Archive pour la catégorie ‘Raquettes’

Dimanche 28 avril 2019 Salsa en blanc au Salso Moreno

Pas de Morgon au départ du Camp des Fourches

Dénivelée : 1000 mètres ; distance : 13 kilomètres

 

Du jamais vu, de mémoire de raquettiste, surtout fin avril ! Le Salso Moreno est plus blanc que blanc, et on chausse aux voitures, au Camp des Fourches ! Mais comme tout a un prix, il nous faut, en contrepartie, nous accommoder d’un vent glacial que rien n’arrête dans ces alpages de la Haute-Tinée. On camoufle nez, doigts et oreilles, et direction le col des Fourches. Le groupe de skieurs de Georges et Michèle s’active également autour des voitures, que de monde en quête de neige de printemps…DSC05625

 DSC00006

Chance et concours de circonstances : la route vient d’être ouverte, et une belle chute de neige est venue relancer la saison ! Savourons bien cette descente dans le Salso Moreno, car ce n’est pas de si tôt qu’on pourra la rééditer… Elle restera peut-être unique, comme une légende, sans qu’on sache si tout ceci a réellement existé, ou si c’était un rêve… « Oui, petit… une fois, dans les années 2019-2020, j’ai descendu tout ça à raquette… »

 IMG_1135

DSC05631

Avec Gabriel, Jacques et Tony, nous partons explorer, en rive gauche du Salso Moreno, le secteur des lacs Morgon, où nous ne sommes encore jamais allés en groupe raquette, contrairement à l’Enchastraye, une connaissance de longue date. Un petit groupe de 15 personnes, ça a presque un air de promenade entre amis, mais la prudence reste de mise malgré le plaisir et la décontraction, car des coulées se sont déjà produites, et certaines sont de belle taille, comme sous le mont Vinaigre…

 DSC05646

DSC00014

L’enneigement et la qualité de la neige font presque tout le plaisir d’une rando, et là on ne saurait rêver mieux. Le vent glacé a bien durci la neige, et la progression est facile, avec ce bruit caractéristique des crampons de raquettes qui mordent franchement cette neige dure qui porte si bien. Nous remontons le vallon de la Cabane, renonçons à voir les lacs Morgon, blancs sous blanc, et poursuivons notre chemin en direction du pas de Morgon. Certaines pentes en dévers nous amènent à nous espacer prudemment, d’autant que de larges secteurs sont encore en poudreuse à peine tassée.

 IMG_1148

DSC00016

Quelle chance ! Depuis des semaines, tous les cols que nous avons atteints étaient perchés tout en haut de raides pentes, et les panneaux-balises nous voyaient débarquer la langue pendante… Mais ce gentil pas de Morgon est tout facile ! Et la vue qu’il nous offre est une récompense supplémentaire : le Viso, le secteur de Vens et de Rabuons, le Mounier, la Blanche, la Bonette et l’Enchastraye, avec toute la combe du Salso Moreno. On n’y voit que du blanc, incroyable retour de l’hiver…

IMG_1156

 DSC05655

Nous poussons l’ascension un peu plus haut, jusqu’à un modeste piquet-frontière qui semble marquer un point caractéristique, parce qu’on est comme ça, dans la section raquette…  toujours titillés par l’envie d’aller voir un peu plus haut, un peu plus loin, des fois que la neige soit encore plus blanche, encore plus froide… Un rapide aller-retour, quelques photos devant des perspectives vraiment très… plongeantes, et nous voici de retour au pas de Morgon pour casser une petite croûte réparatrice.

 IMG_1170

 

IMG_1175

DSC05683

Redescente vraiment très agréable, dans une neige plus souple, mais toujours portante, par le vallon de Gorgeon Long, histoire de découvrir un autre parcours pour le retour. À la suite de Gabriel, nous cheminons de vallons en vallonnets, en suivant le cours d’un des nombreux torrents issus des pentes du Mont Bal, jusqu’à une voie sans issue fermée par un couloir de rochers que nous contournerons sans problème, avant de rejoindre le fond du vallon du Salso Moreno. Un régal, cette descente découverte ! Et voilà la première marmotte qui pointe le museau hors de son terrier !

DSC05726

DSC05712DSC05713 

Profitons de notre plaisir et de la sensation de légèreté incomparable que procure une si belle descente, car la perspective plombante de la remontée au col des Fourches se précise… Le torrent du Salso Moreno, le bien nommé, charrie sa « sauce noire » qui tranche sur la blancheur éclatante de la neige : attention au bain de pied qui se transformerait vite en bain de boue…

 IMG_1187

DSC05720

IMG_3113

Jaja attaque la côte du col des Fourches, relayée par Vincent M, lui-même suivi par… tous les autres… Jean a l’œil sur le chrono : voudrait-il battre son propre record ? Le groupe adopte une allure régulière mais efficace et, en moins d’une demi-heure, nous retrouvons le col si panoramique du haut duquel, le cœur battant, nous jetons toujours notre premier coup d’œil sur le vallon du Salso Moreno : enneigé, déneigé, ou en « zèbre » noir et blanc ?

 DSC05732

À conditions de neige exceptionnelles, plaisir haut de gamme ! Nous n’en sommes toujours pas revenus : tant de neige, tant de belle neige… La saison, que nous avions peut-être enterrée un peu vite, vient de rebondir de façon spectaculaire, redonnant du peps à notre moral de raquettistes. De quoi alimenter les projets et les conversations au Ben Manja, autour des chouquettes de Christine, sitôt déballées, sitôt englouties.

 DSC00036

Merci à Gabriel en particulier et à nos encadrants en général, jamais en panne d’idées sympas et originales pour nos sorties dominicales, en dépit du travail que cela génère : tout le plaisir est pour nous !

Week-end de Pâques : héroïque séjour dans le Dévoluy !

 

Nous sommes rarement partis si loin lors de nos précédents week-ends de Pâques, mais pour découvrir les merveilles secrètes du Dévoluy, nous sommes prêts à faire un peu plus de route qu’à l’accoutumée… En dépit des annulations de dernière minute (un peu cavalières, soit dit en passant), nous sommes 28, dont Annie, notre organisatrice, Patrick, Denis, Eric, Vincent et Tony. Nous avons en main nos feuilles de route, tout est parfaitement organisé, décrit, listé : Annie fait toujours bien les choses.

 image002

Petit arrêt-café-regroupement sur l’aire d’Aubignosc, pour récupérer quelques personnes. Puis au col de Festre, où nous en retrouvons plusieurs autres, parties la veille et déjà bien acclimatées, les veinards. La palme à Camille, cette année : un aller-retour Angleterre-Dévoluy-Angleterre pour le plaisir de partager trois jours dans les Hautes-Alpes avec le groupe !

 IMG_8669

 

Samedi 20 avril 2019 : Sommet du Chauvet (2062 m) au départ du col du Festre ( 1442m) : 700 m D+

 

Les voitures sont garées au col du Festre (1442 mètres), sur le grand plateau où se pratique, l’hiver, le ski nordique. Les pistes de la Joue du Loup sont en vue. Mais nous leur préférons nos raquettes, puisqu’il s’agit de monter à la seule force du jarret au sommet du Chauvet, loin des remontées mécaniques…

 DSC05476

DSC05483

Première randonnée de mise en jambe, premières impressions sur le Dévoluy, sa neige, ses reliefs, ses horizons. Massif de transition entre Alpes du Sud et Alpes du Nord, il est le paradis des spéléos autant que des grimpeurs, et de façon plus large, de tous les amoureux de belles montagnes authentiques. Tour du Dévoluy, Tour du Buëch, plusieurs GR sillonnent le massif, pour le plus grand plaisir des randonneurs sur herbe bien verte et rochers bien gris, le tout sous un ciel bien bleu.

P1210418

DSC05495

Une montée sans histoire jusqu’à notre premier sommet, dans une belle combe très enneigée, avec déjà une vue qui s’ouvre vers le Grand Ferrand et l’Obiou. Une pause au sommet du Chauvet, et nous enchaînons avec la crête qui descend, puis remonte à la tête de Merlant, avant une descente puis remontée à la tête du Jas des Arres. Puis une descente définitivement « descente » jusqu’aux voitures. Nous faisons une petite halte à la fromagerie Les Chanterelles, dont Annie nous vante les yaourts à la crème de marron : « un délice ! »        

 P1210420

DSC05499

 

IMG_4810

Et nous prenons nos quartiers au gîte d’étape le Liéraver, à Saint-Etienne-en-Dévoluy. Les noms sont déjà sur les portes des chambres, ce qui évite les tractations de dernière minute… Premier pot de fin de journée, avec vue sur le pic de Bure. Premier dîner, à base de pâtes. Premier briefing-limoncello du soir, dans une confortable salle réservée à la détente :

 

blue brother

 P1210808

Annie nous décrit l’itinéraire du lendemain, insiste sur les consignes de sécurité, le matériel à emporter : c’est à la fois excitant et un brin inquiétant, et ce sera une découverte pour tout le monde… Essayons de dormir, maintenant, et peut-être de faire de beaux rêves… C’est ce qu’on souhaite en particulier à Michel, dont c’est aujourd’hui l’anniversaire. Tout le monde veut lui expliquer comment fourrer sa tête dans son cadeau, un Buff vert pomme assorti à sa doudoune, et ce n’est pas triste… 

Dimanche 21 avril 2019 : plateau de Bure ( 2709m) par la Traversée Héroïque et la combe Ratin : 1200 m D+

 

 Qui avait déjà entendu le mot « chourum » ? Pas moi. Définition : « grottes et tunnels naturels d’altitude où la neige s’accumule, permettant aux connaisseurs de se frayer un passage à pied, à ski ou en rappel ». (Antoine Chandellier, Dans les entrailles du Dévoluy, Le Dauphiné, 08.02.2016)

P1210519

 P1210523

 Direction notre chourum, celui qui a perforé, au fil des millénaires, le calcaire de la montagne de la Corne, et qui est baptisé « Traversée Héroïque ». Rien que ce nom, ça vous donne des frissons dans le dos… Une variante sur la voie normale du pic de Bure au départ de Saint-Etienne-en-Dévoluy, mais une variante étoilée…

 P1210531

Nous laissons les voitures au pied de la station du téléphérique de l’IRAM qui rejoint l’observatoire du plateau de Bure. L’échauffement est bref, mais intense… et voilà déjà le moment de chausser les raquettes. Nos sacs sont lestés des piolets, crampons, casques, baudriers, sangles, machards et mousquetons. Et des cordes, pour les plus musclés du groupe… Un bon rythme est donné par Annie, et nous remontons la combe de Corne en guettant l’apparition du fameux chourum…

DSC05533

P1210548 

Mais tout comme un sommet, un chourum… ça se mérite… Il faut vraiment arriver à l’aplomb du sommet de la Corne pour deviner l’amorce du couloir de neige qui donne accès aux mystères promis.

 P1210558

P1210560

Tout d’abord, mettre les crampons, les casques et enfiler par précaution les baudriers ; puis remonter la pente jusqu’à toucher la falaise, immense et impressionnante falaise ; et, enfin, pousser des oh ! et des ah ! en découvrant le début du couloir, coincé dans une diagonale entre falaise et falaise, invisible d’en bas : les choses sérieuses viennent de commencer, concentration et prudence sont désormais obligatoires, et pour un bon bout de temps.

 IMG_4817

 50B21745-9B72-4E6A-B7E3-C87C508A0C8E

IMG_4831En tête, nos traceurs font de bonnes marches, et la neige inspire toute confiance : c’est en condition, quelle chance ! La première partie du couloir est rapidement gravie, et sur les photos nous avons encore des sourires béats…

 

 

P1210582

DSC05537

Soudain, un choc : deux grands yeux de lumière apparaissent dans la montagne : la sortie du chourum ! Impassibles, lointains, ils semblent nous observer, tandis que nous sortons nos piolets pour entrer dans la grotte-tunnel de la Traversée Héroïque. Les jours de beau temps, le chourum a les yeux bleus. Aujourd’hui, ils sont gris… gris comme le ciel que l’on ne voit déjà plus. Des chocards rentrent en criant sous les voutes : leurs nids doivent être là. Quelques flocons de neige volent.

 P1210588

Par endroits, le sol n’est plus enneigé, mais il est couvert de rochers et cailloux de toutes tailles, qui ne demandent qu’à rejoindre des plans inférieurs avec une totale liberté d’itinéraire… La prudence redouble. Il y a quelques ressauts à franchir dans ces conditions peu réjouissantes. Denis s’installe à un point stratégique du premier ressaut pour nous guider. Une corde est installée, elle fera office de main-courante pour nous aider dans notre progression vers l’œil gauche du chourum, là où est la sortie.

 IMG_2238

20190426212555-2e31b3bb

Ces yeux incroyables, que l’on croyait tout petits, ils n’en finissent pas de grandir, grandir, grandir : le bout du tunnel est donc encore bien loin… Tout minuscules dans notre cathédrale minérale, nous progressons en file indienne, dans un bel élan symbolique vers la lumière et l’air libre, parfaitement adapté à un matin de Pâques…

 pano3

Nous retrouvons la neige, puis nous trouvons la glace… La pente s’est encore redressée, par endroits elle est à 45°. Une seconde corde (« Alix ! monte ! ») est installée pour sécuriser le dernier ressaut, en neige gelée et caillasse perfide : une main-courante ne fera jamais le job à notre place, mais c’est tout de même bien rassurant pour l’apprenti alpiniste, dans cet environnement où le vide est omniprésent. Il suffit de jeter un coup d’œil dans le rétro pour comprendre que le moindre faux-pas serait lourd de conséquences. Les sourires ont disparu, remplacés par une certaine gravité, et une attention, voire une tension presque palpable.

IMG_4843

IMG_8637

Bien rassurantes aussi, les voix et les présences de Jaja, Michel, Eric, Vincent, et de quelques autres, plus à l’aise, et soucieux de guider tout le monde vers les lieux sûrs d’où Annie et les premiers sortis surveillent attentivement la progression du groupe. Une dernière pente très raide, en terre, et nous prenons pied sur le plateau sommital de la Corne, crottés comme des spéléos mais radieux comme des alpinistes !

DSC05542

 DSC05555

Nous sommes sortis du chourum, et la Traversée fut effectivement Héroïque ! Le regroupement fait sur des sols enfin horizontaux, nous repartons vers la suite de l’itinéraire, que nous désigne Annie : la combe Ratin, puis le plateau de Bure ! Deux groupes se forment : un petit groupe mené par Eric va redescendre par le vallon qui borde la Corne à l’Est, tandis que le reste des troupes se dirige vers… plus loin et plus haut.

 DSC05556

Tandis que nous chaussons à nouveau les crampons, Patrick, parti en éclaireur, teste la neige dans une longue traversée exposée : réserve de neige au-dessus, barres en-dessous… Très espacés, nous passons les uns après les autres, dans une vigilance qu’il est impossible de relâcher.

P1210598

 P1210625

Mais une fois franchi ce passage délicat, la combe Ratin prend un profil plus « raquette » même si nous gardons les crampons et, après un dernier coup de collier dans le raidillon terminal, nous arrivons en plein vent, en plein ciel, en plein plateau de Bure, au pied de la gare d’arrivée du téléphérique !

 P1210610

P1210617

Les coupoles des télescopes qui auscultent en permanence le ciel donnent une ambiance de science-fiction au décor. Annie aimerait tant que nous poursuivions jusqu’au sommet, il est vrai que c’est l’occasion ou jamais… Mais il est encore à 2,6 kilomètres du site de l’observatoire, même s’il est à moins de 200 mètres de dénivelée. Le projet est finalement abandonné et, malgré toute la conviction, la persuasion et la déception d’Annie, la décision est prise de rentrer par le même itinéraire. Le froid règne sur cet immense plateau ouvert aux quatre vents. Le pique-nique est vite expédié, et nous dévalons la combe Ratin à grandes enjambées dans une neige excellente, avant de retrouver les traces du G2, la forêt, puis les voitures.

 P1210656

 

P1210670

20190426212905-05f070ec

Avant de reprendre le chemin du gîte, nous faisons une halte devant le mémorial érigé au pied du téléphérique, en hommage aux 20 victimes de l’accident du 1er juillet 1999, tous des jeunes, ouvriers et scientifiques qui partaient travailler à l’observatoire… Pour eux et pour nous, c’est pourtant le même décor : la forteresse minérale du pic de Bure qui domine des vallons enchanteurs. Pour eux la tragédie, pour nous la joie d’une journée riche qui a tenu ses promesses…

 P1210697

Vite se réhydrater ! Sous la douche ou devant un verre, ou les deux… Philippe B nous fait un petit exposé sur le site de l’observatoire et son réseau de radiotélescopes mobiles, qui constitue un interféromètre millimétrique conçu par l’IRAM, et qui permettent de voir une balle de golf sur la lune ! Une tartiflette nous attend, suivie d’une tarte du Champsaur : le dîner est local, ce soir : on dévore. Le patron n’en finit plus de nous ramener de grands plats de salade verte…

 

Lundi 22 avril 2019 : pas du Follet (2162 m) : 850 m D+

 

Tony dit avoir entendu une tempête de vent dans la nuit. L’occasion pour Michel de vérifier que le pic de Bure est toujours au même endroit, ce qui semble mettre à mal cette histoire de coup de vent nocturne. « Fou-rire du matin, bonne humeur pour le chemin ».

 DSC05570

P1210707

 Dernière rando, déjà. C’est le tour de la crête d’Âne qui est au menu mitonné par Annie. Mais un passage trop limite modifiera la boucle prévue en un aller-retour au Pas du Follet. Nous remontons le vallon d’Âne dans des combes magnifiquement enneigées, et nous croisons deux CAFistes de La Mure, qui avouent en riant aimer le Dévoluy parce qu’habituellement, on n’y croise pas grand monde… Mais aujourd’hui, le CAF de Nice est de sortie, amis skieurs…

 DSC05574

 

P1210745Montée au pas du Follet, tout contre le géant du coin, le pic de Bure et ses 600 mètres de falaises verticales. Notre copine Gaby évoque ses souvenirs : oui, c’était là, le bivouac, et c’était cette voie-là, avec son fameux point de non-retour… Bravo Madame ! On comprend mieux pourquoi vous étiez à l’aise hier, dans les ressauts du chourum !

 P1210764

 

DSC05600

DSC05523

Pique-nique au soleil avant la redescente, un régal grâce à la neige simplement parfaite qui rend même les chutes esthétiques, pas vrai, Denis ?

20190426221221-cb0093f5

Camille aura la divine surprise de retrouver son piolet, égaré depuis la veille, accroché contre la voiture de Tony : les cloches de Pâques du Dévoluy distribueraient-elles du matos de montagne plutôt que des œufs en chocolat ? Merci à celui ou celle qui l’a ramené, bel esprit montagnard.

DSC05524

IMG_4906 

Dernier pot de fin de journée au bar du col du Festre, avant de reprendre la route pour Nice : il faudra y retourner pour tester leur tiramisu, Alix nous a fait tellement envie avec le sien… Grand merci à l’équipe d’encadrement, Annie en tête évidemment, pour l’organisation de ce week-end qui sort vraiment du lot et restera dans nos souvenirs, avec le temps fort de la Traversée Héroïque. Gabriel, il ne manquait (presque) que toi, mais d’autres beaux projets t’ont accaparé, et on a tous pensé bien fort à toi

20190426221039-237d62d2

DSC05510 

 Et pour ceux qui ont trouvé facile la Traversée Héroïque, allez voir sur internet à quoi ressemble le Chourum Olympique au Grand Ferrand…

Dimanche 14 avril 2019G1 : tête de Sanguinière (2856 mètres) ou presque…

Dénivelée : 1250 mètres ; distance : 17 kilomètres

G2 : col de la Braïssa (2599 mètres)

 

« En avril ne te découvre pas d’un fil ». Et prévois même une petite polaire de plus dans ton sac à dos, c’est plus sage… La neige a fait un come-back inattendu (mais fortement espéré) : du coup les copains rejoignent les rangs, et nous voici 26 sur la ligne de départ, en comptant nos encadrants, Gabriel, Annie, Patrick, Vincent, Eric et Tony.

 DSC05457

Contrôle des DVA par Patrick, au pont de Saint-Dalmas-le-Selvage, les pieds dans l’herbe verte semée de petits crocus blancs. Si neige il y a eu, elle semble avoir cédé la place au printemps, mais il en faut plus pour attaquer notre mental : nous irons la chercher là où elle se cache, même très haut s’il le faut !

 DSC05395

DSC05397

D’une raquette décidée (le matin, la raquette est toujours pleine de bonne volonté), nous remontons le vallon de Sestrière par les raccourcis de la forêt. Il serait possible de chausser dès la balise 53, mais emportés par notre bel élan matinal, nous ne mettrons les raquettes que bien plus loin : la neige porte bien, et le rythme ne s’en trouve pas pour autant ralenti…

 DSC05399

Arrivés au niveau du refuge de Sestrière, nous quittons le vallon principal pour celui de la Braïssa. Voilà qui nous donne une première indication sur ce que nous ne ferons pas : éliminés, la tête Ronde de l’Escuzier et le col du même nom. Gabriel ayant réservé son choix pour décider sur place, nous savons désormais que c’est vers le col de la Braïssa que nous allons monter, puis (peut-être) vers la tête de Sanguinière ou le Jas de Léous.

 DSC05411

 

Vallon de la Braisse

L’enneigement est juste parfait dans le large vallon de la Braïssa, et la neige… un vrai régal de printemps, un cocktail sucre glace et sorbet ! Nous remontons un joli petit vallon jusqu’aux sources du torrent de la Braïssa, dominé par ces arbres énormes si caractéristiques, certains vieux de plusieurs centaines d’années : ils en ont vu passer, des randonneurs…

Cabane de la Braisse

 DSC05412

Le pied du col du Petit Valloar est une zone sanctuarisée « Tétras Quiet », matérialisée par des piquets et des cordes : laissons donc les tétras vivre en paix leur vie et leurs amours de tétras. Nous nous dirigeons vers le col de la Braïssa, on le sentait venir depuis un moment, à vrai dire…

 DSC09999

DSC05425

Au fond de cette combe, la longue crête de Sanguinière nous fait de l’œil, entre ses deux cols, Braïssa et Petit Valloar. Forcément, ça vous donne des idées de traversée…

 

IMG_1045

 

DSC05441

Tandis que le G2 d’Eric et Tony se regroupe au col qui constituera son but du jour, le G1 lève les yeux, toujours plus haut, vers la tête de Sanguinière. Le froid arrive d’un coup et coupe court aux discussions récurrentes dans la section raquette alpine sur le thème : on garde les raquettes, ou on chausse les crampons ? Vincent H, démarre en tête, suivi d’Annie, Patrick, Alix et Vincent M : ceux-là optent pour la première solution, tout à raquette ! Gaby et les suivants préfèrent mettre les mains dans la neige pour chausser les crampons, car on ne sait pas trop ce que va nous réserver cette belle croupe de neige qui monte vers le sommet.

 DSC05427

E8A1863D-F06B-4A9E-9E4C-BC8AE3E9E034

Sanguinière est le confluent parfait des vallées de la Tinée, du Var et de l’Ubaye, accessible aussi bien de Saint-Dalmas que d’Estenc et de Bayasse, et la vue que l’on a embrasse les quatre horizons. Toute la haute vallée du Var est à nos pieds, avec ses sommets parfaitement enneigés : autant de sommets que d’envies de grimpette, boulimiques que nous sommes… Plus austères, les sommets qui entourent le Trou de l’Âne : Fort Carra, Côte de l’Âne, Sanguineirette : beaux souvenirs pour les uns, projets à concrétiser pour d’autres.

 035C9CC4-69C9-4FD9-9DF1-A7ABDF51DC64

P1210327

Nous progressons régulièrement sur de belles pentes de neige. Le sommet est à… combien ? 200 mètres maxi, et presque plus rien en dénivelée. Lorsque soudain se dévoile, insoupçonnable, « le » ressaut rocheux qui mettra fin à notre avancée conquérante, notre ressaut Hillary du jour…

 CE44F9A5-67BC-43E5-8619-92E976CB5EB0

P1210350

La montagne connaît toutes les ruses pour nous ramener, encore et toujours, à l’humilité, à la prudence, et à la raison. Il est plus difficile de s’arrêter à 15 minutes d’un sommet qui se découpe sur le ciel bleu que d’y renoncer au bout d’une petite heure de marche dans le brouillard… Surtout lorsqu’une trace parfaite aligne ses pointillés sur la neige immaculée du fameux ressaut, sur la fine arête de neige qui le précède et sur les corniches qui le suivent : c’est la trace d’un animal qui nous nargue, nous tente, et nous souffle que tout est possible…

 IMG_1052

Nous sortons nos sandwiches, un peu déçus de n’être pas des quadrupèdes équipés de sabots, mais somme toute très heureux de notre ascension, même incomplète. Le chocolat de Jacques et la désormais célèbre grappa d’Alain tombent à point pour nous consoler de cette petite frustration.

 P1210353

Deux traces de skieurs s’arrêtent là, elles aussi. Sur notre droite, nous reconnaissons l’itinéraire suivi l’an passé depuis le col de Sanguinière en direction de la tête du Colombier, dans un brouillard à tailler au piolet. En effet, Denis, tu avais raison : nous n’étions pas bien loin du sommet…

 

Col de la Braissa, Cime de la Clape, Cime de la Plate

DSC09995

Sous un ciel toujours parfaitement bleu, nous amorçons la redescente de ce –presque- sommet, à grandes enjambées dans une neige excellente : un des grands régals de notre saison ! Plus bas, sur la neige qui était ce matin immaculée, nous laissons nos 26 traces côte à côte, chacun voulant déguster sa part de neige vierge à la descente… une vraie trace de rattrack qui balafre du haut en bas les vallonnements successifs que nous traversons. Puis toutes ces empreintes se regroupent jusqu’à n’en former plus qu’une, dans les passages plus étroits ou plus délicats où il est bien agréable de profiter de la trace du copain de devant…

 DSC05443

DSC05448

Le printemps effacera bientôt ces marques de notre passage, signatures éphémères sur un support tout aussi éphémère. D’énormes corniches festonnent les barres de la tête de la Clape, impressionnantes : mieux vaut ne pas être à proximité lorsque le redoux leur fera rejoindre le bas des pentes…

DSC05422 

Pour ne pas faire mentir l’enseigne du bar de Saint-Etienne « Lou ben manja », nous y déballons biscuits, pain d’épices et cookies, tout en trinquant au retour de la neige, qui vient de relancer une saison qui commençait à s’essouffler. Annie et Tony, listes en main, préparent déjà notre escapade pascale dans le Dévoluy : trois jours de découverte d’un nouveau massif, encore mieux qu’une pluie d’œufs en chocolat !

DSC05456

Dimanche 31 mars 2019 : Pointe de Chaufrède (2731 mètres) et Pointe crête de Rougne (coté 2676 m.)

Dénivelée : 1065 mètres

Distance : presque 12 kilomètres

 

Espérons que ce n’est pas un poisson d’avril, avec un jour d’avance : Gabriel nous promet un chaussage sans portage… En ces temps de disette neigeuse, on demande à voir ! Mais c’est pourtant vrai : du blanc partout, et sous un ciel tout bleu ! Gabriel ne nous a pas menés en bateau…

 20190402182415-5731c114

DSC05140

Nous démarrons à 18 de Bousiéyas : trois encadrants, Gabriel, Michel et Tony, pour 15 participants. Encore une sortie dans une ambiance paisible et chaleureuse, tellement en harmonie avec les paysages ouverts et accueillants que nous allons découvrir ou re-découvrir aujourd’hui…Le point de départ étant déterminé (Bousiéyas), il reste à présent à choisir le point d’arrivée pour faire notre photo de groupe : l’Alpe ? la pointe de Colombart ? la pointe de Chaufrède ? dans la perspective la plus optimiste : la cime de la Bonette ?

 DSC05141

DSC05145

Chaque chose en son temps : pour l’instant, nous remontons en rive gauche le cours du Rio en direction de la Cabane de l’Alpe. Le pastoralisme est encore actif, dans ces vastes alpages. Même si, pour l’instant, la future herbe verte dort encore sous une belle couche de neige pailletée.

DSC05148 

IMG_1004

Yoann, puis Vincent M., sont victimes de la malédiction qui semble, depuis quelque temps, s’acharner sur notre matériel… Yoann réussira à tenir la journée avec une raquette bricolée. Mais Vincent, moins chanceux, devra passer en mode « crampons » au bout d’une heure de marche. En le voyant s’enfoncer à intervalle régulier dans des trous de neige, on mesure « sur le vif » tout l’intérêt de l’invention de la raquette…

 DSC05168

IMG_1006

L’Alpe est trop peu enneigée pour mériter notre détour. Nous mettons le cap sur la pointe de Chaufrède : une belle épaule toute blanche semble en mesure de nous mener jusqu’au sommet. Gabriel nous fait une démonstration pour mesurer l’inclinaison de la pente, en se servant de ses doigts comme décrit dans « Survie boréale, le blog aventurier ».

image003

20190402182807-6af1ca0c

« Partez du principe que lorsqu’on ouvre totalement la main, l’écartement des doigts couvre 90 degrés. L’auriculaire étant le 0 degré donc, l’horizon, tous les autres doigts se déploieront selon l’ordre suivant de 30, 45, 60 et 90 degrés (le pouce) voir la photo. Reste à superposer la main à une pente pour évaluer l’inclinaison de celle-ci… tout ceci reste approximatif par rapport à la physionomie de tous et chacun. »

 20190331_170246000_iOS

IMG_1007

Nous voici donc scientifiquement rassurés sur la nature de l’épreuve à venir, qui semble dans nos cordes. Nous partons donc confiants à l’assaut de la dernière pente qui rejoint la crête. Le sommet est à présent tout proche, accessible à pied, à crampons ou à raquette : le raquettiste se doit d’être polyvalent…

 urn_ufapi_object_myco_e788f7b0-74e0-4719-8862-c6c1e1b99632;format=jpg;resolution=1500x1500

 

20190331_100918284_iOSMagnifique belvédère que cette pointe de Chaufrède ! De la Grande Séolane à l’Oisans, du Cimet à Fort Carat, de la Bonette au Ténibre : tout est parfaitement visible. Beaucoup plus près de nous, à nos pieds, le col de Colombart se charge à vue d’œil de randonneurs à ski, snowboard ou raquette. Tous les amoureux de la montagne sont au parfum : la neige est là, le secret était difficile à garder…

 DSC05201

20190402182900-dc66d3e1

Devant l’arrivée imminente de nombreux prétendants au sommet, nous décidons de quitter les lieux pour aller pique-niquer au col. La neige, travaillée en profondeur par le soleil, porte déjà moins bien, et les raquettes s’ancrent de façon moins franche : prudence. Le travail du soleil, du vent, de l’ombre et de la lumière, a façonné des champs de petits pénitents de neige, tout à fait remarquables. On est loin des immenses pénitents de glace de l’Himalaya, mais ils attirent l’œil, petites créations éphémères à la beauté gratuite dont la nature n’est pas avare.

20190402182934-deb1ccd3 urn_ufapi_object_myco_ad49c123-bffe-45ed-9405-031ff707d547;format=jpg;resolution=1500x1500

Tandis que le groupe de Georges et Patrick entreprend à son tour l’ascension à ski (coucou Elisabeth !), nous étudions la suite de l’itinéraire qui passera par le col de l’Alpe, en guise de petite grimpette digestive.

 DSC05190

IMG_1021

La pointe de Colombart, trop déneigée, est rayée de la liste. Par contre, le premier sommet de la crête de Rougne, point anonyme coté 2676, nous fait de l’œil et nous ne résistons pas à cette belle pente bien blanche pour la deuxième photo de groupe de la journée. Gabriel et sa garde rapprochée en profitent pour étudier le terrain d’une prochaine sortie : Sanguinière semble à point, tandis que le Salso Moreno paraît sur le déclin… mais le retour du froid et des flocons est annoncé pour le milieu de la semaine suivante, après presque 60 jours sans précipitations !

urn_ufapi_object_myco_7aa9d93d-a723-4a65-a505-24a5a00afd42;format=jpg;resolution=1500x1500

DSC05191 

Très agréable descente, cette fois en rive droite du Rio. Très agréable, sauf peut-être pour Vincent, toujours lié à ses crampons, et qui tente de tenir une conversation pas trop hachée avec Philippe, entre deux trous de neige. Au point de jonction de notre itinéraire de descente avec le GR5, nous retrouvons nos amis skieurs pour un petit débriefing ensoleillé sur cette journée CAFiste presque commune, ski de rando / raquette.

20190402182818-cd1ed943DSC05212

 

Comme ils prennent un peu d’avance dans le dernier kilomètre sur la piste, il est logique qu’ils arrivent avant nous au bistrot de Saint-Etienne… Dans un joyeux brouhaha, nous constatons que nos rituels se ressemblent, en fin de journée… mais avec un peu plus de choix du côté des gâteaux et biscuits maison pour les raquettistes. Elisabeth ne s’y trompe pas, et vient jeter un coup d’œil au menu de notre goûter…

 20190402183112-f310645b

Mais, pour que tout soit parfait, il faudrait que notre copine Joëlle soit de la partie… On t’embrasse tous très fort, en attendant de te faire la haie d’honneur avec raquettes et bâtons pour célébrer ton retour. Et celui de tes fameux gâteaux… sans oublier Elsa absente depuis plus d’un moi. Soignez-vous bien mesdames et à bientôt.

DSC05217

Dimanche 24 mars 2019 Tête de Combe Grosse (2795 mètres) Par le Pas du Loup (2693 mètres)

Dénivelée : 850 mètres ; distance : 8,5 kilomètres

14 personnes ! Dont 3 encadrants, Gabriel, Michel et Tony… Cela fait bien longtemps que nos sorties raquette n’avaient pas eu ce petit côté détendu et presque familial, qui fait qu’il devient possible de côtoyer et parler à tout le monde plusieurs fois au cours de la même journée…

 DSC04901

Direction Isola 2000, où se prépare la première manche du slalom « hommes » du championnat de France de ski. La radio de Tony capte toutes les conversations du staff et de l’organisation. Miracle (ou inconvénient) des ondes baladeuses : nous pourrons suivre l’événement en direct. Nous aussi, nous attaquons notre slalom hebdomadaire, mais en remontant les pentes, c’est plus original. Nul besoin de fanions, piquets et portique d’arrivée : nous savons par où passer pour rejoindre les lacs de Terre Rouge.

DSC09864

 DSC04902

Un petit quart d’heure de portage ? Broutilles ! Après avoir traversé ce qui est, l’été, un grand pré de tourbières, nous attaquons la remontée du vallon de Terre Rouge et chaussons là nos raquettes. Michel, pour nous donner du cœur à l’ouvrage, improvise un hymne montagnard à la gloire de notre activité dominicale, et trouve spontanément une rime riche au mot « raquette » (qui n’est pas « biquette », mais non). Quel talent.

 DSC04904

DSC04962

Jean est venu faire un repérage du secteur en fin de semaine : ses photos vont aider Gabriel à décider si nous irons vers la baisse de Druos, pour le tour classique de Tavels, ou vers le pas du Loup, pour la cime Vermeil, ce qui serait inédit pour le groupe raquette alpine. L’enneigement est satisfaisant au niveau du lac inférieur de Terre Rouge, alors pourquoi ne pas opter pour la nouveauté, toujours si séduisante ? A gauche toute. Le temps de boire un petit coup, nous partons en direction du pas du Loup ouest.

 DSC04920

10

Le secteur est sauvage, et d’un calme… Comme on se sent loin de toutes les chinoiseries de la vie en ville… Le Malinvern nous regarde de très haut, retranché au sommet de ses falaises, couloirs, éperons et autres arêtes.

 DSC04917

DSC09892

Bien que deux ou trois intrépides (de sexe masculin évidemment, crâneurs…) aient fait le choix de grimper le pas du Loup à raquette (hououou ! le pas du Loup à raquette !), la majorité du groupe opte pour la sécurité et un équilibre un peu plus confortable en chaussant les crampons. La pente se redresse de plus en plus, et la sortie du pas s’effectue, au choix, à plat ventre ou à quatre pattes, en se faisant léger-léger sur les derniers barreaux de cette échelle de neige.

 23

Ambiance ! Le versant italien impressionne toujours par son aspect sauvage et austère. Le refuge Città di Ceva, ou du Malinvern, est visible tout au fond de la vallée, dans de douces zones de forêts… Mais nous, perchés sur notre pas du Loup, nous sommes encore dans la zone des couloirs de neige et des barres rocheuses.

 DSC04936

DSC04937L’itinéraire qui monte vers la cime Vermeil et celle de la Lombarde n’est pas visible dans son intégralité. Comme le dit poétiquement Gabriel : « ça encorbelle »… Mais, malheureusement pour nous, ça encorbelle dans des pentes raides de neige dure voire gelée, tout un vaste secteur qu’il nous faudrait traverser à flanc, au-dessus de barres rocheuses et de longs toboggans à l’inclinaison hargneuse. Gabriel et Michel partent inspecter les voies de descente possibles mais, à leurs oreilles basses et à leurs mines déconfites, on comprend vite qu’on est dans une voie pour nous sans issue. Nous retournons vers le pas du Loup dans une file indienne morose.

 DSC09896

27

C’est alors que Gabriel, frappé par une soudaine illumination, avise un sommet frontalier sur lequel personne n’avait encore levé les yeux, juste à l’ouest du pas du Loup : la tête de Combe Grosse. Pour stimuler ses troupes, qui chaviraient déjà dans la moelleuse perspective d’un retour précoce à la maison, il nous démontre (ou tente de le faire) que Combe Grosse, « c’est même pas raide ! ». Et comme il commence à tracer dans la pente sans se retourner, et qu’il n’est pas question de laisser notre cher président vivre sans nous la suite de l’aventure, et bien… nous le suivons…

 IMG_0931

IMG_0937

Prudemment, lentement, crampons aux pieds et piolet en main, nous gravissons la longue pente qui mène au sommet, tantôt en neige dure, tantôt en bonne neige, longeant parfois des îlots de rochers, coupant parfois droit en direction du sommet. On se doute bien que Gabriel, en tête, doit donner toute son énergie pour nous sculpter un si bel escalier. Vincent et Alain, dans ses pas, accentuent les marches. Michel et Jean, à l’aise et vigilants, sécurisent certains passages par leur seule présence (c’est ça, le charisme…), en particulier lors des changements de direction, ou lorsque la neige, plus dure, ne se laisse pas facilement mordre par les crampons.

DSC09899

 DSC04938

DSC04941

Ouf ! Le sommet ! Mais maintenant, par où allons-nous bien pouvoir en descendre ? Voie sans issue : donc obligation de revenir par où nous sommes montés ! Grimaces et moues désapprobatrices de ces dames, mais déjà Jean nous harangue du haut de son rocher, expliquant où et comment poser les crampons pour ne pas détruire les précieuses marches, afin de ne pas se faire haïr des suivants. Il démarre le premier, suivi de Tony, Gaby et Janine. Tout en marche arrière, bien sûr… car cette pente est une vraie de vraie… Gabriel ferme la marche, avec une vue d’ensemble sur la petite troupe, soudain silencieuse et appliquée. Cent mètres de dénivelée à redescendre à quatre pattes, ça en fait, des marches…

 DSC04944

IMG_0943

Intérieurement, je chante les louanges de Marie-Françoise, dont les crampons seront au niveau de ma tête pendant toute la durée de l’opération et qui, calme et assurée, jamais ne me causera le moindre soupçon de frayeur… Je chante les louanges de Michel, à mes pieds, le visage au niveau de mes crampons fraîchement aiguisés, guidant parfois mon pied droit ou mon pied gauche jusqu’à la bonne marche, et allant même jusqu’à détendre l’atmosphère en vantant les vertus de cet exercice sur la fermeté des muscles fessiers, dans la perspective de la saison des maillots de bain qui arrive, etc…

 IMG_0947

28

Regroupement au pas du Loup, dans le soulagement général et la reprise des conversations et des rires ! La vision de la dernière pente qu’il reste à descendre ne nous fait plus ni chaud ni froid : Combe Grosse nous a vaccinés contre nos habituelles appréhensions. L’un après l’autre, nous enjambons allègrement la frontière franco-italienne qui ressemble un gros garde-fou de neige. Dès le premier pas côté français, on n’aperçoit plus de nous que le haut d’un bonnet ou d’une casquette, c’est dire à quoi ressemble la pente qui file sous nos pieds…

 DSC04970

DSC09918

Mais ce n’est l’affaire que de dix petites minutes de self-control pour éviter toute glissade, et nous pouvons faire une pause sur des rochers tout chauds pour enfin ! manger quelque chose. Nous terminons par un retour sans difficulté à la station : hormis le fait que la neige porte de moins en moins et qu’il faut faire des efforts pour se maintenir en surface sans palmes ni tuba, la tension s’est envolée et la vie semble bien légère…

 33

Les bars du village étant fermés, nous nous installons sur les marches de l’église pour partager les gâteaux de Marie-Françoise et Gaby, tout en buvant quelques goulées bien fraîches à la fontaine voisine. Espérons que le bon dieu s’est bouché les oreilles, car les blagues de Tony et Michel et nos fous-rires prennent très vite un caractère païen bien marqué. Ah, les vertus incomparables du rire, pour libérer la tension d’une journée nettement plus verticale que de coutume…

36

Merci à nos amis encadrants. Gabriel, pour cette cime subsidiaire, délicieux plat du jour que tu nous as mitonné à la sauce adrénaline ; Michel pour tant de calme en situation pentue et tant de bonne humeur en général ; Tony, pour tant de constance aux permanences du vendredi, même si tu as souvent l’aide de plusieurs de nos gentilles copines !

Dimanche 17 mars Tour de la tête du lac Autier

Baisse du Basto et sommet « innomé » : 14 km et ≈ 1200 m D+

 

DSC04751

Les quatre gouttes de pluie tombées ce matin sur Nice n’ont pas découragé les 24 participants qui se sont retrouvés au rassemblement habituel de Saint Martin. Bien nous en a pris car les nuages sont restés dans la vallée et soleil et ciel bleu étaient au rendez-vous toute la journée.

20190320192706-d3fb9e13

DSC04777

L’objectif du jour  est le tour de la tête du lac Autier et + si conditions. Pas un brin de neige au pont du Countet et vue d’ici la montée vers le lac Autier parait bien dégarnie…

P1210166

_MG_2771

Mais bientôt, sur les pentes nord au-dessus du vallon de l’Autier, nous chaussons les crampons sur une neige dure qui porte bien. Petite pause au lac et observations du trajet à prendre, couloir de gauche ou couloir de droite ? Nous optons pour le couloir gauche dont la montée semble plus souple et grimpons en raquettes une belle pente de neige au pied du Caïre Autier.

20190320193040-90ff8d75

P1210183

 

Nous parvenons à un collet vers 2550 m où un vent glacial nous assaille. Face à nous, la majestueuse cime Chamineye et la cime Montolivo que nous avions envisagé de rejoindre mais qui est trop loin vu l’heure bien avancée. Nous décidons de nous rabattre sur la baisse du Basto plus accessible et attaquons en crampons sa belle pente soutenue.

DSC04791

P1210195

Au-dessus de la baisse un petit sommet rocheux nous fait de l’œil (innomé sur la carte), Pascal, très en forme ce matin, attaque son ascension suivie par la quasi-totalité du groupe. Au sommet, à 2720 m le vent est déchaîné, il nous bouscule et nous fait vaciller mais le panorama est superbe :

Bégo, Grand Capelet

Grand Capelet et Bégo d’un côté et Clapier, Malédie, Gélas et mont Colomb de l’autre.  Après un pique-nique à l’abri du vent sous la baisse nous entamons la descente vers les lacs Niré et le refuge de Nice, d’abord en crampons puis en raquettes.

P1210232

_MG_2815

Le lac de la Fous commence à se libérer de ses glaces et laisse apparaître de larges échancrures d’un bleu azur du plus bel effet. Plus bas une harde de chamois nous regardent passer, quelques fleurs commencent à pousser, le printemps arrive à petits pas…

DSC04848

 

_MG_2850Et pour finir cette belle journée, avant de nous quitter, étape traditionnelle aux Tilleuls autour de boissons variées et moults gâteaux.

Samedi 9 et dimanche 10 mars 2019 Sous le signe de Pinocchio : Palanfré et Limone

Costa Garbella (2253 mètres)

Cima della Fascia (2495 mètres)

 

 

Pour nous remettre des 25 minutes d’attente au col de Tende, nous faisons une halte à Vernante, dans un bar que nous apprécions pour ses boissons chaudes (le matin) ou fraîches (le soir). Gabriel nous annonce le programme du week-end : Monte Colombo le samedi (tiens ! son nez s’allonge, étrange !) et Cima della Fascia le dimanche, pour laquelle il a fait un repérage le mardi précédent, 10 minutes de portage à peine (son nez s’allonge encore, bizarre !). Dans le village qui s’est choisi Pinocchio comme Saint Patron, ça doit bien vouloir dire quelque chose… Alors méfiance…

DSC04543

 À ses côtés, pour nous supporter, guider, encadrer ou recadrer, canaliser : Denis, Annie, Patrick, Michel et Tony. Nous regrettons l’absence d’Elsa et de Philippe… Deux de nos excellents photographes absents en même temps, est-ce vraiment autorisé par le règlement intérieur de la section raquette alpine ? Soignez-vous bien, les amis… Nous sommes 27, et demain nous serons 29, Laurence et Fred ayant prévu de nous rejoindre pour la Fascia.

  

                Samedi : Costa Garbella (alias Monte Colombo) G1 et G2 dénivelée 920 m pour 7km

 

 

 Pas de portage, quelle chance ! Tandis que nous chaussons les raquettes au parking de Palenfre et vérifions nos DVA, Michel va faire trempette dans une baignoire-abreuvoir à vaches (ça te rappelle quelque chose, Michel, on dirait…) : la journée commence joyeusement !  Le soleil est sur nos têtes, la neige sous nos raquettes, les sacs sur nos dos : que demander de plus ?

 IMG_7540

 DSC04551

 Une montée bien agréable entre hêtres, noisetiers, églantiers et rhododendrons… Les beaux paysages du Parco Naturale delle Alpi Marittime, né en 1995 de la fusion de celui de l’Argentera et de la Réserve Naturelle des Bois et Lacs de Palanfré, se révèlent progressivement à nos yeux et à nos objectifs. Depuis le temps que nous nous régalons de la neige italienne, nous avons de belles montagnes-souvenirs, dans ce secteur…

 DSC04575

DSC04580

 Nous abordons la rude montée de la Costa Garbella, dans les pas de Gabriel, qui trace par endroits comme un forçat dans 50 centimètres de neige meuble, accumulée là par le vent. Au passage, rien ne nous interdit de nous agripper à la branche secourable d’un arbuste, ne nous en privons donc pas.

P1200763

 Le « Monte Colombo » est en vue. Ou, plus exactement, ce que l’on nous vend depuis plusieurs années comme étant le « Monte Colombo »… Le temps de chausser les crampons pour l’ultime grimpette, nous voilà au « sommet ». C’est là que Vincent, notre géographe-cartographe-photographe, douche notre enthousiasme en nous montrant un sommet, là bas, un peu plus loin, au bout de la crête, et qui serait en fait le « vrai » Monte Colombo ! inaccessible pour nous, semble t-il, et bien défendu par ses rochers. Ça alors ! Nous ne serions donc  « que » sur la crête entre Garbella et Colombo ? Un petit tour sur les forums et l’observation des multiples traces de ski montrent que nous ne sommes vraisemblablement pas les seuls à ne pas toujours distinguer le vrai du faux, surtout en matière de Monte Colombo…

 20190309_121341419_iOS

20190309_120830101_iOS

< La crête de la montée est la Costa del Colombo qui débouche sur la Costa Garbella à l’endroit où nous avons mangé et l’altitude sur la Costa Garbella 2253m. :> précision de Vincent.

P1200791

 IMG_7595

 Mais soyons magnanimes : nous n’allons pas faire un procès à nos amis encadrants pour publicité mensongère. Savourons l’instant : que nous soyons sur le vrai ou sur le faux Monte Colombo, le paysage est sublime ! Du Marguareis au Viso, c’est un bien riche panorama. À la verticale de notre vrai-faux Colombo, le vallon qui monte au col du Sabion nous permet de nous situer par rapport à « nos » montagnes françaises, notion futile, puisque la Nature n’appartient à personne en particulier, donc à tout le monde en général.

 P1200822

P1200828

Pause pique-nique sous le sommet, avant la redescente, en plein dans la pente très raide que nous avons évitée ce matin. La neige est souple (non, ce n’est pas une faute de frappe : je ne voulais pas du tout écrire « soupe ») et nous grignotons à grandes enjambées la dénivelée si laborieusement acquise une heure avant.

 

IMG_7661

P1200832

Denis, descend si vite qu’il ne freine pas à temps et enchaîne, suivi par un fidèle petit troupeau, en remontant en face, dans une pente tout aussi raide, qui aboutit à un petit col. Ce col bonus jour est le passo ou Coletto del Colombo est lui à 2237 m. Tout est bon à prendre, en guise d’entraînement. De l’autre côté, tout est en herbe : la fine ligne de ce col sépare l’hiver du printemps. Nous redescendrons par la même pente, histoire d’apprivoiser un peu l’équilibre en terrain pentu, et apprendre à sortir élégamment d’un trou lorsqu’on y disparaît jusqu’à la taille… Karine, qui pensait que nous redescendrions par un autre itinéraire pour réaliser notre sacro-sainte boucle, clame son indignation à tous les échos.

 P1200832

P1000289

 Tous ces efforts nous ont donné grand faim et grand soif, mais nous savons que nous trouverons à l’Arbergh, chez Silvana et Giancarlo, de quoi reprendre force et vigueur pour le lendemain. Pas de soirée disco, ce soir, mais un excellent repas que Gillou apprécie particulièrement : « C’est gourmet ! » dit-il en se léchant les moustaches. Plateau de charcuteries et de fromages locaux, tomate mozzarella, confiture de vin et petits poivrons, focaccia maison, quiche aux courgettes, Macédoine de légumes gnocchi aux quatre fromages et, pour finir, un entremet de la plus jolie couleur qui soit : chocolat…

IMG_7705

Le tout arrosé d’un délicat Dolcetto

Tout en allaitant le petit Giovanni, Silvana encaisse, rédige les factures, fait ses comptes : qui pourrait nier que les dames ont des aptitudes à faire plusieurs choses à la fois ?

costa garbella

chacun regagne sa chambrée en repensant à cette belle journée

 

 

Dimanche : cima della Fascia (G1) 1600 m de dénivelée pour 15 km

colletto del Cros (G2) 1420 m de dénivelée pour 13 km

 

 

On chausse là ? 1091m ah non ! c'était mardi...

 Le petit déjeuner est copieux et varié : c’est ce qu’il nous faut pour attaquer la journée d’une raquette décidée. Nous saluons nos hôtes avant de reprendre en voiture le chemin de Limone, point de départ de notre deuxième randonnée. Les raquettes sur le sac, nous prenons la direction de la piste qui remonte la Valle Almellina. Où sont donc passées les dix minutes de portage promises… Entre mardi, jour du repérage par Gabriel, et dimanche, la neige a fondu de façon indécente, et le temps de portage se trouve multiplié par trois… On gronde un peu Gabriel, histoire de rouspéter après quelqu’un, mais il n’y est pas pour grand-chose et ne fait qu’en rire !

 

DSC04686

Après avoir rejoint un téléski désaffecté, nous remontons une ancienne piste aujourd’hui livrée aux raquettistes et aux skieurs de randonnée, ainsi qu’aux ardeurs du soleil, comme nous nous en rendrons compte au retour… Les deux groupes se matérialisent dès le premier « mur » : Gabriel, Denis, Annie, Patrick et Vincent pour le G1. Michel et Tony pour le G2.

 P1200876

DSC04694

Dès l’entrée dans le vallon du Cros, l’ambiance devient exceptionnelle, entre les hautes murailles des falaises : un relief dont nous n’avons pas vraiment l’habitude. Au fur et à mesure de notre progression vers les hautes combes de la Fascia, l’impression de pénétrer dans un monde austère et alpin s’accentue, avec la sensation d’être loin de tout…  

 IMG_7748

 

Une petite halte permet de repérer la suite de l’itinéraire, alors que le sommet est déjà en vue : le G2 de Michel et Tony montera jusqu’au colletto del Cros. Le G1 passera avec Gabriel et Patrick par le même colletto pour rejoindre le sommet par la voie normale;

 

P1200933Et voilà qu’on assiste à la naissance imprévue d’un « G1+ » ! Denis, qui a toujours le nez vers les cimes, vient de repérer un couloir bien enneigé, qui a l’air de sortir pas trop loin du sommet… Observation attentive du terrain, de la neige : on tente ! Pour atteindre le sommet, nous avons donc le choix entre un colletto et un canalino : mais attention aux diminutifs… Pour rejoindre le colletto, ça monte raide, et les crampons sont bienvenus… Et pour remonter le canalino, ça monte très raide, les crampons sont indispensables et le piolet peut être utile !

 IMG_4206

 

P1200942Un groupe d’une dizaine de personnes passera par-là : ambiance vraiment « montagne », dans ce canalino étroit, dont les topos disent qu’il fait 40-45 °, entre ses hauts murs rocheux. Les conseils sont les bienvenus pour ceux qui sont un peu moins expérimentés… Un bravo tout particulier à Véro qui remontera à Paris en ayant fait son premier couloir de neige !

IMG_4201

 P1200974

Petite incertitude que Denis confessera par la suite : et s’il y avait eu une corniche au débouché du couloir ? ou une crête rocheuse scabreuse pour rejoindre le sommet ? Mais rien de semblable : la chance a souri aux audacieux… Pour atteindre le sommet de la Fascia, dix petites minutes seront suffisantes, et dans un terrain si facile que c’en est presque déconcertant après les pentes encaissées du couloir…

 IMG_7845

Le temps de se congratuler et de prendre quelques photos, voilà qu’apparaît, comme surgissant de la neige, un buste bleu luttant contre le vent : Gabriel ! Et, derrière lui, Patrick et tout le G1, qui viennent de passer par le colletto del Cros, itinéraire plus long en distance et plus corsé en dénivelée : des bons !

 P1210008

P1210014

Un rapide pique-nique, et nous reprenons tous le chemin du retour, accompagnés par de violentes rafales. Le très panoramique itinéraire des paravalanches auquel avait pensé Gabriel, ce sera pour une autre fois. Nous repassons par la voie normale du colletto del Cros, profitant de la bonne trace faite à l’aller par les copains (comme on les aime !).

20190310_122401840_iOS

IMG_0818

Mais le soleil a cogné dur sur la neige, et notre redescente sera pénible et lente, surtout vers le bas de l’itinéraire : même à raquette, nous ne cessons de nous enfoncer de plus en plus profond dans une neige très molle, qui ne porte plus personne, même les membres du groupe appartenant à la catégorie « poids plume » … épuisant !

 P1210045

 

P1210062

Voilà une course qui restera longtemps dans nos mémoires… Gabriel estime que le week-end sera classé parmi les trois plus beaux de la section. Observons son nez : non ! il ne s’allonge pas ! Merci du fond du cœur pour toutes ces aventures que vous nous faites vivre, amis encadrants : ce sont des souvenirs-pépites !

P1210077

Dimanche 3 mars 2019 – Émotions made in Mercantour !

 

 

Cime du Mercantour (2772 mètres)

G1 et G2 : Dénivelée : 1300 mètres

Distance : 14 kilomètres

Lorsque Gabriel nous a demandé de prévoir dans le sac sangle, mousqueton à vis et machard (que nous sommes censés avoir toujours à portée de main, soit dit en passant), nous nous en avons déduit que la roche de l’Abisse ne resterait peut-être pas longtemps le n°1 de nos émotions alpines, cette année…

 DSC04423

Nous ne sommes « que » 24, malgré un programme alléchant : une boucle passant par le sommet de la cime du Mercantour. Avec un petit couloir à descendre. D’où le machard…

 DSC04426

Gabriel, Denis, Annie, Patrick, Michel et Tony : une bonne équipe d’encadrement, en qui nous avons toute confiance, depuis le temps que nous mettons (ou tentons de mettre) nos pas dans leurs traces ! Nous démarrons du Boréon, par le vallon du Cavalet, mais sans trop cavaler tout de même, car l’échauffement est au randonneur ce que le petit déjeuner est au travailleur : fondamental, à prendre au sérieux, et surtout sans précipitation.

 IMG_3927

Les raquettes sont accrochées aux sacs, et elles y resteront un bon moment : toute la forêt est partiellement déneigée, les pentes raides exposées plein sud sont d’un sec… à pleurer, et ce n’est finalement qu’au niveau du petit lac de Cerise que nous pourrons délester les sacs pour, enfin ! faire ce pourquoi nous nous sommes levés ce matin : de la raquette à neige. Il n’est pas question de pinailler sur la qualité de la neige : on prend ce qu’on trouve, et on dit même merci…

 DSC04433

IMG_3944

Peu après le lac de Cerise, petite tâche blanche dans le blanc environnant, nous tournons à droite, en direction du lac du Mercantour. Notre dernier projet relatif à la cime du Mercantour s’était achevé là-haut, dans une tempête et un brouillard qui nous avaient laissés transis, humides, et tout déconfits.

IMG_0674

 DSC04446

Aujourd’hui, c’est sous un ciel parfaitement bleu que nous grimpons vers le sommet de la cime du Mercantour. Vu d’un certain point de la vallée où elle se confond avec l’Argentera, elle semble dominer le secteur, ce qui fait que les habitants ont longtemps cru qu’elle était le sommet culminant, donc emblématique, du massif, au point de leur donner le même nom : massif et cime du Mercantour. Les dix dernières minutes se grimpent à pied dans les rochers (inutile de tenter de rattraper Alix…), mais nous retrouvons un peu de neige au sommet.

DSC04457IMG_3949 

Tour d’horizon (que l’Argentera et le Matto sont proches !) ; pique-nique (qui veut du chocolat ?), photo de groupe (non ! plus à droite !)… Pendant ce temps, trois silhouettes approchent du sommet. Alors que certains ont préféré s’arrêter non loin de là, sur un petit replat, Angélique, Tony et Michel poursuivent leur ascension sous les ovations. Tony, qui est un malin et qui connaît bien les coutumes de la section, en profite pour recevoir les bises simultanées des trois groupies restées au sommet pour l’accueillir !

 DSC04464

IMG_0692

Mais maintenant, l’heure n’est plus aux agapes, aux bisous et à la rigolade : nous devons redescendre par le vallon des Erps. Et, entre la cime du Mercantour et le vallon des Erps, il nous faut emprunter un petit couloir bien enneigé, qui démarre vers la cote 2632 : c’est là que les machards vont entrer en jeu.

 DSCF1054

IMG_0696

Tandis que Denis enfouit son piolet en guise de corps mort pour amarrer la corde, chacun ajuste sa sangle ou son baudrier, tout en révisant discrètement la leçon sur le machard. Il faut voir Jean, entouré d’une cour de dames qui ne demandent qu’à apprendre…

 DSC04481

IMG_0699

Annie, sans appréhension, descend la première jusqu’au deuxième relais installé par Gabriel, où nous devrons positionner le machard sur une seconde longueur de corde qui nous mènera en bas du couloir, dans les pentes plus douces du cône. À sa suite, nous descendons les uns après les autres, d’abord en marche arrière sur quelques mètres bien raides puis, dès que possible (mais ce n’est qu’une option…) en marche avant, face à la pente. Exemple d’application possible de la méthode Coué : « Le piolet de Denis va tenir, il est su-per-bien enterré, oui, c’est du solide, tout ça… »

 DSC04488

IMG_1322

Fred et Jean, en attendant leur tour, prennent un peu de hauteur en direction de la crête qui monte vers le Caïre Nègre du Mercantour, histoire de faire des photos plongeantes sur le groupe en train de descendre le couloir, avec ou sans élégance, avec ou sans chute dans les trous, avec ou sans couinements…

 IMG_3999

DSC04486

Denis, tout en haut, vérifie nos machards avant de nous donner le top départ. Gabriel, à mi-route, nous aide dans notre translation d’une corde à l’autre. Et tout en bas, Annie surveille notre arrivée et fait des photos, immortalisant nos diverses mimiques à l’issue de ce temps fort de la course…

DSC04513

 DSC04514

Patrick, Michel, Jaja, Jean, bref, tous ceux qui « savent », aident de leur présence rapprochée ceux qui « savent moins »… Pour plusieurs d’entre nous, il s’agit d’une toute première expérience impliquant la corde donc, forcément, c’est un souvenir qui va compter double et faire date…

 

btr

btr

Une fois le dernier arrivé en terrain sûr, Denis se lance à son tour dans la descente du couloir, mais comme il est très fort (et aussi parce qu’il ne tient pas à laisser son piolet au fond de la neige), il va procéder sans assurage. Ils ont le pied ferme, nos encadrants, et pas une once de vertige : Chamois ascendant Bouquetin ?…

 

btr

Le groupe entreprend la descente du vallon des Erps, dont l’enneigement est un copier-coller de celui du vallon de montée. Qu’on descende par la droite ou par la gauche, ce n’est qu’une alternance d’éboulis et de pentes d’herbe reliés par de maigres langues de neige. Après quelques tentatives moyennement fructueuses pour descendre « le plus bas possible » à raquette, nous les chargeons définitivement sur les sacs et poursuivons à pied dans un terrain miné par les plaques de neige, gelée ou pourrie. Hiver, reviens !

 DSC04528

 

Tandis que de beaux nuages lenticulaires se forment au-dessus de notre fin de rando, nous rejoignons les voitures, fatigués, mais particulièrement ravis de notre journée. Le petit surcroît de plaisir ne viendrait-il pas du petit surcroît d’effort et de contrôle que nous avons dû fournir aujourd’hui ?

 DSC04537

Mais assez vu de mélèzes et de sapins : allons vite nous ressourcer sous ces arbres qui nous font toujours de l’œil le dimanche en fin d’après-midi : les Tilleuls ! Et trinquons à cette belle boucle, et à l’investissement de nos amis encadrants qui font vivre cette section et la tirent vers le haut ! Les ganses de Christine et les pâtes de fruit multicolores de Laurence ne font qu’un pli…

 2019-03-04 (1)

Ci-dessous, en souvenir de notre petit couloir, un mémo sur le magique machard. Attention : interrogation écrite samedi prochain, à 7 heures 30, sur le parking de Trucco !                Un coup d’œil à la fiche technique FFME :

 image001

« Le machard est un nœud  sur corde tendue autobloquant inventé en 1961 par le grimpeur marseillais Serge Machard. Immobile sous tension et mobile lorsqu’il est détendu. C’est un nœud auto-serrant nécessitant une cordelette autobloquante encore appelée ficellou. Il permet de descendre en rappel auto-assuré. »

un grand bravos à tous et à la semaine prochaine

Dimanche 24 février 2019 : Abîmes et Abisse…

G1 : Roche de l’Abisse (2756 mètres) depuis Castérino

Dénivelée : 1500 mètres   Distance : 18,5 kilomètres

G2 : fort de Giaure (2260 mètres)

 

Amandiers en fleurs dans la vallée… Pourtant, la piste de la baisse de Peïrefique est, comme souvent, à la limite du praticable dans son tiers inférieur, avec des zones gelées et des zones complètement déneigées. Quelques skieurs de rando font demi-tour en nous souhaitant bonne chance, fort dubitatifs lorsque nous leur apprenons que nous montons « vers » l’Abisse… D’autres nous demandent en riant de marcher à cinq de front pour leur damer largement le terrain… preuve qu’on peut se côtoyer, voire collaborer en montagne, skieurs et raquettistes !

 DSC09765

Contrôle des DVA à la passerelle (émission, réception et re-émission, car il est préférable de vérifier que personne n’est resté en réception), et c’est parti pour la baisse de Peïrefique, dans les pas de Gabriel, Annie, Patrick, Eric et Tony. Nous sommes 33 à prendre le départ. Heureusement, dans nos rangs, nous avons le plaisir de compter quelques Mac Givers bien outillés : à 20 minutes des voitures, voilà une raquette qui fait des siennes, et en voilà une autre qui sème crampon et vis dans la neige…

 DSC04261

G1 et G2 arrivent avec un petit décalage à la baisse de Peïrefique pour une première courte pause. Comme nous avons été sages, nous avons droit à un su-sucre : un peu de descente à rythme forcé vers le vallon de Caramagne, histoire de fatiguer d’autres muscles que ceux dévolus à l’effort de la montée…

 DSC09783

DSC04269

À peine le temps d’entrevoir oratoire, caserne et gias : nous voilà déjà en train de charger les raquettes sur le sac au départ du sentier d’été, pour une bonne demi-heure de grimpette neige-rochers-buissons des plus printanières. Puis, une bonne fois pour toutes, nous chaussons nos raquettes bien-aimées pour rejoindre le fort de Giaure en suivant grosso modo l’itinéraire « hiver » qui emprunte une longue (si longue…) épaule, en gardant en ligne de mire le sac jaune de Patrick : « Tous derrière et lui devant », comme dans la chanson.              Eric, Tony et le G2 choisissent, eux, de passer par la combe où zigzague le sentier d’été.

 IMG_3832

DSC09784

« Le fort de Giaure, le plus élevé des ouvrages du col de Tende, a été construit entre 1883 et 1884 à 2260 mètres d’altitude, sur la cime du même nom. Cet ouvrage, qui est une batterie pour un armement de 10 pièces d’artillerie, bat tout le haut bassin de la Roya et de ses affluents. L’ouvrage est entouré d’un fossé continu, dont la défense est assurée par deux galeries de contrescarpes à feux de revers logées dans deux angles opposés, et une casemate de type caponnière, adossée à l’escarpe du front de gorge à l’angle nord-ouest. Les locaux du casernement concentrés sur le front de gorge sont couronnés d’un parapet d’infanterie avec créneaux de fusillade. Sur le front d’attaque, l’artillerie est établie sur des emplacements à ciel ouvert séparés par 5 traverses-abris. Une route de 5 kilomètres de longueur, en partie disparue suite aux éboulements, relie ce fort au fort de Pernante. » (Source : Ouvrages et fortifications dans les Alpes-Maritimes, site web).

DSC04287

DSC09791

Aujourd’hui, en ce début de XXI-ième siècle, la frontière est tout à fait paisible. Pas de drapeaux orgueilleux, de tirs d’artillerie ni de canonnades, mais c’est un agresseur à qui la notion d’état est tout à fait étrangère qui nous prend pour cibles : le grand méchant vent ! Pourrons-nous poursuivre jusqu’au sommet en bataillant contre ses assauts ? La roche de l’Abisse est visible devant nous, bien blanche sur un ciel bien bleu, mais encore si lointaine, tout au bout de l’interminable Pra Giordan… Six skieurs, tout minuscules dans la grande pente terminale, se chargent de nous donner l’échelle, et un coup au moral par la même occasion…

 IMG_0595

Tony et une partie du G2 se sont arrêtés au fort. La vue y est déjà magnifique, sur le Marguareis tout proche. Une autre partie du G2 poursuit sa marche, menée par Eric qui fait « prendre l’air » à un genou convalescent. Certains s’arrêteront juste sous la grande pente qui mène au sommet, là où le G1 vient de troquer raquettes contre crampons.

 DSC04546

IMG_0606

En quelques lacets, la trace nous mène sur la crête-frontière puis, par une courte traversée un peu exposée et avec vue plongeante sur l’Italie, jusqu’à la croix du sommet. Quel bonheur… Les uns après les autres, fatigués mais ravis, nous prenons pied sur les quelques mètres carrés de terrain presque plat : le sommet, point coté 2756. Janine, Stéphane, Alain, Christine, Frédérique… : dans nos yeux et dans nos souffles courts se mêlent intimement bonheur, fierté, et vrai soulagement ! Et, comme par magie, il n’y a plus de vent !

IMG_0609

IMG_0608

Et voilà Eric qui arrive à son tour au sommet (et à raquette, s’il vous plaît !), après avoir mis son petit groupe en sécurité. On ne sait pas si son genou est content du voyage, mais lui oui, et ça se voit !

DSC09801

IMG_0621

 

DSC04584

 

Gabriel nous régale d’un tour d’horizon commenté, lui qui connaît si bien ce secteur, et il pointe les sommets qui seront peut-être au programme de notre prochain week-end à Palenfre. Du haut de l’Abisse, la notion « d’arc alpin » prend tout son sens : loin devant nous se dessine une immense courbe blanche, ponctuée de massifs caractéristiques : Viso, Monts Blanc ou Rose, Cervin… Nous sommes tout au bout de l’arc, qui s’achève les pieds dans l’eau bleue de la Méditerranée : une exceptionnelle leçon de géographie grandeur nature ! Les photographes s’en donnent à cœur joie.

IMG_0628

 DSC09812

Prudente redescente depuis le sommet, plus directe que la montée, mais la neige nous l’autorise : les crampons s’ancrent bien, et les marches sont franches. Mais on sent déjà que la douceur ambiante a commencé son travail de sape… La neige s’humidifie, et porte de moins en moins.

IMG_1251

DSC04302

Un pique-nique « à  l’heure heure espagnole » nous réunit à l’abri du vent, dans les fossés du fort de Giaure. Le G2 a préféré prendre de l’avance et est déjà bien engagé sur le chemin du retour. il s’agit de prendre des forces : tout le monde lorgne sur la baisse de Peïrefique. Pour l’instant elle est bien plus basse que nous, mais bientôt elle sera bien plus haute, et il faudra repasser en configuration « montée »…

DSC04311

 

Longue redescente vers le vallon de Caramagne, sans lâcher les raquettes pour certains : Gabriel semble décidé à nous tester en mode « tout terrain », pas question de le décevoir… Somme toute, les raquettes accrochent très bien, voire mieux que des chaussures, sur l’herbe, dans les rhododendrons et sur les branches basses de mélèze. Il faut juste ouvrir l’œil…

 DSC09827

Pour la remontée à la baisse de Peïrefique, le grand groupe se scinde en plusieurs petits groupes menés par autant de leaders improvisés, avec des allures décroissantes des premiers aux derniers. Derrière Philippe et Stéphane, je me répète avec gratitude que mon choix est le bon, puisque la montée se fait (presque) sans effort et (presque) sans fatigue.

DSC04276

Et comme s’il manquait un peu d’aventure à notre riche expérience du jour, nous redescendons évidemment par le vallon de Cardon, petit bonus que n’aurait pas désavoué un Indiana Jones montagnard. Pour éviter le châtiment de la piste du matin (personne ne semble y tenir), nous allons devoir jouer aux explorateurs et naviguer à vue entre torrent, rochers, arbres, raides pentes à glissade, racines embusquées et raquette sur herbe. Les bras travaillent autant que les jambes…

DSC04322

Tous ces efforts nous ramènent progressivement à la douceur des rives du torrent et des pistes de ski nordique. Les aboiements des chiens de traineau saluent notre retour à la civilisation.   Le soir tombe. Nous avons mis une heure de plus que lors de notre dernière ascension de l’Abisse : certes, un grand groupe implique une plus grande inertie, mais il est plaisant de marcher en bonne compagnie…

 IMG_1255

Et c’est donc en bonne compagnie que nous nous échouons au Prieuré de Saint-Dalmas-de-Tende. Remarque intéressante : la fatigue ne semble pas avoir de prise sur notre goût marqué pour les fondants au chocolat, les cakes aux fruits, les biscuits maison et les cookies aux fruits secs. La nuit est tombée lorsque nous sortons du bar : nous éviterons donc les embouteillages liés au corso, aux citrons et aux oranges…

 IMG_3863

Un grand et chaleureux merci à tous nos encadrants pour nous avoir permis de réaliser cette ascension trois étoiles, un des beaux fleurons du palmarès de la section raquette alpine.

Cime du Trem en ce dimanche 17 février 2019

Dimanche 17 février 2019

Cime du Trem (2574 mètres) depuis la Gordolasque

Dénivelée : presque 1025 mètres

Distance : 11 kilomètres

 

Des conditions printanières en plein hiver ? Génial. Le tout est que l’été ne s’installe pas en avril… En attendant que l’anticyclone aille répandre ailleurs ses bienfaits, nous décidons aujourd’hui de partir à l’assaut de la cime du Trem, tout au bout du beau vallon des Verrairiers.

 

Annie, Patrick, Vincent, Michel et Tony encadrent le groupe. Nous sommes 35 : gros succès, comme toujours, pour les destinations Gordolasque. La bonne surprise : nous pouvons chausser directement au bord de la route, ce qui n’est jamais arrivé depuis que nous partons pour les cimes du Diable ou du Trem ! Les DVA sont testés un par un, en émission et en réception, et nous nous dirigeons vers la passerelle des Sagnes qui enjambe la jeune Gordolasque.DSC04257

 

Annie nous communique les données-clés relatives à cette randonnée : dénivelée, distance, pentes raides puis confortable vallon. Ce qui est à retenir : on va attaquer dans le dur, inutile de trop se couvrir… Les deux groupes démarrent, précédés de trois skieurs, certainement ravis de n’avoir pas mis le réveil ¼ d’heure plus tard ce matin-là…

 DSC04257

Notre énergie se canalise rapidement et, comme s’il passait à travers un entonnoir imaginaire, le troupeau indocile devient file indienne bien sage. Le sentier de la forêt ne pose pas de problème particulier, et nous abordons le large vallon des Verrairiers et ses raidillons successifs… Le pas du Trem n’est pas encore en vue, il nous faut encore obliquer longuement sur la droite, mais le Diable nous toise déjà de ses 2685 mètres de rochers et de neige.DSC04170

 P1080650

Le vallon est magnifiquement enneigé, et la qualité de la neige convient fort bien à nos raquettes qui ont appris, ces derniers temps, à ne pas trop faire les difficiles : nous voilà gâtés ! Vincent n°1 et Annie marchent en tête (bon rythme, les amis…), talonnés par les habitués du peloton de tête, Alix, Vincent n°2, Mario, Nathalie, et pardon à ceux que j’oublie forcément. Le G1 se regroupe au pas du Trem pour chausser les crampons, tandis que le G2 apparaît en contrebas, guidé par Michel.

 P1080682

À présent, fini de bavarder et de rigoler : la pente qui monte direct au sommet de la cime du Trem requiert concentration, discipline et prudence. En effet, plusieurs passages sont en neige bien dure dans un terrain où la glissade n’est même pas envisageable. Annie nous donne les dernières recommandations et nous montons à la queue leu leu jusqu’au sommet, en bénissant les marches faites par ceux qui nous précèdent, et en les accentuant pour ceux qui nous suivent : grandeur et noblesse de l’esprit de groupe !

 P1080679

Le sommet, une crête bien étroite, n’est vraiment pas adapté à la photo de groupe… on peut à peine s’y croiser. Quelques-uns partent au bout des rochers pour découvrir la vue que l’on a sur les Merveilles et leurs merveilles, et sur le Grand Capelet et le Bégo, tout proches. Nous abordons prudemment la redescente vers le pas du Trem : la trace s’est déjà confortée. Le G2, qui attaque à son tour la grimpette, ne s’en plaint pas ! Michel sécurise la progression de son groupe, et Tony ferme la marche.

 P1200600P1080711

Pique-nique pour tout le monde au col, tous béats au soleil, chacun ayant choisi un horizon à contempler pendant le repas. Douce vie ! Pierre sonde la neige, sa sonde disparaît complètement : quelle accumulation, sur ce col, alors que les pentes du Trem et du Diable sont parsemées de rochers et même de touffes d’herbe…

 pano4

C’est le jour où jamais : il fait si bon, et nous ne sommes vraiment pas à la bourre. Exercice de recherche DVA / sonde pour tout le monde ! Vincent H., Michel et Elsa (tout récemment formée) partent subrepticement planquer 3 DVA et nous démarrons, par groupes de deux, pour tenter de sauver des vies imaginaires. Je fais équipe avec Vincent M., et nous captons assez rapidement un signal. Erreur en ce qui me concerne : j’oublie de « marquer » le premier DVA enterré, ce qui fait que je continue à recevoir son signal alors que je suis déjà à la recherche du second… On dit que prendre conscience d’une erreur est plus formateur qu’une longue théorie, l’optimisme est donc permis en ce qui me concerne …

 P1200594

La neige s’est considérablement transformée pendant ce temps, et le retour n’a plus rien à voir avec la montée du matin sur neige dure. Nous prenons autant que possible par la forêt, qui recèle de la neige poudreuse (ou de l’ex-poudreuse…) bien conservée, et ceci jusqu’au retour aux voitures. Patrick, toujours aussi à l’aise là où le commun des mortels a tendance à se poser quelques questions, enchaîne raccourci sur raccourci, coupant les lacets à grandes enjambées : c’est beau, l’aisance…

 DSC09718

Nous nous entassons rituellement aux Tilleuls, en choisissant une place proche des gâteaux que nous aimons le plus : moelleux au citron, tigré au chocolat, canistrelli aux amandes, panettone au chocolat… Les 3èmes mi-temps de la section raquette alpine sont en passe de devenir aussi prisées que les randos proposées chaque semaine par nos amis encadrants…

 

« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse,

essayez la routine : elle est mortelle »

Paolo COELHO

 

 IMG_3761