Dimanche 3 mars 2019 – Émotions made in Mercantour !

 

 

Cime du Mercantour (2772 mètres)

G1 et G2 : Dénivelée : 1300 mètres

Distance : 14 kilomètres

Lorsque Gabriel nous a demandé de prévoir dans le sac sangle, mousqueton à vis et machard (que nous sommes censés avoir toujours à portée de main, soit dit en passant), nous nous en avons déduit que la roche de l’Abisse ne resterait peut-être pas longtemps le n°1 de nos émotions alpines, cette année…

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Nous ne sommes « que » 24, malgré un programme alléchant : une boucle passant par le sommet de la cime du Mercantour. Avec un petit couloir à descendre. D’où le machard…

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Gabriel, Denis, Annie, Patrick, Michel et Tony : une bonne équipe d’encadrement, en qui nous avons toute confiance, depuis le temps que nous mettons (ou tentons de mettre) nos pas dans leurs traces ! Nous démarrons du Boréon, par le vallon du Cavalet, mais sans trop cavaler tout de même, car l’échauffement est au randonneur ce que le petit déjeuner est au travailleur : fondamental, à prendre au sérieux, et surtout sans précipitation.

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Les raquettes sont accrochées aux sacs, et elles y resteront un bon moment : toute la forêt est partiellement déneigée, les pentes raides exposées plein sud sont d’un sec… à pleurer, et ce n’est finalement qu’au niveau du petit lac de Cerise que nous pourrons délester les sacs pour, enfin ! faire ce pourquoi nous nous sommes levés ce matin : de la raquette à neige. Il n’est pas question de pinailler sur la qualité de la neige : on prend ce qu’on trouve, et on dit même merci…

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Peu après le lac de Cerise, petite tâche blanche dans le blanc environnant, nous tournons à droite, en direction du lac du Mercantour. Notre dernier projet relatif à la cime du Mercantour s’était achevé là-haut, dans une tempête et un brouillard qui nous avaient laissés transis, humides, et tout déconfits.

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Aujourd’hui, c’est sous un ciel parfaitement bleu que nous grimpons vers le sommet de la cime du Mercantour. Vu d’un certain point de la vallée où elle se confond avec l’Argentera, elle semble dominer le secteur, ce qui fait que les habitants ont longtemps cru qu’elle était le sommet culminant, donc emblématique, du massif, au point de leur donner le même nom : massif et cime du Mercantour. Les dix dernières minutes se grimpent à pied dans les rochers (inutile de tenter de rattraper Alix…), mais nous retrouvons un peu de neige au sommet.

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Tour d’horizon (que l’Argentera et le Matto sont proches !) ; pique-nique (qui veut du chocolat ?), photo de groupe (non ! plus à droite !)… Pendant ce temps, trois silhouettes approchent du sommet. Alors que certains ont préféré s’arrêter non loin de là, sur un petit replat, Angélique, Tony et Michel poursuivent leur ascension sous les ovations. Tony, qui est un malin et qui connaît bien les coutumes de la section, en profite pour recevoir les bises simultanées des trois groupies restées au sommet pour l’accueillir !

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Mais maintenant, l’heure n’est plus aux agapes, aux bisous et à la rigolade : nous devons redescendre par le vallon des Erps. Et, entre la cime du Mercantour et le vallon des Erps, il nous faut emprunter un petit couloir bien enneigé, qui démarre vers la cote 2632 : c’est là que les machards vont entrer en jeu.

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Tandis que Denis enfouit son piolet en guise de corps mort pour amarrer la corde, chacun ajuste sa sangle ou son baudrier, tout en révisant discrètement la leçon sur le machard. Il faut voir Jean, entouré d’une cour de dames qui ne demandent qu’à apprendre…

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Annie, sans appréhension, descend la première jusqu’au deuxième relais installé par Gabriel, où nous devrons positionner le machard sur une seconde longueur de corde qui nous mènera en bas du couloir, dans les pentes plus douces du cône. À sa suite, nous descendons les uns après les autres, d’abord en marche arrière sur quelques mètres bien raides puis, dès que possible (mais ce n’est qu’une option…) en marche avant, face à la pente. Exemple d’application possible de la méthode Coué : « Le piolet de Denis va tenir, il est su-per-bien enterré, oui, c’est du solide, tout ça… »

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Fred et Jean, en attendant leur tour, prennent un peu de hauteur en direction de la crête qui monte vers le Caïre Nègre du Mercantour, histoire de faire des photos plongeantes sur le groupe en train de descendre le couloir, avec ou sans élégance, avec ou sans chute dans les trous, avec ou sans couinements…

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Denis, tout en haut, vérifie nos machards avant de nous donner le top départ. Gabriel, à mi-route, nous aide dans notre translation d’une corde à l’autre. Et tout en bas, Annie surveille notre arrivée et fait des photos, immortalisant nos diverses mimiques à l’issue de ce temps fort de la course…

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Patrick, Michel, Jaja, Jean, bref, tous ceux qui « savent », aident de leur présence rapprochée ceux qui « savent moins »… Pour plusieurs d’entre nous, il s’agit d’une toute première expérience impliquant la corde donc, forcément, c’est un souvenir qui va compter double et faire date…

 

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Une fois le dernier arrivé en terrain sûr, Denis se lance à son tour dans la descente du couloir, mais comme il est très fort (et aussi parce qu’il ne tient pas à laisser son piolet au fond de la neige), il va procéder sans assurage. Ils ont le pied ferme, nos encadrants, et pas une once de vertige : Chamois ascendant Bouquetin ?…

 

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Le groupe entreprend la descente du vallon des Erps, dont l’enneigement est un copier-coller de celui du vallon de montée. Qu’on descende par la droite ou par la gauche, ce n’est qu’une alternance d’éboulis et de pentes d’herbe reliés par de maigres langues de neige. Après quelques tentatives moyennement fructueuses pour descendre « le plus bas possible » à raquette, nous les chargeons définitivement sur les sacs et poursuivons à pied dans un terrain miné par les plaques de neige, gelée ou pourrie. Hiver, reviens !

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Tandis que de beaux nuages lenticulaires se forment au-dessus de notre fin de rando, nous rejoignons les voitures, fatigués, mais particulièrement ravis de notre journée. Le petit surcroît de plaisir ne viendrait-il pas du petit surcroît d’effort et de contrôle que nous avons dû fournir aujourd’hui ?

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Mais assez vu de mélèzes et de sapins : allons vite nous ressourcer sous ces arbres qui nous font toujours de l’œil le dimanche en fin d’après-midi : les Tilleuls ! Et trinquons à cette belle boucle, et à l’investissement de nos amis encadrants qui font vivre cette section et la tirent vers le haut ! Les ganses de Christine et les pâtes de fruit multicolores de Laurence ne font qu’un pli…

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Ci-dessous, en souvenir de notre petit couloir, un mémo sur le magique machard. Attention : interrogation écrite samedi prochain, à 7 heures 30, sur le parking de Trucco !                Un coup d’œil à la fiche technique FFME :

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« Le machard est un nœud  sur corde tendue autobloquant inventé en 1961 par le grimpeur marseillais Serge Machard. Immobile sous tension et mobile lorsqu’il est détendu. C’est un nœud auto-serrant nécessitant une cordelette autobloquante encore appelée ficellou. Il permet de descendre en rappel auto-assuré. »

un grand bravos à tous et à la semaine prochaine

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