Archive pour la catégorie ‘Raquettes’

14 mai 2017 : mission accomplie, président !

G1 : sommet du Gélas (1300 mètres – 11 kilomètres)

G2 : balcon du Gélas (un tout petit peu moins)

 

Il est sympa, notre président (président de section, précisons-le, en ce jour d’investiture)… Il part en vacances en nous confiant la mission de grimper au sommet du Gélas pour transformer en succès notre échec de la semaine dernière, fiasco dû à une météo des plus grincheuses. Bonjour la pression… Mais bon, OK, président, les ordres sont les ordres : nous voilà 17 sur la ligne de départ, au bord du torrent de la Madone de Fenestre.

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Denis, Michel, Annie et Patrick visent avec le G1 le point culminant du Mercantour, l’épicentre de tous nos désirs. Delphine, Tony et Jean, mini-G2, ont prévu d’aller profiter du panorama que l’on a du haut du plus beau balcon de la région : celui du Roi Gélas.

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Toujours un peu stressant, ce parcours de mise en jambes le long du torrent, dans ces pentes de neige dure en dévers… L’itinéraire se fait un peu hésitant, à la recherche du meilleur passage, jusqu’au moment où les raquettes vont s’imposer. Au passage, le torrent avale un bâton lâché inopinément, ce qui vaudra à Michel, qu’on se le dise, une bise reconnaissante pour l’avoir vaillamment récupéré.

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L’enneigement du vallon Cabret est suffisant pour qu’on puisse le remonter raquettes aux pieds, mais il faut tout de même anticiper afin de ne pas se retrouver coincés dans des voies sans issue, c’est-à-dire sans neige.

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Nous essayons de ne pas trop perdre de temps en regroupements et pauses, car nous avons appris à nous méfier de la météo et de ses sautes d’humeur printanières. En haut de chaque raidillon, les encadrants jettent un coup d’œil à la troupe : tout le monde a le sourire, donc le moral, donc on enchaîne !

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Nous côtoyons dans cette longue montée le groupe de skieurs CAF de Georges et Jacques, en route eux aussi vers le Gélas, après une nuit au refuge de la Madone. Décidément, en cette fin de saison, nos deux groupes partagent les mêmes espaces et les mêmes plaisirs ! Georges nous apprend qu’une de leurs participantes vient de redescendre sous bonne escorte, après une mauvaise glissade droit dans un torrent. Les dangers de la neige de printemps, soit trop dure, soit tellement glissante, ne sont plus à rappeler…

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Tandis que les copains du G2 apparaissent à la terrasse du Gélas et se dirigent vers le balcon, les cordées s’organisent pour le G1 : Denis, Michel, Patrick, Annie, Cyril et notre Jaja-des-cimes, encordent leur monde et égalisent les anneaux de buste… Et en route, toujours plus haut ! Le sommet nous domine encore, mais l’écart s’amenuise entre lui et nous !

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Le couloir est bien rempli, et la neige permet de faire les bonnes marches profondes qui sécurisent notre lente progression. Quelques skieurs descendent, enchaînant virage sauté sur virage sauté, nous bombardant pacifiquement, au passage, de gros paquets de neige : bing, en plein sur la tête, merci le casque…

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Tels des chenilles processionnaires reliées par notre fil, nous remontons ce couloir (on y est presque, président !), pour prendre pied sur la selle neigeuse qui sépare les deux pointes du Gélas. Il y a donc plus raide que notre petit couloir Est : un coup d’œil sur la goulotte Ouest et ses perspectives glacées et glaçantes nous le confirme…

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Encore une petite grimpette, mi-mauvaise neige, mi-mauvais rocher, négociée avec la plus grande prudence car très exposée, et nous voilà, exacts, à notre rendez-vous, au sommet du Gélas ! Quelques photos rapides, sans recul ni calcul, quelques prudentes accolades, et demi-tour vers la sortie : le sommet du Gélas n’est pas un endroit très propice au chassé-croisé d’une quinzaine de personnes + leurs cordes + leurs piolets + leurs crampons… Tout le monde veut toucher la croix, et la belle petite vierge en bois, si douce au toucher, et toute tiède sous le soleil.

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La descente du couloir, bien qu’archi-classique, est une étape qui doit s’aborder avec prudence, bien sûr, mais aussi avec calme et discipline, nos encadrants le savent bien. Une glissade, même vite et bien enrayée, peut être lourde de conséquences : avec un encordement à 3 mètres, on se trouve très vite à portée des crampons des compagnons de cordée. Sujet à méditer avec l’humilité requise… : tous concernés !

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« Face à la pente, tenez-vous droit ! », clament les plus à l’aise du groupe. « Oui, bientôt, je reste encore un peu en marche arrière, là je ne le sens pas encore vraiment », supplient faiblement… tous les autres.

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Les copains du G2 nous observent et nous photographient, de leur balcon. Rassurés sur notre sort, ils mettent le cap vers la vallée en reprenant, grosso modo, l’itinéraire de l’aller. Michel, qui connaît bien le secteur, propose un retour à pied sec par le lac Balaour, suivi d’une directissime plongeant sur le vallon Cabret. La vue sur le Saint-Robert et le Gélas est splendide : un large rayon de soleil illumine « notre » sommet. Le spectacle est saisissant pour ceux et celles qui l’ont gravi pour la première fois : « On était où, exactement ? Quoi ? Là-haut ? ». Et oui, les amis, on revient de là-haut, tout là-haut sur la montagne…

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Alors, président, heureux ? Satisfait de la prestation de tes ouailles ?  Au hasard du chemin, nous croisons Vincent et Pierre, en formation sur le secteur : retrouvailles joyeuses et inattendues !

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L’ultime pot de fin de journée, qui est aussi le dernier de la saison raquette « officielle », nous réunit aux Tilleuls. Les pâtissières du groupe étant absentes, nous accompagnons notre verre, tasse, chope ou bol d’un modeste sac de pop-corn… On se rattrapera vendredi soir au club, pour le pot de fin de saison : papotages, grignotage et visionnage sont au programme de cette soirée de partage.

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Merci à notre équipe d’encadrants pour son investissement sans faille. Grâce à eux, le bilan de la saison est riche : nouvelles courses, nouveaux adhérents, nouveaux souvenirs et projets. Une pensée amicale à tous ceux qui ont fait partie du groupe, à un moment ou à un autre, et qu’on ne voit plus : il en va ainsi de la vie de tout groupe, tout passe, comme une trace de raquette sur la neige, empreinte éphémère sur un support ô combien éphémère. Mais qu’ils sachent qu’ils ont tous laissé dans nos mémoires, parfois dans nos cœurs, une trace de leur passage…

 

Sans oublier le proverbe tibétain qui dit que : 

« Quand tu arrives en haut de la montagne, continue de grimper »

Lundi 8 Mai 2017 Un Gélas trop givré pour des raquetteurs transis

G1 vallon Cabret 700 m de dénivelée pour 7.5 km

G2 Lantosque bar des tilleuls

 

Afin d’accomplir son devoir électoral en ce grand Week-end du 8 mai, bon nombre d’entre vous avez demandé le déplacement de la sortie au lundi. Mais si le dimanche a été une belle journée ensoleillée, ce ne fut pas le cas du lundi !!

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Et pourtant la météo n’était pas si mauvaise que ça : (Rares averses avec légère aggravation l’après-midi). Partis de bon matin sous un ciel bien dégagé de saint martin, nous sommes accueillis à la Madone de fenestre par un léger grésil très vite transformé en une pluie fine.

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Force est de constater que le mauvais temps est installé. Du coup Tony est ces 4 drôles de dames décide de retourner prendre un café chaud à Lantosque. Quant à Michel, Denis et Gabriel poussés par 14 raquetteurs prêt à en découdre avec les éléments, décident de tenter l’aventure.

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Très vite, 200m plus haut la pluie se transforme en neige, puis brutalement en tempête. Une neige drue, épaisse et dense digne d’un mois de janvier, au point que Michel est obligé de nettoyer ces lunettes, pour s’engager dans le vallon Cabret

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Nous progressons lentement, tandis que des skieurs de rando rebroussent chemin. Mais toujours pas d’amélioration. Sacré Gélas, tu veux rester seul aujourd’hui ! Tu mets des barrières sous nos raquettes. Plus de 20 cm de neige tombée en 2 heures de temps et le brouillard qui s’invite.

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Nous dépassons un groupe de skieur qui faisait la pause pour à notre tour souffler, grignoter une barre et faire le point. En dessous des balcons le vent se lève. Un vent froid qui passe sur nos gants tout mouillés et nous donne l’onglet.

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Finalement décision est prise de faire demis tour. Ça ne servirait à rien de continuer, car toute cette neige fraiche ne demande qu’à glisser…Nous redescendons tranquillement et là au surprisse petit à petit la neige s’arrête et des points de ciel bleu apparaissent.

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Nos reporters s’empressent de faire quelques belles photos et nous nous retrouvons au bas du vallon du Ponset pour pique-niquer sous un soleil radieux. Quel contraste ! le Gelas lui restera tout couvert. Quel sacré tour il nous a joué.

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La nature reprend ses droits et nos amis les chamois grignotent autour de nous.

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Comme me l’écrira Chantal dans un mail de retour de congés « il vous a marqué un but » Mais promis le match n’est pas encore terminé. Il reste la 2eme mi-temps. Quant à nous, direction Lantosque pour la 3eme mi-temps…Mais là encore rien ne va, notre QG les tilleuls est fermé et c’est au bistrot d’en face que nous dégusterons les bons lapins de Pâque en chocolat de Karine et Pierre.

Dimanche 30 Avril 2017 Un Mont Saint Sauveur à la sauvette

G1 et G2 Mont Saint Sauveur (2711 m) 900 mètres de dénivelée pour 9 km

 

 L’incertitude planée depuis le milieu de la semaine sur le lieu de la sortie. Est-ce vers la Madone de fenestre ou bien vers Saint Grat en Gordolasque ; On ne savait plus vers quel Saint se vouer

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Les saints de glace sont passés par là et les récentes intempéries ont dû décourager quelques copains : nous ne sommes « que » 13, en un seul et même groupe, conduit par Gabriel, Michel, et Tony qui part à l’assaut du saint Sauveur recouvert pour l’occasion d’un blanc immaculé.

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Allait-il nous sauver du traditionnel portage de cette fin de saison ? nous n’allions pas tarder à le savoir. < Prenez vos raquettes à la main, on va chausser dès le départ au bas du vallon de Verps.> Cool ! Pas de portage. La petite troupe ragaillardie par cette bonne nouvelle démarre d’un bon pas sur la piste de ski de la genisserie

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Nous laissons les skieurs de rando prendre pleine piste, tandis que Gabriel nous fait progresser dans un petit vallon à travers les arbres sur une bonne neige épaisse et bien dure.

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Après une courte pause où nous retrouvons notre ami Georges et toute son équipe, la belle face nord du saint sauveur apparait enfin. Nous les laissons passer devant et c’est ensemble que nous gravissons la belle pente déjà bien parcourue de la veille.

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On se suis, on se double, on se mélange, chacun à son rythme arrive au sommet. On se presse pour la traditionnelle photo de groupe. Ce n’est pas si souvent que skieurs et raquetteurs se retrouvent ensemble pour partager ce bon moment.

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Nous laissons les skieurs « dépeauter » et nous commençons notre descente pleine crête en direction de la cime Sistron.

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Peu après la balise 89 le passage se fait plus difficile, plusieurs devers de neige glacée au-dessus de barres rocheuses, nous incitent à la prudence et malgré quelques tentatives rocheuses, décision est prise de faire demis tour.

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Et c’est pleine pente que nous rejoignons la salle à manger quelques centaines de mètres plus bas. Michel façon desescalade en pointe avant, Gabriel sur les talons face à la pente. A chacun sa technique selon ses capacités et son aisance

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IMG_5899Les nuages montent vite, et comme la météo l’avait annoncé, quelques petits flocons volettent. Il est temps de rentrer. Nous retrouvons le petit vallon de départ, bien transformé et au combien agréable

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Mais attention à ne pas confondre vitesse et précipitation car à ce petit jeu on finit par y laisser des plumes… notre Cyrille national est aller tester l’efficacité du matelas de protection des canons à neige. Fausse ou véritable chute ! je vous laisse en juger.

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Tant est si bien que 200 mètres plus bas, Cyrille et de Mica s’emmêlent les raquettes et s’étalent sur la neige de fatigue après se beau périple ou bien ! Fou rire de la troupe qui se moque un peu

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Cette chute-là, bien réelle alimentera les discussions, plus bas dans la vallée, autour des délicieux cookies de Joelle et du gâteau au fruits rouges de marie Françoise. Une sortie comme on les aime, pleine de rire et de bonne humeur.

DSC00917 Merci à tous  skieurs et raquetteurs pour ce grand moment de convivialité et à la semaine prochaine

Dimanche 23 avril 2013 : aux confins des Alpes-Maritimes, le Camp des Fourches (2240 mètres)

G 1 : tête de l’Enchastraye (2954 mètres). 15.5 km, dénivelée = 1100 mètres

G 2 : col de Pouriac (2506 mètres). 11 km, dénivelée = 700 mètres

 

Deux étymologies sont proposées pour le nom « Enchastraye » :

  • « Enclos où l’on enferme les brebis dans les hauts pâturages ».
  • « Endroit où il fallait chausser les « chastres », c’est-à-dire les raquettes ».Grande nouvelle : le Service des Routes vient d’ouvrir celle de la Bonnette au-delà du Camp des Fourches ! Retenons donc la deuxième proposition, emmenons avec nous nos « chastres » prendre l’air dans le vallon du Salso Moreno, et emboîtons le pas au quatuor Annie-Patrick-Michel (G1) et Tony (G2).

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  • Nous laissons les voitures au niveau du Camp des Fourches, ancien casernement militaire, dont la chronique raconte qu’il aidait à vivre les hameaux de Bousiéyas et du Pra en faisant tourner (essentiellement) ses bars… L’air de la montagne donnait donc déjà soif ?Vite ! Un coup d’œil impatient depuis le col des Fourches, à cinq minutes des voitures, pour voir à quoi ressemble ce vallon indécelable depuis la route. Pas de surprise, ni bonne ni mauvaise. C’est comme toujours : d’abord du vert avec un peu de blanc, puis des proportions qui s’inversent : du blanc avec un peu de vert. Puis du blanc, du blanc, du blanc !

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  • Pour entrer dans le vif du sujet, nous commençons par descendre prudemment le gros névé (ah, celui-là…), qui s’installe sous le col des mois durant, peut-être pour tenter de repousser le plus longtemps possible les invasions humaines. Est-ce pour sanctuariser l’ambiance mystérieuse et magique de ce vallon, et la réserver aux seuls mouflons, marmottes et chamois ? Attention, ça glisse, autant sur l’herbe mouillée que dans les traces de neige dure.

Vallon de Salso Moreno

  • Mais une fois passé cette délicate mise en jambes, il ne nous reste plus qu’à descendre jusqu’au fond du Vallon du Salso Moreno par le GR5, qui se confond ici avec le tracé tout frais de la Grande Traversée du Mercantour.

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  • Les raquettes peuvent être chaussées peu après la séparation entre le GR5, qui part vers le Pas de la Cavale et l’Ubaye, et la GTM qui file vers le col de Pouriac et la vallée italienne de la Stura. Quelle agréable façon de réviser notre géographie…Les hautes barres de marne noire sous lesquelles nous progressons sont toujours aussi austères et impressionnantes. L’érosion y a sculpté des formes étranges : regardez l’étonnant Bonnet Carré et son Tourillon, les Roubines Nègres, Pelouse et Pelousette, les Trois Évêques !

Montée (énergique) vers le col de Pouriac

  •  Quelle agréable façon de réviser notre géologie…Et nous voilà déjà au col de Pouriac, frontière entre les neiges française et italienne. La suite de l’itinéraire tient ses promesses : enneigement parfait ! Un petit coup d’œil sur la crête qui part à droite vers le Pel Brun et le Mont Aiga (souvenirs…)

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  • et nous obliquons comme un seul homme à gauche, vers la grande combe Trois Évêques / Enchastraye.Tony et ses quatre groupies feront halte juste là, au niveau de l’embranchement avec la sente qui mène, l’été, au sommet des Trois Évêques. Pendant ce temps les douze du G1, dans les pas d’Annie qui mène le groupe, se rassemblent sous les dernières pentes pour chausser les crampons.

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  • La neige est bonne, portante, et suffisamment travaillée par les cycles gel-dégel pour que nous puissions profiter de belles marches sécurisantes. L’arrivée sur la crête est toujours un moment sympathique, puisqu’elle nous donne accès à un tout pan du paysage qui nous était masqué :

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  • le vallon du Lauzanier et le col de Larche, le Monte Viso qui se hausse derrière la tête de Moïse (vue ici sous un tout autre angle que la semaine dernière !), l’Oisans et ses Écrins, le Haut-Verdon et sa Grande Séolane, encore si blanche.

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  • Courage, encore quelques dizaines de mètres et nous voilà tous regroupés au sommet, après être passés auprès de la chapelle miniature qui abrite, comme souvent en Italie, une petite madone et un Livre d’or.

Le sommet n'est plus très loin

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  • Pendant que Jean y couche quelques phrases, nous déballons plus prosaïquement notre pique-nique.Quatre cents mètres en-dessous de nous, nous voyons le G2 déjà en train de repartir vers le col de Pouriac. Il est temps, pour nous aussi, de songer au retour. Et, qui sait, peut-être aurons-nous la chance de retrouver le téléphone que vient d’égarer une des copines du G2 ? Ah, s’il avait été orange fluo au lieu de blanc, ce téléphone, peut-être l’aurions-nous repéré…

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  • Descente prudente, concentrée : les pentes sont raides et la neige a déjà changé. Une des participantes va d’ailleurs expérimenter une longue glissade en terrain très pentu, que Michel évalue à 80 mètres, glissade fort heureusement enrayée, puis stoppée, grâce à la bonne utilisation du piolet et au flash d’un souvenir de formation : « vite, se mettre sur le ventre ». Le bien-fondé de ces formations est-il encore à démontrer ? La glisseuse, escortée par Michel, revient sous l’aile protectrice du groupe qui a tout de même eu peur pour elle…  Une facétie à ne pas rééditer trop souvent, même un piolet à la main, même en étant formé aux techniques neige, même avec un ange gardien vigilant à ses côtés, bien au fait des techniques de garde du corps…

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Groupe au sommet

L’ambiance s’en ressent un peu : moins de rigolades dans les rangs… De toutes les façons, il vaut mieux garder son souffle pour des efforts « utiles » : la remontée au col des Fourches est en vue. Changement de braquet, une bonne respiration, une gorgée d’eau, trois cacahuètes, et on y va !Encore une belle journée à mettre à l’actif du groupe raquette alpine et de ses encadrants.

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  • Tony et presque tout son G2 sont déjà repartis lorsque le reste du groupe arrive aux voitures : Monsieur a la responsabilité de poser tout son monde à l’heure devant les bureaux de vote (on lui chercherait en vain des défauts, à ce Tony…). Et nous aussi, cap sur la vallée, ses candidats, ses sondages, ses isoloirs : aux urnes, citoyens ! Et tant pis pour le pot de  fin de journée. En attendant fébrilement 20 heures, élisons à l’unanimité l’Enchastraye dans le peloton de tête des sorties de la saison 

 

15, 16 et 17 avril 2017 Week-end pascal en Val Maïra, trois « petits » tours et puis s’en vont…

J1 : au départ de Pratorotondo, boucle au Bric Boscasso (2589 mètres)

Distance = 9 km

Dénivelée = 1000 mètres

 

Pour la section raquette alpine, les week-ends de Pâques, c’est le dépaysement assuré. C’est peu dire qu’on les attend avec impatience et curiosité… Ce séjour dans le Val Maïra, vallée qui fait le pendant italien de notre Ubaye, va nous permettre de compléter notre connaissance de cette région, et jouer le chaînon manquant avec de précédents séjours à Maljasset, Fouillouse, Larche et dans le val Varaita et le val Stura.

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Gabriel, Denis, Annie, Patrick et Tony : voilà pour trois jours notre équipe de Gentils Organisateurs. Et elle mérite grandement ces deux qualificatifs… Nous avons failli être 25, nous sommes 23. Et les 23 ont vu la même chose sur tous les sites météo consultés : grand beau sur le Val Maïra ! Hourrah !

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Après trois bonnes heures de route et une pause-café-chocolat-dolci devenue traditionnelle, notre première randonnée démarre à Pratorotondo, minuscule hameau de quelques maisons en bout de route, au fond d’une vallée miniature affluent de celle de la Maïra. La matinée est déjà bien avancée, et le soleil italien tient ses promesses. Attention à ne pas écraser trop de fleurettes des prés avec nos gros sabots : c’est le printemps à Pratorotondo. Et là ! un beau petit renard !

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Encore et toujours un peu de portage : dame Nature en a décidé ainsi. Restons humbles sous le poids des sacs à dos… Au bout d’une heure de montée dans la forêt au milieu des chants d’oiseaux, nous pouvons enfin chausser nos chères ciaspole, et poursuivre l’ascension du Bric Boscasso dont on commence à apercevoir le sommet surmonté d’une croix.

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Le Viso sort des nuages, puis se cache à nouveau. Il est là, si proche et tellement imposant.Une dernière pente raide nous permet d’accéder à la petite crête qui mène au sommet.

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Nous y stockons les raquettes en rang d’oignons, et gravissons les quelques dizaines de mètres qui nous séparent du spot « photo au sommet ». Mais pas de photo de groupe : nous ne tiendrions pas tous sur les quelques mètres carrés (en comptant large…) de cailloux branlants qui constituent le sommet du Bric Boscasso.

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Quelques copines se sont arrêtées un peu plus bas, vaincues par la chaleur autant que par cette montée d’un seul jet depuis la voiture. Guidées par Tony, elles feront un aller-retour par le même itinéraire.

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Le reste du groupe est déjà engagé dans la redescente, après une rapide pause repas : ne nous éternisons pas dans ces pentes. Nous n’avons pas l’habitude de nous trouver au point haut d’une rando à une heure aussi avancée, mais aujourd’hui trajet en voiture oblige.

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Retour par le Vallonetto, histoire de changer un peu de perspectives. Peu à peu, les pentes de neige s’accentuent. Puis le Vallonetto se rétrécit, s’encaisse jusqu’à devenir un goulet d’étranglement où nous réalisons que tout bon raquettiste se doit d’être aussi un bon canyoniste … Ce  de ruisseau… Combien de fois allons-nous devoir le traverser ? En sautant, en pataugeant, en glissant, en faisant du saut à la perche avec nos bâtons, en enjambant. En faisant plouf (perso, c’est hélas du vécu…).

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DSCF0401Forts de cette belle première aventure, nous reprenons les voitures pour remonter toujours plus en amont le cours de la Maïra, jusqu’au hameau de Chiappera où se trouve le gîte Campo Base qui sera, pour deux nuits, notre « Camp de base ». Andreas et son équipe nous y accueillent, confirmant par leur gentillesse et leur efficacité tout le bien que nous pensons des gîtes italiens.

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Le groupe s’éparpille dans les petits dortoirs, certains se ruent sur les douches, d’autres sur les bières, d’autres enfin sur les prises, afin de recharger toutes sortes de petites choses modernes toujours affamées de courant électrique.

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Le rifugio Campo Base est une ancienne caserne, la Caserne Vivalda, érigée dans les années 30 pour servir, comme son nom l’indique, de camp de base aux soldats de la garnison chargée d’ériger dans le secteur les fortifications du Vallo Alpino, l’équivalent de notre ligne Maginot. Toutes ces considérations va-t-en-guerre semblent heureusement si lointaines : aujourd’hui seul compte le plaisir de marcher dans ces magnifiques montagnes que l’Italie a reçues en héritage.

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Et à Campo Base, on s’y entend, en montagnes : le Gruppo Castello-Provenzale étend son ombre emblématique sur la vallée, Rocca Provenzale, Torre Castello, Rocca Castello, le paradis des grimpeurs de tous niveaux, et des amateurs de terrain d’aventure.

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Délicieux, le repas du soir ! Cake aux poivrons, lasagnes aux épinards, émincée de porc aux petits légumes. Certains mangeurs de viande louchent avec envie sur les assiettes des deux végétariennes du groupe… Mais tiramisu pour tout le monde ! Et service à l’assiette, s’il vous plaît ! Le temps de la digestion (du repas, et des breuvages multicolores qui l’ont accompagné) est mis à profit pour organiser un atelier « réparation de semelles », deux paires de chaussures s’étant brutalement mises à bâiller aux corneilles… Heureusement, le bon raquettiste sait aussi être un bon cordonnier, n’est-ce pas, Patrick ?

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J2 : au départ du refuge, boucle au Monte Ciaslaras (3005 mètres)

Dénivelée = 1200 mètres

Distance =14 km

 

Où donc est passé le printemps ? Quel froid et quel vent, en sortant des voitures sur le parking en bout de piste ! Nous enfilons ce que nous avons de plus chaud, tout en subodorant qu’il nous faudra enlever tout ça très bientôt, car la course commence par une montée pleine pente et plein soleil. Bien vu : déshabillage au bout du ¼ d’heure nécessaire pour chauffer la mécanique.

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Nous sommes engagés dans le vallon dell’Infernetto (quel nom… on y va quand même ?), encombré par les restes d’une énorme avalanche, de quoi vous donner froid dans le dos. Les raquettes sont chaussées après l’heure réglementaire de portage, dès que nous arrivons sur un long replat vraiment bienvenu.

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De hautes montagnes nous environnent déjà, sillonnées de profonds couloirs sur lesquels Denis jette des coups d’œil pleins de convoitise. Non, Denis, nous n’irons pas au Brec de l’Homme aujourd’hui : c’est avec le Monte Ciaslaras que nous avons pris rendez-vous !

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Un long dévers traversé à raquette nous mène au pied de la grande pente qui culmine au colle Ciaslaras. À partir de ce point, les crampons sont obligatoires. Et le souffle. Et les jambes. Et le pied solide. Le vide se creuse sous nos pas, la pente file. Les experts qui marchent devant nous laissent de belles traces, mais de belles traces ne font pas tout : on est seul avec sa pente à gravir, son sac à porter et (peut-être) sa petite appréhension à gérer.

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IMG_5618Mais ce groupe est décidément un bon groupe, et l’expérience acquise au fil des sorties porte ses fruits : après le colle Ciaslaras, encore une petite traversée exposée, et nous voilà sur un sommet accueillant, propice à la sacro-sainte photo de groupe autour du cairn !

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Tony et ses trois belles dames du G2 (heureux Tony !), qui ont opté pour un aller-retour sans faire le sommet, nous observent en train d’évoluer dans les pentes. Puis, rassurés sur notre sort, ils choisissent le pack pique-nique au bord du lac + la sieste digestive qui est livrée avec.

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Pour le G1, il faut maintenant boucler la boucle en revenant par le vallon Maurin. Et, avant tout, redescendre du colle Ciaslaras. Impression de saut dans le vide ! Quelle pente, de ce côté-là. Mais un des enseignements de la montagne n’est-il pas : « il faut aller voir » ?  Cette redescente, nous pouvons l’inscrire au Patrimoine mondial de la Raquette à neige : une perfection absolue, un régal sans nuances, « le » Bonheur-majuscule !

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Nos 19 traces, côte à côte, rectilignes et parallèles. Une trace de montée à ski, en parfaits zigzags. Des traces de descente à ski, ondes gracieuses. La trace d’une bête à sabots, au plus près des barres rocheuses. Quel beau partage de l’espace. Toute l’histoire de la montagne d’hiver est écrite là, dans ce superbe couloir entre le colle Ciaslaras et le vallon Maurin.

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Au bout du vallon, le col Mary, encore un souvenir, c’était à Pâques, c’était il y a deux ans. Nous avions regardé avec envie et crainte ce couloir que nous venons tout juste de descendre en chantant peut-être dans nos têtes une petite chanson heureuse.

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Cap sur la vallée, ses anémones, ses crocus, et ses verts pâturages. Il est long, ce vallon Maurin, et la neige évolue vite… Aucune difficulté, mais attention aux trous imprévisibles, aux ponts de neige sur le torrent, et aux rochers qu’on détecte in extremis, une fois qu’on est dessus, prêt à se lancer en ramasse, juste pour le fun…

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Un goûter pascal improvisé s’organise devant le refuge, au soleil de cette fin d’après-midi : colombes de Pâques, œufs en chocolat, et même deux poules. Oubliées dans la chaleur de la voiture de Jean, elles ressemblent à des ballons de rugby crevés plus qu’à des cocottes, mais ça se mange quand même…

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Délicieux dîner, avec une mention particulière pour toutes ces truites (probablement de la vallée) qui arrivent sur la table dans leur habit argenté de papillote accompagnées de leur garniture de salade frisée et trévise. Et ce petit feuilleté maison asperges-fromage (encore pistonnées, les végétariennes…). Et ce rizotto aux champignons…sans oublier le vitello tonato de l’entrée. Vite, il nous faut encore une petite lichette du limoncello d’Annie pour digérer toutes ces bonnes choses… Et dormir !

 

J3 : Monte Viraysse (2838mètres)

Dénivelée = 1300 mètres

Distance = 12 km

 

Avant toute chose, se remettre à table pour un petit déjeuner qui est à la hauteur des dîners made in Campo Base : corbeille de fruits, gâteaux maison, assiette de jambon, céréales, complètent le choix habituellement proposé en refuge. On prend des forces ! Gabriel nous a annoncé la couleur, on sait presque tout !

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Nous garons les voitures à l’entrée de Saretto, à quelques kilomètres en aval du refuge. Dans sa langue qui ressemble au morse, un pivert nous salue à sa façon, étonné de cette ardeur que déployons à nous équiper, alors que la vie est si belle dans son arbre, juste là… Les mélèzes sont couverts de fleurs d’un rose vif. Des chatons tout doux et des bourgeons verts tendres commencent à pointer sur les branches. Une belle journée commence.

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Et nous, nous marchons. Nous grimpons. Nous transpirons. Nous portons. Nous buvons un coup. Nous guettons les raccourcis. Nous reprenons notre souffle… Nous remontons une piste interminable. Enfin la délivrance est annoncée, à savoir « on met les raquettes ! ».

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Tout devient plus facile : non seulement le sac est allégé, mais nous voilà pour un moment dans des pentes douces, au profil régulier. Le top 10 du groupe en profite pour prendre le large, mais les autres ne lâchent pas l’affaire…

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Entre le Monte Viraysse et le Monte Vallonasso, on devine la profonde entaille du col de Sautron (2685 mètres, tout comme notre Cime du Diable), frontière entre la France et l’Italie. Le courant d’air froid qui se lève nous confirme que nous approchons…

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Opération « crampons », car la montagne va encore nous tester sur une longue et raide pente… Gabriel prend la tête de la file pour faire la trace, une trace impeccable, un rythme d’une régularité impressionnante. La trace d’un président de section, ça impose le respect !

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Enfin le haut du couloir ! Alain photographie les heureux arrivants, en équilibre sur un pied. Combien monnaiera-t-il ses précieuses photos ?

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Et le sommet ! Embrassades, accolades viriles, éclats de rire, acclamations, photos à gogo avec la tête de Moïse ou le Viso en toile de fond, excusez du peu… Et, à l’horizon, Fort Carat et la Côte de l’Âne, si caractéristiques. Sensation de plénitude et d’accomplissement comme la montagne sait si bien en dispenser. Le bonheur se mérite et là, oui, nous l’avons mérité !

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Mais où donc est passé Patrick ? Il était parti en mission pour ramener à Tony deux de « ses » dames qui se languissaient de lui… Le voilà qui rejoint le groupe, déjà en train de descendre vers le col. Mais Jean, en forme, propose de remonter avec lui au sommet. Et comme quelques groupies de Patrick attendent sa sortie, penchées au-dessus du couloir, c’est finalement un petit groupe de cinq qui escorte un Patrick tout heureux jusqu’au sommet. Re-bisous. Re-photos. Re-bravos.

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Re-descente par la crête jusqu’au col de Sautron… On commence à avoir l’habitude des pentes raides. Celle qui descend du col en est une. La neige, molle et mouillée, ralentit notre allure : tomber dans un trou, s’en extirper pour tomber dans un autre, ça consomme de l’énergie…

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Justement, il est temps de refaire le plein d’énergie : c’est l’heure de manger ! Douce pause : on revit la montée du beau couloir à la suite de Gabriel, on se raconte encore cette arrivée magique sur la crête panoramique, on revoit le sourire des copains au sommet…

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Nous redescendons vers la vallée et les voitures comme portés par une énergie nouvelle, et qui n’est pas incompatible avec la fatigue, allez comprendre… La descente est longue, la dernière heure est pénible, mais personne ne nous a obligés à ne prendre « que » les raccourcis de la piste… rochers, herbe glissante, branches mortes et plaques de neige…

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Et puis, à nouveau, les fleurs des mélèzes et le chant des ruisseaux : en accéléré, nous avons parcouru les saisons, ce matin dans un sens, et cet après-midi dans l’autre sens. Il y a quelques heures, nous étions en plein hiver, sur la neige et la glace d’un sommet. Et nous voilà maintenant dans l’herbe verte, à respirer à pleins poumons la bonne odeur du vent du printemps.

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Les sorties de cette saison ont donné lieu à une surenchère de superlatifs… En reste-t-il de disponibles pour évoquer ce week-end ? Merci à tous nos amis encadrants de partager avec nous leur connaissance de la montagne, nous recevons ça comme un précieux cadeau. Merci également au groupe qui fonctionne bien, des amitiés s’y nouent, de vraies rencontres s’y font, l’entraide n’y est pas un vain mot.

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Et si le dernier merci, le dernier bravo, nous l’adressions à ces montagnes si belles, qui au bout de 10 ans, 20 ans, 30 ans, nous font toujours courir et rêver comme au premier jour : si ça ce n’est pas une histoire d’amour… Car le bon raquettiste est surtout un grand amoureux de la montagne.

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Dimanche 9 avril 2017, escapade toute Blanche !

G1 : traversée col de la Colombière – col de l’Alpe par les crêtes de la Blanche (dénivelée = 850 mètres   distance = 15 km trace GPS rouge)

G2 : traversée des crêtes de la Blanche, version plus courte par les crêtes du prêtre (dénivelée = 700 mètres, distance = 9.5 km trace GPS bleu)

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Quand Gabriel, Denis, Michel et Tony nous annoncent une rando sur les crêtes de la Blanche, nous entendons surtout le mot magique « blanche »… Mais sera-telle « blanche » à point, cette cime de la Blanche ? Suspens… Et oui : elle va tenir ses promesses, et nous permettre de profiter d’un paysage-hiver sous un soleil-printemps. Peut-on rêver meilleur compromis ? Surtout quand on peut chausser les raquettes juste sous le parking…

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Le G2 (9 personnes) démarre, guidé par Gabriel et Tony, en suivant le cours du Torrent Rio, au nom un peu trop exotique pour se fondre dans la couleur locale. Puis bifurcation vers la gauche, pour remonter le vallon du Jas des Mélèzes qui, lui, mérite cette appellation typiquement « Mercantour ». L’enneigement est parfait. On ne saurait rêver mieux.

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Il ne reste plus qu’à viser tout d’abord le pas du prêtre, les crampons ne seront pas nécessaires pour le franchir

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Puis la ligne des crêtes de la Blanche, qui seront rejointes à la cote 2495 mètres. La bagatelle de 600 mètres de dénivelée sur 4 tout petits kilomètres (merci pour les chiffres et la trace GPS, Viviane !). Les copains du G2, après cette rude montée, méritent pleinement la récompense qu’offre généreusement la montagne : un panorama à couper le souffle, en supposant que l’effort de la grimpette ne s’en soit pas déjà chargé.

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Sur une si belle crête, on a envie de regarder à droite, à gauche, mais il convient également de regarder où l’on pose ses raquettes… Allez, un coup d’œil sur la Tête de Moïse, l’Enchastraye, la Bonette, un autre sur les vallons de Gialorgue et Sestrières : quelle merveille, notre région.

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  La fièvre du printemps gagne aussi les habitants des montagnes : honte à nous d’avoir effrayé ce couple de choucas en plein dans ses ébats amoureux… « Patience, ma belle, on reprend dès qu’ils vident les lieux », croasse Monsieur à Madame.

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Pendant ce temps, le G1 (14 personnes) a rejoint le col de la Colombière, point de départ de la traversée complète de ces mêmes crêtes de la Blanche, décidément très courtisées aujourd’hui. On troque les raquettes contre les crampons et c’est parti !

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Denis, en tête, nous sculpte un bel escalier qui flirte avec la fine crête, les pentes et les corniches : Monsieur se fait plaisir, et ça se voit ! Mais, dans ses pas, il y en a 14 autres qui jubilent autant que lui…

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Le fil de cette crête est par endroits bien étroit mais, depuis le temps que nous trottons derrière nos encadrants, nous sommes devenus un peu comme eux : Chamois ascendant Dahu. Aucune appréhension ne vient troubler notre bonheur sur ces crêtes de la Blanche qui nous faisaient rêver depuis quelque temps déjà.

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Plus loin, la crête s’élargit en une large croupe de neige, ce qui nous permet de repasser en mode « raquette ». Il est l’heure de se mettre en quête d’un endroit sympa pour casser la croûte : l’embarras du choix complique les choses… Le pain et le fromage prennent un goût divin, dans ce cadre grandiose.

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En contrebas de la crête, on aperçoit les 9 copains du G2, déjà sur le retour, qui progressent en file indienne au milieu de vastes étendues parfaitement blanches. Une photo de groupe et hop ça repart

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Le G1 poursuit en direction du Col de l’Alpe (petit bonus voté à l’unanimité), avant d’attaquer à son tour la redescente. Si toutes les neiges d’avril pouvaient ressembler à celle-là… Plus bas, pour vérifier les aptitudes des raquettes dans le domaine de l’amphibie, nous traversons un torrent, de cailloux en cailloux, comme des grenouilles qui auraient peur de mouiller leurs pattes palmées.

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Depuis quelque temps, à la fin de chaque ballade, on se dit « Aujourd’hui, c’était vraiment bien. Peut-être la plus belle sortie de l’année ! »  De plus belle sortie en plus belle sortie, la saison avance, elle tire vers sa fin, avec sa précieuse moissons de souvenirs, d’expériences, de partages, de complicité, d’aventures…

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Merci à l’équipe du jour, encadrants et participants, réunis autour du pot de fin de journée. Et pas que du pot, d’ailleurs… Il y a abondance de petites choses à grignoter, comme toujours. On est si bien, à Lou Ben Manja… Mais rien de tel qu’une ondée-surprise pour nous obliger à lever le camp !

Jeux mondiaux d’hiver Spécial Olympics SCHLADMING AUTRICHE 2017

C’est dans la station de sport de SCHLADMING que L’Autriche a accueilli les jeux mondiaux d’hivers Spécial olympics 2017

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Spécial Olympics est la 1ère organisation dédiée à l’épanouissement par le sport des personnes qui vivent avec un handicap mental. Le mouvement Spécial Olympics a été créé aux Etats-Unis en 1968. Implanté dans près de 180 pays, Spécial Olympics rassemble plus de 4 millions de sportifs. Il bénéficie de la reconnaissance du C.I.O. (Comité International Olympique). Plus de 2500 athlètes originaires de 105 nations ont participés à cette compétition, avec sa cérémonie d’ouverture grandiose où les délégations du monde entier ont défilé.

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Des bénévoles de la section raquette du Club Alpin Nice Mercantour ont participé durant cette saison à l’entrainement d’athlètes de Spécial Olympics Monaco qui regroupe aussi des compétiteurs de la région Niçoise.

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Depuis 2012, la Princesse Charlène de Monaco a repris la Présidence d’Honneur de Spécial Olympics Monaco. En Autriche elle a défilé avec la délégation monégasque

SCHLADMING,AUSTRIA,18.MAR.17 - SPECIAL OLYMPICS - World Winter Games, opening ceremony. Image shows Charlene Lynette Grimaldi and the delegation of Monaco. Keywords: Europe. Photo: GEPA pictures/ Harald Steiner

SCHLADMING,AUSTRIA,18.MAR.17 – SPECIAL OLYMPICS – World Winter Games, opening ceremony. Image shows Charlene Lynette Grimaldi and the delegation of Monaco

SCHLADMING,AUSTRIA,18.MAR.17 - SPECIAL OLYMPICS - World Winter Games, opening ceremony. Image shows team USA. Photo: GEPA pictures/ Michael Riedler

La compétition commence par ce qu’on appelle le divisioning qui est une sorte de qualification en fonction du handicap. Tout comme les Paras Olympiques, il y a donc plusieurs finales pour une même épreuve.

Les athlètes se sont affrontés pendant 15 jours à travers 9 disciplines sportives différentes.

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Le patinage artistique

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Le patinage de vitesse

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Le floor ball et le floor hockey

GRAZ,AUSTRIA,21.MAR.17 - SPECIAL OLYMPICS, STICK SHOOTING - World Winter Games, round robin team event. Image shows a Special Olympics athlete from Austria/ Europe. Photo: GEPA pictures/ Mario Buehner

Le curling

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Le ski alpin

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RAMSAU,AUSTRIA,22.MAR.17 - SPECIAL OLYMPICS, CROSS COUNTRY SKIING - World Winter Games, 4x1km relay free. Image shows James Richardson (AUT/Europe). Photo: GEPA pictures/ Harald Steiner

Le ski de fond

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Le snow board

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Et Les raquettes avec de épreuves comme le 50m, le 100 m, le 200 m, le relais 4X100 exct.

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L’ambition de Spécial Olympics est de permettre au plus grand nombre d’enfants, de jeunes et d’adultes en situation de handicap mental de vivra la joie du sport. Des cérémonies protocolaires avec remise de médailles récompensent les vainqueurs.

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En multipliant les événements sportifs, S.O. veut changer le regard porté par la société sur le handicap. Inspiré par la vision de Pierre de Coubertin, Spécial Olympics ouvre la pratique sportive à tous, sans élitisme.

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Ces jeux mondiaux d’hiver se sont terminés en apothéose par une cérémonie de clôture digne des plus grands évènements sportifs. Si vous souhaiter en savoir plus, je vous invite à surfer sur le site officiel des jeux   < spécial olimpics world winter games austria 2017>

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Rendez-vous dans 2 ans à ABU DHABI pour les Jeux mondiaux d’été et à dans 4 ans pour les prochains Word Winter Games.

GRAZ,AUSTRIA,24.MAR.17 - SPECIAL OLYMPICS - World Winter Games, closing ceremony. Image shows the presentation of the Special Olympics World Games 2019 in Abu Dhabi. Photo: GEPA pictures/ Christian Walgram

Dimanche 26 mars 2017 Tête ronde de l’Escuzier

Tête ronde de l’Escuzier (1100 mètres de dénivelée et 17,5 kilomètres de distance)

 

Magie du printemps : dans la vallée, des arbres blancs de fleurs. Dans la montagne, des arbres blancs de neige. Et, entre vallée et montagne : des arbres en fleurs sous la neige, doublement blancs, doublement beaux.

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Les récentes intempéries ont dû décourager quelques copains : nous ne sommes « que » 15, dont les increvables Denis et Tony, en un seul et même groupe qui part pour le col et, pourquoi pas, la tête ronde de l’Escuzier. Le lever matinal version « heure d’été » ne paraît pas agir sur le moral des troupes : personne ne semble spécialement grognon ou somnolent.

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Durant tout l’hiver, nous n’avons pas vu cette vallée aussi enneigée : il était grand temps que mars arrive pour nous amener la neige… Pour nous consoler de tant d’heures de portage effectuées sans broncher, le printemps nous gratifie enfin d’une occasion de sauter directement de la voiture sur les raquettes !

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Nous connaissons tellement cette montée vers le plateau de Sestrière que plus rien ne semble pouvoir nous surprendre. Et pourtant… l’atmosphère, dans la forêt immobile sous la neige, est tellement magique que le groupe, une fois n’est pas coutume, avance en silence dans un décor de cartes du Nouvel An. La Beauté nous laisse sans voix !

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Les 10 centimètres de fraîche deviennent 20, puis 30, puis 40… Allez donc faire la trace là-dedans… Fort heureusement, un sympathique Joël, raquettiste solitaire qui nous précède d’un bon ¼ d’heure, nous ouvre le chemin sans le savoir. Il est sur le point de faire demi-tour, épuisé, lorsque notre groupe le rattrape : à son tour de profiter de notre trace ! Denis s’y colle, et comme il n’est pas question qu’il soit le seul à la fête, Cyril, notre Iron Man, se voit également proposer ce rôle (purement honorifique, n’est-ce pas ?)… Sa prestation nous laisse pantois : quelle énergie… et tout ça avec le sourire. Ton secret, Cyril ?

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Le bout du vallon se rapproche, la cime de la Bonette est à portée de voix et la tête ronde de l’Escuzier à un jet de boule de neige (ou presque…). Une courte pause nous rassemble au col de l’Escuzier où Denis se remémore cette rando « des 3 cols », Escuzier, Plate, Braïssa. Pour aujourd’hui, cap sur la tête ronde de l’Escuzier, sur laquelle Joël, reparti en solo, nous prépare une trace qui gagne le sommet en quelques lacets réguliers et efficaces. On lui emboîte le pas.

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Pour 20 petites minutes d’efforts supplémentaires, nous avons droit à une vue magnifique sur la Grande Séolane, le Cimet, le Chapeau de Gendarme (quand y allons-nous, les amis ?). Et Denis donne le signal de la descente du sommet, pleine pente, mais prudemment, un vrai plaisir ! Notre élan est tel que nous ne nous arrêterons que beaucoup plus loin pour pique-niquer, une fois passé un dévers moyennement engageant. Certains estomacs, majoritairement féminins, commençaient à crier famine !

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Retour-plaisir aux voitures, sans pression, puisque nous avons devant nous une heure de soleil en plus ! Le paysage en porte d’ailleurs les stigmates : où est passé le tapis blanc immaculé de ce matin ? Les beaux arbres tout fleuris de neige ? Les alentours sont redevenus plus « avril » que « janvier ».

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La neige a reculé très loin autour de Saint-Dalmas, jusqu’aux secteurs où une couche pré-existante lui permet de résister aux ardeurs du soleil. Quant à la neige tombée plus bas, nous allons la retrouver, au retour, sous forme d’eau boueuse dans la Tinée, puis dans le Var. Adieu, belle neige de mars, et merci pour tant d’éphémère beauté…

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Notons un point intéressant : lorsque nous avons fait cette même rando, l’an passé, Joëlle nous avait régalés, tout comme aujourd’hui, d’un moelleux au citron et d’un fondant chocolat-noix. Il semblerait donc que le menu de ce sublime goûter soit lié à la tête ronde de l’Escuzier. Si l’hypothèse est confirmée, suggérons à nos encadrants de reprogrammer cette ballade au moins une fois par an !

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Dimanche 19 mars 2017 : diabolique randonnée en Gordolasque…

 

G1 : cimes du Diable et du Capelet supérieur en boucle +/- 12,5 km pour 1250 m

G2 : cime du Trem en AR par le vallon des Verrairiers +/- 10Km pour 1000m

 

Une rando entre Diable et Merveilles… c’est le grand frisson assuré. On va approcher des forces occultes qui nous dépassent… Et pour ce faire, baudrier obligatoire, Denis est très clair sur ce point, pas de simple sangle, qu’on se le dise !

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 Les deux groupes se maintiennent depuis le début de la saison dans des effectifs réguliers qui parlent d’eux-mêmes : 21 personnes pour le G1 (dont Denis et Michel), et 9 pour le G2 (dont Tony et Tony, à la fois meneur et serre-file, bravo l’ami !)

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Sur le parking du gîte des Merveilles, gazouillis, primevères et petits crocus nous souhaitent la bienvenue, à nous qui ne rêvons que de neige, de neige et de neige. Elle est bien loin, la neige, il va falloir porter longtemps, mais ça mettra les jambes en condition pour la suite de l’aventure. Forts de notre expérience au Mounier, nous emportons tout de même les raquettes, certains qu’elles nous sauveront la mise dans la neige molle de l’après-midi : quelle clairvoyance…

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La partie supérieure du vallon des Verrairiers, bien enneigée, nous récompense d’une grosse heure ½ de portage. Dans son élément favori, le groupe progresse allègrement vers le pas du Trem pour un ultime regroupement G1 et G2.

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Tandis que les candidats à la croisade contre le Diable s’équipent et s’encordent, une partie du G2, sous la houlette bienveillante de Tony, part vers le sommet de la Cime du Trem, tandis que quelques épicuriens s’installent à la baisse, pour une sieste béate au soleil de mars, en attendant l’heure du pique-nique. De leur paradis terrestre, ils ont tout le loisir de surveiller l’ensemble des cordées qui grimpent sur l’épaule diabolique !

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 À signaler, parmi tous les premiers de cordée, la féminine de l’équipe, notre photographe Elsa, qui mènera à bon port et en toute sécurité sa première cordée sur des pentes raides et sur une arête brève, certes, mais aérienne ! Bravo Elsa, et champagne !

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Il est écrit que ce Diable-là ne va pas se laisser berner si facilement que ça : la neige, déjà bien travaillée par le soleil, s’effondre volontiers sous les crampons, et de préférence dans les trous entre les rochers. De vraies marmites (du diable) !

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Le temps de pause au sommet, habituellement dévolu au tour d’horizon et à des congratulations diverses, est aujourd’hui monopolisé par LA question que souffle Lucifer à l’oreille de Denis : « aller-retour ou boucle ? » La base, consultée, émet des avis divers, mais c’est la saveur pimentée de l’aventure qui l’emporte : une boucle ! On fait confiance à Denis et Michel, et on n’a jamais regretté de rajouter un brin d’audace à notre menu du jour…

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Grande prudence pour redescendre du Diable et éviter ses embuscades : pentes attirantes, rochers glissants, et même cette petite coulée, en direct sous nos yeux. « On plante bien le piolet dans la traversée », clame Michel. Ça, pour le planter, on va bien le planter, car personne n’a envie d’arriver plus vite que prévu en bas. Toujours encordés, lentement et prudemment, nous rejoignons le bas des grandes pentes.

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Avant de repartir à l’assaut du Capelet supérieur, vite un petit coup d’œil à la cime dont nous arrivons : hé-hé, nous pouvons être fiers, quelle descente ! Pendant ce temps l’ami Tony emmènera une parti de son groupe au sommet de la cime du Trem pendant que , fatigué, l’antre parti se repose et farniente  au col.

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Pause casse-croûte au pied des antennes du Capelet supérieur. Michel menace de confisquer les portables : chacun veut vérifier de visu combien de barres de réseau s’affichent au pied d’un relais. Mais hâtons-nous, la descente sera longue, et il semblerait qu’elle réserve une part non négligeable d’exploration et de découverte. La redescente du Capelet supérieur se fait sans histoire. Idem pour la majeure partie du vallon choisi pour le retour : un régal à raquette, mais heureusement qu’on les a aux pieds… Lucifer est en train d’endormir notre méfiance.

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Soudain, plus de neige. Et puis plus rien du tout, à part une pente qui pique droit dans la vallée avec, juste pour faire joli, des barres rocheuses, d’étroites vires, des champs d’arbres abattus par la tempête d’il y a 4 ans et des champs d’éboulis planqués sous une mince couche de mousse bien glissante. Nous sommes probablement les seuls humains à être passés par là depuis des lustres. Nous régressons en mode sangliers.

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Horreur ! Voilà même une énoooorme vipère ! C’est un signe ! Un châtiment du Ciel pour notre entêtement à provoquer le Diable ! Il ne faut pas passer par là ! Demi-tour ! Mais nos encadrants, inoxydables, sont vaccinés contre la peur des serpents, et ils poursuivent leur chemin sans broncher. Et puis, réflexion faite, une vipère, ça nous change un peu des chamois.

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Quel soulagement lorsque nous rejoignons enfin ! la piste dont nos GPS-men nous parlaient depuis un bon moment déjà pour faire taire nos récriminations : « plus que 200 mètres, plus que 100 mètres, plus que 50 mètres, plus que 200 mètres… »

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Retrouvailles et vibrantes accolades avec les copains du G2, de retour depuis une petite heure après leur bel aller-retour à la cime ou au pas du Trem. Et dégustations / libations particulièrement bienvenues aux Tilleuls : on a intérêt à beaucoup boire, si on veut pouvoir avaler toutes ces divines gourmandises salées-sucrées que les uns et les autres posent sur la table… En plus, il convient aussi de trinquer à la santé des absents, dont notre cher président Gabriel. On n’en finirait pas de se trouver des prétextes pour lever le coude. Délicieux péché de gourmandise…

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 Bonne semaine, et n’oubliez pas la prochaine épreuve diabolique qui se profile : dans la nuit de samedi à dimanche, changement d’heure !

Dimanche 12 mars 2017 Mont Mounier (2817 mètres) par Valberg

1200 mètres de dénivelée ; 16,5 kilomètres de distance

 Ce Mounier, sommet emblématique de notre région, nous l’avons tous gravi X fois, en été ou en hiver, de jour ou de nuit, par la pleine lune ou pour y guetter le lever du soleil, lors d’un BRALP ou d’une rando famille, et par tant d’itinéraires ! Mais la section « raquette alpine » ne l’a jamais attaqué par le chemin le plus court et le plus évident : depuis Valberg et le col de l’Espaul. Lacune désormais comblée !

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Trente personnes chargent le sac sur le dos au parking du col de l’Espaul et prennent d’un bon pas la direction du hameau de la Colle, réputé pour son habitat traditionnel bien préservé. Denis, Michel, Annie, Patrick et Tony nous ont préparé une belle rando, le soleil est au rendez-vous dès le matin, les copains ont le sourire, comment ne pas commencer la journée joyeusement ?

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Avec ou sans raquettes, au fait ? Denis jette un coup d’œil sur notre première heure de marche : pas de neige du tout, une nouvelle herbe qui pointe ça et là entre les touffes sèches de l’an dernier, et les tout premiers crocus mauves, presque encore des boutons. Verdict : on ne prend pas les raquettes, allégeons, allégeons ! Que de bonnes nouvelles, ce matin… Les raquettes retournent donc dans les coffres, à part celles de trois originaux, qui n’envisagent pas une rando raquette sans raquettes…

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Nous franchissons la barre rocheuse des Passes du Cloutet, avant d’atteindre le vaste plateau du Mont Démant d’où une tempête « démente » nous chassa autrefois à grands coups de balai… Rien de semblable aujourd’hui, ambiance printemps ultra-précoce… Pourtant, à perte de vue, voilà les champs de neige !

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Bien au-dessus de nous, notre sommet du jour nous donne le torticolis, quand on le regarde : pourquoi choisit-on toujours des montagnes aussi haut perchées ?

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Un pas après l’autre, mine de rien on avance vite ! Les trois zozos à raquette se la jouent cool, en évitant tout triomphalisme vis-à-vis des copains à pied qui brassent dans un silence résigné… Voilà déjà la stèle Vallette, une pause regroupement ; le petit Mounier, et une dernière pause regroupement non loin des ruines de l’ancien observatoire.

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Ah, les effets de la perspective… D’ici, il a l’air méchant comme tout, ce Mounier, et ses dernières pentes semblent bien raides.

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Et pourtant ! En petits groupes, nous allons trouver sans difficulté le bon cheminement. Tranquillement, lire le terrain, interpréter ces amoncellements de blocs et de neige. Y voir non plus des barrières, mais des lignes de franchissements successifs à négocier paisiblement, un pas après l’autre, inspir après expir, sans se laisser démolir par cette impression de verticalité due à l’écrasement de la perspective.

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Combien de fois avons-nous été bluffés par des parois qui semblent trop verticales et compactes pour permettre un passage mais qui, lorsqu’on s’en approche, révèlent une multitude de fractures, failles et décrochements qui sont autant de marchepieds vers le sommet ? C’est souvent dans la tête que se trouvent les dédales, les labyrinthes et les voies sans issue. La montagne est une puissante métaphore des la Vie !

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Stop avec la philosophie ! Nous voilà au sommet. Certains arrivent sous les applaudissements, dont l’ami Tony qui connaît toutes les astuces pour se faire ovationner !

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Le tour d’horizon est de la catégorie 360°, quelle vue panoramique, de la mer au Chambeyron. Comme on est bien, en haut de nos montagnes…

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Le signal du retour est donné. Mentionnons la descente d’une grande pente qui démarre entre la stèle Vallette et le Petit Mounier, un raccourci 1ère classe… Avantage évident à ceux qui ont les crampons… Mais pour les trois irréductibles de la raquette, ce sera l’occasion de longues glissades : à partir d’une certaine inclinaison du toboggan, le raquettiste ne peut plus compter que sur la solidité de son fond de pantalon…

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Traversée retour du mont Démant : très net avantage aux raquettes, cette fois ! Les crampons des autres pointillent le plateau de trous profonds dont il leur est parfois difficile de s’extraire… Un dernier raccourci nous ramène droit sur la Colle où certains assoiffés en profiteront pour remplir leurs gourdes à l’abreuvoir du hameau.

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Pour tous les autres, il faudra attendre Beuil et son bistro de pays pour porter un toast aux bonnes idées de nos amis encadrants, et à la réussite de cette belle journée « raquette ». Avec ou sans.