Archive pour mars 2013

week-end à la Brigue

Samedi 2 mars 2013 : balcon et cime de Marta au départ de Val des Prés (La Brigue) : environ 1390 mètres pour la rando complète et 14,5 kilomètres.

Dimanche 3 mars 2013, au départ de Morignole : mont Bertrand (groupe 1 : environ 1600 mètres de dénivelée pour 14 kilomètres ; secteur du fort de la Crouseta (groupe 2) : environ 1100 mètres pour 10 kilomètres.

Un week-end sans faute, qui figurera obligatoirement en bonne place parmi les temps forts de la saison raquette 2013 !

Sur les indications de Gabriel et Denis (qui, secondés par Annie et Patrick, mèneront respectivement les groupes 1 et 2), 19 raquettistes se regroupent de bonne heure sur la place de la Brigue. Tout le monde est ponctuel, même l’équipage d’une voiture qu’un « GPS psychopathe » a fait passer par Sospel ! Le progrès fait rage !

Au départ de Val des Prés, à quelques kilomètres de La Brigue, nous nous équipons dans la bonne humeur et la grande effervescence propres aux groupes importants. Groupe 1 et groupe 2 vont longtemps cheminer quasiment ensemble, à des rythmes peu différents : en effet, il s’agit pour les premiers de faire la trace dans une belle neige vierge, pas très consistante dans les secteurs qui restent à l’ombre, ce qui représente un bel effort, heureusement partagé entre les costauds de la troupe, et ils sont nombreux !

Après un long cheminement sur piste enneigée en secteur boisé, nous allons gravir la crête du Rionnard.

 

Cette crête neigeuse a tout pour elle : esthétique, ludique, physique, panoramique, c’est magique ! Quel régal ! Nous voilà déjà sur le plateau frontière de la Marta, d’où on a une vue très large sur l’Italie. C’est d’ailleurs là que venait la belle brigasque Marta, pour tenter d’apercevoir son amoureux, parti travailler ou guerroyer en Italie : boostée par son grand amour, elle avait eu la force d’écarter les montagnes à la force de ses bras (ah… l’amour…), repoussant d’un côté le Balcon de Marta, et de l’autre côté la cime du même nom.

Sur les traces de la belle Marta, les 19 participants gagnent tout d’abord le balcon. Comme de tous les balcons, quelle vue ! On peut parler de panorama à 360°, de la Méditerranée au Mercantour, du Viso à la Ligurie en passant par le Marguareis.

 

La bonne grimpette et le grand air nous ayant mis en appétit, nous trouvons un coin sympa, au soleil, à l’abri d’une construction en pierres, pour casser la croûte. Groupes 1 et 2 réunis partagent fraternellement, au dessert, les rituelles tablettes de chocolat.

La cime de Marta est là, tentatrice, toute proche : idéal pour aider à la digestion ! Un petit groupe part à l’assaut de la cime (2135 mètres), juste pour le plaisir de fouler la belle neige vierge d’un autre sommet, avant d’entreprendre la redescente dans la vallée où nous attendent d’autres réjouissances, et deux nouveaux participants !

« Spartiate est le gîte, grand est le cœur » : tout est dit ! Le gîte du Spéléo club de La Brigue accueille pour la nuit 16 personnes. 5 autres seront hébergées non loin de là, à Morignole. Le temps de prendre une douche et d’éparpiller les affaires un peu partout sur les lits, alléchés par le fumet qui monte par le raide escalier, nous rejoignons la dream team qui s’affaire en cuisine : Denis, dans le rôle pour nous inhabituel de chef cuisinier s’active aux fourneaux ; Gabriel, Patricia et Sylvie, en commis zélés et soucieux de notre plus grand bien-être, le secondent magnifiquement : grand merci à eux pour l’organisation parfaite de ce week-end, nous sommes conscients de l’investissement que cela représente, sans parler du travail avant, pendant et après.

Le succulent gratin de crozets-diots de Denis nous ayant instillé une vigueur nouvelle, c’est d’une raquette ferme que nous prenons le départ dimanche matin, après une nuit fidèle à ce qu’on est en droit d’attendre d’une nuit en refuge…

Direction le Mont Bertrand, toujours sous un ciel d’un bleu… Chacun trouvera son bonheur : les 9 membres du groupe 2, avec 1100 mètres dans les raquettes, s’arrêteront pour une pause ô combien méritée à une baisse baignée de soleil. Une bien belle ascension, du genre de celles qui laissent des souvenirs : au sortir de la forêt, le paysage s’ouvre tout à coup sur de vastes espaces enneigés, et on réalise tout à coup avec satisfaction… qu’on est drôlement bien monté, depuis ce matin !

Les 10 personnes du groupe 1, décidément en forme, atteindront le sommet du Mont Bertrand à crampons, après une ultime montée ponctuée d’autant de faux-espoirs que d’antécimes… Mais le bonheur n’est-il pas à la mesure du mal que l’on se donne pour le conquérir ?

 

Aujourd’hui, notre bonheur est haut perché, en plein ciel, à la confluence de plusieurs belles lignes de crêtes neigeuses immaculées, à 2482 mètres d’altitude. Et le reste du monde, version bleu et blanc, est tout autour ! Ajoutons la couleur rose, puisqu’on aperçoit jusqu’au lointain massif du Monte Rosa… L’angle inhabituel sous lequel on voit « notre » Mercantour donne lieu au classique jeu des devinettes montagnardes : « Et à côté de la grand montagne toute blanche, c’est quoi la grande barre rocheuse toute noire ? »

Longue, longue redescente, d’autant que nous devons déchausser à la baisse d’Ugail : et oui ! à une heure du village, ça sent déjà le printemps !

 

Le bar de La Brigue nous accueille pour le pot traditionnel et pour un débriefing enthousiaste, à la mesure de notre plaisir : à l’unanimité !

Lacs Bessons (2545m) : 3/03/2013

Pour contenter les raquetteurs ne pouvant participer au beau et inédit WE à la Brigue, j’ai programmer ce dimanche, une visite aux Lacs Bessons depuis le Boréon (1500m).

Nous sommes 7 décidés à profiter de  cette belle journée, n’ayant pas pu sortir dimanche dernier faute à une météo très maussade.

Les -4°C au départ, nous incitent pas à traîner, et c’est d’un bon pas que nous prenons le sentier balisé raquette, pour longer le torrent glacial du Boréon et le parc à loups jusqu’aux chalets de l’Alpage et les vacheries pour enfin d’être baigner de soleil !!!.

L’entrée en matière est progressive et la forêt d’épicéas et de sapins est superbe, avec les 1ères vues sur la Cougourde que nous n’allons pas quitter.

Chantal en voyant le beau couloir des Juisse est bien tentée … une autre fois sans doute.

Passer le chalet Vidron et le pont de Peirastrèche (1838m) = pierre étroite en provençal, pour rejoindre l’embranchement de l’itinéraire des lacs Bessons (1910m).

Le soleil qui perce depuis le Pas des Ladres, transforme vite ce versant est, et c’est avec beaucoup de difficultés que nous franchissons le ressaut car la neige devient humide et sans cohésion.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                  

Passé ce verrou, l’accès au vallon Sangué est superbe ainsi que la vue sur la Cougourde- Cime des Gaisses- Lombart – Cimes Agnelière et Juisse, une pause contemplative s’impose ainsi qu’un ravitaillement.

Cet adret baigné d’un magnifique soleil, rend la progression jubilatoire tant le panorama est superbe, mais incite à la prudence car  des coulées provenant des flancs est du Pelago et des Caïres Négres et la chaleur presque étouffante en fond de vallon nous fons prendre des précautions notamment une distance entre les participants.

   

 

 

 

 

 

 

 

A la confluence des vallons Baissette et des lacs Bessons, nous prenons à gauche (NE) et atteignons la difficulté du jour : le verrou des lacs Bessons.

Celui-ci sera particulièrement délicat à franchir en raison des gobelets rendant la neige sans aucune consistance = « gros sel » et donc beaucoup d’efforts pour progresser.

Cette pente fera une « victime » car Serge se plaignant de crampes, préfèrera redescendre par le Vallon de Sangué avec Thérèse souffrant elle-même de la chaleur, hypoglycémie naissance et déjà un dénivelé conséquent.

Heureusement ce mauvais passage est court et donne enfin l’accès aux Lacs Bessons (2545m), et une halte déjeuner bien méritée, dans le cadre merveilleux barré par la Tête de la Ruine ( 2984m), la Tête des Lacs Bessons (2688m), le Mt Pélago (2768m).

On ferait bien une sieste prolongée au soleil, mais la descente est encore longue et des purges spontanées nous incitent à reprendre notre progression vers le Lac des Sagnes (2198m) avec les magnifiques cimes de Cougourdes en point de mire.

La descente sera rapide et superbement menée par Alain, car il est facile de se retrouver dans des pentes raides où des barres rocheuses sont délicates à franchir, surtout que la neige sur ce versant ensoleillé est humide et particulièrement glissante.

Enfin au lac des Sagnes, le refuge de Cougourde est maintenant à vue et apprécié pour se réhydrater sur la terrasse baignée de soleil.

  

 

 

 

 

 

 

Reste à finir notre randonnée pour regagner le Boréon par la longue et fastidieuse piste nordique.

Un grand bravo à tous les participants, et particulièrement à Alain et Serge qui se sont relayés pour mener la tête du groupe.

1100m dénivelé cumulé pour les lacs Bessons et environ 15Km

Mercredi 27 février 2013 : Petite trilogie pour trio esseulé

Après un week-end particulièrement maussade, froid et bien humide jusqu’en début de semaine, l’absence de participants nous surprend peu. Nous nous consolons de l’absence d’Onil « malmenée » ces derniers jours, en dévalant le chemin enneigé qui nous  mène dans le vallon du ruisseau Galambert . Le retour du soleil inonde la grande face du Monte Grosso et sèche les dernières traces d’humidité. Le sourire illumine nos visages.

On dit que dans le rock, le trio idéal c’est guitare basse et batterie. Aujourd’hui mercredi, dans le roc du Monte Grosso, ce sera Docteur M, Fred et Aldo ! … petite trilogie pour un trio esseulé.

Fred attaque le premier dans cette première « mini » grande voie : L’ENGOULEVEN, 80m .   4 longueurs pour s’échauffer : 5c / 5c / 5c / 5c

Les engoulevens ou (engoulevents) sont des oiseaux crépusculaires dotés de doigts puissants avec des ongles acérés. Pile poil ce qu’il nous faut !  3 synonymes pour ce drôle d’oiseau hyper protégé : Tête-chèvre ,  oiseau mobylette,  ou crapaud volant . Le quel de ces surnoms bizarres nous ira le mieux ?

Fred à l’attaque de la première longueur

sous le regard de Laurent, alias docteur M

tout semble parfait dans cette journée qui commence avec le bourdonnement des abeilles sous la chaleur montante

 

 

 

 

 

 

 

 

« M » nous rejoint au premier relais, bien assuré par Fred.

 

 

 

 

 

dès le premier relais, la vue sur Peillon nous enchante

Fred repart dans la deuxième longueur, un bon 5c …

 

 

 

 

et s’en sort magistralement

Les yeux rivés sur le cadran de la montre, nous le rejoignons rapidement

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous l’oeil médusé du doc, qui aperçoit au loin une drôle de colonne qui pend comme une oreille d’éléphant, Fred repart dans le joli dièdre de la troisième longueur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

le trio réuni

 

« M » s’éclate …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2 rappels rapidement descendus, et 2 heures ¼  plus tard, nous revoilà au pied de la voie. Pause déjeuner, vite avalé ! Nous prenons nos cliques et nos claques, et dans le bruit des cliquetis des mousquetons, nous courrons presque, pour aller  enchaîner notre seconde voie de la journée à l’extrémité droite de la paroi : LE LAPIN SARDE : 80m dans un niveau un peu plus élevé: 6a+ / 6b / 6b / 6a+

mes 2 complices me rejoignent à la sortie de la première longueur

 

au premier relais on pourrait presque bivouaquer. Mais à l’ombre du rocher le froid vient nous mordre les doigts…

 

Le calcaire nous surprend par sa rugosité, ses aspérités saillantes et bien coupantes…  Fred et Laurent à l’assaut du passage difficile et déversant de la seconde longueur (6b) 

 

 

 

 

 

 

 

Des grimaces et quelques blessures aux doigts !

mais ça passe ! une formalité pour mes seconds de cordée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au milieu de la voie, au sortir de la vire médiane, un relais inconnu et sa chaîne grise galvanisée attirent notre regard. Une ligne de plaquettes s’élève au dessus. Jamais vue. Rien non plus à son sujet dans nos topos !

Nous changeons d’objectif.

A l’appel de cette belle ligne à la cotation inconnue, Fred prend les choses en mains et se lance à l’aventure. Nous ne le regretterons pas. D’un niveau inférieur à celui qui nous attendait dans l’écaille surplombante du Lapin Sarde, nous gravirons une bonne trentaine de mètres dans un niveau moyen 6a+ / 6a  pour terminer dans du  5 au dernier relais.

Pas vilain cette sortie !

Curiosité doublement satisfaite en apprenant plus tard qu’elle a été ouverte récemment par mon ami Jean Gounand et Jean Capitant

S’en suivent des rappels dans des zones délitées, des passages de vires, et des parties  arborées qui nous font perdre du temps dans les démêlages de corde coincée.

 

Qu’à cela ne tienne, un peu de folie et un défi de plus nous poussent à tenter une 3ème  voie :  ASCENSION NEOTIQUE et clore ainsi en beauté cette journée riche de nouveautés !

ASCENSION NEOTIQUE : 90m 5c / 6b / 6a+ / 5c

Docteur M prend les commandes et nous sort la première longueur en un temps record.

 

« M » pas peu fier !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La suite nous surprend un peu. La fatigue de nos doigts ensanglantés et la raideur calment notre ardeur. On négocie le crux (6b) , « tranquillou » ….

 

Laurent, prêt à bondir…

Fred dans les derniers mouvements de la journée  

Nous trouverons notre récompense dans une troisième longueur de toute beauté, des couleurs au couchant qui illumineront autour de nous les falaises, le vieux village de Peillon juché sur son perchoir.  Tout au loin… la mer, le cap d’Antibes, et l’Esterel dans un rouge finissant…

 

La nuit tombera sur nous comme un couperet.

 

Comme la semaine dernière nous fermerons le bal à la frontale. Pas un lapin, pas un engoulevent pour guider nos pas sur le chemin du retour. Mais une course contre la montre et des rendez vous à ne pas manquer pour éviter la soupe aux grimaces…

L’ambiance amicale et joviale nous aura poussés jusqu’aux dernières lueurs du jour dans la grande face du Monte Grosso

à renouveler , … sans retenue .

Aldo