Refuges, Mode d’emploi

 

NON, CE N’EST PAS UN HOTEL D’ALTITUDE !

Non, il n’y a pas de chambre individuelle !
Non, on ne prend pas de clients en séjour de longue durée !
Non, le repas ne se prend pas à la carte ni à toute heure !
Non, on ne change pas les assiettes après chaque plat !
Non, on n’a pas la télévision !
Non, on n’habite pas là toute l’année !Autant de réponses aux questions de certains visiteurs qui conduisent à une mise au point sur le concept « refuge de haute montagne »: il s’agit d’un bâtiment dont l’unique vocation est d’héberger des usagers se déplaçant à pied à travers des espaces naturels. Le rôle du gardien consiste à assurer aux pratiquants « gîte et couvert » pour un prix forfaitaire fixé par le CAF en fonction de l’éloignement et de l’altitude du refuge.

L’hébergement s’effectue en dortoirs de capacité variable (de 4 à 20 places) ; la restauration est quant à elle assurée dans un réfectoire commun où tables et bancs en bois rassemblent les convives. Lavabos, toilettes et douches rustiques constituent ce qu’on appelle habituellement les sanitaires, parfois extérieurs.

Le décorum simple des locaux invite à s’intéresser à l’environnement, à la faune ou à la flore ainsi qu’à l’histoire de ces « sanctuaires naturels » où l’homme est autorisé à séjourner brièvement sous un toit modeste.

Ici point de privilèges, de luxe ostentatoire ou de fantaisie moderniste, tout est voué à une fonctionnalité sobre qui pourra surprendre ou rebuter certains. D’autres seront en revanche ravis de parler à leurs voisins de chambrée ou de tablée, au gardien et à ses aides, repoussant pour un moment les barrières factices qui menacent la société urbaine.

Un mot au sujet du gardien de refuge, personnage « hors normes » qui connaît mieux que quiconque les alentours, l’évolution du temps ou les conditions de la montagne : très occupé, peu disponible, souvent surmené, il doit jongler entre le ravitaillement et la gestion du bâtiment, les travaux divers et parfois les secours, en dehors des appels téléphoniques et des discussions avec le public. Une obligation lui est faite : rester en forme plusieurs mois durant, sans jamais faillir. Mission impossible ?

Extrait de « Refuges, Mode d’emploi » de la brochure des refuges des Alpes-Maritimes 2003