Archive pour la catégorie ‘Raquettes’

Samedi 9 et dimanche 10 mars 2019 Sous le signe de Pinocchio : Palanfré et Limone

Costa Garbella (2253 mètres)

Cima della Fascia (2495 mètres)

 

 

Pour nous remettre des 25 minutes d’attente au col de Tende, nous faisons une halte à Vernante, dans un bar que nous apprécions pour ses boissons chaudes (le matin) ou fraîches (le soir). Gabriel nous annonce le programme du week-end : Monte Colombo le samedi (tiens ! son nez s’allonge, étrange !) et Cima della Fascia le dimanche, pour laquelle il a fait un repérage le mardi précédent, 10 minutes de portage à peine (son nez s’allonge encore, bizarre !). Dans le village qui s’est choisi Pinocchio comme Saint Patron, ça doit bien vouloir dire quelque chose… Alors méfiance…

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 À ses côtés, pour nous supporter, guider, encadrer ou recadrer, canaliser : Denis, Annie, Patrick, Michel et Tony. Nous regrettons l’absence d’Elsa et de Philippe… Deux de nos excellents photographes absents en même temps, est-ce vraiment autorisé par le règlement intérieur de la section raquette alpine ? Soignez-vous bien, les amis… Nous sommes 27, et demain nous serons 29, Laurence et Fred ayant prévu de nous rejoindre pour la Fascia.

  

                Samedi : Costa Garbella (alias Monte Colombo) G1 et G2 dénivelée 920 m pour 7km

 

 

 Pas de portage, quelle chance ! Tandis que nous chaussons les raquettes au parking de Palenfre et vérifions nos DVA, Michel va faire trempette dans une baignoire-abreuvoir à vaches (ça te rappelle quelque chose, Michel, on dirait…) : la journée commence joyeusement !  Le soleil est sur nos têtes, la neige sous nos raquettes, les sacs sur nos dos : que demander de plus ?

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 Une montée bien agréable entre hêtres, noisetiers, églantiers et rhododendrons… Les beaux paysages du Parco Naturale delle Alpi Marittime, né en 1995 de la fusion de celui de l’Argentera et de la Réserve Naturelle des Bois et Lacs de Palanfré, se révèlent progressivement à nos yeux et à nos objectifs. Depuis le temps que nous nous régalons de la neige italienne, nous avons de belles montagnes-souvenirs, dans ce secteur…

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 Nous abordons la rude montée de la Costa Garbella, dans les pas de Gabriel, qui trace par endroits comme un forçat dans 50 centimètres de neige meuble, accumulée là par le vent. Au passage, rien ne nous interdit de nous agripper à la branche secourable d’un arbuste, ne nous en privons donc pas.

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 Le « Monte Colombo » est en vue. Ou, plus exactement, ce que l’on nous vend depuis plusieurs années comme étant le « Monte Colombo »… Le temps de chausser les crampons pour l’ultime grimpette, nous voilà au « sommet ». C’est là que Vincent, notre géographe-cartographe-photographe, douche notre enthousiasme en nous montrant un sommet, là bas, un peu plus loin, au bout de la crête, et qui serait en fait le « vrai » Monte Colombo ! inaccessible pour nous, semble t-il, et bien défendu par ses rochers. Ça alors ! Nous ne serions donc  « que » sur la crête entre Garbella et Colombo ? Un petit tour sur les forums et l’observation des multiples traces de ski montrent que nous ne sommes vraisemblablement pas les seuls à ne pas toujours distinguer le vrai du faux, surtout en matière de Monte Colombo…

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< La crête de la montée est la Costa del Colombo qui débouche sur la Costa Garbella à l’endroit où nous avons mangé et l’altitude sur la Costa Garbella 2253m. :> précision de Vincent.

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 Mais soyons magnanimes : nous n’allons pas faire un procès à nos amis encadrants pour publicité mensongère. Savourons l’instant : que nous soyons sur le vrai ou sur le faux Monte Colombo, le paysage est sublime ! Du Marguareis au Viso, c’est un bien riche panorama. À la verticale de notre vrai-faux Colombo, le vallon qui monte au col du Sabion nous permet de nous situer par rapport à « nos » montagnes françaises, notion futile, puisque la Nature n’appartient à personne en particulier, donc à tout le monde en général.

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Pause pique-nique sous le sommet, avant la redescente, en plein dans la pente très raide que nous avons évitée ce matin. La neige est souple (non, ce n’est pas une faute de frappe : je ne voulais pas du tout écrire « soupe ») et nous grignotons à grandes enjambées la dénivelée si laborieusement acquise une heure avant.

 

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Denis, descend si vite qu’il ne freine pas à temps et enchaîne, suivi par un fidèle petit troupeau, en remontant en face, dans une pente tout aussi raide, qui aboutit à un petit col. Ce col bonus jour est le passo ou Coletto del Colombo est lui à 2237 m. Tout est bon à prendre, en guise d’entraînement. De l’autre côté, tout est en herbe : la fine ligne de ce col sépare l’hiver du printemps. Nous redescendrons par la même pente, histoire d’apprivoiser un peu l’équilibre en terrain pentu, et apprendre à sortir élégamment d’un trou lorsqu’on y disparaît jusqu’à la taille… Karine, qui pensait que nous redescendrions par un autre itinéraire pour réaliser notre sacro-sainte boucle, clame son indignation à tous les échos.

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 Tous ces efforts nous ont donné grand faim et grand soif, mais nous savons que nous trouverons à l’Arbergh, chez Silvana et Giancarlo, de quoi reprendre force et vigueur pour le lendemain. Pas de soirée disco, ce soir, mais un excellent repas que Gillou apprécie particulièrement : « C’est gourmet ! » dit-il en se léchant les moustaches. Plateau de charcuteries et de fromages locaux, tomate mozzarella, confiture de vin et petits poivrons, focaccia maison, quiche aux courgettes, Macédoine de légumes gnocchi aux quatre fromages et, pour finir, un entremet de la plus jolie couleur qui soit : chocolat…

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Le tout arrosé d’un délicat Dolcetto

Tout en allaitant le petit Giovanni, Silvana encaisse, rédige les factures, fait ses comptes : qui pourrait nier que les dames ont des aptitudes à faire plusieurs choses à la fois ?

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chacun regagne sa chambrée en repensant à cette belle journée

 

 

Dimanche : cima della Fascia (G1) 1600 m de dénivelée pour 15 km

colletto del Cros (G2) 1420 m de dénivelée pour 13 km

 

 

On chausse là ? 1091m ah non ! c'était mardi...

 Le petit déjeuner est copieux et varié : c’est ce qu’il nous faut pour attaquer la journée d’une raquette décidée. Nous saluons nos hôtes avant de reprendre en voiture le chemin de Limone, point de départ de notre deuxième randonnée. Les raquettes sur le sac, nous prenons la direction de la piste qui remonte la Valle Almellina. Où sont donc passées les dix minutes de portage promises… Entre mardi, jour du repérage par Gabriel, et dimanche, la neige a fondu de façon indécente, et le temps de portage se trouve multiplié par trois… On gronde un peu Gabriel, histoire de rouspéter après quelqu’un, mais il n’y est pas pour grand-chose et ne fait qu’en rire !

 

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Après avoir rejoint un téléski désaffecté, nous remontons une ancienne piste aujourd’hui livrée aux raquettistes et aux skieurs de randonnée, ainsi qu’aux ardeurs du soleil, comme nous nous en rendrons compte au retour… Les deux groupes se matérialisent dès le premier « mur » : Gabriel, Denis, Annie, Patrick et Vincent pour le G1. Michel et Tony pour le G2.

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Dès l’entrée dans le vallon du Cros, l’ambiance devient exceptionnelle, entre les hautes murailles des falaises : un relief dont nous n’avons pas vraiment l’habitude. Au fur et à mesure de notre progression vers les hautes combes de la Fascia, l’impression de pénétrer dans un monde austère et alpin s’accentue, avec la sensation d’être loin de tout…  

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Une petite halte permet de repérer la suite de l’itinéraire, alors que le sommet est déjà en vue : le G2 de Michel et Tony montera jusqu’au colletto del Cros. Le G1 passera avec Gabriel et Patrick par le même colletto pour rejoindre le sommet par la voie normale;

 

P1200933Et voilà qu’on assiste à la naissance imprévue d’un « G1+ » ! Denis, qui a toujours le nez vers les cimes, vient de repérer un couloir bien enneigé, qui a l’air de sortir pas trop loin du sommet… Observation attentive du terrain, de la neige : on tente ! Pour atteindre le sommet, nous avons donc le choix entre un colletto et un canalino : mais attention aux diminutifs… Pour rejoindre le colletto, ça monte raide, et les crampons sont bienvenus… Et pour remonter le canalino, ça monte très raide, les crampons sont indispensables et le piolet peut être utile !

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P1200942Un groupe d’une dizaine de personnes passera par-là : ambiance vraiment « montagne », dans ce canalino étroit, dont les topos disent qu’il fait 40-45 °, entre ses hauts murs rocheux. Les conseils sont les bienvenus pour ceux qui sont un peu moins expérimentés… Un bravo tout particulier à Véro qui remontera à Paris en ayant fait son premier couloir de neige !

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Petite incertitude que Denis confessera par la suite : et s’il y avait eu une corniche au débouché du couloir ? ou une crête rocheuse scabreuse pour rejoindre le sommet ? Mais rien de semblable : la chance a souri aux audacieux… Pour atteindre le sommet de la Fascia, dix petites minutes seront suffisantes, et dans un terrain si facile que c’en est presque déconcertant après les pentes encaissées du couloir…

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Le temps de se congratuler et de prendre quelques photos, voilà qu’apparaît, comme surgissant de la neige, un buste bleu luttant contre le vent : Gabriel ! Et, derrière lui, Patrick et tout le G1, qui viennent de passer par le colletto del Cros, itinéraire plus long en distance et plus corsé en dénivelée : des bons !

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Un rapide pique-nique, et nous reprenons tous le chemin du retour, accompagnés par de violentes rafales. Le très panoramique itinéraire des paravalanches auquel avait pensé Gabriel, ce sera pour une autre fois. Nous repassons par la voie normale du colletto del Cros, profitant de la bonne trace faite à l’aller par les copains (comme on les aime !).

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Mais le soleil a cogné dur sur la neige, et notre redescente sera pénible et lente, surtout vers le bas de l’itinéraire : même à raquette, nous ne cessons de nous enfoncer de plus en plus profond dans une neige très molle, qui ne porte plus personne, même les membres du groupe appartenant à la catégorie « poids plume » … épuisant !

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Voilà une course qui restera longtemps dans nos mémoires… Gabriel estime que le week-end sera classé parmi les trois plus beaux de la section. Observons son nez : non ! il ne s’allonge pas ! Merci du fond du cœur pour toutes ces aventures que vous nous faites vivre, amis encadrants : ce sont des souvenirs-pépites !

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Dimanche 3 mars 2019 – Émotions made in Mercantour !

 

 

Cime du Mercantour (2772 mètres)

G1 et G2 : Dénivelée : 1300 mètres

Distance : 14 kilomètres

Lorsque Gabriel nous a demandé de prévoir dans le sac sangle, mousqueton à vis et machard (que nous sommes censés avoir toujours à portée de main, soit dit en passant), nous nous en avons déduit que la roche de l’Abisse ne resterait peut-être pas longtemps le n°1 de nos émotions alpines, cette année…

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Nous ne sommes « que » 24, malgré un programme alléchant : une boucle passant par le sommet de la cime du Mercantour. Avec un petit couloir à descendre. D’où le machard…

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Gabriel, Denis, Annie, Patrick, Michel et Tony : une bonne équipe d’encadrement, en qui nous avons toute confiance, depuis le temps que nous mettons (ou tentons de mettre) nos pas dans leurs traces ! Nous démarrons du Boréon, par le vallon du Cavalet, mais sans trop cavaler tout de même, car l’échauffement est au randonneur ce que le petit déjeuner est au travailleur : fondamental, à prendre au sérieux, et surtout sans précipitation.

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Les raquettes sont accrochées aux sacs, et elles y resteront un bon moment : toute la forêt est partiellement déneigée, les pentes raides exposées plein sud sont d’un sec… à pleurer, et ce n’est finalement qu’au niveau du petit lac de Cerise que nous pourrons délester les sacs pour, enfin ! faire ce pourquoi nous nous sommes levés ce matin : de la raquette à neige. Il n’est pas question de pinailler sur la qualité de la neige : on prend ce qu’on trouve, et on dit même merci…

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Peu après le lac de Cerise, petite tâche blanche dans le blanc environnant, nous tournons à droite, en direction du lac du Mercantour. Notre dernier projet relatif à la cime du Mercantour s’était achevé là-haut, dans une tempête et un brouillard qui nous avaient laissés transis, humides, et tout déconfits.

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Aujourd’hui, c’est sous un ciel parfaitement bleu que nous grimpons vers le sommet de la cime du Mercantour. Vu d’un certain point de la vallée où elle se confond avec l’Argentera, elle semble dominer le secteur, ce qui fait que les habitants ont longtemps cru qu’elle était le sommet culminant, donc emblématique, du massif, au point de leur donner le même nom : massif et cime du Mercantour. Les dix dernières minutes se grimpent à pied dans les rochers (inutile de tenter de rattraper Alix…), mais nous retrouvons un peu de neige au sommet.

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Tour d’horizon (que l’Argentera et le Matto sont proches !) ; pique-nique (qui veut du chocolat ?), photo de groupe (non ! plus à droite !)… Pendant ce temps, trois silhouettes approchent du sommet. Alors que certains ont préféré s’arrêter non loin de là, sur un petit replat, Angélique, Tony et Michel poursuivent leur ascension sous les ovations. Tony, qui est un malin et qui connaît bien les coutumes de la section, en profite pour recevoir les bises simultanées des trois groupies restées au sommet pour l’accueillir !

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Mais maintenant, l’heure n’est plus aux agapes, aux bisous et à la rigolade : nous devons redescendre par le vallon des Erps. Et, entre la cime du Mercantour et le vallon des Erps, il nous faut emprunter un petit couloir bien enneigé, qui démarre vers la cote 2632 : c’est là que les machards vont entrer en jeu.

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Tandis que Denis enfouit son piolet en guise de corps mort pour amarrer la corde, chacun ajuste sa sangle ou son baudrier, tout en révisant discrètement la leçon sur le machard. Il faut voir Jean, entouré d’une cour de dames qui ne demandent qu’à apprendre…

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Annie, sans appréhension, descend la première jusqu’au deuxième relais installé par Gabriel, où nous devrons positionner le machard sur une seconde longueur de corde qui nous mènera en bas du couloir, dans les pentes plus douces du cône. À sa suite, nous descendons les uns après les autres, d’abord en marche arrière sur quelques mètres bien raides puis, dès que possible (mais ce n’est qu’une option…) en marche avant, face à la pente. Exemple d’application possible de la méthode Coué : « Le piolet de Denis va tenir, il est su-per-bien enterré, oui, c’est du solide, tout ça… »

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Fred et Jean, en attendant leur tour, prennent un peu de hauteur en direction de la crête qui monte vers le Caïre Nègre du Mercantour, histoire de faire des photos plongeantes sur le groupe en train de descendre le couloir, avec ou sans élégance, avec ou sans chute dans les trous, avec ou sans couinements…

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Denis, tout en haut, vérifie nos machards avant de nous donner le top départ. Gabriel, à mi-route, nous aide dans notre translation d’une corde à l’autre. Et tout en bas, Annie surveille notre arrivée et fait des photos, immortalisant nos diverses mimiques à l’issue de ce temps fort de la course…

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Patrick, Michel, Jaja, Jean, bref, tous ceux qui « savent », aident de leur présence rapprochée ceux qui « savent moins »… Pour plusieurs d’entre nous, il s’agit d’une toute première expérience impliquant la corde donc, forcément, c’est un souvenir qui va compter double et faire date…

 

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Une fois le dernier arrivé en terrain sûr, Denis se lance à son tour dans la descente du couloir, mais comme il est très fort (et aussi parce qu’il ne tient pas à laisser son piolet au fond de la neige), il va procéder sans assurage. Ils ont le pied ferme, nos encadrants, et pas une once de vertige : Chamois ascendant Bouquetin ?…

 

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Le groupe entreprend la descente du vallon des Erps, dont l’enneigement est un copier-coller de celui du vallon de montée. Qu’on descende par la droite ou par la gauche, ce n’est qu’une alternance d’éboulis et de pentes d’herbe reliés par de maigres langues de neige. Après quelques tentatives moyennement fructueuses pour descendre « le plus bas possible » à raquette, nous les chargeons définitivement sur les sacs et poursuivons à pied dans un terrain miné par les plaques de neige, gelée ou pourrie. Hiver, reviens !

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Tandis que de beaux nuages lenticulaires se forment au-dessus de notre fin de rando, nous rejoignons les voitures, fatigués, mais particulièrement ravis de notre journée. Le petit surcroît de plaisir ne viendrait-il pas du petit surcroît d’effort et de contrôle que nous avons dû fournir aujourd’hui ?

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Mais assez vu de mélèzes et de sapins : allons vite nous ressourcer sous ces arbres qui nous font toujours de l’œil le dimanche en fin d’après-midi : les Tilleuls ! Et trinquons à cette belle boucle, et à l’investissement de nos amis encadrants qui font vivre cette section et la tirent vers le haut ! Les ganses de Christine et les pâtes de fruit multicolores de Laurence ne font qu’un pli…

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Ci-dessous, en souvenir de notre petit couloir, un mémo sur le magique machard. Attention : interrogation écrite samedi prochain, à 7 heures 30, sur le parking de Trucco !                Un coup d’œil à la fiche technique FFME :

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« Le machard est un nœud  sur corde tendue autobloquant inventé en 1961 par le grimpeur marseillais Serge Machard. Immobile sous tension et mobile lorsqu’il est détendu. C’est un nœud auto-serrant nécessitant une cordelette autobloquante encore appelée ficellou. Il permet de descendre en rappel auto-assuré. »

un grand bravos à tous et à la semaine prochaine

Dimanche 24 février 2019 : Abîmes et Abisse…

G1 : Roche de l’Abisse (2756 mètres) depuis Castérino

Dénivelée : 1500 mètres   Distance : 18,5 kilomètres

G2 : fort de Giaure (2260 mètres)

 

Amandiers en fleurs dans la vallée… Pourtant, la piste de la baisse de Peïrefique est, comme souvent, à la limite du praticable dans son tiers inférieur, avec des zones gelées et des zones complètement déneigées. Quelques skieurs de rando font demi-tour en nous souhaitant bonne chance, fort dubitatifs lorsque nous leur apprenons que nous montons « vers » l’Abisse… D’autres nous demandent en riant de marcher à cinq de front pour leur damer largement le terrain… preuve qu’on peut se côtoyer, voire collaborer en montagne, skieurs et raquettistes !

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Contrôle des DVA à la passerelle (émission, réception et re-émission, car il est préférable de vérifier que personne n’est resté en réception), et c’est parti pour la baisse de Peïrefique, dans les pas de Gabriel, Annie, Patrick, Eric et Tony. Nous sommes 33 à prendre le départ. Heureusement, dans nos rangs, nous avons le plaisir de compter quelques Mac Givers bien outillés : à 20 minutes des voitures, voilà une raquette qui fait des siennes, et en voilà une autre qui sème crampon et vis dans la neige…

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G1 et G2 arrivent avec un petit décalage à la baisse de Peïrefique pour une première courte pause. Comme nous avons été sages, nous avons droit à un su-sucre : un peu de descente à rythme forcé vers le vallon de Caramagne, histoire de fatiguer d’autres muscles que ceux dévolus à l’effort de la montée…

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À peine le temps d’entrevoir oratoire, caserne et gias : nous voilà déjà en train de charger les raquettes sur le sac au départ du sentier d’été, pour une bonne demi-heure de grimpette neige-rochers-buissons des plus printanières. Puis, une bonne fois pour toutes, nous chaussons nos raquettes bien-aimées pour rejoindre le fort de Giaure en suivant grosso modo l’itinéraire « hiver » qui emprunte une longue (si longue…) épaule, en gardant en ligne de mire le sac jaune de Patrick : « Tous derrière et lui devant », comme dans la chanson.              Eric, Tony et le G2 choisissent, eux, de passer par la combe où zigzague le sentier d’été.

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« Le fort de Giaure, le plus élevé des ouvrages du col de Tende, a été construit entre 1883 et 1884 à 2260 mètres d’altitude, sur la cime du même nom. Cet ouvrage, qui est une batterie pour un armement de 10 pièces d’artillerie, bat tout le haut bassin de la Roya et de ses affluents. L’ouvrage est entouré d’un fossé continu, dont la défense est assurée par deux galeries de contrescarpes à feux de revers logées dans deux angles opposés, et une casemate de type caponnière, adossée à l’escarpe du front de gorge à l’angle nord-ouest. Les locaux du casernement concentrés sur le front de gorge sont couronnés d’un parapet d’infanterie avec créneaux de fusillade. Sur le front d’attaque, l’artillerie est établie sur des emplacements à ciel ouvert séparés par 5 traverses-abris. Une route de 5 kilomètres de longueur, en partie disparue suite aux éboulements, relie ce fort au fort de Pernante. » (Source : Ouvrages et fortifications dans les Alpes-Maritimes, site web).

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Aujourd’hui, en ce début de XXI-ième siècle, la frontière est tout à fait paisible. Pas de drapeaux orgueilleux, de tirs d’artillerie ni de canonnades, mais c’est un agresseur à qui la notion d’état est tout à fait étrangère qui nous prend pour cibles : le grand méchant vent ! Pourrons-nous poursuivre jusqu’au sommet en bataillant contre ses assauts ? La roche de l’Abisse est visible devant nous, bien blanche sur un ciel bien bleu, mais encore si lointaine, tout au bout de l’interminable Pra Giordan… Six skieurs, tout minuscules dans la grande pente terminale, se chargent de nous donner l’échelle, et un coup au moral par la même occasion…

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Tony et une partie du G2 se sont arrêtés au fort. La vue y est déjà magnifique, sur le Marguareis tout proche. Une autre partie du G2 poursuit sa marche, menée par Eric qui fait « prendre l’air » à un genou convalescent. Certains s’arrêteront juste sous la grande pente qui mène au sommet, là où le G1 vient de troquer raquettes contre crampons.

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En quelques lacets, la trace nous mène sur la crête-frontière puis, par une courte traversée un peu exposée et avec vue plongeante sur l’Italie, jusqu’à la croix du sommet. Quel bonheur… Les uns après les autres, fatigués mais ravis, nous prenons pied sur les quelques mètres carrés de terrain presque plat : le sommet, point coté 2756. Janine, Stéphane, Alain, Christine, Frédérique… : dans nos yeux et dans nos souffles courts se mêlent intimement bonheur, fierté, et vrai soulagement ! Et, comme par magie, il n’y a plus de vent !

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Et voilà Eric qui arrive à son tour au sommet (et à raquette, s’il vous plaît !), après avoir mis son petit groupe en sécurité. On ne sait pas si son genou est content du voyage, mais lui oui, et ça se voit !

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Gabriel nous régale d’un tour d’horizon commenté, lui qui connaît si bien ce secteur, et il pointe les sommets qui seront peut-être au programme de notre prochain week-end à Palenfre. Du haut de l’Abisse, la notion « d’arc alpin » prend tout son sens : loin devant nous se dessine une immense courbe blanche, ponctuée de massifs caractéristiques : Viso, Monts Blanc ou Rose, Cervin… Nous sommes tout au bout de l’arc, qui s’achève les pieds dans l’eau bleue de la Méditerranée : une exceptionnelle leçon de géographie grandeur nature ! Les photographes s’en donnent à cœur joie.

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Prudente redescente depuis le sommet, plus directe que la montée, mais la neige nous l’autorise : les crampons s’ancrent bien, et les marches sont franches. Mais on sent déjà que la douceur ambiante a commencé son travail de sape… La neige s’humidifie, et porte de moins en moins.

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Un pique-nique « à  l’heure heure espagnole » nous réunit à l’abri du vent, dans les fossés du fort de Giaure. Le G2 a préféré prendre de l’avance et est déjà bien engagé sur le chemin du retour. il s’agit de prendre des forces : tout le monde lorgne sur la baisse de Peïrefique. Pour l’instant elle est bien plus basse que nous, mais bientôt elle sera bien plus haute, et il faudra repasser en configuration « montée »…

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Longue redescente vers le vallon de Caramagne, sans lâcher les raquettes pour certains : Gabriel semble décidé à nous tester en mode « tout terrain », pas question de le décevoir… Somme toute, les raquettes accrochent très bien, voire mieux que des chaussures, sur l’herbe, dans les rhododendrons et sur les branches basses de mélèze. Il faut juste ouvrir l’œil…

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Pour la remontée à la baisse de Peïrefique, le grand groupe se scinde en plusieurs petits groupes menés par autant de leaders improvisés, avec des allures décroissantes des premiers aux derniers. Derrière Philippe et Stéphane, je me répète avec gratitude que mon choix est le bon, puisque la montée se fait (presque) sans effort et (presque) sans fatigue.

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Et comme s’il manquait un peu d’aventure à notre riche expérience du jour, nous redescendons évidemment par le vallon de Cardon, petit bonus que n’aurait pas désavoué un Indiana Jones montagnard. Pour éviter le châtiment de la piste du matin (personne ne semble y tenir), nous allons devoir jouer aux explorateurs et naviguer à vue entre torrent, rochers, arbres, raides pentes à glissade, racines embusquées et raquette sur herbe. Les bras travaillent autant que les jambes…

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Tous ces efforts nous ramènent progressivement à la douceur des rives du torrent et des pistes de ski nordique. Les aboiements des chiens de traineau saluent notre retour à la civilisation.   Le soir tombe. Nous avons mis une heure de plus que lors de notre dernière ascension de l’Abisse : certes, un grand groupe implique une plus grande inertie, mais il est plaisant de marcher en bonne compagnie…

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Et c’est donc en bonne compagnie que nous nous échouons au Prieuré de Saint-Dalmas-de-Tende. Remarque intéressante : la fatigue ne semble pas avoir de prise sur notre goût marqué pour les fondants au chocolat, les cakes aux fruits, les biscuits maison et les cookies aux fruits secs. La nuit est tombée lorsque nous sortons du bar : nous éviterons donc les embouteillages liés au corso, aux citrons et aux oranges…

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Un grand et chaleureux merci à tous nos encadrants pour nous avoir permis de réaliser cette ascension trois étoiles, un des beaux fleurons du palmarès de la section raquette alpine.

Cime du Trem en ce dimanche 17 février 2019

Dimanche 17 février 2019

Cime du Trem (2574 mètres) depuis la Gordolasque

Dénivelée : presque 1025 mètres

Distance : 11 kilomètres

 

Des conditions printanières en plein hiver ? Génial. Le tout est que l’été ne s’installe pas en avril… En attendant que l’anticyclone aille répandre ailleurs ses bienfaits, nous décidons aujourd’hui de partir à l’assaut de la cime du Trem, tout au bout du beau vallon des Verrairiers.

 

Annie, Patrick, Vincent, Michel et Tony encadrent le groupe. Nous sommes 35 : gros succès, comme toujours, pour les destinations Gordolasque. La bonne surprise : nous pouvons chausser directement au bord de la route, ce qui n’est jamais arrivé depuis que nous partons pour les cimes du Diable ou du Trem ! Les DVA sont testés un par un, en émission et en réception, et nous nous dirigeons vers la passerelle des Sagnes qui enjambe la jeune Gordolasque.DSC04257

 

Annie nous communique les données-clés relatives à cette randonnée : dénivelée, distance, pentes raides puis confortable vallon. Ce qui est à retenir : on va attaquer dans le dur, inutile de trop se couvrir… Les deux groupes démarrent, précédés de trois skieurs, certainement ravis de n’avoir pas mis le réveil ¼ d’heure plus tard ce matin-là…

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Notre énergie se canalise rapidement et, comme s’il passait à travers un entonnoir imaginaire, le troupeau indocile devient file indienne bien sage. Le sentier de la forêt ne pose pas de problème particulier, et nous abordons le large vallon des Verrairiers et ses raidillons successifs… Le pas du Trem n’est pas encore en vue, il nous faut encore obliquer longuement sur la droite, mais le Diable nous toise déjà de ses 2685 mètres de rochers et de neige.DSC04170

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Le vallon est magnifiquement enneigé, et la qualité de la neige convient fort bien à nos raquettes qui ont appris, ces derniers temps, à ne pas trop faire les difficiles : nous voilà gâtés ! Vincent n°1 et Annie marchent en tête (bon rythme, les amis…), talonnés par les habitués du peloton de tête, Alix, Vincent n°2, Mario, Nathalie, et pardon à ceux que j’oublie forcément. Le G1 se regroupe au pas du Trem pour chausser les crampons, tandis que le G2 apparaît en contrebas, guidé par Michel.

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À présent, fini de bavarder et de rigoler : la pente qui monte direct au sommet de la cime du Trem requiert concentration, discipline et prudence. En effet, plusieurs passages sont en neige bien dure dans un terrain où la glissade n’est même pas envisageable. Annie nous donne les dernières recommandations et nous montons à la queue leu leu jusqu’au sommet, en bénissant les marches faites par ceux qui nous précèdent, et en les accentuant pour ceux qui nous suivent : grandeur et noblesse de l’esprit de groupe !

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Le sommet, une crête bien étroite, n’est vraiment pas adapté à la photo de groupe… on peut à peine s’y croiser. Quelques-uns partent au bout des rochers pour découvrir la vue que l’on a sur les Merveilles et leurs merveilles, et sur le Grand Capelet et le Bégo, tout proches. Nous abordons prudemment la redescente vers le pas du Trem : la trace s’est déjà confortée. Le G2, qui attaque à son tour la grimpette, ne s’en plaint pas ! Michel sécurise la progression de son groupe, et Tony ferme la marche.

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Pique-nique pour tout le monde au col, tous béats au soleil, chacun ayant choisi un horizon à contempler pendant le repas. Douce vie ! Pierre sonde la neige, sa sonde disparaît complètement : quelle accumulation, sur ce col, alors que les pentes du Trem et du Diable sont parsemées de rochers et même de touffes d’herbe…

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C’est le jour où jamais : il fait si bon, et nous ne sommes vraiment pas à la bourre. Exercice de recherche DVA / sonde pour tout le monde ! Vincent H., Michel et Elsa (tout récemment formée) partent subrepticement planquer 3 DVA et nous démarrons, par groupes de deux, pour tenter de sauver des vies imaginaires. Je fais équipe avec Vincent M., et nous captons assez rapidement un signal. Erreur en ce qui me concerne : j’oublie de « marquer » le premier DVA enterré, ce qui fait que je continue à recevoir son signal alors que je suis déjà à la recherche du second… On dit que prendre conscience d’une erreur est plus formateur qu’une longue théorie, l’optimisme est donc permis en ce qui me concerne …

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La neige s’est considérablement transformée pendant ce temps, et le retour n’a plus rien à voir avec la montée du matin sur neige dure. Nous prenons autant que possible par la forêt, qui recèle de la neige poudreuse (ou de l’ex-poudreuse…) bien conservée, et ceci jusqu’au retour aux voitures. Patrick, toujours aussi à l’aise là où le commun des mortels a tendance à se poser quelques questions, enchaîne raccourci sur raccourci, coupant les lacets à grandes enjambées : c’est beau, l’aisance…

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Nous nous entassons rituellement aux Tilleuls, en choisissant une place proche des gâteaux que nous aimons le plus : moelleux au citron, tigré au chocolat, canistrelli aux amandes, panettone au chocolat… Les 3èmes mi-temps de la section raquette alpine sont en passe de devenir aussi prisées que les randos proposées chaque semaine par nos amis encadrants…

 

« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse,

essayez la routine : elle est mortelle »

Paolo COELHO

 

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Dimanche 10 février 2019 Au départ du col du Fa : Mourre Frey et tête de Travers (2161 mètres)

Dénivelée :1200 m

Distance : 14 km

 

Gabriel, Denis, Annie, Patrick, Michel et Tony proposent de nous faire découvrir un secteur où nous allons rarement traîner nos guêtres, et encore moins nos raquettes : celui du col du Fa, (ou du Fam, suivant les cartes), entre vallées du Var et du Coulomp.

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Nous quittons celle du Var à Enriez, pour rejoindre le bout de la route déneigée, aux dernières habitations de Champ d’Anguieux. Chiens et ânes de la ferme saluent – ou désapprouvent vertement –  notre passage par des aboiements et braiements qu’il vaut mieux ne pas tenter de traduire. Les humains, ils connaissent. Mais le bip-bip de 29 DVA, probablement pas… De plus, aujourd’hui, nous les testons en mode émission ET en mode réception, avant de recevoir le feu vert pour prendre la direction du col du Fa. Quant au chat, le poil tout hérissé, il détale ventre à terre.

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Mais nous ne dérangerons plus personne avec tous nos bruits bizarres, puisque nous ne croiserons âme qui vive durant toute la journée… Denis et Michel prennent la tête du groupe. Nous faisons une première courte pause au col du Fa, le temps de repérer le hameau d’Argenton, juste en face. Tout comme Aurent, plus en amont du Coulomp, c’est un véritable havre de paix où le temps semble suspendu.

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Mais pour nous les raquettistes, pas de temps suspendu : nous avons une montagne à gravir, et même deux ! L’enneigement étant discontinu, nous traversons la forêt de pins et de buis avec les raquettes sur le sac, en rêvant au moment où nous pourrons enfin les chausser. Patience ! Dès la lisière de la forêt, les données s’inversent : c’est au tour des raquettes de porter les raquettistes.

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Nous remontons la longue croupe qui s’élève régulièrement, direct azimut, vers le sommet du Mourre Frey.

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La colonne s’est beaucoup étirée : les derniers arrivent au sommet du Mourre Frey alors que les premiers sont déjà quasiment au sommet de la Tête de Travers… Patrick, Tony (et sa radio) et Jean ferment la marche autour d’une copine, en moyenne forme aujourd’hui, et ils rivalisent d’initiatives pour lui faciliter la grimpette : délester son sac, voire le porter, proposer à boire et à manger, donner le rythme en marchant juste devant elle, tout est bon à prendre les jours où les jambes, le cœur et le souffle ne sont d’accord sur rien…

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On se prend à rêver d’une continuité digne de ce nom entre Mourre Frey et Tête de Travers, mais non : il faut redescendre de l’un, pour mieux remonter sur l’autre, tel est notre destin de vagabonds des montagnes…  Contempler le paysage alentour est plaisant, du haut de cette magnifique crête… Hélas, le mauvais temps et ses nuages tournent autour de nous, à distance respectueuse certes, mais ils grignotent la visibilité qui doit être « trois étoiles » par beau temps clair (comme demain lundi, probablement…).

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En attendant que tout le monde soit arrivé au sommet, les plus en forme (ou les plus gelés) partent faire quelques centaines de mètres en direction de la Mélina, toujours en suivant la crête. Puis un rapide pique-nique, vite expédié, nous réunit en contrebas du Mourre Frey, dont la seconde ascension de la journée nous a donné grand faim.

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Denis est bien tenté par la redescente par une autre croupe, qui descend du Mourre Frey en évitant le col du Fa. Toujours cette même envie de « faire une boucle »… Raquettes aux pieds, nous traversons l’immense labyrinthe de neige et de buis des Chabouettes. Puis, comme lors de la montée, c’est la limite de la forêt qui matérialise le changement : raquettes / fini les raquettes.

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Une petite sente qui sent bon le thym et la lavande (mais oui, même en plein hiver…) nous ramène tranquillement sur la route, quelques centaines de mètres en aval des voitures. Vincent, qui avait parié avec Michel sur une fin de rando très « sangliers », est peut-être un peu déçu ?

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Le pot de fin de journée nous réunit chez Lolo, à Entrevaux, autour d’un vrai concours de gâteaux entre les pâtissières du groupe. La Palme de la Raquette Gourmande est attribuée à… toutes, à l’unanimité. Puis, après avoir atteint un niveau de réhydratation satisfaisant, c’est l’occasion pour nos encadrants de refaire le point sur les règles à respecter pour que le groupe évolue en sécurité maximum. Détermination des groupes, rôles respectifs du leader et du serre-file, consignes relatives à la bonne progression lorsque l’on est nombreux : il n’est jamais vain de revoir un peu les fondamentaux…

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Merci à tous pour cette belle boucle, encadrants et adhérents, lièvres et tortues, leaders et serre-file, bavards et taiseux, pâtissières et dégustateurs, photographes et spectateurs, fervents de la Top25 et inconditionnels du GPS, pour la complémentarité qui fait de ce groupe un puzzle de talents divers.

Dimanche 3 février 2019 Une trilogie dans la poudreuse ! Pommier Giarons Cluots

Pommier Giarons Cluots (2106 mètres)

 Dénivelée : presque 1000 mètres, distance : presque 12,5 kms

 

Le mail de Denis nous a mis la larme à l’œil : week-end annulé à cause des conditions météo et, surtout, du risque avalanche… La traversée Saint-Dalmas-le-Selvage / Bayasse / Saint-Dalmas-le-Selvage restera pour l’instant dans les cartons, sage décision dictée par la prudence et l’expérience…

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Mais un mail de Gabriel nous redonne presque aussitôt le sourire : cap sur les Cluots au départ des Buisses, une destination privilégiée les jours de risque 4, et sur laquelle nos encadrants misent de temps à autre. Nous sommes toujours partis du col de la Couillole, mais aujourd’hui nous allons faire connaissance avec un nouvel itinéraire, celui de la crête de la Crébasse.

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Tout contents, nous chaussons les raquettes sur le parking de la petite station des Buisses, après une montée vigilante (merci chauffeurs !) sur la M30 pas encore déneigée. Nous sommes 29, dont Gabriel, Denis, Annie, Patrick, Michel et Tony.

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Quatre copains habitués de nos sorties raquettes sont aujourd’hui en formation « neige-avalanche » dans le même secteur que nous, mais eux partiront du col de la Couillole. Bravo pour cette initiative : plus il y aura de personnes formées et sensibilisées dans les groupes, plus nos randonnées gagneront en professionnalisme, et donc en sécurité pour tous.

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C’est parti ! Quel bonheur, toute cette poudreuse immaculée ! Quel plaisir de randonner enfin en silence, même à 29 ! Fini ce bruit de ferraille si caractéristique des raquettes raclant sur la neige dure, qui nous accompagnait depuis le début de la saison comme celui d’une colonne de bagnards traînant chaînes, cadenas et boulets… Nous voilà en immersion dans la douceur : douceur pour les pieds, douceur pour les oreilles, douceur pour les yeux. Et pour couronner le tout nous traversons, pour commencer, le quartier Fortunette, avant de nous diriger vers Les Douces, quels noms propices à l’inspiration !

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D’ailleurs, inspirons un grand coup, car voilà la première pente. Respectueux des consignes des pisteurs qui sont déjà à pied d’œuvre, nous longeons le bord des pistes, accompagnés par le bruit du télésiège et par la musique que diffuse la station intermédiaire au bord d’un petit lac. Il s’agit de la réserve d’eau pour les enneigeurs, au chômage technique pour quelque temps grâce à la « vraie » neige !

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Le paysage est magnifié, encore engourdi sous la neige, cette grande magicienne qui a le talent de faire du tout neuf avec de l’ancien. Nous évoluons dans des décors en noir et blanc, sur lesquels se détachent les notes vives de nos vestes et doudounes. Mais où est donc passé la 2eme compagnie …

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P1200484Premier sommet en vue, le Pommier ; premier regroupement ; premier tour d’horizon ; premiers flocons… Nous dévalons joyeusement en direction de la baisse de Clari : galoper dans une longue pente de poudreuse nous met toujours de belle humeur !

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À ce rythme-là, le second sommet du jour est rapidement atteint, la tête de Giarons, sous un soleil timide qui nous revient de loin. Le but de la journée est dès lors en vue : la tête des Cluots. Denis trace dans une belle couche de neige vierge jusqu’au sommet, avec ce qu’il faut de zigzags pour nous éviter trop de fatigue, merci à lui !

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P1200492Il n’y a pas que Denis qui brasse, trace et tasse la neige : voilà un beau blanchon, porte-bonheur de nos montagnes, dont la trace coupe la nôtre, et qui avance péniblement tout là-haut, sous la tête de l’Abric. Qui l’a vu ? Tony, Michel, Patrick et Jean ! Voilà le privilège des serre-files !

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La photo souvenir nous regroupe au sommet. Mais le vent glacial qui se lève se charge de mettre tout le monde dans le sens du retour, et à grandes enjambées ! Direction la cabane de l’Abric, dont les dimensions sont adaptées à l’alignement de nos 29 postérieurs.

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Pendant que nous reprenons des forces et des calories, nous assistons au spectacle magique de plusieurs snowkites sur les pentes qui nous font face. Ils remontent si aisément les pentes, pour s’offrir de nouvelles descentes de rêve… c’est assez fascinant. Le vent est leur allié, et cette complicité nous rendrait presque jaloux, nous qui sommes si dépendants de nos jambes fatigables…

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Le repas rapidement expédié, nous gravissons la tête de l’Abric et prenons la direction du retour, par un bien agréable parcours en crête puis en forêt. « Une calade comme je les aime », savoure Joëlle. Et tout le monde est d’accord.

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Profitant d’une pause, Alain fait circuler une petite flasque de grappa. Vu le sourire réjoui de ceux qui y trempent les lèvres, le breuvage semble être de qualité… Même le raisonnable Vincent L., déjà tourné dans le sens du départ, se fige et fait demi-tour en entendant le mot « grappa » !

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Pour les amateurs de boissons moins radicales, il y a le bar l’Aventure, le bien nommé : pour les plus rapides, ce sera « dedans », et pour les moins dégourdis, « dehors », sur la terrasse abritée. Tout le monde trinque avec gratitude au retour de la neige, tandis que Michel nous raconte l’été de ses 17 ans sur les bords de la Loire : on fait provision de rire et de bonne humeur pour un moment…

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Merci à tous nos encadrants pour cette si belle journée aux Cluots, un plan B qui mériterait largement d’être coté en plan A ! Quelle belle nouvelle : la neige est de retour, un mot qui rime opportunément avec « Mercantour » …

Dimanche 27 janvier 2019 : La cime Nègre était blanche…

Dénivelée : presque 1200 mètres                  Distance : presque 14 kilomètres

 

Sur l’air de « Nathalie », de Bécaud :

« La cime Nègre était blanche

La neige faisait un tapis

Et je suivais par ce froid dimanche

Le grand Deniiiiis… »

 

Le grand Denis, mais également Gabriel, Michel et Tony, enfin de retour parmi nous. À 33, nous saturons, d’un seul coup d’un seul, le parking de Roya et prenons plein ouest la piste tracée dans les marnes noires, un œil sur les rochers suspendus au-dessus de nos têtes, et l’autre sur les plaques de glace sous nos pieds.

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Balise 142 : changement de braquet. Nous abordons en deux groupes la remontée du vallon de l’Alpe, après avoir traversé le torrent, pénétré dans le Parc national et, surtout, chaussé les raquettes !

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Bel enneigement, régulier en quantité, avec comme toujours depuis le début de la saison, une alternance neige dure et neige poudreuse, afin que ce ne soit pas trop lassant de mettre une raquette devant l’autre… La file s’étire, et nous gardons involontairement un espacement qui n’est pas dicté, pour une fois, par des impératifs de sécurité. C’est juste qu’il est difficile de suivre le rythme des costauds qui sont à la trace. Mais, à l’arrivée au col de Crous, Jaja et Véro, dans le peloton de tête, sauvent définitivement l’honneur des dames !

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Un coup d’œil sur la suite de l’itinéraire nous laisse à penser que les choses sérieuses vont à présent commencer. La pente se redresse sans sommation, s’attaquant par surprise à nos souffles et à nos jambes. Nous suivons la crête qui nous mène vers la cime Nègre sur une bande, puis une bandelette de neige dure, de laquelle dépassent cailloux, rochers et autres pièges égratigneurs de raquettes. Mais, vu notre allure, on a largement le temps de les voir venir afin de ne pas se laisser surprendre…

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Enfin, la cime Nègre est en vue, petite pyramide parfaite, mi-neige, mi-rocher, et le G1 troque les raquettes contre les crampons pour le dernier quart d’heure d’ascension. Quelques skieurs de rando la gravissent en même temps que nous. Prudence : il ne s’agit ni de glisser sur la neige, ni de faire partir des cailloux sur les suivants.

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Le sommet est bien exigu pour notre groupe, mais il fait frisquet, et il n’est pas désagréable de se serrer un peu les uns contre les autres. Le Mounier domine les lieux, d’un blanc immaculé. À l’opposé, on aperçoit le Pelat et les tours du lac d’Allos.

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En contrebas, alors que nous abordons la descente en redoublant de prudence, nous voyons arriver le G2. Certains auraient bien envie de tenter à leur tour l’ascension du sommet, et il y aurait sans doute quelques volontaires pour y remonter avec eux. Mais les temps tournent, temps météo et temps chrono, lentement mais sûrement : redescente pour tout le monde, à crampons, en direction du vallon de Sallevieille.

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Sous l’œil vigilant de notre bon berger Michel, le petit troupeau se met en route, tandis que Jean règle in extremis une paire de crampons rétive. DSC04065

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En suivant Denis, nous contournons la base pentue de la cime Nègre, en une traversée à flanc dans une neige parfois sécurisante, parfois légèrement ouille-ouille-ouille… « N’hésitez pas à bien taper le pied gauche ! », conseille Gabriel à ceux qui entament la traversée. Oh oui, Gabriel, on va bien le taper, le pied, et plutôt deux fois qu’une…

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La fin de la descente, face à la pente, est presque plus confortable et moins impressionnante. D’autant qu’en bas nous attend, on le sait, la pause pique-nique promise depuis un moment par notre staff, manifestement jamais affamé… Dommage que la cime Nègre nous cache le soleil, on aurait bien besoin de ses maigres rayons en guise de caresses dans le dos.

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Raquettes aux pieds, nous repartons rejoindre le torrent de Sallevieille et les balises rouges et blanches du GR5. Sans parler de la glace bleue, dont des nappes entières affleurent ici et là, telles des bonbons géants à la menthe claire. N’oublions pas que nous sommes dans un haut-lieu de la cascade de glace !

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Mais quelle mouche des neiges vient de piquer le copain qui marche allègrement en tête ? Pourquoi diable cette brusque impulsion de traverser le torrent pour marcher dans les cailloux, alors qu’un beau tapis de neige descend jusqu’au niveau de la passerelle ? Effet « chamois de Panurge », sept ou huit personnes lui emboîtent le pas en rive droite. Michel, qui ferme la marche en rive gauche, et qui a une vue d’ensemble sur la situation, réclame à grands cris la démission du président, revendication très dans l’air du temps ! On rit tellement qu’on a du mal à repartir, mais les premiers flocons se chargent de nous pousser vers la sortie.

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Le passage du verrou de Sallevieille se fait sans aucune difficulté, à raquette, quelle agréable surprise ! Au passage, nous admirons des grimpeurs sur la célèbre cascade de glace.

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Malheureusement, l’enneigement du chemin se fait plus chiche, et nous voilà dans l’obligation de mettre les raquettes sur le sac pour terminer à pied. C’est là que commence, à ¾ d’heure des voitures, une autre épopée, jambes fatiguées sur neige gelée, ponctuée de quelques chutes, heureusement sans gravité, et de nombreux couinements, voire jurons montagnards… une belle boucle comme on les aime.trace cime nègre

 

Pour clore cette mémorable journée de façon originale, nous nous cassons le nez sur la porte close du bar d’Isola. Même Tony n’y pourra rien changer, c’est dire. Mais comme il en faut bien davantage pour que nous acceptions de bousculer nos habitudes gourmandes, c’est à ciel ouvert, en pleine place du village, que nous faisons circuler, dans une joyeuse pagaille, gâteaux et friandises !

Dimanche 20 janvier 2019 Mont Sainte-Marie (2740 mètres)

Dénivelée : 1200 mètres

Distance : 14 kilomètres

 

La journée est placée sous le signe de Sainte-Marie. Rendez-vous : le parking de l’hôpital Sainte-Marie. Destination : le mont Sainte-Marie. Pour faire bonne mesure, nous nous garons à proximité de l’auberge Marie-Madeleine de Castérino. Sous cette virginale protection, notre ascension devrait être copieusement bénie des dieux…

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Mais tablons aussi sur la protection bien terrestre de nos encadrants : Gabriel, Vincent, Michel et Eric. Notre grand groupe de 30 personnes s’équipe sans perdre de temps, car par -7°, il ne fait pas bon rêvasser le nez en l’air. Nous accueillons avec plaisir Jean, un nouvel adhérent. Ça tombe bien : on avait déjà des doublons pour pas mal de prénoms, mais il n’y avait qu’un seul Jean !

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La montée par la piste qui remonte le vallon de Fontanalbe dans un beau mélézin remplit son office : on s’échauffe, on se réchauffe, mais sans surchauffe. Elle est enneigée tout du long, ce qui nous fait toujours grand plaisir. Je règle inconsciemment mon rythme sur le raclement des raquettes de celui qui marche devant moi : la distance devrait donc rester identique entre lui et moi. Pourtant, inexplicablement, il prend du champ ! Ah ! j’avais oublié un paramètre à prendre en compte : la longueur des jambes, donc du pas…

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À la balise 390, Gabriel réclame l’attention de sa troupe turbulente et bavarde, occupée à troquer bananes contre abricots secs, pour nous exposer le choix à venir : soit un goulet, mais ce sera suivant l’enneigement ; soit la traversée du grand couloir d’avalanche qui descend de la cime de Chanvrairée. On lui fait confiance, comme toujours, et c’est la première option qui est retenue : parfaitement enneigée, une longue pente nous amène directement vers le Gias des Pasteurs, à proximité de l’extraordinaire Voie Sacrée, monument historique à ciel ouvert : 20 mètres de dalles gravées s’élevant vers un parterre en forme d’autel où le sol résonne étrangement…

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Mais nous sommes en janvier, et les précieuses gravures hibernent sous la neige : nous pouvons y aller franchement avec le planté du bâton… Toute la zone de Fontanalbe (la Source, la Fontaine Blanche) dégage une profonde impression de paix et d’harmonie, dominée par le Mont Bégo. Prudence tout de même : sorciers, diables et maléfices ne sont pas loin…

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Les pentes se redressent pour nous amener (ouf-ouf) sur la crête des Rochers de Sainte-Marie, quelque part entre la cime Bicknell et notre lieu de pèlerinage du jour. Il est temps de troquer raquettes contre crampons, car la neige est dure, et la pente file, à notre droite. À gauche, c’est un à-pic vertigineux qui plonge d’un seul jet vers les grands lacs Noir et Vert. Le paysage s’élargit d’un coup : Gélas et Clapier, Chamineye et Grand Capelet, et à l’opposé, le massif du Marguareis dont seul émerge d’une mer de nuages le point culminant, encore un souvenir intense.

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Tandis que le G2 pique-nique au soleil en contrebas de la crête, le G1 termine l’ascension dans une dernière traversée prudente. Le sommet est atteint avec une confortable avance sur les prévisions du plan de marche de Gabriel, donc bravo à tous !

 

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Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait particulièrement plaisir de voir Michel, identifiable aujourd’hui à ses bretelles pendantes, arriver au sommet, un peu avant tout le monde, pour jouir quelques instants en solo de la vue et de la Vie, et pour nous accueillir, tout sourire, les uns après les autres…

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Eric, transfuge de G2, fait un aller-retour éclair jusqu’au sommet, aussi à l’aise sur ses raquettes que nous sur nos crampons… C’est le moment de prendre quelques photos souvenirs : pour l’arrière-plan, il y a le choix ! Pourquoi pas le massif du Mont Rose, très net, ou le Cervin, bien reconnaissable même sans téléobjectif.

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Prudente redescente jusqu’aux raquettes, puis jusqu’au spot pique-nique d’où vont nous chasser quelques importunes nappes de brouillard qui nous volent la douce chaleur du soleil. Très agréable redescente : à côté de pans de neige dure, qui aurait pensé trouver autant de belle poudreuse ?

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On en redemande… Au lieu d’opter pour un retour pépère par la piste, Gabriel, à qui Sainte-Marie donne décidément plein de bonnes idées, suggère de passer par la forêt. La neige y est parfaitement conservée. Nos raquettes se régalent, en fines connaisseuses.

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Pour clore cette belle journée dédiée à Sainte-Marie, nous nous dirigeons, en toute logique, vers le Prieuré, pour une célébration franchement païenne qui consiste à rire, boire et manger. Aujourd’hui, cela prend carrément des airs de 3ème mi-temps, avec une véritable orgie de gâteaux auxquels s’ajoutent les notes salées des pissaladières de Michèle qui se marient si bien à la mousse des bières… Pierre (happy birthday !) et Karine arrivent avec deux grosses galettes, mais la table est tellement chargée : où les poser ?

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Attention, les amis ! Nous risquons de reprendre en 30 minutes les calories si laborieusement perdues sur les pentes des montagnes… Suggérons donc à Tony, lors de ses permanences du vendredi, de dresser une liste raisonnable des victuailles « pot de fin de journée », en parallèle à la liste des inscrits, pour nous préserver du risque de surcharge pondérale.

Dimanche 13 janvier 2019 : Cime de Rogué en traversée, montée par le Serre

Dénivelée : 1150 mètres

Distance : 16 kilomètres

 

 

N’ébruitons pas trop l’affaire : on a trouvé de la neige, et de la bonne ! De quoi consoler nos raquettes, frustrées par notre récente virée sur herbe sèche au Capelet inférieur… Nos amis skieurs du CAF nous ont généreusement mis sur la piste de l’or blanc : il y en aurait un beau gisement par-delà le col de Salèse ! Et ce ne sont pas quelques mètres de glace vive, à la barrière du parking d’hiver, qui vont refroidir la détermination de notre quête.

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Dites 33 ! Car nous sommes 33, dont notre pool d’encadrants quasi au complet : Annie et Patrick, Gabriel et Denis, Eric et Michel, l’encadrant raquette semble affectionner le fonctionnement en binôme…

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La montée au col de Salèse, il n’y a plus grand chose à en dire, après tant et tant d’années. Il n’empêche qu’elle est incontournable, tout en permettant de chauffer les jambes et de dompter le souffle. Sans oublier que, pour nombre de raquettistes, elle est considérée comme une randonnée à part entière ! G1 et G2, résignés, se donnent rendez-vous au col, pour une pause rapide, avant de continuer leur route sur la piste qui monte vers camp Soubran.

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Mais, très rapidement, nous quittons le confort de la piste (horizontale) pour une orientation plein Est (pas horizontale du tout) vers le bas de la pointe de Rogué et la cuvette de la Combole. Ô surprise ! Eric, hilare, arrive sur les lieux avec son G2 en même temps que le G1. Dis-nous tout, Eric ! Connaîtrais-tu des raccourcis inconnus de nos GPS ? Aujourd’hui, nous ne sommes pas au bout de nos surprises sur le thème de la fable « Le lièvre et la tortue » !

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P1080154Vite ! Mettre les crampons ! Tout le monde a hâte d’entreprendre la montée vers la cime via le Serre ! Tout l’itinéraire est bien enneigé, et la neige répond bien sous les crampons, mais pas d’imprudence : le moindre faux pas nous ramènerait en une seule glissade jusqu’aux voitures…

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Sur moins d’un kilomètre de distance, nous avons le plaisir de goûter à toutes sortes de plaisirs alpins : un peu de mixte, du cramponnage sur quelques ressauts raides et gelés, jouer les équilibristes sur une portion brève où la crête se fait toute fine. Ça se voit : Gabriel, en tête, se régale à imaginer pour ses suivants un itinéraire sympathique, esthétique et surtout ludique, composant avec tous les jalons que la Nature a éparpillés sur le Serre de Rogué.

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La file indienne s’est beaucoup étirée : les premiers sont déjà au sommet, alors que l’arrière-garde est encore bien loin. Mais avec un serre-file comme Michel (notre Gilet Vert à nous) on sait bien que tout peut devenir accessible ! On ne dira jamais assez le rôle majeur de celui qui ferme la marche, surtout s’il est patient, de bon conseil, toujours de bonne humeur, et prêt à donner un de ses bâtons lorsqu’il y a de la casse dans les rangs…

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Les 17 du G1, regroupés au sommet, ont tout le loisir de contempler le paysage, car la météo est parfaite : encore une fois, du Monte Rosa à la Corse, rien n’arrête le regard ! Et, plus près de nous, Giegn, Tablasses, Bresses, Frémamorte, blancs à point ! C’est la montre qui nous décide à redescendre sur la baisse de Rogué, par une crête de neige qui nous semble si facile, maintenant…

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 Agglutinés sur le mince espace entre les pentes qui dégringolent vers les Naucettes et Frémamorte, nous cassons au soleil une petite croûte béate lorsque, soudain… Un, deux, trois, dix, seize silhouettes apparaissent au sommet ! Les copains du G2 ! Tous sont là, alors qu’on pensait que, peut-être, certains renonceraient ! Et non ! Aujourd’hui, la distinction G1 et G2 n’a plus de raison d’être. Et pourtant, pour certains, il s’agissait là d’une toute première expérience de cramponnage…

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En général, on commence par plus simple, les amis, bravo à toutes et tous ! Et s’il y a eu quelques larmes au sommet, ce sont des larmes de bonheur, de celles qui coulent sans chagrin, tout juste pour faire tomber la vapeur après un pic de stress, et pour mettre de nouvelles étoiles brillantes dans les yeux. On les ovationne, bien sûr, quelle merveille d’être tous réunis et d’avoir la même expérience intense dans les jambes et dans le cœur !

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Dix skieurs de rando atteignent à leur tour la baisse : problème de surpopulation, pire que sur la plage de Juan-les-Pins en juillet ! Il est temps de repartir. La descente de la baisse se fait bien sûr à crampons. Une partie plus raide (évidemment en neige dure, pour pimenter l’affaire) nous prendra un peu de temps, avant le dernier regroupement-changement-crampons/raquettes. Le reste de la descente dans la forêt restera dans nos mémoires comme un vrai régal, dans des filons de poudreuse incroyablement légère et bien conservée. Aux oubliettes, l’herbe sèche du Capelet 

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Tony n’est pas là pour coordonner notre dernière migration de la journée vers Les Tilleuls, mais il a laissé de précieuses consignes que Gabriel applique à la lettre : passer un coup de fil, faire préparer les tables, prévenir qu’on débarque à 33 ! Avec des galettes, des panettone, des boîtes de chocolats, des gâteaux, des croquants aux amandes, et surtout beaucoup, beaucoup de bonne humeur…

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Le G1 avait fait pour la première fois cette traversée du Serre de Rogué, le 29 mars 2015. Le G2, quant à lui, était monté par la baisse de Rogué, et seules trois personnes avaient atteint le sommet. On peut mesurer les progrès réalisés en l’espace de trois petites saisons par l’ensemble des participants, sans minimiser pour autant le rôle majeur joué par nos copains encadrants qui, bien formés, bien entraînés et pleins d’expérience, savent insuffler confiance et audace raisonnable à leurs ouailles…

Dimanche 6 janvier 2019 : le Capelet inférieur (2419 mètres)

 

Bon plan pour les raquettes…

Dénivelée : 1100 mètres pour 14 kilomètres

 

Comme il est fort probable que nous ayons abusé des aliments gras-salés-sucrés lors des fêtes de fin d’année, suivons donc la préconisation de la Haute Autorité de Santé : « bougez plus ! ». Sac au dos, camarades, et sans délai 

 

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Tandis que notre président Gabriel se rendait à Estenc encadrer une formation Neige et Avalanche, former de nouveaux cafistes au danger de la montagne, pour que nous puissions conjuguer toujours mieux plaisir de la neige et exigences de sécurité, Annie, Patrick, Denis, Eric, Tony et Vincent nous proposent d’aller voir du côté des Capelets inférieur et supérieur si la neige est plus blanche qu’ailleurs en ce début 2019… 39 personnes, ça en fait, du monde, et garer toutes les voitures au départ de la piste des Terres Rouges requiert réflexion, calme et méthode.

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Les raquettes bien fixées sur les sacs à dos, nous nous dirigeons vers Patrick pour le premier contrôle DVA de l’année. Le risque avalanche semble léger-léger, à moins qu’on ne soit pris sous une avalanche de cailloux. Mais on ne badine pas avec la sécurité, et ce rituel-réflexe est tellement ancré dans nos inconscients qu’on vivrait son absence avec frustration…

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Première épreuve de la journée : le kilomètre et demi à faire sur la piste, vitrifiée en patinoire. Il n’y a pas de neige alentour, et c’est à croire que tout ce qui fait le charme glacé de l’hiver s’est concentré ici sous forme de glace, vive, bleue, noire, verglas, neige gelée… Nous progressons avec des prudences de Sioux, tentant de poser pieds et bâtons sur des touffes d’herbe, des cailloux, des plaques plus blanches où la neige produit un crissement rassurant. La moyenne horaire s’en ressent…

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La suite de l’itinéraire, dans la forêt puis sur le Serre de Clapeiruole, ne nous surprend guère : pas de neige, ou juste ce qu’il faut pour faire rigoler les raquettes, qui prennent le soleil bien au sec sur les sacs. Quelques rares filons de poudreuse, mystérieusement préservée dans des secteurs plus froids nous redonnent confiance, mais ces bouffées d’espoir retombent toutes comme soufflés hors du four.

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Les deux groupes arrivent à une demi-heure d’intervalle au pied des ultimes pentes du Capelet inférieur où les raquettes moqueuses sont abandonnées en tas. Le G1 chausse les crampons et opte pour une montée sur les maigres pentes de neige gelée, quelques centimètres, juste l’épaisseur requise pour ne pas transformer les pointes des crampons en petites cuillères (l’expression est de Michel, et c’était au Pel Brun !). Le G2 fera l’ascension sur herbe, expression qui sonne comme un glas en ce mois de janvier…

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Tandis que le G2 gagne à son tour le sommet, le G1 rejoint la baisse pour examiner d’encore plus près le Capelet supérieur qui nous domine de 280 mètres. Ira, ira pas ? Beaucoup de rochers apparents, de la neige très dure, le vent qui se lève et pulvérise de toutes petites choses très froides qui piquent le visage… Tous ces arguments ne pèsent guère en faveur de la poursuite de l’ascension, lorsque Philippe abat un atout un décisif : la vue est la même du supérieur ou de l’inférieur ! On ne demande qu’à le croire sur parole : demi-tour, on se contentera de l’inférieur, tant pis pour le prestige et le panache du supérieur !

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Les deux groupes redescendent les pentes, à crampons ou sans crampons, pour un pique-nique très cool avec petite sieste dans l’herbe, tandis qu’Eric qui, manifestement, n’est pas assez fatigué, escalade un gros rocher pour faire du groupe une photo plongeante. À l’horizon, la Corse aux sommets enneigés se détache nettement, juste à gauche de la redoute de la Pointe des Trois Communes, spectacle magique, tellement Mercantour !

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Au moment de repartir, voilà que les raquettes, décidément facétieuses aujourd’hui, s’amusent à se mélanger, à se confondre, à embrouiller leurs propriétaires. Des confusions en cascade : tu es sûr que ce sont bien les tiennes ? Mais alors, qui a pris les miennes ? Dans ce cas, celles-là, à qui sont-elles ? Il devient urgent de les customiser, pour pouvoir les reconnaître au premier coup d’œil !

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La redescente sera mise à profit pour travailler un peu la pratique de la recherche avec les DVA. Les bip-bip s’entrecroisent, sur tous les tons de la gamme. Symphonie électronique alpestre que nous espérons n’avoir à entendre que dans le cadre d’exercices comme celui-là…

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Le retour sur la piste est à la hauteur de l’aller, vu qu’elle n’a pas dégelé. Certains préfèrent chausser raquettes ou crampons pour éviter les vols planés : bien vu ! Mais on se tient toujours le même discours intérieur : bah, on est presque arrivé, on ne va pas chausser maintenant. Et pourtant, la sagesse voudrait que…

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Tony, qui a le numéro de la hotline des Tilleuls, fait ouvrir le bar rien que pour nous : trop fort, ce Tony ! Nous renouons en 2019 avec la tradition reconstituante de nos fins de rando… Une multitude de bonnes choses circulent d’une table à l’autre. Une mention cette fois-ci pour les roses des sables en chocolat de Christine, qui ne feront qu’un pli !

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Et, surtout, un grand bravo affectueux à Gaby Bartin, qui a reçu tout récemment la médaille pour ses 50 années de CAFisme actif ! On se sent petit et humble devant tant d’expérience montagnarde… Félicitations, Madame, et amitiés à Monsieur ! La section raquette est vraiment très honorée que vous l’ayez choisie pour entamer une nouvelle décennie d’aventures enneigées (le plus souvent) ou pas enneigées (comme aujourd’hui).