Samedi 9 et dimanche 10 mars 2019 Sous le signe de Pinocchio : Palanfré et Limone

Costa Garbella (2253 mètres)

Cima della Fascia (2495 mètres)

 

 

Pour nous remettre des 25 minutes d’attente au col de Tende, nous faisons une halte à Vernante, dans un bar que nous apprécions pour ses boissons chaudes (le matin) ou fraîches (le soir). Gabriel nous annonce le programme du week-end : Monte Colombo le samedi (tiens ! son nez s’allonge, étrange !) et Cima della Fascia le dimanche, pour laquelle il a fait un repérage le mardi précédent, 10 minutes de portage à peine (son nez s’allonge encore, bizarre !). Dans le village qui s’est choisi Pinocchio comme Saint Patron, ça doit bien vouloir dire quelque chose… Alors méfiance…

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 À ses côtés, pour nous supporter, guider, encadrer ou recadrer, canaliser : Denis, Annie, Patrick, Michel et Tony. Nous regrettons l’absence d’Elsa et de Philippe… Deux de nos excellents photographes absents en même temps, est-ce vraiment autorisé par le règlement intérieur de la section raquette alpine ? Soignez-vous bien, les amis… Nous sommes 27, et demain nous serons 29, Laurence et Fred ayant prévu de nous rejoindre pour la Fascia.

  

                Samedi : Costa Garbella (alias Monte Colombo) G1 et G2 dénivelée 920 m pour 7km

 

 

 Pas de portage, quelle chance ! Tandis que nous chaussons les raquettes au parking de Palenfre et vérifions nos DVA, Michel va faire trempette dans une baignoire-abreuvoir à vaches (ça te rappelle quelque chose, Michel, on dirait…) : la journée commence joyeusement !  Le soleil est sur nos têtes, la neige sous nos raquettes, les sacs sur nos dos : que demander de plus ?

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 Une montée bien agréable entre hêtres, noisetiers, églantiers et rhododendrons… Les beaux paysages du Parco Naturale delle Alpi Marittime, né en 1995 de la fusion de celui de l’Argentera et de la Réserve Naturelle des Bois et Lacs de Palanfré, se révèlent progressivement à nos yeux et à nos objectifs. Depuis le temps que nous nous régalons de la neige italienne, nous avons de belles montagnes-souvenirs, dans ce secteur…

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 Nous abordons la rude montée de la Costa Garbella, dans les pas de Gabriel, qui trace par endroits comme un forçat dans 50 centimètres de neige meuble, accumulée là par le vent. Au passage, rien ne nous interdit de nous agripper à la branche secourable d’un arbuste, ne nous en privons donc pas.

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 Le « Monte Colombo » est en vue. Ou, plus exactement, ce que l’on nous vend depuis plusieurs années comme étant le « Monte Colombo »… Le temps de chausser les crampons pour l’ultime grimpette, nous voilà au « sommet ». C’est là que Vincent, notre géographe-cartographe-photographe, douche notre enthousiasme en nous montrant un sommet, là bas, un peu plus loin, au bout de la crête, et qui serait en fait le « vrai » Monte Colombo ! inaccessible pour nous, semble t-il, et bien défendu par ses rochers. Ça alors ! Nous ne serions donc  « que » sur la crête entre Garbella et Colombo ? Un petit tour sur les forums et l’observation des multiples traces de ski montrent que nous ne sommes vraisemblablement pas les seuls à ne pas toujours distinguer le vrai du faux, surtout en matière de Monte Colombo…

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< La crête de la montée est la Costa del Colombo qui débouche sur la Costa Garbella à l’endroit où nous avons mangé et l’altitude sur la Costa Garbella 2253m. :> précision de Vincent.

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 Mais soyons magnanimes : nous n’allons pas faire un procès à nos amis encadrants pour publicité mensongère. Savourons l’instant : que nous soyons sur le vrai ou sur le faux Monte Colombo, le paysage est sublime ! Du Marguareis au Viso, c’est un bien riche panorama. À la verticale de notre vrai-faux Colombo, le vallon qui monte au col du Sabion nous permet de nous situer par rapport à « nos » montagnes françaises, notion futile, puisque la Nature n’appartient à personne en particulier, donc à tout le monde en général.

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Pause pique-nique sous le sommet, avant la redescente, en plein dans la pente très raide que nous avons évitée ce matin. La neige est souple (non, ce n’est pas une faute de frappe : je ne voulais pas du tout écrire « soupe ») et nous grignotons à grandes enjambées la dénivelée si laborieusement acquise une heure avant.

 

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Denis, descend si vite qu’il ne freine pas à temps et enchaîne, suivi par un fidèle petit troupeau, en remontant en face, dans une pente tout aussi raide, qui aboutit à un petit col. Ce col bonus jour est le passo ou Coletto del Colombo est lui à 2237 m. Tout est bon à prendre, en guise d’entraînement. De l’autre côté, tout est en herbe : la fine ligne de ce col sépare l’hiver du printemps. Nous redescendrons par la même pente, histoire d’apprivoiser un peu l’équilibre en terrain pentu, et apprendre à sortir élégamment d’un trou lorsqu’on y disparaît jusqu’à la taille… Karine, qui pensait que nous redescendrions par un autre itinéraire pour réaliser notre sacro-sainte boucle, clame son indignation à tous les échos.

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 Tous ces efforts nous ont donné grand faim et grand soif, mais nous savons que nous trouverons à l’Arbergh, chez Silvana et Giancarlo, de quoi reprendre force et vigueur pour le lendemain. Pas de soirée disco, ce soir, mais un excellent repas que Gillou apprécie particulièrement : « C’est gourmet ! » dit-il en se léchant les moustaches. Plateau de charcuteries et de fromages locaux, tomate mozzarella, confiture de vin et petits poivrons, focaccia maison, quiche aux courgettes, Macédoine de légumes gnocchi aux quatre fromages et, pour finir, un entremet de la plus jolie couleur qui soit : chocolat…

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Le tout arrosé d’un délicat Dolcetto

Tout en allaitant le petit Giovanni, Silvana encaisse, rédige les factures, fait ses comptes : qui pourrait nier que les dames ont des aptitudes à faire plusieurs choses à la fois ?

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chacun regagne sa chambrée en repensant à cette belle journée

 

 

Dimanche : cima della Fascia (G1) 1600 m de dénivelée pour 15 km

colletto del Cros (G2) 1420 m de dénivelée pour 13 km

 

 

On chausse là ? 1091m ah non ! c'était mardi...

 Le petit déjeuner est copieux et varié : c’est ce qu’il nous faut pour attaquer la journée d’une raquette décidée. Nous saluons nos hôtes avant de reprendre en voiture le chemin de Limone, point de départ de notre deuxième randonnée. Les raquettes sur le sac, nous prenons la direction de la piste qui remonte la Valle Almellina. Où sont donc passées les dix minutes de portage promises… Entre mardi, jour du repérage par Gabriel, et dimanche, la neige a fondu de façon indécente, et le temps de portage se trouve multiplié par trois… On gronde un peu Gabriel, histoire de rouspéter après quelqu’un, mais il n’y est pas pour grand-chose et ne fait qu’en rire !

 

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Après avoir rejoint un téléski désaffecté, nous remontons une ancienne piste aujourd’hui livrée aux raquettistes et aux skieurs de randonnée, ainsi qu’aux ardeurs du soleil, comme nous nous en rendrons compte au retour… Les deux groupes se matérialisent dès le premier « mur » : Gabriel, Denis, Annie, Patrick et Vincent pour le G1. Michel et Tony pour le G2.

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Dès l’entrée dans le vallon du Cros, l’ambiance devient exceptionnelle, entre les hautes murailles des falaises : un relief dont nous n’avons pas vraiment l’habitude. Au fur et à mesure de notre progression vers les hautes combes de la Fascia, l’impression de pénétrer dans un monde austère et alpin s’accentue, avec la sensation d’être loin de tout…  

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Une petite halte permet de repérer la suite de l’itinéraire, alors que le sommet est déjà en vue : le G2 de Michel et Tony montera jusqu’au colletto del Cros. Le G1 passera avec Gabriel et Patrick par le même colletto pour rejoindre le sommet par la voie normale;

 

P1200933Et voilà qu’on assiste à la naissance imprévue d’un « G1+ » ! Denis, qui a toujours le nez vers les cimes, vient de repérer un couloir bien enneigé, qui a l’air de sortir pas trop loin du sommet… Observation attentive du terrain, de la neige : on tente ! Pour atteindre le sommet, nous avons donc le choix entre un colletto et un canalino : mais attention aux diminutifs… Pour rejoindre le colletto, ça monte raide, et les crampons sont bienvenus… Et pour remonter le canalino, ça monte très raide, les crampons sont indispensables et le piolet peut être utile !

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P1200942Un groupe d’une dizaine de personnes passera par-là : ambiance vraiment « montagne », dans ce canalino étroit, dont les topos disent qu’il fait 40-45 °, entre ses hauts murs rocheux. Les conseils sont les bienvenus pour ceux qui sont un peu moins expérimentés… Un bravo tout particulier à Véro qui remontera à Paris en ayant fait son premier couloir de neige !

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Petite incertitude que Denis confessera par la suite : et s’il y avait eu une corniche au débouché du couloir ? ou une crête rocheuse scabreuse pour rejoindre le sommet ? Mais rien de semblable : la chance a souri aux audacieux… Pour atteindre le sommet de la Fascia, dix petites minutes seront suffisantes, et dans un terrain si facile que c’en est presque déconcertant après les pentes encaissées du couloir…

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Le temps de se congratuler et de prendre quelques photos, voilà qu’apparaît, comme surgissant de la neige, un buste bleu luttant contre le vent : Gabriel ! Et, derrière lui, Patrick et tout le G1, qui viennent de passer par le colletto del Cros, itinéraire plus long en distance et plus corsé en dénivelée : des bons !

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Un rapide pique-nique, et nous reprenons tous le chemin du retour, accompagnés par de violentes rafales. Le très panoramique itinéraire des paravalanches auquel avait pensé Gabriel, ce sera pour une autre fois. Nous repassons par la voie normale du colletto del Cros, profitant de la bonne trace faite à l’aller par les copains (comme on les aime !).

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Mais le soleil a cogné dur sur la neige, et notre redescente sera pénible et lente, surtout vers le bas de l’itinéraire : même à raquette, nous ne cessons de nous enfoncer de plus en plus profond dans une neige très molle, qui ne porte plus personne, même les membres du groupe appartenant à la catégorie « poids plume » … épuisant !

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Voilà une course qui restera longtemps dans nos mémoires… Gabriel estime que le week-end sera classé parmi les trois plus beaux de la section. Observons son nez : non ! il ne s’allonge pas ! Merci du fond du cœur pour toutes ces aventures que vous nous faites vivre, amis encadrants : ce sont des souvenirs-pépites !

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