Argentera et de la Réserve Naturelle des Bois et Lacs de Palanfré, se révèlent progressivement à nos yeux et à nos objectifs. Depuis le temps que nous nous régalons de la neige italienne, nous avons de belles montagnes-souvenirs, dans ce secteur…

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 Nous abordons la rude montée de la Costa Garbella, dans les pas de Gabriel, qui trace par endroits comme un forçat dans 50 centimètres de neige meuble, accumulée là par le vent. Au passage, rien ne nous interdit de nous agripper à la branche secourable d’un arbuste, ne nous en privons donc pas.

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 Le « Monte Colombo » est en vue. Ou, plus exactement, ce que l’on nous vend depuis plusieurs années comme étant le « Monte Colombo »… Le temps de chausser les crampons pour l’ultime grimpette, nous voilà au « sommet ». C’est là que Vincent, notre géographe-cartographe-photographe, douche notre enthousiasme en nous montrant un sommet, là bas, un peu plus loin, au bout de la crête, et qui serait en fait le « vrai » Monte Colombo ! inaccessible pour nous, semble t-il, et bien défendu par ses rochers. Ça alors ! Nous ne serions donc  « que » sur la crête entre Garbella et Colombo ? Un petit tour sur les forums et l’observation des multiples traces de ski montrent que nous ne sommes vraisemblablement pas les seuls à ne pas toujours distinguer le vrai du faux, surtout en matière de Monte Colombo…

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< La crête de la montée est la Costa del Colombo qui débouche sur la Costa Garbella à l’endroit où nous avons mangé et l’altitude sur la Costa Garbella 2253m. :> précision de Vincent.

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 Mais soyons magnanimes : nous n’allons pas faire un procès à nos amis encadrants pour publicité mensongère. Savourons l’instant : que nous soyons sur le vrai ou sur le faux Monte Colombo, le paysage est sublime ! Du Marguareis au Viso, c’est un bien riche panorama. À la verticale de notre vrai-faux Colombo, le vallon qui monte au col du Sabion nous permet de nous situer par rapport à « nos » montagnes françaises, notion futile, puisque la Nature n’appartient à personne en particulier, donc à tout le monde en général.

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Pause pique-nique sous le sommet, avant la redescente, en plein dans la pente très raide que nous avons évitée ce matin. La neige est souple (non, ce n’est pas une faute de frappe : je ne voulais pas du tout écrire « soupe ») et nous grignotons à grandes enjambées la dénivelée si laborieusement acquise une heure avant.

 

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Denis, descend si vite qu’il ne freine pas à temps et enchaîne, suivi par un fidèle petit troupeau, en remontant en face, dans une pente tout aussi raide, qui aboutit à un petit col. Ce col bonus jour est le passo ou Coletto del Colombo est lui à 2237 m. Tout est bon à prendre, en guise d’entraînement. De l’autre côté, tout est en herbe : la fine ligne de ce col sépare l’hiver du printemps. Nous redescendrons par la même pente, histoire d’apprivoiser un peu l’équilibre en terrain pentu, et apprendre à sortir élégamment d’un trou lorsqu’on y disparaît jusqu’à la taille… Karine, qui pensait que nous redescendrions par un autre itinéraire pour réaliser notre sacro-sainte boucle, clame son indignation à tous les échos.

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 Tous ces efforts nous ont donné grand faim et grand soif, mais nous savons que nous trouverons à l’Arbergh, chez Silvana et Giancarlo, de quoi reprendre force et vigueur pour le lendemain. Pas de soirée disco, ce soir, mais un excellent repas que Gillou apprécie particulièrement : « C’est gourmet ! » dit-il en se léchant les moustaches. Plateau de charcuteries et de fromages locaux, tomate mozzarella, confiture de vin et petits poivrons, focaccia maison, quiche aux courgettes, Macédoine de légumes gnocchi aux quatre fromages et, pour finir, un entremet de la plus jolie couleur qui soit : chocolat…

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Le tout arrosé d’un délicat Dolcetto

Tout en allaitant le petit Giovanni, Silvana encaisse, rédige les factures, fait ses comptes : qui pourrait nier que les dames ont des aptitudes à faire plusieurs choses à la fois ?

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chacun regagne sa chambrée en repensant à cette belle journée

 

 

Dimanche : cima della Fascia (G1) 1600 m de dénivelée pour 15 km

colletto del Cros (G2) 1420 m de dénivelée pour 13 km

 

 

On chausse là ? 1091m ah non ! c'était mardi...

 Le petit déjeuner est copieux et varié : c’est ce qu’il nous faut pour attaquer la journée d’une raquette décidée. Nous saluons nos hôtes avant de reprendre en voiture le chemin de Limone, point de départ de notre deuxième randonnée. Les raquettes sur le sac, nous prenons la direction de la piste qui remonte la Valle Almellina. Où sont donc passées les dix minutes de portage promises… Entre mardi, jour du repérage par Gabriel, et dimanche, la neige a fondu de façon indécente, et le temps de portage se trouve multiplié par trois… On gronde un peu Gabriel, histoire de rouspéter après quelqu’un, mais il n’y est pas pour grand-chose et ne fait qu’en rire !

 

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Après avoir rejoint un téléski désaffecté, nous remontons une ancienne piste aujourd’hui livrée aux raquettistes et aux skieurs de randonnée, ainsi qu’aux ardeurs du soleil, comme nous nous en rendrons compte au retour… Les deux groupes se matérialisent dès le premier « mur » : Gabriel, Denis, Annie, Patrick et Vincent pour le G1. Michel et Tony pour le G2.

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Dès l’entrée dans le vallon du Cros, l’ambiance devient exceptionnelle, entre les hautes murailles des falaises : un relief dont nous n’avons pas vraiment l’habitude. Au fur et à mesure de notre progression vers les hautes combes de la Fascia, l’impression de pénétrer dans un monde austère et alpin s’accentue, avec la sensation d’être loin de tout…  

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Une petite halte permet de repérer la suite de l’itinéraire, alors que le sommet est déjà en vue : le G2 de Michel et Tony montera jusqu’au colletto del Cros. Le G1 passera avec Gabriel et Patrick par le même colletto pour rejoindre le sommet par la voie normale;

 

P1200933Et voilà qu’on assiste à la naissance imprévue d’un « G1+ » ! Denis, qui a toujours le nez vers les cimes, vient de repérer un couloir bien enneigé, qui a l’air de sortir pas trop loin du sommet… Observation attentive du terrain, de la neige : on tente ! Pour atteindre le sommet, nous avons donc le choix entre un colletto et un canalino : mais attention aux diminutifs… Pour rejoindre le colletto, ça monte raide, et les crampons sont bienvenus… Et pour remonter le canalino, ça monte très raide, les crampons sont indispensables et le piolet peut être utile !

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P1200942Un groupe d’une dizaine de personnes passera par-là : ambiance vraiment « montagne », dans ce canalino étroit, dont les topos disent qu’il fait 40-45 °, entre ses hauts murs rocheux. Les conseils sont les bienvenus pour ceux qui sont un peu moins expérimentés… Un bravo tout particulier à Véro qui remontera à Paris en ayant fait son premier couloir de neige !

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Petite incertitude que Denis confessera par la suite : et s’il y avait eu une corniche au débouché du couloir ? ou une crête rocheuse scabreuse pour rejoindre le sommet ? Mais rien de semblable : la chance a souri aux audacieux… Pour atteindre le sommet de la Fascia, dix petites minutes seront suffisantes, et dans un terrain si facile que c’en est presque déconcertant après les pentes encaissées du couloir…

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Le temps de se congratuler et de prendre quelques photos, voilà qu’apparaît, comme surgissant de la neige, un buste bleu luttant contre le vent : Gabriel ! Et, derrière lui, Patrick et tout le G1, qui viennent de passer par le colletto del Cros, itinéraire plus long en distance et plus corsé en dénivelée : des bons !

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Un rapide pique-nique, et nous reprenons tous le chemin du retour, accompagnés par de violentes rafales. Le très panoramique itinéraire des paravalanches auquel avait pensé Gabriel, ce sera pour une autre fois. Nous repassons par la voie normale du colletto del Cros, profitant de la bonne trace faite à l’aller par les copains (comme on les aime !).

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Mais le soleil a cogné dur sur la neige, et notre redescente sera pénible et lente, surtout vers le bas de l’itinéraire : même à raquette, nous ne cessons de nous enfoncer de plus en plus profond dans une neige très molle, qui ne porte plus personne, même les membres du groupe appartenant à la catégorie « poids plume » … épuisant !

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Voilà une course qui restera longtemps dans nos mémoires… Gabriel estime que le week-end sera classé parmi les trois plus beaux de la section. Observons son nez : non ! il ne s’allonge pas ! Merci du fond du cœur pour toutes ces aventures que vous nous faites vivre, amis encadrants : ce sont des souvenirs-pépites !

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Dimanche 3 mars 2019 – Émotions made in Mercantour !

 

 

Cime du Mercantour (2772 mètres)

G1 et G2 : Dénivelée : 1300 mètres

Distance : 14 kilomètres

Lorsque Gabriel nous a demandé de prévoir dans le sac sangle, mousqueton à vis et machard (que nous sommes censés avoir toujours à portée de main, soit dit en passant), nous nous en avons déduit que la roche de l’Abisse ne resterait peut-être pas longtemps le n°1 de nos émotions alpines, cette année…

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Nous ne sommes « que » 24, malgré un programme alléchant : une boucle passant par le sommet de la cime du Mercantour. Avec un petit couloir à descendre. D’où le machard…

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Gabriel, Denis, Annie, Patrick, Michel et Tony : une bonne équipe d’encadrement, en qui nous avons toute confiance, depuis le temps que nous mettons (ou tentons de mettre) nos pas dans leurs traces ! Nous démarrons du Boréon, par le vallon du Cavalet, mais sans trop cavaler tout de même, car l’échauffement est au randonneur ce que le petit déjeuner est au travailleur : fondamental, à prendre au sérieux, et surtout sans précipitation.

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Les raquettes sont accrochées aux sacs, et elles y resteront un bon moment : toute la forêt est partiellement déneigée, les pentes raides exposées plein sud sont d’un sec… à pleurer, et ce n’est finalement qu’au niveau du petit lac de Cerise que nous pourrons délester les sacs pour, enfin ! faire ce pourquoi nous nous sommes levés ce matin : de la raquette à neige. Il n’est pas question de pinailler sur la qualité de la neige : on prend ce qu’on trouve, et on dit même merci…

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Peu après le lac de Cerise, petite tâche blanche dans le blanc environnant, nous tournons à droite, en direction du lac du Mercantour. Notre dernier projet relatif à la cime du Mercantour s’était achevé là-haut, dans une tempête et un brouillard qui nous avaient laissés transis, humides, et tout déconfits.

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Aujourd’hui, c’est sous un ciel parfaitement bleu que nous grimpons vers le sommet de la cime du Mercantour. Vu d’un certain point de la vallée où elle se confond avec l’Argentera, elle semble dominer le secteur, ce qui fait que les habitants ont longtemps cru qu’elle était le sommet culminant, donc emblématique, du massif, au point de leur donner le même nom : massif et cime du Mercantour. Les dix dernières minutes se grimpent à pied dans les rochers (inutile de tenter de rattraper Alix…), mais nous retrouvons un peu de neige au sommet.

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Tour d’horizon (que l’Argentera et le Matto sont proches !) ; pique-nique (qui veut du chocolat ?), photo de groupe (non ! plus à droite !)… Pendant ce temps, trois silhouettes approchent du sommet. Alors que certains ont préféré s’arrêter non loin de là, sur un petit replat, Angélique, Tony et Michel poursuivent leur ascension sous les ovations. Tony, qui est un malin et qui connaît bien les coutumes de la section, en profite pour recevoir les bises simultanées des trois groupies restées au sommet pour l’accueillir !

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Mais maintenant, l’heure n’est plus aux agapes, aux bisous et à la rigolade : nous devons redescendre par le vallon des Erps. Et, entre la cime du Mercantour et le vallon des Erps, il nous faut emprunter un petit couloir bien enneigé, qui démarre vers la cote 2632 : c’est là que les machards vont entrer en jeu.

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Tandis que Denis enfouit son piolet en guise de corps mort pour amarrer la corde, chacun ajuste sa sangle ou son baudrier, tout en révisant discrètement la leçon sur le machard. Il faut voir Jean, entouré d’une cour de dames qui ne demandent qu’à apprendre…

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Annie, sans appréhension, descend la première jusqu’au deuxième relais installé par Gabriel, où nous devrons positionner le machard sur une seconde longueur de corde qui nous mènera en bas du couloir, dans les pentes plus douces du cône. À sa suite, nous descendons les uns après les autres, d’abord en marche arrière sur quelques mètres bien raides puis, dès que possible (mais ce n’est qu’une option…) en marche avant, face à la pente. Exemple d’application possible de la méthode Coué : « Le piolet de Denis va tenir, il est su-per-bien enterré, oui, c’est du solide, tout ça… »

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Fred et Jean, en attendant leur tour, prennent un peu de hauteur en direction de la crête qui monte vers le Caïre Nègre du Mercantour, histoire de faire des photos plongeantes sur le groupe en train de descendre le couloir, avec ou sans élégance, avec ou sans chute dans les trous, avec ou sans couinements…

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Denis, tout en haut, vérifie nos machards avant de nous donner le top départ. Gabriel, à mi-route, nous aide dans notre translation d’une corde à l’autre. Et tout en bas, Annie surveille notre arrivée et fait des photos, immortalisant nos diverses mimiques à l’issue de ce temps fort de la course…

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Patrick, Michel, Jaja, Jean, bref, tous ceux qui « savent », aident de leur présence rapprochée ceux qui « savent moins »… Pour plusieurs d’entre nous, il s’agit d’une toute première expérience impliquant la corde donc, forcément, c’est un souvenir qui va compter double et faire date…

 

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Une fois le dernier arrivé en terrain sûr, Denis se lance à son tour dans la descente du couloir, mais comme il est très fort (et aussi parce qu’il ne tient pas à laisser son piolet au fond de la neige), il va procéder sans assurage. Ils ont le pied ferme, nos encadrants, et pas une once de vertige : Chamois ascendant Bouquetin ?…

 

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Le groupe entreprend la descente du vallon des Erps, dont l’enneigement est un copier-coller de celui du vallon de montée. Qu’on descende par la droite ou par la gauche, ce n’est qu’une alternance d’éboulis et de pentes d’herbe reliés par de maigres langues de neige. Après quelques tentatives moyennement fructueuses pour descendre « le plus bas possible » à raquette, nous les chargeons définitivement sur les sacs et poursuivons à pied dans un terrain miné par les plaques de neige, gelée ou pourrie. Hiver, reviens !

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Tandis que de beaux nuages lenticulaires se forment au-dessus de notre fin de rando, nous rejoignons les voitures, fatigués, mais particulièrement ravis de notre journée. Le petit surcroît de plaisir ne viendrait-il pas du petit surcroît d’effort et de contrôle que nous avons dû fournir aujourd’hui ?

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Mais assez vu de mélèzes et de sapins : allons vite nous ressourcer sous ces arbres qui nous font toujours de l’œil le dimanche en fin d’après-midi : les Tilleuls ! Et trinquons à cette belle boucle, et à l’investissement de nos amis encadrants qui font vivre cette section et la tirent vers le haut ! Les ganses de Christine et les pâtes de fruit multicolores de Laurence ne font qu’un pli…

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Ci-dessous, en souvenir de notre petit couloir, un mémo sur le magique machard. Attention : interrogation écrite samedi prochain, à 7 heures 30, sur le parking de Trucco !                Un coup d’œil à la fiche technique FFME :

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« Le machard est un nœud  sur corde tendue autobloquant inventé en 1961 par le grimpeur marseillais Serge Machard. Immobile sous tension et mobile lorsqu’il est détendu. C’est un nœud auto-serrant nécessitant une cordelette autobloquante encore appelée ficellou. Il permet de descendre en rappel auto-assuré. »

un grand bravos à tous et à la semaine prochaine