Archive pour la catégorie ‘Général’

Dimanche 20 mai 2018 : point d’orgue de la saison en Haute-Gordolasque !

G1 : tour de la Malédie (1500 mètres de dénivelée, 18 kilomètres)

G2 : lac Niré (800 mètres, 12 kilomètres)

 

 

Météo France nous conseillerait plutôt de rester au coin du feu avec le chat sur les genoux… Nous consultons de façon compulsive les prévisions pour ce dimanche, qui sera le dernier pour notre section raquette. Averses orageuses, petites chutes de neige, orages, ô rage, sont annoncés. Sortirons-nous ? Et si oui, pour aller où ? Le suspens entretenu autour de la robe de Meghan, à côté, c’est purement anecdotique…

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Nos encadrants ont sorti du chapeau le petit papier « tour de la Malédie » pour le G1. 1ère édition de ce tour pour la section raquette : le 1er avril 2012. Quant au G2, qui partira une heure plus tard, il avisera sur place en fonction de la neige et de la météo. Direction pour tout le monde : le pont du Countet. Annie, Gabriel, Denis et Vincent encadreront le G1 (16 personnes en tout). Tony, à lui tout seul, s’occupera du G2, composé de quatre dames qui lui sont d’une fidélité à toute épreuve.

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Le printemps a pris ses quartiers au pont du Countet : tous les dégradés de vert sont juxtaposés dans les arbres et dans les prairies. Pourtant, nous le savons, la neige nous attend à l’ancienne frontière, au mur des Italiens.

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Les copines du G2 aimeraient bien monter au lac Long, pour en redescendre en même temps que le G1, et des négociations sont lancées… Mais Tony, seul maître à bord, et conscient de ses responsabilités vis-à-vis de sa petite troupe, opte pour une destination moins pentue, donc moins « à risque » : le lac Niré.

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Marie-Françoise et Michèle participent à la trace. Le pique-nique se fait sur les rives du lac, mais le temps qui se dégrade contrindique la sieste digestive. À la mi-journée, un contact radio entre Gabriel et Tony permet de rassurer tout le monde sur le sort de tout le monde, et le G2 reprend le chemin du retour.

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Pour le G1, que le sac est lourd, ce matin : raquettes, piolet, crampons, baudrier, mousquetons, casque, corde pour les plus musclés… nous voilà transformés en mulets. Aussi, dès les premiers champs de neige, certains s’empressent de tomber le sac pour chausser les raquettes : ça sera autant de moins à porter. L’enneigement nous surprend et nous émerveille, en cette (presque) fin du mois de mai.

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La neige, de plus, porte bien : quelle bonne idée de s’être levé une heure plus tôt ! Nous voilà bien réveillés, dans le grand air frais qui descend du Clapier, avançant d’un bon pas vers le lac de la Fous et le refuge de Nice. Le lever à 4 heures, ronchon, grognon et cie, était justifié !

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Au niveau du refuge, les pentes qui montent vers le pas de Pagari se redressent et nous obligent à passer en mode « crampons ». Sans oublier, bien sûr, d’enfiler le baudrier « avant » les crampons. Sinon, c’est plus compliqué !

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Deux Vincent, deux Frédéric-que, deux Gabriel-le :  on voit double, aujourd’hui ! Gabriel explique qu’il faudrait être « sortis » à midi (sous-entendu : « sorti » des difficultés), histoire de nous mettre un peu de pression, juste la dose qu’il faut pour qu’on ne relâche pas l’effort.

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Pendant cette mise au point nécessaire, Denis aborde courtoisement Vincent M. pour lui proposer, comme une faveur, la première place dans la file et la responsabilité de la trace, le tout emballé de tant de rubans et de papier cadeau que l’intéressé ne peut vraiment pas se défiler : tant mieux pour nous, car Vincent nous réussit une trace régulière et efficace pour remonter le vallon de Pagari,  bravo !

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Mais pour atteindre le pas de Pagari, d’autres bonnes volontés devront se relayer en tête en alternance avec Denis… La pente est de plus en plus raide, et nous traversons d’anciennes coulées, de vrais champs de boules de neige dans lesquels on s’épuise rapidement. C’est là qu’on apprécie d’avoir quelques grands et solides gaillards dans le groupe, merci à eux… Prudence dans la dernière traversée, exposée, au-dessus de barres rocheuses, qui débouche, ouf ! enfin ! au pas de Pagari.

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Quel paysage… Enfin, quel paysage on aurait, sans tout ce brouillard… Nous y voilà : les prévisions météo nous ont finalement rattrapés, et pourtant on a marché vite… En attendant que Gabriel et la queue du peloton soient en vue, un conseil de guerre se tient, à cheval sur la frontière franco-italienne : qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? Au pire : redescendre. Au mieux : tenter l’ascension de la cime Pagari (grimace de Denis).

 

Malédie et Canale Muraion

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Mais au même moment, (signe du ciel ?) une déchirure se fait dans le brouillard, nous dévoilant l’intégralité du couloir Muraion, tandis que Jean, du fond de sa sagesse, invente un beau néologisme, un mix entre « tentant » et « jouable » qui résume la situation : « Mmmh… c’est tentable ! » Comme si nous n’attendions que ça, nous voilà tous à dévaler les pentes italiennes, en direction de la base du couloir, dans une neige excellente, en essayant de ne pas perdre trop d’altitude sous le Serre de Pagari.

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Les cordées se forment, par deux ou par trois. Denis contrôle les encordements. Jean et ses dames démarrent. Un peu plus haut, c’est la cordée d’Annie qui prend sa suite à la trace, puis celle de Vincent H. Le couloir est en très bonnes conditions, quelle chance ! Et un léger brouillard l’enveloppe, supprimant les sensations vertigineuses que l’on peut parfois éprouver sur des pentes très raides. Malheureusement, ce même brouillard nous vole la vue impressionnante sur la paroi de la Malédie, totalement invisible tout en étant proche à la toucher.

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Un chamois nous bombarde de mottes de terre qui roulent et rebondissent dans le couloir, tandis que retentit un lointain coup de tonnerre : ambiance… Et voilà que Vincent H. disparaît dans un trou au niveau d’une sorte de rimaye : c’est dire le travail de la neige, dans ce couloir, et l’importance du casque…

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La sortie des cordées sous la facette nord de la Malédie est un grand moment de bonheur, pour tous, même si elle se déroule dans un brouillard épais et le début d’une averse de neige. En bon ange gardien Jean attend, à la sortie du « canale  Muraion », l’arrivée de la dernière cordée

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Maintenant, fini les congratulations, car il faut redescendre du pas de la Malédie. Vincent H., dont l’optimisme est inoxydable, nous encourage « on voit le replat ! ». Cool ! Il ne reste donc plus qu’à l’atteindre ! Prudence extrême à la redescente, avec un encordement raccourci, afin d’enrayer une chute éventuelle.

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Mais la neige est parfaite, pas de rocher ni de glace dans ce second couloir de la journée, tout tient bon, les marches comme le moral, et nous nous regroupons un peu plus bas pour nous désencorder, casser la croûte et remettre les raquettes (mais auparavant : enlever le baudrier, car avec les raquettes aux pieds, c’est plus compliqué).

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Le lac Long, encore sous la neige et la glace, est cerclé d’un anneau d’un bleu-gris légèrement opalescent, quel beau cadeau de la Nature ! Nous poursuivons notre descente pour rejoindre les rives du lac de la Fous. Au fur et à mesure que nous perdons de l’altitude, la neige passe de très bonne à très moyenne… Un passage « pourri », en neige filante, nous contraindra à passer à pied, en louvoyant dans des zones où nous laisserons quelques beaux trous en signe de notre passage…

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Mais les difficultés sont terminées, et un brin de soleil refait son apparition : la chance était dans notre camp, aujourd’hui ! Même la descente du mur des Italiens (ah… ses cailloux mouillés, glissants à point) n’altèrera pas notre bonne humeur.

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Au parking, nous retrouvons le G2 et, tous ensemble nous prenons la direction de Lantosque et de ses Tilleuls, ce pôle magnétique qui aimante toutes nos boussoles. Le bar est fermé ? Qu’à cela ne tienne ! Il nous en faut plus pour nous empêcher de vider des cannettes et de manger des gâteaux ! Merci Marie-Françoise, merci Joëlle ! Vos gâteaux-cadeaux valent largement le royal entremet « citron et fleur de sureau » de la fête de Windsor ! Et voilà que la boulangère du village, à son tour, nous offre gentiment une grosse pissaladière !

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La saison se clôt sur une sortie magnifique, une de celles qui donnent ses lettres de noblesse à la raquette alpine. Michel, Patrick, Eric, votre présence nous a manqué, aujourd’hui, nous aurions tellement aimé partager cette journée avec vous. Vivement la saison prochaine pour qu’on se retrouve tous. Merci, amis encadrants, pour ces six mois passés avec vous, à mettre avec application nos raquettes dans la trace des vôtres, vous allez pouvoir souffler un peu… On se connaît depuis si longtemps… Amitié, confiance et respect font la force de notre petit groupe. Il a encore de belles saisons devant lui !

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« La montagne nous offre le décor.

À nous d’inventer l’histoire qui va avec ».

Nicolas Helmbacher, guide de haute montagne

Week-end à Estenc pour le groupe raquettes

Samedi 5 mai 2018 : Tête du Colombier (point coté 2758 mètres)           13,7km pour 1000m

Dimanche 6 mai 2018 : Tête de la Boulière (2708 mètres)

15,2 km pour 1000m 

Samedi :

 

Comme les saumons sauvages, nous nous devons de remonter à la source une fois par an : à la source du Var, à Estenc ! La météo n’est guère engageante, mais il en faut davantage pour démotiver le groupe, surtout quand Annie, Gabriel, Denis, Michel et Tony sont aux manettes, avec leur enthousiasme communicatif…

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La route est certes un peu longue, pour accéder à cette si belle Haute-Vallée du Var, mais quelle récompense : peu de monde, de grands vallons bien enneigés et un calme absolu, garanti par le fait que la route du col de la Cayolle n’est pas encore ouverte à la circulation. Bien qu’intégralement déneigée côté 06, il reste encore 1 kilomètre ½ à ouvrir sur le versant 04. Les hordes de motards ne troublent pas encore la parfaite quiétude du lieu, pour le plus grand bonheur des premières marmottes, du renard de la Canto, des chevreuils, et des 22 CAFistes que nous sommes.

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L’aspect du ciel nous incite à l’humilité… Direction pour tout le monde vers le col de Sanguinière. Et puis on verra bien. Les voitures sont garées à la barrière fatidique du pont sur le ruisseau du Garret, et nous rejoignons rapidement, sur bitume, la balise 286 qui marque pour nous l’entrée dans le vif du sujet : on chausse !

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Les Cabanes pastorales de Sanguinière se dressent en sentinelle au milieu de leur grand pré, carrefour de tant de beaux vallons, qui débouchent sur tant de beaux cols, qui donnent accès à tant de beaux sommets… Notre choix du jour est fait : c’est le ravin du Colombier que nous allons remonter, après avoir longé le ruisseau de Sanguinière qui chante, de toute sa voix d’eau, l’histoire du printemps qui est là, et de la neige qui commence à fondre…

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Attention aux trous ! La neige ne porte guère. Annie, qui trace, en fait les frais. Que d’énergie, pour s’extraire de ces pièges…

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Sous un ciel de moins en moins encourageant, nous arrivons au col. La tête de Sanguinière, maîtresse des lieux, s’est depuis longtemps retirée dans les nuages… Après regroupement, nous poursuivons malgré tout, avec un bon espacement, dans le petit vallon orienté sud-est, qui monte rejoindre la crête venant du col de la Braïssa. Un dernier effort (crampons ? non, on continue à raquette !) nous hisse sur un ressaut rocheux que signale un gros cairn.

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Denis et quelques aventuriers des causes perdues poursuivent leur marche pendant quelques minutes. Mais il n’y a plus rien à voir, à part le brouillard : demi-tour pour tout le monde, et prudence en redescendant cette pente bien raide en neige moyenne… Sur la carte, la tête de Sanguinière est si proche. Mais encore une fois, la raison l’emporte, et c’est très bien ainsi.

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20180508165016-fcd2915cEt puis, il est l’heure de manger, nous avons faim ! Les quelques rares rochers qui émergent de la neige sont pris d’assaut par notre troupe aux vestes et doudounes multicolores.

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Jean, le local de l’étape, propose d’improviser une petite boucle qui nous permettra de revenir à raquette aux voitures…  moyennant un peu de marche sur route et la traversée du tunnel routier. Bonne idée, nous retrouvons la neige !

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Comment imaginer le drame qui s’est déroulé, ici-même, le 2 mars dernier, faisant 4 victimes ? Les deux couloirs qui descendent de la tête de Crépine ressemblent à tous les couloirs, et le pré où sont morts ces skieurs ressemble à tous les prés : anodin, paisible, accueillant à notre halte et propice à notre petit moment de recueillement. Une leçon d’humilité sur le terrain, grandeur nature. C’est la seule leçon à tirer de ce drame. Surtout, ne pas se hâter de juger, critiquer, condamner…

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Mais la vie et la joie d’être en montagne reprennent vite leurs droits ! Nous rejoignons la « Canto » pour la soirée et la nuit. L’apéro, qui est en passe de devenir un rituel aussi réputé que la halte aux Tilleuls, est l’occasion, pour Denis, de nous faire une brillante démonstration à base de cordes et de nœuds. Le vin blanc du patron et les tartes salées de Joëlle faisant monter l’ambiance, les contorsions de Denis pour enfiler un baudrier deviennent vite irrésistibles, malgré sa taille mannequin et ses tentatives désespérés pour rester sérieux et professionnel…

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Le fou-rire nous a ouvert l’appétit ! Tant mieux, car de grands plats de lasagnes au saumon et petits légumes arrivent sur les tables… précédés d’inépuisables marmites de soupe, et suivis de salade, fromage, et d’un délicieux gâteau, noyé sous un Everest de chantilly… de quoi envisager des lendemains qui chantent !

 

Dimanche :

 

Lendemains qui chantent ? Peut-être, mais qui chantent sous la pluie… Michel tente d’impulser un mouvement de grève, très dans l’air du temps, et parle d’installer des piquets de grève devant les voitures… D’un œil morose, nous contemplons le ciel bas, la pluie qui tisse son rideau flou entre les nuages et la terre, et ce gros escargot, toutes cornes dehors, visiblement enchanté de l’humidité ambiante.

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Nous partons pour le vallon de l’Estrop, histoire de partir « vers » quelque part… « Langue de neige, ou cailloux ? » Poser la question en ces termes, c’est déjà y répondre, Denis ! Nous chaussons dès le bas du vallon, sur ladite langue de neige, tandis que Gilles, qui préfère définitivement les cailloux, opte pour le sentier d’été.

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Tony et quelques copines décident rapidement de faire demi-tour : la pluie et cette première montée un peu brutale ont effrité leur motivation, on les comprend…Et voilà, ironie du sort ! que, pour saluer leur décision, le soleil fait un come back durable ! Le reste du groupe, boosté par cette bonne aubaine, continue. La file s’étire, menée par Annie, Gabriel et Denis.

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Ce vallon nous émerveille par son calme, ses perspectives, proches ou lointaines, Pelat, Cimet… Le pas de l’Entonnoir est franchi sans difficulté, le col de Gialorgues et la baisse de la Boulière sont déjà en vue.

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Tandis que Michel bifurque en solo vers le col, nous gravissons, à notre rythme, les dernières pentes de la Tête de la Boulière tandis que se dévoile, furtivement, la cime de Pal, toute proche. Ce sera pour une autre fois ! La Boulière suffit grandement à notre bonheur du jour !

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Retour joyeux, exploration de l’autre rive du vallon, pique-nique en deux groupes rivalisant de provocations rigolardes…

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La bonne humeur est telle que nous ne freinerons pas à temps sur la fameuse « langue de neige » qui descend vers les Louiqs, et que nous devrons remonter la pente en tirant la langue pour retrouver notre sentier. Philippe le confesse : « Tant que j’ai vu de la neige, je suis descendu »… Philippe… Ses photos sont si belles… on lui pardonne tout !

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Merci à tous pour ce très beau dernier week-end de la saison et à très vite car malgré le printemps, la neige est encore là.

Dimanche 29 avril 2018 Sous la protection de la Madone (de Fenestre)

G1 et 2 : tête de la Lave (2375 mètres)

 

 

En ce jour d’happy birthday de Denis, il est évident qu’on fera tout pour lui être agréable ! Il propose d’emmener son monde sur les crêtes Férisson – Prals : on applaudit. Annie, Eric et Tony sont de la partie : un bon groupe de 20 personnes, presque pas découragées par les prévisions météo. Où sont passés les glorieux effectifs du début de saison ? à la plage ? Et pourtant, la neige est encore bien présente sur le Mercantour, et les routes d’altitude commencent à être ouvertes, libérant de nouveaux secteurs…

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Les voitures sont garées au niveau du pont à partir duquel la route de la Madone passe en rive gauche, à la cote 1513. Quelques paquets de neige semblent bloquer la suite du parcours. La suite se fera donc à pied, 2 kilomètres environ, avant de rejoindre le niveau de la vacherie du Devensé où, ô joie, les raquettes vont arrêter de se balader à nos frais sur les sacs à dos.

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Après quelques errements entre vacherie, forêt et ruisseau, histoire peut-être de tester notre détermination à grimper là-haut-là-haut-sur-la-montagne, Denis trouve enfin LE bon gué sur LE bon torrent et, par là même, LE bon itinéraire vers la baisse de Férisson. En prenant de l’altitude, la forêt s’éclaircit, ses pièges sont plus faciles à déjouer, et la visibilité et la lisibilité de la suite du parcours arrivent comme une récompense ! Baisse de Férisson en vue ! Jacques relaie Annie et Denis pour faire la trace sur ce dernier tronçon pentu et le groupe, très étiré aujourd’hui, se reforme sur la crête.

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La vue est déjà sympa et on reconnaît, en particulier, l’intégralité de la si belle sortie dans le vallon Peillasque, la Valette de Prals et le Monjoia. À l’opposé, le sanctuaire de la Madone est bien visible : pour une fois, c’est d’en-bas que la Madone veille sur nous, elle qui, habituellement, semble avoir une prédilection pour les lieux élevés.

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Tandis que le G2 reprend ses forces, le G1 repart déjà en direction de la tête de Cinant, puis de celle de la Lave, par un joli parcours panoramique. Panoramique ou presque : les nuages ont déjà grignoté le paysage, en commençant par les sommets les plus hauts : plus de Gélas, on ne voit que son satellite le Saint-Robert… Puis la cime de la Valette de Prals, notre objectif enneigé du jour, disparaît à son tour, noyée dans un brouillard qui arrive au galop des quatre horizons… Quelques formes émergent lentement de la brume : des copains qui arrivent en soufflant…

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Conseil de guerre… Qui veut continuer ? Frédérique ! Qui veut faire demi-tour ? Tout les autres, ou presque ! Annie et Denis décident de s’en tenir strictement aux règles de la démocratie, un système qui a fait ses preuves : on redescend !

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La pente qui rejoint le plan de Prals est vraiment raide, peut-être à la limite de ce qu’on peut expérimenter à raquette ? Mais aujourd’hui, nous explorons joyeusement nos limites : sur les pieds ou sur les fesses, la descente est homologuée pour tout le monde ! Aïe ! Si Patrick détaille les photos prises dans ces pentes, il risque de pester en voyant que nous avons déjà tout oublié de ses leçons de « ramasse »… Comme quoi il faut qu’il revienne vite pour prêcher encore et toujours la bonne parole à ses brebis qui déjà s’égarent…

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Nous pensons en avoir fini avec les émotions, et savourons notre pique-nique avec insouciance… Jacques fait tourner le chocolat… Joëlle fait la bise à Jean pour le remercier de lui avoir fait de belles marches de descente : un tableau idyllique, au soleil. Oui, car entre temps, ce mauvais plaisant a fait un éclatant come back, et a entrepris de chauffer à blanc la neige de la combe. On remarque d’étranges juxtapositions entre neige parfaitement blanche et neige « de sable », et chacun y va de sa petite interprétation pour expliquer le phénomène : effet du vent, du ruissellement, du dégel, des coulées ?

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Redescente dans le vallon de Prals, méconnaissable, jamais vu ainsi à la même époque, sous tant de neige : les ponts sur le torrent tiennent bon. Il y a encore une telle épaisseur de neige, même humide, qu’on n’a pas le sentiment de marcher au-dessus de trous, rochers, racines et autres pièges filous. Heureuse insouciance…

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Balise 362 : la route est proche. Si proche. Trop proche ? Denis jette un coup d’œil à sa carte, qu’il porte en sautoir, puis à sa montre : il est tôt. Si tôt. Trop tôt ? Et si nous rejoignions la route à la balise 353 par la forêt et le tracé du sentier d’été ? Pas le temps de négocier : Jacques, son complice, est déjà parti en éclaireur et trace avec énergie dans des dévers encombrés de toutes sortes de végétaux…

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Comme c’est l’anniversaire de Denis, on a tous à cœur de lui faire plaisir : aussi, personne ne râle, et ceux qui glissent et vont s’empêtrer dans un arbre ou un buisson s’extraient des branches presque sans pester, ou alors à voix basse… Mais c’est à voix haute que tous, nous poussons un énorme OUF ! en rejoignant la route ! C’est vraiment drôle, tous ces OUF ! qui s’enchaînent, dits sur tous les tons : ils viennent du fond du cœur !

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Et voilà la pluie ! Une averse qui ne durera que jusqu’à ce que nous ayons enfilé vêtements de pluie et sur-sacs, on devrait le savoir : c’est la loi de Murphy appliquée à la montagne… À bonne allure, nous redescendons jusqu’aux voitures en constatant avec amertume que, finalement, la route était praticable, une fois passé le premier paquet de neige après le pont, qui d’ailleurs a déjà fondu…

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À présent, c’est Tony, efficace, qui prend en charge la suite des opérations. Évidement, son choix se porte sur notre QG vésubien de Lantosque, au-dessus duquel les emblématiques tilleuls sont en train de fabriquer les feuilles vertes qui, bientôt nous abriteront du soleil. Mais le bar est fermé, Tony ne peut pas tout savoir… Toutefois, comme nous nous sentons un peu chez nous (chut…) nous disposons tables et chaises de la terrasse autour de la quiche et de la tarte aux pommes de Joëlle et de la succulente pissaladière de Denis (hé ! n’oublie pas qu’on veut la recette de ta pâte). Toutes ces bonnes choses sont englouties en un clin d’œil, et tout ça sans boire ! Comme quoi l’impossible est possible !

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On se quitte sur les bises habituelles. Pour certains, c’est la fin de la saison, à bientôt les amis. Pour d’autres, rendez-vous est pris pour le samedi suivant, un peu plus tôt que d’habitude, mais ça, c’est une autre histoire à lire dans le prochain numéro…

Dimanche 22 avril 2018 : Les chenilles processionnaires des Millefonts

G1 : traversée cime des Lauses (2651 mètres) – la Costasse – tête de la Tranche: 14 km pour 1000m environ

G2 : tête des Margès (2550 mètres) 13 km pour 900 m environ

 

C’est la saison qui veut ça… À la queue leu leu, comme le font les chenilles processionnaires, G1 et G2 quittent le cocon douillet des voitures pour le paradis blanc des Millefonts.

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Mais, contrairement aux chenilles processionnaires qui désertent leur nid pour aller s’enterrer dans le sol sous la conduite exclusive d’une femelle, ce sont de vigoureux mâles qui prennent la direction de notre cohorte à raquettes : Gabriel et Vincent pour le G1, Eric et Tony pour le G2 (mais tous les autres mâles du groupe sont eux aussi vigoureux, faut-il le préciser ?).

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Un bon kilomètre de marche à pied sur la route nous permet de préparer les muscles et le mental aux efforts de la journée. Nous chaussons, avec une intense satisfaction, vers 1850 mètres, au niveau de la balise 81 du Plan de la Gourra, avant de poursuivre en direction du parking en coupant allègrement les lacets interminables de la piste. Premier regroupement, et séparation en deux groupes qui vont se suivre à quelque distance, pour se retrouver à nouveau au col de Veillos, en bonnes chenilles processionnaires à deux pattes.

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C’est toujours une bouffée de bonheur, quand on découvre cette immense combe des Millefonts (les mille « sources ») dans son habit d’hiver. Et là, bien que nous soyons au milieu du printemps, c’est bien un paysage d’hiver que nous avons sous les yeux : du blanc, et du bleu. Et juste quelques barres rocheuses qui interdisent certains accès, histoire de canaliser notre route vers des terrains sans danger.

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Pétoumier et Pépoiri nous toisent, mais nous n’avons d’yeux que pour leurs vis-à-vis : Margès, Lauses, Costasse, nos Graal du jour.

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Le G2 d’Eric et Tony, un bon petit groupe de 9, oblique vers la tête des Margès et progresse avec un espacement parfait, à rendre jaloux notre pauvre Gabriel : le G2 serait-il plus discipliné, plus enclin à respecter les consignes que le G1 ? Leur montée régulière, dans les pas d’Eric, les amène sans problème à avaler pentes et combes, jusqu’à sortir sur la crête qui court du col Ferrière au col du Barn, et qui sépare le Valdeblore du secteur de Mollières.

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Une crête comme on les aime, avec de belles corniches sculptées par le vent et un panorama devant lequel on resterait à rêver des heures durant, si la faim ne venait pas titiller les estomacs : et si on cassait une petite croûte dans cette salle à manger trois étoiles, la tête des Margès ? Unanimité sur ce choix.

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Le G1 fait une pause-regroupement au col Ferrière (quelle trace, quel rythme, Vincent, félicitations !). La corniche est impressionnante, et elle s’est même fracturée par endroits en se donnant de grands airs de rimaye… Prudence, ne surtout pas trop s’approcher pour tenter d’apercevoir les toits de Mollières…

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Gabriel est circonspect : il reste juste 160 mètres pour atteindre la cime des Lauses, mais la pente est raide, et il n’est pas question d’entraîner le groupe dans un mauvais plan. Il part en éclaireur pour tester la neige. Il est évident qu’il n’y en a pas une épaisseur trop importante. Ses raquettes font de confortables marches. Ça ne glisse pas. Feu vert ! Le top 10 du groupe lui emboîte virilement le pas, pour conforter la trace et préparer le terrain aux suivant(e)s. Et voilà comment se grimpe la cime des Lauses, aisément, calmement, prudemment, raquettes aux pieds !

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Groupe, Pépoiri, Pétoumier

Quatre personnes, sans doute moyennement tentées par l’aventure, ont préféré rester au col, et surveillent la montée des copains. Du sommet, il faut maintenant les prévenir que le groupe ne repassera pas par le col Ferrière, et qu’on se rejoindra directement au lac Petit. On tente de les joindre par téléphone, mais en vain. Finalement, c’est à l’ancienne, en soufflant dans nos sifflets et en beuglant tous ensemble, que nous réussissons à attirer leur attention et à leur exposer notre plan.

 

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Direction à présent vers la Costasse, en suivant la ligne de crête superbe qui nous mènerait jusqu’au Mont Giraud, si on ne nous retenait pas ! Les corniches sont impressionnantes. Impressionnantes aussi, ces traces de chamois dans des pentes à faire pâlir d’envie les amateurs de ski de couloir… Ah, la supériorité incontestable des sabots sur les raquettes, même les plus techniques…

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Personne n’a envie de redescendre, le moment est magique. Continuons donc encore un peu, jusqu’à la tête de la Tranche. Gabriel, qui comme toujours a bien anticipé, a remarqué une belle croupe qui descend du sommet vers le lac Petit, moins pentue que le reste du terrain environnant, sans barres rocheuses dangereuses, et en partie déneigée : tout à fait ce qu’il nous faut pour boucler la boucle en toute sécurité.

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Dans un timing parfait, G2 et G1 convergent vers le lac « Petit », pourtant le plus « grand » des lacs des Millefonts. Pique-nique pour le G1, tandis que le reste de la troupe prend le chemin du retour. La trace d’Eric est tentante : tout le monde la suit, dans une petite variante permettant de rejoindre le col de Veillos avec un petit bonus-dénivelée, et évitant de surcroît une longue traversée en dévers, pas très indiquée les après-midi de grand soleil…DSC08446

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Autour des voitures, dans l’herbe, grouillent des paquets de chenilles processionnaires. Dans les pins environnants, des dizaines de cocons, certains déjà éventrés… Attention à ne pas y toucher, et prudence en posant les sacs par terre… Mais la délicieuse petite brise qui souffle transporte déjà les poils urticants de ces bestioles, et nos bras se couvrent de boutons qui démangent… Attention aux yeux ! On frémit en pensant à ceux ou celles qui sont allés faire un petit pipi dans les bois, les inconscients…

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La bière fraîche ayant la réputation non-usurpée de calmer les démangeaisons causées par les chenilles processionnaires, direction Les Tilleuls ! Pour accompagner ce puissant rituel de guérison, Michèle a préparé deux délicieuses pissaladières, et elle réussit même le tour de force mathématique de les partager en 29 ! Bravo à elle. Elle a encore le sourire qu’elle avait, là-haut, en arrivant sur la cime des Lauses…

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Une rando inoubliable. Merci à nos encadrants, qui dénichent toujours pour nous « the place to be ». La vie est belle ! Et il y a encore plein de neige pour enchanter nos dimanches à venir !

Dimanche 15 avril 2018 : Un Raton. Et 28 sangliers !

Cime du Raton (2066 mètres) depuis Les Launes (1498 mètres).

 

Un risque 4, ça donne toujours à réfléchir. Et ça calme tout net nos envies de Millefonts… Des scores d’anthologie sont annoncés à la suite des dernières chutes de neige d’avril : 1 mètre de neige serait tombé sur Isola ! Gabriel, Eric, Michel et Tony décident d’emmener leur bande de raquettistes gourmands de neige fraîche sur une des crêtes Cians/Var, peu exposée au risque avalanche, mais nous permettant de ne pas relâcher notre entraînement, dans la perspective du prochain week-end à Estenc qui s’annonce sportif…

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Le parking des Eguilles, déserté depuis la fermeture de la station de Valberg, est tout libre pour nos voitures et notre grand déballage dominical de sacs, chaussures, raquettes, victuailles, bâtons, pelles, sondes et autres DVA. Au top départ, comme par magie tout est sur les dos, aux pieds ou dans les coffres, un rituel bien rodé. Direction le contrôle DVA, assuré par Michel, déjà en forme et en verve.

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Départ en une seule colonne par la piste du bois de Tailler. Gabriel ne s’attendait sans doute pas à devoir tracer comme en plein hiver dans 30 centimètres de neige… On suit sa trace présidentielle jusque dans ses moindres zigzags, tout le monde tenant à profiter de la belle tranchée qui s’élabore au fur et à mesure de l’avancée du groupe.

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Haaaalte ! Pour nous tirer de notre marche automatique, tous les 250 mètres environ, des ateliers de type accrobranche sont organisés ! Le poids de la neige lourde, conjugué aux fortes rafales de vent des derniers jours, a déraciné ou cassé de nombreux épicéas et sapins, encore tout chargés de leurs pignes odorantes.  L’allure du groupe s’en ressent : il faut passer à quatre pattes, en bons sangliers que nous sommes, ou jouer aux écureuils, de branche en branche. Quant aux bâtons, certains les utilisent à la manière des funambules, pour garder l’équilibre ; ou à la manière des majorettes, pour faire de jolis moulinets. Nous franchissons les obstacles, avec plus ou moins de panache et d’élégance dans le lever de jambe, mais avec efficacité.

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DSC07100Fleurant bon la résine fraîche, mais las d’enjamber, de contourner, de ramper « sous » ou de grimper « sur », Gabriel abandonne la piste et ses obstacles pour viser l’Adrech de Forche. Mais voilà que s’annonce un autre type d’épreuve : tracer en pleine pente, dans la forêt ou dans les buis, dans une neige de plus en plus épaisse et lourde. Les bonnes volontés ne manquent pas, dames et messieurs se relaient en tête, sous les hourrah.

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Mica prend part à ce labeur collectif et réussit non seulement à nous faire une trace efficace, mais également à prendre de l’avance, tout en exhortant le groupe à tout donner. Maintenant ! Courage ! Quelle énergie !

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Et voilà enfin la crête, avec la vue panoramique qui justifie comme toujours tant d’efforts : le télésiège de Barzès arrive juste là. En le suivant, on peut refaire à rebours la si belle rando en crête que Denis nous avait offerte il y a quelques semaines entre cime du Pra et tête de la Colombière. Le Pelat, au loin, nous fait de l’œil, d’un blanc insolent. Plus près de nous, dôme de Barrot, Mounier et Cluots rejouent l’hiver en plein printemps.

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Faux espoir à la cime du Faux Raton ! C’est le « vrai » Raton qu’il nous faut apprivoiser pour valider la course… Encore un effort. La tête de Rigaud apparait enfin : nous sommes arrivés !

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DSC07142Nous poursuivons nos pérégrinations par la crête du Bois Noir, qui domine les impressionnantes barres de l’Illion. C’est toujours une surprise de constater les différences incroyables qui peuvent exister entre les différents versants d’une montagne : prairies à vaches d’un côté, couloirs et falaises verticales de l’autre.

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20180416093345-afe536b2Pique-nique dans les sous-bois… mais ne levons pas trop la tête de peur d’attraper le tournis… Le vent souffle comme un fou, là-haut, et les mélèzes, si souples, se balancent dans tous les sens. Le BERA est élevé, aujourd’hui : Bulletin d’Estimation des Risques « Arbres »…

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DSC08382Maintenant, rejoindre la piste : droit dans la forêt, et droit dans la pente ! La neige se fait lourde, elle est humide en profondeur mais nous n’avons que celle-là à nous mettre sous la raquette… Voilà l’occasion de travailler le planter du bâton… Après une mémorable descente à trous multiples, félicités ou raillés par le chant d’un Pic noir (merci Philippe pour l’identification de cet oiseau), nous retrouvons enfin ! la piste presque plate, son confort, et… ses arbres en travers : et c’est reparti pour un deuxième parcours d’accrobranche.

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Rando au dénivelée modeste, certes, et pas de passages techniques : et pourtant, nous nous écroulons au bistrot de pays de Beuil dans un grand Ouf ! collectif. Cette longue descente dans une neige difficile a eu raison de notre restant d’énergie. Heureusement, de bonnes choses circulent sur les tables pour nous requinquer, merci aux pâtissières ! Et Gabriel, en prononçant les mots magiques « week-end à Estenc », nous guérit instantanément de notre fatigue, et rallume des petites étincelles dans nos yeux.

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Bourrasques fantasques en Gordolasque !

G1 : lac Niré, 2353 mètres (dénivelée = 850 mètres ; distance =13km

G2 : refuge de Nice, 2232 mètres (dénivelée = 600 mètres ; distance =10km

 

 

À la queue leu leu, nous remontons le cours de la jeune Gordolasque. D’autres raquettistes nous ont précédés. Mais pour eux, pas de sommets en vue : dans leur sac à dos, pas de crampons mais des hameçons. Ce sont des pêcheurs ! Nous les laissons à leur paisible installation , poursuivons en direction du Mur des Italiens et passons à coté de la cabane de  » Belle et Sébastien » feuilleton  T.V  de notre enfance.

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Nous ne sommes « que » 21, aujourd’hui : la météo très moyenne en aura refroidi plus d’un(e). Mais Gabriel, Denis, Eric et Tony sont avec nous pour nous guider en Haute-Gordolasque, sur un circuit où nous avons déjà encaissé un but le 3 avril 2016 : le tour de la tête du lac Autier, via le refuge de Nice et les lacs Niré et Autier. Déjà, c’est la météo qui nous avait renvoyés, penauds, humides et l’oreille basse, dans nos foyers…

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Encore beaucoup, beaucoup de neige, mais elle est déjà bien humide, dès le matin, et elle ne porte guère. Les trois randonneurs « piétons » que nous croisons un peu plus haut poinçonnent la trace de trous très profonds. Nos raquettes nous permettent au moins de survoler ce problème.

 

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De grosses avalanches ont déjà coulé un peu partout, et certaines ont raboté les pentes jusqu’au sol, noires dans le grand blanc environnant. Certaines « boules de neige » semblent inclure des rochers, ou des arbres dont, seules, dépassent quelques branches : on imagine leur force irrésistible, lorsqu’elles dégringolent…

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Un peu de soleil nous accueille au Mur des Italiens. Quelques rayons timides, mais surtout de grosses bourrasques, bien affirmées, elles. En bénissant les uns et en maudissant les autres, nous poursuivons notre marche vers le refuge de Nice, perché sur son promontoire. Le lac est entièrement recouvert de neige mais, ça et là, quelques zones verdâtres, louches et suspectes, nous incitent à contourner l’eau en prenant bien large…

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Refuge d’été et refuge d’hiver sont engloutis sous la neige ! Une sorte de tunnel-galerie donne accès à la porte d’entrée (fermée) du bâtiment principal, et pour y accéder, il faut « descendre », par rapport au niveau de la neige qui nous porte. Impressionnant !

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Le temps et le lieu n’étant pas très propices à la méditation, le G1 (11 personnes) décide de poursuivre vers le lac Niré, sans attendre l’arrivée des 10 copains du G2, qui montent à un rythme un peu moins rapide et qui s’y arrêteront pour casser la croûte, mettant le point final à leur rando du jour, bien à l’abri dans le refuge d’hiver.

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Au lac Niré, tout est figé sous la neige. Seuls, hélas, les nuages défilent à toute allure dans le ciel blanc. Mais pourquoi ne pas continuer encore un peu, jusqu’à apercevoir le passage vers le lac Autier, le Sésame ouvre-toi de ce si beau circuit, histoire de se faire du mal ? Justement, voilà la fameuse baisse, à moins d’une heure, et son accès est déjà tout tracé ! Tous agglutinés sous la tête du lac Autier qui nous regarde de très haut, nous interrogeons tour à tour le ciel, les pentes, la montre, le cœur, la raison… Tempête dans le ciel, tempêtes dans les têtes… On devine, dans le crâne de Gabriel et de Denis, le grincement des balances qui pèsent le pour, le contre, le peut-être, le pourquoi pas…

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C’est la voix de la sagesse qui finit par l’emporter, et tous les participants valident ce choix raisonnable : les bourrasques nous déstabilisent déjà, alors que nous sommes encore sur le plat, qu’en sera-t-il lorsque nous serons en équilibre dans des pentes raides ? Denis fait demi-tour le dernier, après un ultime regard lourd de déception vers la baisse, qui comme souvent les baisses, se trouve « en haut » et pas « en bas »…

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DSC08325Retour au refuge, où le G2 vient de nous chauffer la place. Quel beau petit refuge, et comme on s’y sent en sécurité, alors que le vent et la tempête prennent possession de la montagne. Gabriel, plein d’enthousiasme, déniche un cubi de blanc et un verre, et entreprend de faire circuler le breuvage, mais sans grand succès. Denis aura plus de chance en partageant son Earl Grey brûlant.

 

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Sur le chemin du retour, Eric et Tony coordonnent un exercice de recherche de DVA pour leur groupe. Ils ont raison : rien ne remplace la pratique. Et même en pratiquant, on ne sera jamais certain d’avoir les bons réflexes si, par malheur, il fallait intervenir en situation réelle, lorsque le stress et l’urgence compliquent les choses de manière dramatique.

 

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Retour de la troupe encapuchonnée, au pas de charge, vers les voitures, en file indienne ou en troupeau, selon la configuration du terrain… Les copains du G2 sont déjà en train de se déchausser et l’ami Tony essaie de trouver du réseau car, dans le groupe, il est responsable-en-chef du coup de fil aux Tilleuls qui conditionne l’apothéose finale…

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Il sort de sa manche un sublime gâteau carottes-noix-épices, nous contant avec force détails la fabrication de cette merveille, tout modeste devant nos félicitations. Mais nous ne croyons pas une minute à ses fanfaronnades. Il n’est pas l’auteur de ce chef-d’œuvre : c’est devant Christine qu’il faut s’incliner !

Pâques 2018 Chasse aux œufs (à la neige) dans le Queyras

 

Annie, Patrick et Denis : G1                      Eric et Tony : G2

 

Samedi 31 mars : sommet Bucher (2254 mètres) au départ de Molines-en-Queyras

 Départ de Saint-Martin-du-Var sous une pluie battante, ultime vestige d’un orage mémorable. Le Queyras, « pays où le coq picore les étoiles », est réputé pour être le département français métropolitain qui bénéficie du plus grand nombre de jours d’ensoleillement par an : 300 ! Aucune hésitation : fuyons les intempéries des Alpes-Maritimes et la neige qui tombe au col de Toutes-Aures pour le soleil des Hautes-Alpes !

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Annie planche dur sur ce week-end depuis des semaines, rien n’échappe à sa vigilance et tout ce qui est susceptible d’être anticipé l’a été. Que de temps et d’énergie sont ainsi épargnés grâce à ses capacités d’organisation. Merci et bravo de la part de tout le monde, d’autant que la gestion d’un groupe de 37 pourrait vite devenir un épouvantable casse-tête… Mais non, tout roule !

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Un regroupement sur la première aire d’autoroute après Sisteron permet de faire l’appel : personne ne manque. Certains sont partis la veille, d’autres ont choisi de passer par Seyne, d’autres enfin (honte à la copilote d’une certaine Picasso blanche, hou !) exploreront bien involontairement un itinéraire aussi pittoresque que tortueux du côté du barrage de Serre-Ponçon, en pleine bourrasque de neige.

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Mais tout le monde arrive en temps et heure sur le parking du gîte Les Arolles à Molines-en-Queyras : des noms à faire rêver le plus blasé des montagnards. Le gîte ne pouvant nous accueillir qu’à partir de 16 heures, nous avons donc le loisir de faire une première randonnée au Sommet Bucher, belvédère idéal pour une mise en jambe après le long trajet en voiture, et une mise en appétit avant le plat de résistance espéré pour le lendemain.

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Nous retrouvons avec plaisir dans nos rangs quelques copains dont cheville ou coronaires ont été remises à neuf. Il est vrai que, pour compenser ces réparations, une épaule et quelques genoux nous donnent des inquiétudes…

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La quantité de neige ne cesse de nous arracher des oh ! et des ah ! Espérons que ce n’est pas un poisson d’avril qui fondra dans la nuit… Une neige parfaite, velours et paillettes, sans le moindre traître de caillou embusqué.

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Le sommet Bucher est gravi vite et bien : un beau point de vue en effet. Des deux tables d’orientation faites d’après les relevés de Monsieur Helbronner, l’une affleure à peine, l’autre est entièrement engloutie : Jean s’évertue à la faire apparaître, juste pour confirmer que ce sommet, là, c’est bien la Font Sancte : bravo !

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Redescente via le Col des Prés de Fromage et la chapelle Saint-Simon, à grandes enjambées dans la poudreuse. On a beau connaître cette sensation exquise, on ne s’en lasse pas : le bonheur peut aussi se nicher dans les jambes, dans les pieds, et même dans les raquettes, pourtant réputées « objets inanimés »…

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IMG_9558Tout requinqués par ce grand bol d’air labélisé Parc Naturel Régional du Queyras, nous faisons connaissance avec le gîte et ses propriétaires, Monique et Romain. En chambre, ou en petit dortoir avec salle de bain et toilettes, chacun trouve tranquillement sa place, grâce à la feuille de route préparée par Annie.

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Le goûter et l’apéritif s’enchaînent sans transition : une salle de détente avec canapés, poêle et confortables fauteuils nous accueille le temps de l’apéritif, que beaucoup mettent à profit pour goûter le vin de mélèze du patron. Puis le dîner prend en douceur la suite de l’apéro : on attaque avec une soupe bien chaude, tout-à-fait ce qu’il nous faut !

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Les chambres et dortoirs ont des noms de fleurs, ce qui nous change des Marmottes, Chamois, Bouquetins et autres Dahus. Dans la chambre Ancolie, rien n’engendre la mél-ancolie : Michel est de retour parmi nous, avec sa gaieté qui nous est si chère.

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Ce soir, on donne une représentation du sketch « Michel dort en gîte ». Où l’on voit Michel qui apprend à faire son lit ; où l’on voit ensuite Michel qui cherche en vain son T-shirt bleu (le doux), peste après son T-shirt vert, et se rabat en désespoir de cause sur le T-shirt blanc ; où l’on voit Michel démonter le dortoir pour retrouver cette maudite frontale pour finalement la retrouver, ah c’est ballot, bien accrochée (par lui-même) au sac-à-dos. Allez trouver le sommeil, après avoir trop ri…

 

Dimanche 1er avril : pic de Château-Renard (2989 mètres) au départ de Saint-Véran

 

            Dans la nuit, les cloches de Pâques ont fait leur travail et ont livré, sous les bols de notre petit déjeuner, des petits œufs en chocolat… Nous leur préférons, dans l’immédiat, les yaourts « maison », le pain fait sur place, les bonnes confitures, les céréales et les morceaux de fruits frais pour commencer notre journée de raquettistes.

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Quel beau matin de Pâques : un ciel parfaitement bleu ; les plus hauts sommets qui s’éclairent déjà sous le soleil levant ; un pivert qui doit être tout ébouriffé à force de pilonner son mélèze. Un parfum de printemps souffle sur le Queyras. Aujourd’hui, nous laisserons les voitures à Saint-Véran, à quelques kilomètres de Molines.

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 Nous nous séparons en deux groupes : Annie, Patrick et Denis emmènent le G1 à bon rythme. Eric et Tony encadrent le G2. Les GPS sont réglés sur le pic de Château-Renard, à qui il manque trois fois rien pour mériter le qualificatif honorifique de « 3000 »… Les crampons sont dans le sac, et ils n’en sortiront pas. La neige est tout juste parfaite.

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Ce sommet, très prisé des skieurs (via le téléski du Grand Serre ou pas…) autant que des raquettistes, surplombe Saint-Véran. Mais le direct azimut est à proscrire : de longues traversées prudentes nous permettent de prendre de l’altitude sans jouer avec le feu dans ces interminables pentes.

 

Pic de Château Renard

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Les rochers de la Chaîne Vive une fois contournés, nous arrivons en vue du Pic de Château-Renard où nous ne verrons ni château ni renard, mais les installations d’un observatoire, un temps pressenti pour accueillir un grand télescope, puis dédié à l’étude de la couronne solaire.

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Pic de Chateau Renard et Pic de Rochebrune

La pollution lumineuse étant quasiment inexistante, on se prend à rêver à des levers ou couchers de soleil vus de là-haut… d’autant que l’association Astro-Queyras, qui gère les installations, propose des séjours astronomiques pour clubs ou équipes, avec nuitées sur place… Qui veut bien nous organiser ça, une soirée astro-raquette ?

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 Quelques dizaines de mètres de dénivelée séparent l’observatoire du sommet, c’est dire si le coup de collier final sera bref ! Certains y remonteront même une ou deux fois, juste pour le plaisir de le gravir avec Untel ou Unetelle… Le casse-croûte attendra ! Vue du plateau de l’observatoire, la corniche qui ourle le pic est vraiment impressionnante : nos photographes cliquent vers les quatre horizons, avec la certitude de faire de très beaux clichés :

Rocca Bianca, ColBlanchet, Toillies

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le Viso, le Grand Queyras et le Pain de Sucre sont tout proches, derrière le col Agnel ; au-dessus du refuge de la Blanche culmine la tête des Toillies ; et à nos pieds, le village de Saint-Véran, rendu silencieux par la distance. Et le tout sous un manteau de neige parfaitement uniforme.

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Une halte pique-nique s’organise sur le trajet retour, calculé de façon à nous faire faire la traditionnelle « boucle », un rituel que nous affectionnons particulièrement. Une pente bien raide aura raison d’une paire de bâtons…

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Le groupe s’attarde à  Saint-Véran, qui s’enorgueillit du titre de « plus haute commune d’Europe », avec ses 2040 mètres officiels, et d’un classement parmi les plus beaux villages de France. Ça mérite une visite !  Le village possède un patrimoine architectural, artisanal, scientifique et culturel d’une grande richesse. Il semble bien préservé, les hordes touristiques sont stoppées à l’entrée du village, et n’y accèdent qu’à pied ou en navette.

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On se croirait au cœur d’un album de cartes postales « Queyras nostalgique », avec ses fontaines en bois, ses cadrans solaires, ses balustrades en bois sculpté, et ses maisons qui servent à la fois d’habitation, d’écurie et d’étable et de lieu de stockage des récoltes … Mais l’on y boit aussi de la bonne bière !

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« La fai bun basti de la peyra de sun luo ».

« Il fait bon bâtir avec les pierres de son pays ».

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            Retour au gîte, sa douche bien chaude, son coin du feu, et le petit vin bio de l’apéro qui soutient le moral d’Annie et Tony, très occupés à faire les comptes : encaisser, rendre les chèques d’arrhes, et empiler pièces et billets… Pour cet aspect-là du rôle de l’encadrant, encore et toujours, merci et respect ! Ce soir, c’est Jean qui prend le relai de Michel dans la chambre Ancolie… Où donc est passé tel T-shirt ? Et les lunettes ? D’abord, trouver la paire de chaussettes qui leur sert d’étui… Ils sont drôles, nos raquette-men !

 

            Lundi 2 avril : col de Bramousse (2251 mètres) au départ du Pont de Bramousse sur le Guil.

 

Déjà le dernier jour… Pour notre rando au col de Bramousse, il nous faut déjà faire un petit bout du chemin du retour …

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Tandis que le G1 attaque pleine pente en direction des hameaux d’altitude qui se trouvent sur le trajet de la GTA (Le Pontet, Bramousse), le G2 opte pour une montée plus régulière par la piste. Nous rencontrons aujourd’hui un autre aspect du Queyras, la montagne traditionnelle, celle où bêtes et gens vivaient sous le même toit.

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On imagine les veillées qui réunissaient les familles des hameaux, les femmes travaillant sur leur tambour à dentelle, les hommes fabriquant des outils en bois tout en racontant des légendes aux enfants… Mais pas d’idéalisme passéiste : la vie était si rude…

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Pour nous, heureux touristes du XXIème siècle, l’ascension vers le col de Bramousse est placé sous le signe exclusif du sport-plaisir. La vue, du col, se porte sur Ceillac et sur les montagnes environnantes. Annie a repéré, sur sa carte, une butte « point de vue » qui nous permettrait un tour d’horizon complet.

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Mais il y en aurait encore pour presque une heure de marche, et nous devons revenir à la maison, ce soir… Le pique-nique est donc voté à l’unanimité, et il se termine par une distribution d’œufs de Pâques que l’ami Gillou a monté dans son sac à dos.

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Ultime descente dans la belle neige du Queyras. Certains toits portent encore plus d’un mètre de neige. Patrick, en bon architecte, calcule le poids que cela doit représenter : affolant. Ils savaient construire, nos anciens.

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Les deux groupes se font les bises d’adieu sur le parking, avant de remonter en voiture. Que de compliments pour Annie, et comme ils sont mérités ! Pas question d’oublier le reste de l’équipe, Patrick, Denis, Eric et Tony qui ont contribué, chacun avec sa spécificité et ses compétences particulières, à la réussite de ce week-end.

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Et merci aussi à tous les copines-copains qui ont amené, qui du bon vin bio, qui son sourire, qui ses cannelés, qui des petits chocolats, qui ses blagues, qui ses conseils, qui son appareil photo, qui sa connaissance des montagnes ou sa capacité à interpréter des traces d’ailes dans la neige… Une belle synergie !

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Dimanche 25mars 2018 Cime de Chanvrairé ou presque :

G1 et G2 : Baisse de Vallauretta 950 m de dénivelé pour 13 km

 

En ce début de printemps, comme chaque année, notre vie est réglée par le changement d’heure. Et oui qui dit une heure de moins à dormir dit se lever encore plus tôt que d’habitude. Allait-il y avoir des pannes d’oreillers ? Tony en bon horloger avait bien réglé les pendules :  « 6h30 parking Sainte-Marie, 7h15 Trucco de la nouvelle heure ! » Combien serions-nous aux RDV pour le lac des Mesches et cette cime de Chanvrairé? :

Pointe de Vallaurette    –  Baisse de Vallaurette  – Cime de Chanvrairé  – Rocher Rouge

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Oh surprise pas un ne manque à l’appel. 26 participants embrumés mais ravis de retrouver enfin une journée ensoleillée sont présents prêts à en découdre. La stabilité du manteau neigeux était finalement la seule incertitude du jour. Comment allions-nous trouver la neige ? Une fois n’est pas coutume que nous disait le B.E.R.A.

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. « …Les plaques et accumulations les plus récentes ont été formées par du vent de nord-est puis nord, elles sont fragiles. Il est facile de déclencher une plaque, même pour un randonneur seul, surtout à l’approche des crêtes et des ruptures de pente. Méfiance toute particulière dans les orientations ouest à est en passant par le sud, où des cassures épaisses sont à redouter. Le risque est plus marqué au-dessus de 2000/2200 m. Après un excellent regel nocturne, l’humidification va reprendre en journée de dimanche… 

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…Quelques avalanches de taille modeste pourront alors se produire dans les pentes au soleil suffisamment raides. Le risque le plus préoccupant car de très importantes quantités de neige sont actuellement présentes, est celui de voir partir une très grosse avalanche, sous forme de plaque se décrochant seule et raclant sur son trajet toute la neige humide jusqu’au sol. Le décrochage d’une plaque de fond dans une pente ensoleillée n’est pas à exclure non plus. Dans ces deux cas, il faut s’attendre à la mise en mouvement de volumes de neige inhabituels… » Alors : prudence.

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Au départ du lac la petite caravane s’élance en direction de la chapelle de Vallaura. Pour les groupes on verra plus haut. Le soleil baigne déjà ce beau vallon de la Minière recouvert par un épais manteau blanc. Pas un trainard tout le monde suit. Après la traditionnelle pause banane, nous longeons le cours d’eau jusqu’ aux granges de Vallaura Inférieur, où les choses sérieuses vont commencer.

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DSC06699Jacques et Gabriel prennent en charge le G1, Eric et Tony le G2. La montée est raide et les passages étroits par endroits. 4 skieurs nous doublent partis eux faire le BEGO : « chouette !! » on aura au moins la trace jusqu’au débouché du plateau. Après plus rien, la neige vierge et scintillante à perte de vue.

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Nos deux meneurs se relayent pour faire la trace dans une neige changeante. Tantôt dure et glissante, tantôt croûtée, tantôt profonde lourde ou légère un vrai casse pattes. « Tous derrière tous derrière » la colonne avance. Nous laissons sur notre droite le Gias de Vallauretta et continuons en rive droite notre progression.

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Magnifique décor que ce vallon sauvage et balcon idéal pour admirer la crête opposée partant de la cime de la Nauque jusqu’à la cime Escandail en passant par la Corne de Bouc : tiens ! une ancienne connaissance.

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Encore un effort, la délivrance est proche. Avant d’attaquer le dernier raidillon nous prenons nos distances et restons sur la croupe pour aboutir en quelques virages au-dessus de la baisse de Vallauretta. Un par un, et après 3h30 de montée nous atteignons ce promontoire, exceptionnel point de vue sur le vallon de Fontanalba et le mont Sainte Marie : tiens ! encore une ancienne connaissance.

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D’un côté la pointe de Valauretta de l’autre la cime Chanvrairé : bien tentantes toutes les deux. Quoi que ! Moins de 100 mètres nous séparent du sommet. Y allons-nous ? quelles informations retenir du B.E.R.A. ? tout y figure : l’orientation, la pente, les accumulations, l’horaire, le soleil…La décision ne fait plus aucun doute : Ce sera tout pour aujourd’hui.

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Clic photo à droite, clac photo à gauche et nous redescendons, dans une belle neige qui se transforme déjà par endroits, pour pique-niquer à l’abri du vent. Mais tout le monde n’est pas encore arrivé. Au passage nous encourageons Christine puis Daniel et Tony, victime de crampes, à poursuivre pour rejoindre Éric resté au sommet pour les attendre.

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DSC08276Tout en grignotant son repas Pierre déploie sa sonde qui disparait presque entièrement. « 2m 20 de neige sous nos pieds » Belle moquette que cette salle à manger. Nous sommes rejoints par nos 3 retardataires et c’est tous ensemble que nous entamons notre retour. Envolés nos rêves de belle boucle, ce sera pour une autre fois, les montagnes, elles, ne bougent pas.

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Nos 4 skieurs du matin descendant de l’épaule du Bégo nous dépassent à travers les arbres. Nous rejoignons tranquillement le refuge Neige et Merveilles en rive gauche cette fois pour terminer aux conduites d’eau de la centrale électrique.

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Arrivés aux voitures la fatigue disparait. Où allons-nous nous poser ? Breil semble le lieu idéal. Arrivés sur place que se passe-t-il ? tous nos QG sont fermés, dimanche les Tilleuls aujourd’hui le café de la gare. Mais il en faut plus à notre bande d’assoiffés, direction la place centrale de Breil où nous sommes accueillis par 2 belles « barmaids » le sourire revient. Un service propre et efficace accompagne un pot de l’amitié agrémenté des douceurs habituelles. Belle conclusion à cette journée, avec un petit plus pour les «Amaretti » de Jaja.

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Dimanche 18mars 2018 Dans les brumes de l’Authion :

G1 et G2 : Mont Giagiabella 850 m de dénivelé pour 12.5 km

 

L’estimation du risque d’avalanche en ce début Mars joue du yo-yo entre 3 et 4 et au rythme des dépressions qui se succèdent, les annulations de nos sorties s’enchainent. Allons-nous encore une fois marmonner et 1 et 2 et 3 repos !! L’hiver a décidé de faire de la résistance et de jouer les prolongations, ce qui somme toute n’est pas pour nous déplaire. Mais ne pourrait-il pas le faire en semaine et nous laisser profiter de ses bienfaits le dimanche

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En prenant le petit déjeuner vers 5h30 quelques gouttes commencent à tomber puis la pluie s’installe forte et drue. « Ting » un SMS vient d’arriver, puis deux, un mail… les défections commencent à pleuvoir. Par correction nous décidons d’aller à Saint Martin, on verra bien là-bas…

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Sur place : pas une goutte d’eau. Après un bref tour d’horizon, tout le monde est motivé et ce n’est pas la route coupée de la Vésubie qui va nous empêcher de rallier notre destination. Direction Levens et Duranus, une petite rallonge d’une dizaine de Km pour rejoindre enfin le col de TURINI.

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Au Camp d’Argent, tout semble normal. Sauf qu’on n’aperçoit notre but du jour, le mont Giagiabella, que par moment. Les raquettes piaffent d’impatience. Certains chaussent sur la route, d’autres rejoignent le départ en courant. Pas facile de retenir nos 28 participants du jour. Et voilà qu’un bâton résiste et qu’une raquette ne veut pas se fermer : Vite vite le contrôle…

 

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Le ciel est bas quelques bancs de brouillard trainent sur les sommets. Direction la cabane de Tueis. Les organismes commencent à chauffer et une couche en moins c’est mieux pour attaquer la belle crête qui mène à la Pointe des Trois Communes. Annie, Denis et Eric prennent le groupe 1 et Gabriel le groupe 2.

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Au fur et à mesure que nous progressons la brume nous envahit. Le paysage apparait puis disparait. Le soleil blafard tente de percer les nuages. Par moment à peine 50 mètres de visibilité : restons groupés. La silhouette fantomatique du fort de la Redoute se dessine enfin : Vestige emblématique de la résistance des maquisards pendant la guerre.

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La pause est la bienvenue, barres de céréales et fruits secs remontent le moral des troupes. Nous admirons avec envie la belle crête de l’Ortiguier et plus loin le Capelet Inférieur, le Grand Capelet, la Cime du Diable. Juste le temps de faire une photo et nous entamons la descente vers plan Caval.

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L’alternance pluie neige de ces derniers jours a rendu la neige souple mais crouteuse par endroits pas idéal pour nos raquettes. Puis par une succession de « munta cala » nous atteignons enfin le Giagiabella. Un flocon puis deux, le mauvais temps arrive.

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Avec une visibilité réduite et la neige qui tombe, la météo ne s’est pas trompée. Le G1 décide de ne pas poursuivre en direction du Ventabren et fait demi-tour.

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Le groupe 2 arrive à son tour au sommet. Michelle, en forme, malgré 3 semaines d’arrêt, nous fait une proposition :  « Et si on allait plus loin en direction du mont Maouné, pour une fois on en ferait plus que le G1 … »

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Mais Gabriel a une autre idée en tête : plutôt que de récupérer la piste, il plonge directement au fond du ruisseau et remonte par une pente soutenue en direction de la Vacherie des Cabanes Vieilles pour pique-niquer à l’abri en regardant tomber la neige. Gilles connaissant le coin nous a précédés, et pour les neuf personnes que nous sommes, la salle à manger est assez grande.

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Annie et Denis eux ont choisi de rester de niveau et de récupérer la piste. Ils passent au-dessus de la vacherie pour attaquer la belle croupe qui mène au fort des Mille Fourches. « on mangera après la montée !… » Finalement c’est derrière les murs des anciennes casernes du fort enterré, mais pas franchement à l’abri qu’ils pique-niqueront.

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Pas facile de se remettre en marche pour le G2 et c’est dur de réattaquer 300 mètres de dénivelé après le repas. Mais qu’à cela ne tienne. Après être passé devant un vieux tank de la dernière guerre, de zig en zag le sommet est atteint et c’est presque ensemble que s’effectue la redescente dans une belle neige comme on l’aime

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Le G1 effectuera une ultime remontée à l’Authion avant de rejoindre par les crêtes de montée, la cabane de Tueis où l’attendait le G2. Toujours sous les flocons nous rejoignons notre point de départ. Notre Tony national n’étant pas là pour téléphoner à notre Q.G. des Tilleuls (qui au passage était fermé), nous décidons d’étancher notre soif autour du feu de bois de l’auberge du Camp d’Argent.

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Cakes, chocolats chauds, thé et autres breuvages, un zeste de bonne humeur, de quoi finir en beauté cette belle journée. Et oui, en ces périodes de vaches maigres ne faisons pas les difficiles. Merci à tous d’avoir répondu présent malgré la météo incertaine, merci aux encadrants d’avoir maintenu cette sortie et à la semaine prochaine.

Dimanche 25 février 2018 Aventures enneigées au Boréon

G1 : cime de Piagu (2338 mètres) 1050m pour 12.5 km

G2 : refuge de la Cougourde (2100 mètres), mais pas que !

 

Avons-nous déjà scruté les sites météo avec autant de fièvre ? Et cette sortie de dimanche à la cime de Juisse, annuleront ? annuleront pas ?

Malgré un risque 4 et des prévisions à se cramponner des deux mains à sa couette, « ils » n’annulent pas ! Il faut donc bien mettre le réveil dimanche matin… « Ils », c’est Annie, Gabriel et Denis pour le G1 (17 personnes) et Eric et Tony pour le  G2 (9 personnes). « Ils » ont l’air d’y croire, donc on ne va pas leur faire faux bond, à ces encadrants qui ont préparé notre sortie dominicale…

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Au Boréon, tout semble normal. Sauf qu’on n’aperçoit pas notre but du jour, la cime de Juisse, déjà effacée du paysage par la grande gomme de la brume. Mais les GPS confirment qu’elle est bien là, plus de 1000 mètres au-dessus de nos têtes. Mallory le disait avant nous : « Pourquoi gravir les montagnes ? Parce qu’elles sont là ». Raison suffisante. Gravissons-les donc…

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Le parking supérieur est vite atteint, puis la bifurcation qui donne accès à la si belle crête qui relie Juisse à Piagu. Tiens ? Piagu… au fait, pourquoi pas ? Nous remontons le large couloir où passe le sentier d’été et saluons au passage la balise 432.

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La pente se redresse, on connaît ça ! Les arbres miniatures qui poussent dans cette pente, bonsaïs engloutis sous la neige, nous rappellent qu’il nous faut désormais redoubler de prudence : nous sommes dans un couloir régulièrement raboté par des coulées de neige. On s’espace, tandis qu’Annie, en tête, trace avec l’ardeur qu’on lui connaît, et qui n’a jamais failli. De beaux zigzags pour un direct azimut qui vise la crête !

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Tout à coup, un cri « avalanche ! ». N’exagérons rien, une simple petite coulée part sous nos raquettes, nous incitant à toujours plus de prudence. Sur une dizaine de centimètres d’épaisseur, la neige s’est fracturée, et a glissé sur quelques mètres, faisant disparaitre avec elle un lacet entier de la belle trace d’Annie et Denis. Laurence en est encore toute mouillée.

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Fort heureusement, tout se stabilise très vite : plus de peur que de mal ! Mais bon, rien de tel pour jeter un froid dans un groupe.

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Plusieurs dames du  G2 ont le bon réflexe de se mettre en sécurité. Bien joué, les filles. Et, tandis que le G1 poursuit vers le haut en redoublant d’attention et en rectifiant les espacements, le G2 et quelques transfuges du G1 rebroussent chemin, peu tentés de poursuivre l’aventure dans ce passage qui monte vers un brouillard de mauvais augure…

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Le G1, après avoir persisté en bordure du couloir a finalement renoncé car impossible de progresser davantage, hauteur de neige jusqu’en haut des cuisses, impossible d’avancer même avec les crampons. Repli stratégique, redescente des derniers 100 m de dénivelée pour récupérer le sentier d’été et atteindre dans le brouillard le pas des roubines de la Maïris.

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De fins flocons commencent à tomber. Le mauvais temps arrive et après un petit point GPS décision est prise de nous diriger vers le sommet du Piagu plus propice aux conditions du jour. La crête finale est légèrement glacée, mais nos raquettes accrochent bien et on dépasse sans même s’en apercevoir le cairn recouvert de neige qui symbolise le sommet.

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Hésitation pour la descente : droit dans la pente ou retour sur nos pas ? La neige étant de mauvaise qualité nous revenons sur nos pas pour venir manger contre les murs du refuge de la Maïris en s’abritant comme on pouvait sous l’avancée du toit…

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Aurélien notre petit nouveau du jour, se taillera à grand coup de pelle un abri en forme d’igloo pour profiter de cette pause. Au chaud !! As-tu pensé à faire la fosse à froid ? Elodie sa copine, se moque en dégustant une tarte verte du panier repas du gîte de Nicolas

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La redescente se fera dans une belle neige épaisse en slalomant à travers les arbres. Nos encadrants s’amusent et se « chambre …» un peu. La bonne humeur comme toujours sous ce bel hiver qui continu.

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Le G2 dévale prudemment les quelques centaines de mètres du couloir à grandes enjambées dans une belle neige poudreuse (mais prudence…) et rejoint la piste du refuge de la Cougourde, avec le projet fort sympathique de rejoindre le refuge pour y casser la croûte en regardant tomber la neige. Le torrent a pris son aspect des grands jours d’hiver, on le distingue à peine entre les rochers transformés en bonshommes de neige.

 

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IMG_2196Les chutes de neige du toit ont englouti la terrasse, les tables et les bancs. Eric organise notre repli dans le refuge d’hiver. L’heure et le lieu sont propices au casse-croûte. Et à vouloir changer le monde… à commencer par l’étrange mentalité (heureusement minoritaire) de certains visiteurs du refuge d’hiver qui semblent manifestement tout ignorer des règles élémentaires du bon comportement en montagne, sans parler de l’usage de la pelle et du balai… Les trois hommes du groupe s’en emparent, et nous aurons la satisfaction (un peu amère, certes) de laisser en partant les lieux plus propres que lorsque nous les avons trouvés…

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IMG_2215Redescente sans problème, dans une neige idéale, de A à Z, avant le regroupement G1 – G2 au chalet d’accueil du Boréon, au terme de nombreux contacts radio entre nos encadrants : un « plus » pour notre sécurité à tous.

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Il neige sans discontinuer depuis plusieurs heures, la route est toute blanche… vite, redescendre, passer les lacets sous le lac ! Nous croisons deux chasse-neige, et nombre d’automobilistes à genoux dans la neige, en train de mettre ou de retendre des chaînes… Seul, un acrobate à VTT nous dépasse, à fond, ses skis de rando sur le sac à dos, s’équilibrant avec les pieds dans les virages-dérapages ! Un véhicule tape contre un muret, un autre fait un tête à queue…

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Notre abri le plus sûr, notre refuge inconditionnel, notre havre de paix favori : Lantosque, et nos arbres préférés : les Tilleuls ! L’ultime étape de tant de nos aventures enneigées…

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Merci à notre équipe d’encadrants qui nous a évité la décadence d’une grasse matinée, surtout un dimanche… Et un coucou amical à Patrick, aujourd’hui absent : reviens vite, comment allons-nous nous débrouiller, sans tes conseils, pour descendre en ramasse dans les super-pentes que tu affectionnes tant ?