Archive pour la catégorie ‘Alpinisme’

mercredi 16 novembre 2016 : l’arête SUD-EST du Mt. CLAPIER

Accéder au Clapier par cette voie rocheuse est une des plus belles façons de gravir cet incontournable  3000 du Mercantour. L’arête constituée de plusieurs gendarmes et de tours demande un peu d’adresse sans dépasser le IV,  mais méfiance quant à la qualité du rocher dans les zones surplombantes. Selon les conditions, les moins courageux ont toujours la possibilité de contourner par le sud. Ce qui finalement laisse une liberté d’interprétation dans la cotation de la voie . Je regrette de lire dans C2C qu’elle n’est pas majeure, que l’approche est longue, que la descente est pénible, que ça grimpe trop peu, que la cotation est à revoir à la baisse… Dommage que cet article sur C2C manque d’objectivité et dévalorise à ce point cette belle course. Pour rappel, le topo Gass mentionne « D ». Et Steph sur son site avait coté Dinf lors d’un stage en mai 2012…

Ne sachant pas les conditions du moment après les dernières chutes de neige, je reste donc prudent et annonce AD+ voire D- .  Sortie non ouverte aux débutants, au grand dam d’Annie et Patrick, à qui je promets de me rattraper prochainement.

Nous sommes donc 4 ce matin sur le parking de Carros.  Jacques, Bruno Linda et moi . Il est 6h. En route pour la Gordo !

la suite en photos…

 

8h, la lumière inonde le haut de la vallée…

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Bruno et Linda peu après le mur des Italiens clapier-aretee_02

Jacques encapuchonné les rejoint sur les berges du Lac de La Fous qui a des allures d’hiver…clapier-aretee_03

au dessus du refuge de Niceclapier-aretee_04

au fond, les cascades ont gelé durant la nuit…clapier-aretee_05

les belles faces ensoleillées sous la pointe Asquasciaticlapier-aretee_06

nous enfilons les crampons à 2400m, et poursuivons vers le pas de La Fousclapier-aretee_07  clapier-aretee_09

le pas de La fous et celui du Clapier,  notre point de départclapier-aretee_10

notre objectif se dessine dans le cielclapier-aretee_11

L’approche vue du pas Est du Clapier (alt. 2862m) 3h30 pour l’atteindre. Un peu plus bas, mes compagnons sur la dernière pente enneigée…clapier-aretee_12

arête Sud-Est du Clapier, D- (A. Bruno et G. Kleudgen en juin 1924)clapier-aretee_13 clapier-aretee_14

nos 2 cordées se suivent dans un bon rythme. clapier-aretee_15

les tours sont parfois hautes et raidesclapier-aretee_16

Bruno émerveillé par l’itinéraire… clapier-aretee_17 clapier-aretee_18

son compagnon de cordée , Jacquesclapier-aretee_19 clapier-aretee_20

Un des passages délicats. Des blocs qui n’attendent qu’une maladresse de notre part pour dévaler en bas. Nous passons prudemment en gardant nos distances … clapier-aretee_20a

Linda me rejoint sur un relais improviséclapier-aretee_20b

la cordée Bruno Jacques attend patiemment que nous dégagions de là. Linda en contre-bas me rejoint au relaisclapier-aretee_21

Parfois effilée, l’arête nous réserve de belles surprises. clapier-aretee_22 clapier-aretee_23

Nous basculons tantôt côté nord, tantôt côté sudclapier-aretee_24

Plus longue qu’il n’y parait, l’arête est esthétiqueclapier-aretee_25

un panorama à perte de vue …clapier-aretee_26

Des zones plus faciles facilitent notre tacheclapier-aretee_27

à nos mines réjouies vous devinez l’ambiance …clapier-aretee_28

vous ne trouvez pas ça aérien ?  clapier-aretee_30 clapier-aretee_31 clapier-aretee_32

c’est beau …clapier-aretee_33

Linda et le pas de La Fous en arrière planclapier-aretee_34

l’arête se couche … mais ce n’est pas terminéclapier-aretee_35 clapier-aretee_36

encore du rocher…clapier-aretee_37

Bruno et Jacques perchés sur un gendarmeclapier-aretee_38 clapier-aretee_39

un peu de désescalade agrémente le parcours …clapier-aretee_40

nous mesurons la distance parcourue…clapier-aretee_41 clapier-aretee_42

finalement nous atteignons la jonction avec la pointe Asquasciati (3009m)clapier-aretee_43

Bruno enchanté… derrière lui la Corse et l’île d’Elbeclapier-aretee_44 clapier-aretee_45

le Gélas au loin…clapier-aretee_46

Le Viso, dégagé, là bas tout au fond…clapier-aretee_47

Commencent alors une série de photos… il est 14h15clapier-aretee_48 clapier-aretee_49  clapier-aretee_51 clapier-aretee_51a  clapier-aretee_52

Contemplatifs nous sommes…clapier-aretee_52a

La tension se relâche, nous passons du temps à rêvasser sur les cimes clapier-aretee_52b

Alors pour ne pas s’endormir là, je me lance dans la délicate désescalade . Personne ne me suit. Sauf une pierre qui vient m’embrasser la joue! clapier-aretee_53

J’avais prévenu … cheval d’arçon obligatoire ! Linda n’apprécie pasclapier-aretee_54

sa méthode est douteuse, et surtout douloureuse …clapier-aretee_55

celle là est un peu plus conventionnelle …clapier-aretee_56

celle de Bruno nettement plus adaptéeclapier-aretee_57

moqueries en tout genre sur les techniques de fille et de garçon …clapier-aretee_58

Quant à la méthode de Jacques trop classe parait il ! sur les bras en faisant le poirier.

Pas vu ! pas de photos !clapier-aretee_59

la suite versant nord sur des pentes enneigées …

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Linda quitte le relais et bascule de l’autre côtéclapier-aretee_61 clapier-aretee_62

le dernier passage difficile est de toute beautéclapier-aretee_63

ambiance garantie clapier-aretee_64

et sourire radieux à la sortie  clapier-aretee_65

Arrivée au sommet du Clapier… 15h10. Nous avons mis un peu plus de 4h sur l’arêteclapier-aretee_66

clapier-aretee_67réjouissances, ravitaillement et descente aisée dans une neige qui nous portera jusqu’au refuge en peu de temps et quelques glissades …clapier-aretee_68

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mercredi 02 novembre 2016 : « RABUONS TOUR » enchainement de sommets dans le cirque de Rabuons

Sortie « endurance » ! sur une idée de Linda une fois de plus. Faire le maximum de chemin sur une crête qui va du Ténibre au Corborant.  Avec en partie finale un peu d’escalade sur un terrain qui s’est enneigé récemment ….

Pas besoin de raconter. Il suffit de prendre une carte pour comprendre.  Nous arrivons au refuge d’hiver quand il fait déjà bien nuit la veille au soir. Nous passons une nuit hyper confortable et après un excellent petit déjeuner nous quittons notre chaumière vers les 7h du matin. Il fait jour. Nous décidons de monter une épaule rocheuse pour ne pas emprunter la voix normale du Ténibre. Nous cherchons un itinéraire original. Vers les 9h nous sommes au sommet.  Après quoi nous nous lançons dans notre petite aventure en restant tout simplement sur le fil. L’idée est bien d’enrouler tout le cirque du Rabuons jusqu’au maximum de nos possibilités. Plein de petits sommets jalonnent notre parcours. C’est joli avec beaucoup de vue. Les Cairns, les croix se succèdent, même une relais de rappel inattendu . Mais aussi des descentes d’arête qui forcément précèdent des remontées plus pénibles. Avec un sac un peu trop lourd en ce qui me concerne la fatigue se fait ressentir …  vers 13h nous sommes au Gd Cimon de Rabuons. Visiblement peu en forme, je décide d’arrêter là. Linda voyant la suite plus technique et bien plus alpin acquiesce.  La « ballade » a été formidable. On reviendra   … Aldo

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Le Ténibrerabuons-tour_12 rabuons-tour_13 rabuons-tour_14 rabuons-tour_15 rabuons-tour_16 rabuons-tour_17 rabuons-tour_18 rabuons-tour_19

Roche Rousserabuons-tour_20 rabuons-tour_21 rabuons-tour_22 rabuons-tour_23

LeTénibrerabuons-tour_24 rabuons-tour_25

notre objectifrabuons-tour_26 rabuons-tour_27 rabuons-tour_28 rabuons-tour_29 rabuons-tour_30 rabuons-tour_31 rabuons-tour_32 rabuons-tour_33 rabuons-tour_34

sur la ligne de crête des petits sommets … comme la montagnette de Rabuonsrabuons-tour_35 rabuons-tour_36 rabuons-tour_37 rabuons-tour_38 rabuons-tour_39 rabuons-tour_40 rabuons-tour_41 rabuons-tour_42

sur la ligne de crête qui file vers l’Ischiator , finalement nous abandonnonsrabuons-tour_43

Nous n’irons donc pas au bout. Les journées sont courtes. Poursuivre signifiait arriver à la nuit au Corborant. La descente dans La Tinée par le vallon de Rabuons n’est pas une mince affaire.  Nous reviendrons reprendre ce projet l’été prochain avec plus d’ambition et de réussite

Aldo

mercredi 05 octobre 2016: de PAGARI au GELAS, enchainement MALEDIE BORELLO CHAFRION

Le projet était dans les cartons depuis un moment. Mais l’idée venait surtout de Linda. Motivée à bloc depuis son retour du Pérou, elle rêvait de rallier le Gélas en partant du pas de Pagari. Enchainer cette ligne de crête, Malédie Borello Chafrion Balcons du Gélas,  et par la même occasion « courir » sur des sommets qui culminent à 3000m,  ont aussi attiré Julien et Thibault qui mordent à l’hameçon. Dès 08h15 nous passons près du refuge de Nice pour une journée qui s’annonce pleine de découvertes …    mal-gel_01 mal-gel_02

le pas de Pagari est atteint vers 09h30 mal-gel_03

nos 3000 se dressent devant nous mal-gel_04

la Malédie et son impressionnant versant italienmal-gel_05 mal-gel_06

nos 2 cordées dans l’arête de la Malédiemal-gel_07 mal-gel_08 mal-gel_09

Linda talonne, l’objectif clairement affiché est de ne pas trainer mal-gel_10

le lac Long sous un ciel parfaitmal-gel_11

Linda observe la cordée Thibault-Julien dans la partie finale de La Malédiemal-gel_12 mal-gel_13 mal-gel_14 mal-gel_15 mal-gel_16

La croix est atteinte à 11h15mal-gel_17 mal-gel_18

la descente de la Malédie s’effectue prudemment. Des plaques de neige et de glace ne facilitent pas la désescalade. nous posons des protections.  Une cordée autonome voulant faire la voie normale fera demi tour après quelques dizaine de mètres scabreux.  Au loin, clapiers et arêtes pourries nous laissent un peu perplexes … nous ne savons pas où nous engager vraimentmal-gel_19

nous choisirons cet itinéraire :mal-gel_20

Après avoir remonté un couloir très exposé aux chutes de pierre, nous retrouvons un terrain plus aérien et beaucoup plus sainmal-gel_21

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malgré un versant nord encore gelé et quelques traces de neige, l’itinéraire sur les arêtes reste sec mal-gel_24 mal-gel_25

La qualité du rocher s’améliorant, le plaisir est total mal-gel_28 mal-gel_29 mal-gel_30 mal-gel_31

Linda est aux anges. Nous lui laissons l’ouverture d’une belle cheminée mal-gel_32e mal-gel_33 mal-gel_34

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devant la route est longue…mal-gel_35

derrière nous, nous apprécions le chemin parcouru. La Malédie est loinmal-gel_37 mal-gel_38 mal-gel_39

finalement nous touchons au but, nous sommes certains d’aller au sommet du Gelasmal-gel_40 mal-gel_41 mal-gel_42 mal-gel_43

Le principe du train qui en cache un autre…. derrière un gendarme, encore un gendarme . Et ainsi de suite …mal-gel_44 mal-gel_45

les Balcons juste derrière le Chafrion…mal-gel_46

le Gélas est atteint à 14h30 !mal-gel_47 mal-gel_48

nos 2 amis nous rejoignentmal-gel_49 mal-gel_50

Julien n’était jamais venu à la cime nord. Il écrit ses mémoires ….mal-gel_51

Belle course que nous savourons au sommet . Rien que du notre bonheur …mal-gel_52

La descente s’effectuera sur le lac Long . Nous tiendrons l’horaire que nous nous étions fixés … départ parking 7h00, retour parking 19h00.  carton plein !

Aldo

mercredi 28 septembre 2016 : 2 voies au triangle du Pelago (arête NO + Envol du Destin)

L’objectif est annoncé : les rappels étant les mêmes, enchainer 2 voies au triangle du Pélago , l’arête NO puis  l’Envol du Destin. Cotations TD inf pour l’une, TD sup pour l’autre.

Nous sommes 2.  Effectif réduit ! Le groupe du mercredi se réduit comme une peau de chagrin. Est-ce le niveau des sorties, ou le manque de disponibilité le mercredi, je ne sais plus trop.

Je n’avais pas vu Jacques depuis longtemps. Sa progression est remarquable. Il a beaucoup voyagé, acquis de l’expérience et diversifié sa technique. Auprès de guides dans de belles courses dans les Alpes , ou bien par lui-même dans ses sorties entre amis,  il a gagné en autonomie, en sécurité, en lecture,  et surtout en rapidité. C’est devenu un compagnon de cordée idéal et passionnant sur qui on peut vraiment compter. On pourra se lancer désormais dans d’autres projets plus ambitieux…

les 2 voies que nous avons faites ont déjà été relatées dans le blog. Place aux photos du jour qui suffisent à elles mêmes . Aldo

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dans la variante de départpel_01

Jacques habitué au « TRAD » fonce tout droit sans voir le spit pel_02

après réflexion il revient dans la ligne ….pel_03 pel_04 pel_05 pel_06

un peu d’espace entre les points .  Heureusement la difficulté est gérable …pel_07

la belle arête NOpel_08 pel_09 pel_10 pel_11 pel_12 pel_13

à la sortie il faut continuer à traverser à droite pour récupérer la ligne de rappel qui borde le ravinpel_14

dans la descente nous cherchons les plaquettes de la voie que nous voulons faire. Jacques prend conscience du caractère vraiment « sportif » de l’Envol du Destin. pel_15

Jacques se lance dans la première longueurpel_16 pel_17

l’escalade est exceptionnelle sur un gneiss d’excellente qualité . pel_18 pel_19 pel_20

Jacques dans la longueur clef. De la dalle et de bons placements nécessairespel_21 pel_22 pel_23

le passage du toit :  placement, équilibre, force, souplesse …. faut sortir toute la panoplie !pel_24 pel_25

Jacques enchaine ce passage le plus dur de la voie: VIb très bien équipé.   pel_26 pel_27

puis il repart dans une longueur où l’espacement des points lui demande encore beaucoup de maitrisepel_28 pel_29

nous nous relayons avec plaisir, je lui raconte l’ouverture de  cette voie dédiée à Guy Champigny, avec qui j’avais fait mon « baptême » dans une de mes premières sorties au Baou, et mon premier vol pendulaire dans la Locopel_30 pel_31

Rappels pour la deuxième fois de la journée dans cette sublime ligne ouverte par mes amis JP Gass, P. Pippolini et J.Beretti en 1998pel_32

15 aout 2016: un WE aux Portettes (Sous les Yeux de Roland / Le Ciel pour Témoin)

Week-end du 15 aôut,  WE aux Portettes, bivouac au lac.

Seul, Julien répond à l’appel de mon mail. Après un séjour à Annot avec Jacques, occasion pour lui de montrer son habileté à placer des camalots dans un voie non équipée . Je suis heureux de lui proposer « sous les Yeux de Roland », où malgré le passage soutenu de la fissure, la majeure partie de la voie reste d’un niveau très abordable, et des relais bien équipés. . .

Nous finirons la journée au bord du lac sous un ciel magnifiquement étoilé.

Le lendemain nous nous attaquerons au « Ciel pour Témoin ». Malheureusement les appareils photos feront défaut et rien ne pourra immortaliser la belle bagarre de Julien dans les dièdres couchés et le courage qui lui aura fallu pour rallier les points qu’il trouvera parfois un peu trop éloignés. Qu’importe, sa confiance en lui  se renforce et c’est bien ça le plus important.

Aldo

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en mémoire à mon ex-beau père Roland, pour qui cette voie avait été ouverte avec mon ami Jean-Paul Gass

Juillet 2016 : hommage à Jean Vernet dont c’est le 20 anniversaire de sa disparition.

Fin juillet je reçois un appel.

Jean Gounand m’invite, le mot est faible, pour un voyage dans le temps, le temps d’un p’tit tour dans une voie ouverte en … 1931,  à la Cime III, mais ça je ne le sais pas encore.

A ce moment précis, vous ne réfléchissez plus, vous laissez tomber tous vos projets. Vous foncez sur l’occasion de vivre un grand moment  riche de partage et d’intensité.

Grimper en compagnie de Jean Gounand, c’est un must.

Partager la corde avec cet homme immense de savoir faire et de générosité est un privilège.

Combien sont ceux qui rêvent de partager une ascension avec lui, le temps d’un voyage vertical, sur du terrain d’aventure….

Mon excitation est au comble au parking du Boréon. Jeannot garde le secret du lieu où il me  conduit. Rien ne transparaît . Je ne sais toujours pas où l’on va . ..Il jubile.

Sur le sentier je me doute que c’est la Cougourde. Je l’assomme de questions.

Finalement, il lâche le morceau : «  Sais tu Aldo que c’est l’anniversaire de la mort de Vernet ? »  Ben oui luis dis-je, je cherche justement quelque chose à faire en souvenir de sa disparition . « Et bien, on y va ! » finit-il par m’avouer « .. à la Cime III, dans une voie un peu  oubliée ! »

Grimper à la Cougourde est toujours un régal.

Aujourd’hui  c’est carrément un cadeau.

 

Les photos :

Nous passons aux pieds de la cime IV. une cordée est à l’attaque du Demengecouc_02

Nous passons sous la cime III.couc_03

Nous repérons les départs, comme la Dame du Lac que j’espère refaire prochainement.couc_04

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Puis Jeannot s’arrête. Lève la tête. Ses yeux scannent la paroi. Nous voilà sous le dièdre Vernetcouc_06

Pendant qu’il s’équipe il me relate l’histoire de son ascension. Il aura fallu 3 « visites » comme il dit pour que Jean Vernet en vienne à bout et réussisse la première le 06 septembre 1931couc_07

Jeannot me regarde et me demande s’il peut y aller. Comment lui refuser. Je suis tellement admiratif devant cet homme plus près des 80 balais que des 70 et qui continue à se balader dans notre massif avec une aisance incroyable et un plaisir toujours intact. couc_08

Il s’envole dans une première longueur… à la recherche de l’ itinéraire d’autrefois.

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nous trouvons 2 clous, dont l’un ne tenant pas sera récupéré couc_12

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c’est du TA … relais sur un bon câblé doublé d’un anneaucouc_16

Jeannot a trouve la rampe qui part sur la gauche. La première fois Vernet aurait pris un « but » en virant trop tôt à gauche.  La seconde, il aurait utilisé un crochet fait maison pour penduler dessus.  Aujourd’hui Jeannot n’a aucune difficulté pour poser un friend et se lancer lui aussi dans l’aventurecouc_17

le maitre à l’œuvre … avec application et délicatesse s’il vous plaitcouc_18

une envolée sans protection, un jeu qu’il adore dans ce niveau de difficultéscouc_19

ne vous y trompez pas, c’est vertical couc_20

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des passages méritent de l’attentioncouc_22

avec de la raideur parfois couc_23

voyez d’où l’on vient, cette jolie rampe en diagonalecouc_24

Je laisse Jeannot enchainer les longueurs en tête. Il est trop content.couc_25

Pour le roi de la fissure, les dièdres n’ont plus de secrets…couc_26

une technique qui a fait ses preuves…couc_27

et voilà le travail !couc_28

nous terminons par un système de dalles bien fracturéescouc_29

pour enrouler un petit surplomb et gagner l’éperon de gauchecouc_30

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c’est là que je prends la main et me dirige sur une sortie classique vers la cime III couc_32

L’arête se couche,  rapidement nous gagnons le sommetcouc_33

bel hommage Jeannot. Merci pour ce beau cadeau. Aldo

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le regard de l’aigle  … rien ne lui échappe, il sait toujours où ça passecouc_01

 

02 et 03 Juillet 2016 : Week-end à la Lombarde ! La Testa Ghia Del Laghi …

02 et 03 Juillet 2016 : Week end à la Testa Ghia Del Laghi …

Nous devions être 6. Deux cordées de 3. Mais les jours approchant les dérobades se sont multipliées. Lachés pour je ne sais quelle autre entreprise par nos amis du club, nous avons gardé Julien et moi l’objectif de franchir le col de la Lombarde pour découvrir une voie récente en TD sup  : « Cinquantini Smarmittati ».  Nous ne regretterons rien de ce choix, car la réputation de cet itinéraire n’est pas usurpée.

Le soir, bivouac en tête à tête. Intime certes, mais l’apéro n’a pas manqué. Maître renard attiré par l’odeur alléché l’a bien compris, et s’est invité dans notre fable improvisée.

Samedi 02. Le départ de Nice est très tardif. A 14h nous sommes au pied du contrefort du Mont Aver. Quelques voies soi-disant bien équipées devraient nous distraire et nous entraîner pour le lendemain. Nous nous lançons dans les 3 longueurs de la Via Checcu . Le niveau ne dépasse pas 6a+…

A peine arrivés au 1er relais, l’averse qui était annoncée s’abat sur nous. Julien tire son rappel vaille que vaille et nous courons nous abriter dans mon fourgon. Heureusement que l’approche est courte.

Une heure plus tard le soleil revient inonder les abords du lac. Nos érigeons un étendoir de fortune . Le vent aidant, le matériel sèche vite. Nous osons une seconde tentative avant la nuit. Il est 17h30 quand nous repartons Julien et moi dans la petite voie. ..

Dimanche 03. Après une nuit bien reposante, et un bon petit déjeuner dans l’herbe nous partons sur le sentier du col de L’Aver. En peu de temps, nous sommes en vue de la belle face de la Testa Ghia del Laghi. De la brèche nous dévalons le pierrier et cherchons l’attaque de notre voie parmi les nombreux couloirs herbeux qui bordent la base de la paroi. Julien trouve la plaque signalétique. Savent y faire les italiens ! Le réversible semble approprié, il partira le 1er dans le beau mur de départ ouvert en 2013 par Salsotto et Orti.

Je n’irai pas à dire comme je l’ai lu dans un topo que l’équipement est irréprochable. Mais à part le bémol de la dernière longueur dont je n’ai pas compris l’intérêt de rendre hyper expo le passage en dalle,  (à moins que la plaquette n’ait été maladroitement rajoutée par le haut, ce que je subodore ),  le reste est effectivement très confortable et permet de se régaler dans un niveau à la limite du 6b.

Chapeau les gars, vous avez fait du bon boulot. merci

Aldo

Le récit en images

 

vue du petit lac en descendant le col de La Lombardecol de la Lombarde 01 (02)

le contrefort du Mt Aver où 5 lignes y sont tracées. Accès rapide de la voiture en 30 minutes…  Attention à l’équipement, l’espacement est très hétérogène. Nous avons été attirés par ces 3 là. col de la Lombarde 01 (01)  Julien au pied de la via Checcu 6a+ maxcol de la Lombarde 01 (03)

Julien en tête dans L1 , avant l’averse…col de la Lombarde 01 (04)

tous aux abris !

col de la Lombarde 01 (05)

le retour du soleilcol de la Lombarde 01 (06)

2nd tentative, Julien de nouveau dans L1.  col de la Lombarde 01 (07)

Sans conteste, la via Checcu est la voie « sourire » de ce spot …col de la Lombarde 01 (08) col de la Lombarde 01 (09)

Julien se lance dans L2col de la Lombarde 01 (10)

C’est jolicol de la Lombarde 01 (11)

il est 18h30, le rocher a séchécol de la Lombarde 01 (12)

Julien bientôt au R2col de la Lombarde 01 (13)

L2col de la Lombarde 01 (14)

R2…col de la Lombarde 01 (15)

Ambiance de relais : négociations … je motive Julien pour le 6a+col de la Lombarde 01 (16)

ça démarre par une traversée col de la Lombarde 01 (17)

Julien est parfaitcol de la Lombarde 01 (18)

un belle ambiancecol de la Lombarde 01 (19)

c’est un peu raidecol de la Lombarde 01 (20)

mais ça sort !col de la Lombarde 01 (21)

ambiance du soir…col de la Lombarde 01 (22)

un invité surprisecol de la Lombarde 01 (23)

renard poète ou renard chapardeur? col de la Lombarde 01 (25)

comme nous il s’émerveille

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une nouvelle fable : le renard et les grimpeurs

col de la Lombarde 01 (26)

dimanche, montée à la Testa Ghia del Laghicol de la Lombarde 01 (27)

la paroi convoitée vue de la brèchecol de la Lombarde 01 (28)

on repère bien l’éperon classique et plus loin notre voiecol de la Lombarde 01 (29)

il faut traverser le pierrier et ne pas monter au colcol de la Lombarde 01 (30)

au pied une pente raidecol de la Lombarde 01 (31)

plusieurs attaques possibles… faut trouver la plaque en fercol de la Lombarde 01 (32)

après avoir contourné la base, remonter un petit couloir col de la Lombarde 01 (34)

l’attaque est un peu cachée derrière un rochercol de la Lombarde 01 (35)

Julien matérialise le départcol de la Lombarde 01 (36)

nous nous équipons sous un anneau bien visiblecol de la Lombarde 01 (37)

La plaque signalétiquecol de la Lombarde 01 (38)

Aucun stress pour Juliencol de la Lombarde 01 (39)

c’est parti. Vsup bien raide au départ et soutenu ensuitecol de la Lombarde 01 (40)

Julien dans L1col de la Lombarde 01 (41)

Au R1 sur une vire herbeusecol de la Lombarde 01 (42)

L2, la longueur clef. Si vous passez ce mur et ses écailles, vous sortez. Ensemble de 6b très bien équipé. ( A0 possible )col de la Lombarde 01 (43)

Julien dans L2col de la Lombarde 01 (44) col de la Lombarde 01 (45)

Julien à l’approche du relais n’a des yeux que pour la longueur suivante. En réversible il doit s’engager dans un dièdre vertical col de la Lombarde 01 (46)

Julien au R2, très concentré…col de la Lombarde 01 (47)

Passages athlétiquescol de la Lombarde 01 (48)

technique de dièdrecol de la Lombarde 01 (49)

Julien a toutes les cartes avec luicol de la Lombarde 01 (50)

ambiance de grande voie…col de la Lombarde 01 (51)

R3col de la Lombarde 01 (52)

Moins raide, une grande longueur en 5c où le rocher parfois est plus fragilecol de la Lombarde 01 (53)

Julien me rejointcol de la Lombarde 01 (54)

nous avons pris de la hauteurcol de la Lombarde 01 (55)

un ensemble de 5b pour gagner l’arête et plusieurs gendarmes qu’il faut gravircol de la Lombarde 01 (56)

Julien au relais R5, avant la traverséecol de la Lombarde 01 (57)

Nous nous retrouvons au R5. Je commets l’erreur de garder les 50m de cordecol de la Lombarde 01 (58)

Bien que 50m soient suffisants pour traverser, descendre la vire et trouver le nouveau départ,  mieux vaut prendre des anneaux de buste   col de la Lombarde 01 (59)

en fait R6 n’existe pas , c’est juste une plaquettecol de la Lombarde 01 (60)

Julien dans l’avant dernière longueur. Rocher splendide bien compacte. 5sup au départ, devenant plus facile ensuite.col de la Lombarde 01 (61)

Me voilà dans la dernière longueur dure. 6a+ seulement ? j’ai des doutes…col de la Lombarde 01 (62)

Finalement j’enchaine le départ. Mais je ne comprends pas le passage obligé en haut, dont la dernière plaquette est complètement décalée à droite dans une dalle toute lisse. Je ne trouve pas comment sortir sans risquer la chute. Je renonce à aller la mousquetonner et je choisis un autre itinéraire au dessus de moi qui utilise quelques blocs surplombants où j’arrive à glisser un tout petit camalot dans une prise inversée… En passant ainsi ( 2m plus à gauche ) j’évite l’exposition inutile qui dénote complètement dans la voiecol de la Lombarde 01 (63)

Le Viso au loincol de la Lombarde 01 (64)

Julien tout en bas se lance dans L8col de la Lombarde 01 (65)

Julien au niveau de la difficulté. On a du mal à penser que c’est du 6a+ sur la droite…col de la Lombarde 01 (66)

Après une petite marche, nous retrouvons au sommet de nombreuses cordées qui ont gravi l’Eperon…col de la Lombarde 01 (67)

Nous n’en resterons pas là. Le retour étant rapide, nous refaisons un tour dans le contrefort du Mt Aver.  La Via del Niglio. L »équipement est encore bizarre dans la dalle du bas. Soit disant un 6a dans la ligne de spits. Je demande à voir d’autres grimpeurs. Nous , on a encore pris sur la gauche…

col de la Lombarde 01

 

 

Mercredi 22 juin 2016 : L’Eperon SUD du Cayre de La Madone.

Mercredi 22 juin 2016 : L’Eperon SUD du Cayre de La Madone.

Très belle journée ensoleillée qui nous a permis avec Véro de découvrir le fameux Eperon de la Tour Rouge. Cette voie un peu hétérogène cache de très jolis passages où la verticalité peut surprendre au détour d’une vire…

Nous avons choisi la variante d’attaque qui dès le départ est exigeante dans les placements (VIa) . La 2nd longueur un peu exposée, a causé quelques soucis à Véro, qui a tenté vaillamment le réversible. Nous avons réussi à atteindre le sommet après 5h1/4 d’une belle escalade et un joli passage dans le mur rouge bien raide coté VIb . Equipement « royal » qui permet de toujours s‘en sortir en A0 si les bras venaient à faiblir…. placement des pieds à soigner si l’on veut enchainer. Technique, lecture et force,  3 éléments indissociables dans cette longueur à ne pas shunter même si des spits à droite offrent une variante plus facile.

Je rajouterai qu’il faut être à l’aise dans le 6a pour ne pas se faire mal dans la voie. V obligatoire dit le topo Gass . Ne pas hésiter à compléter. Prévoir durant l’ascension un rappel dans un couloir, et un relais à bâtir sur un arbre un peu plus haut, avant de finir l’ascension en corde tendue.  La descente se fait par le cheminement classique vers la brèche et sans tirer de rappels dans le couloir côté sud

Voie ouverte en 1955 par Castelli, Dufour et Demenge, elle est cotée Dsup et rapidement accessible par la combe du Ponset. Son escalade est plaisante avec de courts mais splendides passages esthétiques

Aldo

Les photos de l’ascension en commençant par la fin :

Eperon de La Tour Rouge_40 Eperon de La Tour Rouge_01 Eperon de La Tour Rouge_02 Eperon de La Tour Rouge_03 Eperon de La Tour Rouge_04 Eperon de La Tour Rouge_05 Eperon de La Tour Rouge_06 Eperon de La Tour Rouge_07 Eperon de La Tour Rouge_08 Eperon de La Tour Rouge_09 Eperon de La Tour Rouge_10 Eperon de La Tour Rouge_11 Eperon de La Tour Rouge_12 Eperon de La Tour Rouge_13 Eperon de La Tour Rouge_14 Eperon de La Tour Rouge_15 Eperon de La Tour Rouge_16 Eperon de La Tour Rouge_17 Eperon de La Tour Rouge_18 Eperon de La Tour Rouge_19 Eperon de La Tour Rouge_20 Eperon de La Tour Rouge_21 Eperon de La Tour Rouge_22 Eperon de La Tour Rouge_23 Eperon de La Tour Rouge_24 Eperon de La Tour Rouge_25 Eperon de La Tour Rouge_26 Eperon de La Tour Rouge_27 Eperon de La Tour Rouge_28 Eperon de La Tour Rouge_29 Eperon de La Tour Rouge_30 Eperon de La Tour Rouge_31 Eperon de La Tour Rouge_32 Eperon de La Tour Rouge_33 Eperon de La Tour Rouge_34 Eperon de La Tour Rouge_35 Eperon de La Tour Rouge_36 Eperon de La Tour Rouge_37 Eperon de La Tour Rouge_38 Eperon de La Tour Rouge_39

Mercredi 06 Avril : couloir Nord Est du PELAGO, les castors sont de sortie…

Mercredi 06 Avril : couloir Nord Est du PELAGO, les castors sont de sortie…

Retrouvailles avec les fidèles du mercredi
« Toujours debout » oserai-je dire ! comme Renaud dans son nouvel album, grâce à mes solides compagnons : Jacques en pleine forme, Doc tout autant et Linda véritable ange gardienne.
Nous quitterons le parking du Boréon à 7h00, sans ignorer qu’il devrait faire une chaleur hors norme.
Le sommet sera atteint à12h45 . Horaire correct si l’on décompte une petite escapade de mes amis partis chercher des œufs de Pâques dans la forêt…
Et puis ce petit coup de fatigue 50m sous le sommet, sans doute dû à ce virus de la fièvre jaune qu’on m’a injecté dans un vaccin il y a 8 jours.
Bref ils auront été bien patients avec moi mes amis. Surtout à la descente, où j’ai bien cru ne jamais en venir à bout.
La suite avec les photos
Aldo
Les versants Sud du Pelago sont déneigés

PELAGO approche versantS 06-04-16



Nous ne regrettons pas d’avoir laissé les raquettes dans la voiture

DOC Sangué

En prenant pieds dans le vallon Sangué nous constatons que la neige est abondante et ne porte pas si mal que ça

PELAGO base du Vallon Sangué 06-04-16

au fond du Vallon, Baissette sous un ciel bleu…

PELAGO Vallon Sangué Baissette 06-04-16

derrière nous , Les Juisses et l’Agnellière… la neige tient le coup sur les pentes nord…

PELAGO base du Vallon L Agnellière 06-04-16

 

Nous testons la neige dans les grosses bosses sous le couloir Est. Un choix de descente qui semble praticable sur ce versant… PELAGO premiers couloirs arête Sud Vallon Sangué Baissette 06-04-16

Dans la masse imposante du Pelago, notre objectif apparaît enfin…

PELAGO couloir NE Vallon Sangué 06-04-16

 

Repérage évident une fois la baisse du Pelago en vue

PELAGO couloir NE 06-04-16

c’est un couloir caractéristique avec un passage à 50° qui ne semble pas être un problème aujourd’hui…

PELAGO couloir NE zoom 06-04-16

Le couloir NE, dit « Bérhault Brizzi Dumas » s’élève sur 350m à 35° en moyenne
Tout y est jusqu’à la brèche… c’est de l’AD inf

PELAGO attaque couloir NE zoom 06-04-16

10 heures, la première cordée se lance. ( 15°c à mon thermomètre ! )

PELAGO base couloir NE 06-04-16

puis c’est autour de la seconde…

PELAGO 1ers pas couloir NE 06-04-16

Dans une pente qui s’incline progressivement nous évaluons le risque prudemment…

DOC bas couloir

La neige porte, les pierres sont sages, le rocher est sec

PELAGO mi hauteur couloir NE 06-04-16

on s’enfonce de plus en plus. 18°c au thermomètre….

PELAGO couloir NE 2nd partie 06-04-16

Notre couloir vu de haut. Couloir descendu à skis par S.Clarys, S.Masotti et P.Montiglio

PELAGO couloir NE vue plongeante 06-04-16

le court passage à 50° dans une neige très molle…

PELAGO couloir NE partie finale 06-04-16

la présence du rocher nous rassure…

PELAGO couloir NE accès brèche 06-04-16

l’ambiance sauvage que nous sommes venus chercher… au fond notre majestueuse et splendide Cougourde

PELAGO couloir 06-04-16

les derniers coups de pioche avant la brèche. Quand je vous disais que la neige devenait limite …

DOC haut couloir

la corniche franchie, la brèche est suffisamment large pour nous permettre d’assurer convenablement Doc à l’assaut de l’arête finale

PELAGO brèche 06-04-16

en une petite longueur de corde il gagne la crête …

PELAGO arête finale 06-04-16

Quelques mètres nous séparent du sommet, le vent souffle fort, le temps a viré, la température plonge… Derrière Jacques les cayres Nègres du Pelago et le Guilié se profilent vers le nord

DOC sommet

au Sud les nuages envahissent le ciel… Doc est arrivé au sommet

PELAGO accès sommet 06-04-16
alt. 2768m à 12h45. Le plafond est bas.

PELAGO summiters 06-04-16

Le Gélas prisonnier des nuages où se trouvent Bruno et ses 2 compagnons du jour…

PELAGO côté GELAS 06-04-16

du sommet nous continuons de descendre sur l’arête sud à la recherche du meilleur passage pour basculer dans le couloir Sud Ouest

PELAGO arête sud descente 06-04-16
Doc et Jacques se lancent dans la pente vers la voie normale…. 45° dans une neige qui personnellement m’inspire peu de confiance. Avec Linda nous trouverons de quoi nous protéger 2 fois sur des rochers apparents avant de retrouver le lit du couloir

PELAGO descente 06-04-16

Couloir recherché par les bons skieurs, le couloir SO a été descendu entre autres par les guides J.Beretti et P.Montiglio en avril 1996 …
Il faut bien serrer à gauche dans l’étranglement un peu plus bas

PELAGO couloir versant W brèche 06-04-16

La descente est fastidieuse. Les chutes de pierre sont possibles dans l’entonnoir que forme le goulet. Il ne nous laisserait aucune chance si d’aventures….

PELAGO couloir SW voie normale descente 06-04-16
Après que mes amis compatissants m’aient relevé une bonne dizaine de fois , j’ai pu par miracle retrouver avec eux le Boréon, titubant comme un rescapé de l’Everest…
C’est en jouant les castors que nous réussirons le traverser
DOC castors
La neige fut lourde à la descente . Mais comme sur l’autre versant, elle a mieux porté en bas qu’en haut des couloirs. Ceci dit, les purges de fonte sont loin d’être terminées. Le risque est sérieux. Alors avis à la prudence en cette fin de saison avec des températures bien au dessus de la moyenne. Les rochers se délitent. On a vu passer un joli tas de cailloux ….

parking 16h00

Aldo

castor_025

Mercredi 23 décembre 2015: traversée intégrale du PELAGO

traversée intégrale du PELAGO… complètement sec en plein coeur de l’hiver, du jamais vu !

Cette traversée Nord Sud en conditions hivernales, des Cayres Nègres du Pelago, est un vieux projet que l’on avait repoussé plusieurs fois à l’avantage de traversées moins ambitieuses, comme celle des Cayres Nègres du Mercantour réalisées 2 fois dans le cadre des sorties du mercredi.

Cette fois-ci notre motivation sans faille est due aux conditions printanières qui règnent sans partage sur les sommets du Mercantour depuis bientôt 2 mois, et qui vont nous faciliter la tache au grand dam de nos amis skieurs désemparés par un manque de neige exceptionnel. A quoi bon attendre les difficultés alors, et remettre à nouveau ce projet. Ça sera en « dilettante » comme on dit ou en « roue libre » … petit plaisir en ces périodes de fêtes qui approchent.

Je lance donc l’appel pour une « ballade » verticale, ou rando « alpine » si vous préfèrez :

l’arête Sud en première partie, 900m de déniv,  de la séparation du vallon Sangué et celui du Haut Boréon  jusqu’au sommet du Mt Pelago qui culmine à 2768m.

Durée estimée 3h, avec un petit côté historique » car l’itinéraire a été ouvert à la fin du XIXème, il y a plus de 100 ans, par J.PLENT et V. de CESSOLE.  Cotation …. Facile. C’est pour dire. Mais le plaisir n’est-il pas partout dans notre beau massif, tout comme celui de la découverte que Thibault,  seul à répondre à mon invitation, voudra partager avec moi ? …

La seconde partie de notre itinéraire sera la traversée complète des arêtes des Cayres Nègres dans le sens Sud-Nord. Cotation « PD ». Généralement faite dans l’autre sens pour récupérer la voie normale et redescendre dans le Boréon. Après une ascension par exemple, de l’un des nombreux couloirs qui balafrent  le versant ouest, très prisés en hiver, avec leurs lots de bonnes ou mauvaises surprises selon les conditions d’enneigement que l’on y trouve. Des passages en mixte, de AD à TD, jusqu’à 80° pour les plus raides. Des voies portant parfois le nom des ouvreurs, mais aussi des voix entachées de tragédies, comme celle de février 2008 où des membres du PGHM de St Sauveur ont malheureusement dévissé sur une plaque de glace …

C’est donc entre 2700m et 2800m d’altitude que nous allons suivre le fil d’une succession de petits sommets que l’on appelle les cayres Nègres Nord et cayres Nègres Sud, entrecoupés par des brèches qui nécessiteront bien 2 ou 3 heures pour rallier le sommet du Pelago à la Baisse des Cayres Nègres située elle, à 2745m. La partie finale plus technique devrait nous obliger à sortir la corde sans trop de problèmes sur un rocher sec même si quelques traces de givre ou de névés persistent dans les passages orientés nord.

Une fois la Baisse des Cayres Nègres atteinte, et selon l’horaire, nous poursuivrons notre logique jusqu’au bout, et tenterons de gagner la Cime de Baissette (2822m) pour terminer notre longue ascension  face au Guilié. (La baisse de Baissette par l’arête Nord est trop verticale avec des passages en V. Déjà été descendue dans les années 50 …. ça sera une excellente idée pour une prochaine fois)

Il est donc 7h du matin sur  le parking …. d’été .  Un luxe !

Frontale allumée juste le temps des préparatifs et nous filons à la lueur du petit jour naissant sur le sentier de la Cougourde.

Au pont de Peïrastrèche nous sortons du chemin. Nous bifurquons à gauche et commençons à nous élever sur des pentes déversantes qui enroulent la base de l’arête sud du Pelago.

La suite en images…

Aldo

Après avoir traversé le torrent au pont de Peïrastrèche, nous remontons des couloirs raides et herbeux versant sud……

la base du PELAGO est imposante. Il n’est pas aisé de choisir un itinéraire plus qu’un autre. Nous continuons à longer son socle dans un grand pierrier tout en prenant de l’altitude…

Nous nous trouvons devant un dilemme. Le point de départ le plus bas que nous avions choisi est en fait une grande muraille coupée en 2 parties et constituée de dalles verticales qui nécessitent les chaussons d’escalade. La progression en « grosses » semble problématique et nous prendrait de tout façon trop de temps. Plutôt que d’attaquer les vires et les cheminées qui slaloment dans les parois, nous préférons poursuivre et voir un peu ce qui se passe derrière, plus à l’est…

Nous trouvons « notre » passage à l’extrémité nord de cette grande muraille. Un tout petit couloir terreux et instable sera notre point d’attaque. A son sommet une sorte de selle délimite le point le plus au nord que nous ne voulons pas franchir afin de rester au mieux sur l’arête sud …

Après ce contournement, notre ascension commence véritablement…

Thibault s’impatiente de mettre les mains. Il aurait bien démarré plus bas dans les dalles…

L’arête Sud est enfin là sous nos pieds. Et le soleil bien présent sur nos têtes. Il était temps, moins 6°C au thermomètre !

Nous découvrons tous les deux l’arête sud dans toute sa splendeur. Le panorama est fantastique. Le Guilié au fond, la Tête de la Ruine à droite.  Les Cayres Nègres sont encore masqués par le sommet du Pélago…

L’arête est un jeu. Les jouets sont ces petits gendarmes et blocs de rocher qui entravent le parcours …

Nous revenons sur nos pas pour nous pencher au dessus de la paroi que nous avons contournée. Il y avait effectivement la possibilité de grimper dans des couloirs . Mais Ils ont l’air  pourris et je ne regrette pas notre choix.

La rencontre avec les premiers blocs exalte Thibault…

Sûrs de nous, nous gardons la corde dans le sac et jouons à saute mouton…

selon l’envie et l’adresse, chacun trouve son passage pour son propre plaisir…

Derrière Thibault, en toile de fond c’est une vraie carte postale … (cliquez sur les photos pour les agrandir)

voilà à quoi ressemble l’arête quand nous nous retournons …

Nous poursuivons en cherchant des passages ludiques…

des blocs empilés comme des allumettes tombées d’une boite…

des allumettes grosses comme des menhirs…

une partie abrupte sur la droite, où les premiers couloirs E et NE viennent terminer leurs courses comme celui référencé N° 449 sur le topo Gass…

Un rodéo improvisé…

un jeu de funambule…

un peu d’adrénaline au dessus du vide…

à l’approche du sommet, derrière nous… le versant Nord du Gélas est un peu enneigé.

L’arête tourne plus au Nord et nous oriente vers la cime …

encore de jolis passages pour qui veut jouer des mains…

Les lacs Bessons sont gelés…

Les pentes du Guilié sans neige…. je comprends le désarroi des skieurs.

le sommet est atteint en 1h40 depuis le petit couloir de la base de l’arête.

Après un long moment d’émerveillement entourés de jeunes bouquetins, nous reprenons notre route…

Nous sortons la corde pour descendre à la première brèche. La traversée des Cayres Nègres peut commencer …

Sur le versant Nord Est, la température repasse sous Zéro…

le rocher gèle les doigts…

c’est un passage que nous connaissons Thibault et moi pour l’avoir franchi dans l’autre sens après l’ascension notamment des couloirs Berhault Brizzi ( couloir NE) et le couloir Nathalie…

derrière cette brèche il faut regrimper quelques mètres …

sortie du couloir NE, en manque de neige un 23 décembre !

Thibault poursuit en leader…

Des points de vue remarquables…

Un bouquetin mâle, beau spécimen du genre, n’est ni effrayé ni enclin à se pousser du chemin. Faut dire que sur la baisse du Pelago il fait maintenant pas loin de +12°…

Le capriné se laisse admirer et photographier…

Indéniablement il est en rut. Il rabat sa queue sur l’échine et arbore un train arrière éclatant sans aucune gêne.

Faut dire que depuis près d’un siècle que les italiens l’ont réintroduit, il en voit passer des alpinistes !  1200 bêtes dans le parc italien je crois bien…

Il pose devant le Gélas, devant la Cougourde…

tout ça ralentit l’allure. On se ressaisit. Il faut quitter cet endroit  « maléfique » qui est un véritable appel au farniente ! Puis j’aime pas les bêtes à cornes, surtout lorsqu’elles sont en rut !

nous laissons la baisse du Pelago et son sommet derrière nous …

devant ça se corse ! une véritable enfilade de cayres et de brèches…

Car si la montée au Cayre Nègre Sud sont des éboulis faciles, la suite devient beaucoup plus rocheuse…

Au loin le panorama est fantastique. La cime de Brocan en marque la frontière. Baissette est en vue…

Thibault se risque vers l’inconnu…

Si si , ça passe. C’est par là . « … d’abord par le versant est … » dit le topo. De toute façon ça passe pas ailleurs, à moins de tirer un rappel…

La désescalade c’est comme l’escalade. C’est juste dans l’autre sens !

Si tout semble bien se passer, il faut se méfier !   c’est que quelque chose nous échappe…

un gendarme à l’ombre …paradoxal non ?

De toute évidence ce n’est pas par là qu’on serait descendu …

c’est côté Est…

infatigable ce Thibault !

pourquoi faire simple…

content de lui … mais c’est pas fini

derrière nous, la descente du cayre Nègre Sud à la brèche que nous venons de parcourir …

Nous arrivons au sommet du Cayre Nègre Nord…

Tout autour c’est tellement sec qu’on se croirait dans le désert d’Atacama…

il faut nous retourner pour apercevoir de rares névés versant nord

sommet du cayre Nègre Sud du Pelago, atteint en un peu moins de 1h1/4 depuis le sommet du Pelago…

Là commencent les p’tits problèmes.

Nous nous lançons dans un rappel plutôt que de descendre des couloirs instables.

ça c’était la bonne idée.  Le rappel est installé versant NW.

Mais nous sommes trop attirés par d’autres sangles de rappel que nous apercevons plus bas

Chaque solution amenant de nouveaux problèmes, nous nous apercevons que nous descendons trop bas sur ce que l’on appelle l’arête Ouest ou Nord Ouest qui vient du cayre des Erps. Traverser nous semble maintenant de plus en plus compliqué en l’absence de neige. C’est littéralement POURRI !  Malgré tout on essayera. Mais se tromper est tellement humain…

Après être remontés d’où l’on venait, nous trouvons une brèche qui nous ouvre le passage vers l’est.

Descendre en contournant par l’est le ressaut terminal qui surplombe la baisse des Cayres Nègres, voilà ce qu’il fallait faire…

la désescalade est beaucoup plus saine sur ce versant. Elle débute par une cheminée puis quelques dalles rocheuses…

On prend pied dans un couloir qui s’élargit et donne accès plus facilement à un cheminement évident que l’on poursuit jusqu’à la baisse.

à la baisse des Cayres Nègres du Pelago, famille bouquetin au grand complet !

cabris, étagnes nous dominent …

sous l’œil attentif des mâles …

bien plus agiles que nous

De toute la journée la mer de nuage n’a pas quitté la côte. Au sommet de la cime de Baissette, il est 14h45. Certains viennent nous boucher la vue. Il est temps de descendre. Nous descendrons par le vallon des Cayres Nègres.  Derniers clichés …

on serait bien resté 1h de plus …

je montre à Thibault la crête de la Maura que nous avions remontée avec Jacques … 1300m d’arête  jusqu’au Gélas

Les 4 cimes de la Cougourde sont bien visibles. Un petit descriptif des voies pour le faire saliver…

au Nord le Guilié, trop loin pour aujourd’hui …

encore un « selfy » comme on dit

notre parcours …

la cime du Mercantour s’ennuage, les cayres Nègres blanchissent…

féérique… à la veille du réveillon de Nöel

dans la brume après avoir dévalé les pentes du Baissette…

Nous déciderons de ne pas emprunter le sentier vers le refuge mais de descendre de rocher en rocher le torrent gelé du vallon  Sangué, un accès qui n’est plus entretenu par le parc.

Le parking sera rejoint vers 17h.

Au total 10h de rando dite « alpine » dont voici la trace

Au fait c’est quoi la différence entre « rando alpine » et « alpinisme » ? (question que l’on me pose souvent et dont je n’ai jamais vraiment une réponse claire)

De l’étymologie à la réalité de terrain :

Si l’alpinisme est un sport où les ascensions s’effectuent dans les Alpes et par extension en montagne, alors la traversée du Pelago serait de l’alpinisme ?

Mais alors c’est quoi la « randonnée alpine »  ?

Pour le ski de montagne on distingue le ski dit de « rando » (soit disant sans chrono…), et le ski dit « alpinisme » plus orienté performance où les différentes cotations reprises au fil des ans et très précises aujourd’hui ( SM à TBS, S1 à S7, F à ED, E1 à E4… etc ) demandent du « vécu » comme on dit pour comprendre leur signification.

L’Académie Française clarifie tout ça en 2008 en officialisant l’appellation du Ministère des Sports : le « SKI ALPINISME » regroupant ainsi toutes les façons de pratiquer la même discipline.

 

Alors pour ceux qui gravissent les sommets à pieds, que doit-on dire en montagne ?

 

L’Académie Française ne venant pas à mon secours , c’est vers les Suisses que je me tourne  et la cotation randonnée du Club Alpin Suisse. Sur leur échelle, T3 nécessite l’aide des mains. Le vocable  « randonnée alpine » apparaît clairement à partir de T4. Et une expérience dite « alpine » et confirmée, avec l’habitude du matériel technique d’alpinisme devient indispensable lorsque la progression est « difficile », niveau T7, niveau max de cette échelle.

Alors pour nous au Pelago…  rando ? ou alpinisme ?

Si l’alpinisme débute là où nous devons mettre les mains. Qui les met et quand ?

Si l’alpinisme débute quand on sort du matériel. Mais qui le sort et quand ?

Si l’alpinisme débute quand c’est dur. Mais qui trouve que c’est dur et quand ?

Si l’alpinisme débute quand c’est dangereux . etc etc …

 

 

C’est la FFCAM qui vient à notre secours en donnant plus d’indications sur le sujet.

La FFCAM délivre 3 brevets d’initiateur fédéral :  Initiateur « randonnée » (en dehors des massifs montagneux), « randonnée montagne » (en milieu montagnard à l’exclusion des zones d’enneigement permanent, et « randonnée alpine » (sur glaciers faciles peu pentus et en rocher dit facile  jusqu’au niveau II, en précisant même à l’altitude inférieure à 3800m dans l’arc alpin)

Alors ça, ça nous parle. Niveau II , rocher facile… ce sont les cotations en référence  à celles de  l’Union Internationale des Associations d’Alpinisme (UIAA) , la seule vraie référence,  sur laquelle  le ski alpinisme s’appuie aussi pour les cotations montagne.

Du coup la progression dite « difficile » en rando (T7) devient « facile » en alpi (F)

Hum…Vous suivez toujours ? 

Si vous n’allez pas vous y frotter, vous n’aurez jamais d’exemples concrets qui vous parlent.  Alors on va conclure avec humour. La randonnée « alpine » c’est jamais facile. Si c’est trop facile, c’est qu’un truc vous a échappé. Redoublez de prudence !

Ne banalisons pas avec des mots, si c’est la connaissance du milieu alpin qui forge les alpinistes, alors rien ne vaut le terrain  … il faut y aller !

ça permet de comprendre les cotations de l’Union Internationale des Associations d’Alpinisme (UIAA) , la seule vraie référence : (F, PD, AD, …) avec les passages cotés 1er degré, 2ème, 3ème.. etc,

Pour nous ce mercredi 23 décembre c’était de l’alpinisme, facile à peu difficile , côté ainsi : F et PD. Et c’était le pied !

Aldo

 

Sachez que la FFCAM a une commission Nationale de la Randonnée qui a défini un contenu de formation qui s’appelle « RANDONNEE ALPINE » dont les principaux sujets traitent de :

1- les pentes de neige ( < 45°) : neige , sécurité, freinage, relais corps morts, encordement, piolets, descentes, mains courantes … 

2- le glacier : itinéraire, assurage, ancrages, crevasses, mouflages, cramponnage…

3-terrain mixte : glace rocher neige , techniques, assurage ( broches anneaux pitons, relais..)

4-rocher : courts passages < 50m : encordement, baudriers, nœuds, assurage, rappels, mains courantes

5- sécurité secours : risques, météo, terrain, 1er secours, mise en situation, conduite à tenir ..

6- bivouac imprévu

7- conduite de groupe ( en altitude ) : plan de marche, marge de sécurité, repli, évaluation, psychologie, organisation des cordées, imprévus, renoncement etc..

8-hébergement : conduite refuge ou gîte gardé ou non

9- cartographie orientation

10- connaissance du milieu

11- vie de l’association

un vrai programme …. d’alpiniste !