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Programme Histoire géologique très simplifiée
du sud-est de la France
  1. PENDANT L'ERE PRIMAIRE :
    • On ignore tout de l'histoire géologique de notre région pendant la 1ère moitiée de l'ère primaire.

    • Au carbonifère :
    • Le plissement hercynien souleva des montagnes dont on ne peut préciser l'étendue. Des vestiges de ces massifs hercyniens ont subsisté jusqu'à l'époque actuelle. Ce sont :

      • L'ensemble Maures - Estérel - Tanneron, en bordure de la mer.
      • Le Massif du Mercantour, au nord du département.

      Depuis l'époque si lointaine de leur formation, l'érosion les a décapés jusqu'au gneiss. Le granite n'y affleure que dans des régions peu étendues au centre des massifs.

      Dans le gneiss du Tanneron, des filons de fluorine ou spath fluor, étaient exploités comme minerai de fluor (mines de Fuon Santa).

      Au carbonifère, une luxuriante végétation prospérait sur ces montagnes hercyniennes. La décomposition des végétaux dans des lagunes, a donné des couches de charbon (comme dans d'autres régions des continents hercyniens). Les terrains houillers qui ont donné lieu à quelques petites exploitations (mines de Boson), forment une bande N-S dans la vallée du Reyran, au nord de Fréjus. Lors des travaux de construction de l'autoroute A8, on a pu voir ces terrains carbonifères riches en nombreuses empreintes végétales.

    • Au permien :
    • Une intense activité volcanique règne dans l'Estérel. D'importants édifices volcaniques rejettent de gigantesques coulées de laves, parmi lesquelles des productions émanant d'appareils volcaniques de type explosif, telles que les rhyolites. Ce sont des laves dites acides riches en silice, répertoriées en 23 variétés (A1…..A23). D'autres productions provenant d'appareils volcaniques de type effusif, constitueront les basaltes et les dolérites.On a pu recenser plus de 200 bouches éruptives, parmi lesquelles la plus importante est la caldeira de Maure Vieil.

      L'érosion qui s'attaque à ces roches volcaniques depuis des centaines de millions d'années, n'en a laissé subsister sans doute qu'une faible partie, qui constitue les célèbres rochers de porphyre rouge de l'Estérel.

      Dans les mers qui entourent les massifs volcaniques, se déposent des matériaux provenant de l'érosion du gneiss. Ils formeront des grés permiens parfois très grossiers, renfermant même de nombreux galets de roches volcaniques provenant de l'érosion des coulées de laves.

      Dans l'Estérel, ces grés sont colorés en rose ou en vert.

      D'extraordinaires quantités de cendres volcaniques rejetées par les volcans tombent au loin sur le continent hercynien et s'y accumulent sur d'énormes épaisseurs.

      L'altération de ces cendres parfois mêlées de sable fin aurait donné les schistes rouges ou rouge violacé permiens. Ils affleurent dans une large bande qui affleurent le massif des Maures, de Fréjus jusqu'à Toulon. On les retrouve sur le bord sud du massif du Mercantour, de St Sauveur/Tinée jusqu'à Tende, où les roches passent des teintes violacées au vert. Enfin ces schistes rouges, appelées aussi pélites, forment le Dôme de Barrot, où leur épaisseur dépasse encore 1000 m. Ils sont bien visibles dans les gorges du Cians et de Daluis.

  2. PENDANT L'ERE SECONDAIRE :
    • Au Trias :
    • La mer s'avance sur une partie du continent hercynien, formant sans doute un large bras de mer entre les régions émergées Maures - Estérel - Tanneron d'une part, et Mercantour d'autre part, régions sur lesquelles sévit une érosion intense.

      On trouve souvent reposant sur les schistes rouges permiens, (par exemple près de Guillaumes), un conglomérat de base et des grès grossiers, témoins d'anciens rivages.

      Ces grès grossiers sont surmontés de grès fins bigarrés. Puis ils se déposent des calcaires magnésiens. Plus tard, l'érosion les criblera de trous, ils formeront des roches très caractéristiques, les cargneules, bien visibles au Nord du Dôme de Barrot, de Beuil à Péone et Guillaumes.

      Enfin à la fin du trias, la mer se retire, laissant d'immenses lagunes où , sous un climat chaud, se déposent des argiles avec de très nombreuses masses de gypse. Le gypse est, ou était exploité comme pierre à plâtre, dans de nombreuses localités de la région : Nice, St Martin du Var, Grasse, Sospel, Lantosque…

    • Au Jurassique et au Crétacé :
    • Dans les mers qui couvrent une grande partie des Alpes-Maritimes, se déposent d'épaisses couches de terrains sédimentaires. Mais les plissements ultérieurs en ont modifié la situation. L'érosion en a ensuite enlevé une partie. Ce qui explique l'extrême complexité de la carte géologique (carte qui représente les affleurements des terrains jurassique et crétacé).

      Au jurassique, les terrains sont généralement calcaires (sauf toutefois dans le haut Var vers Entraunes par exemple, où ce sont des argiles noires d'une énorme épaisseur).

      Ces calcaires compacts, souvent de teinte très claire, se sont formés sans doute au large de récifs de coraux. Ils sont souvent dolomitiques (c'est à dire qu'ils renferment une certaine proportion de carbonate de magnésium). Ils ont mieux résisté à l'érosion que les terrains crétacés qui les accompagnent. Aussi forment ils l'axe des chaînons montagneux à l'ouest du Var, en particulier le Mont Vial-Gourdan, le Cheiron et les monts de Thorenc, l'Audibergue, les Préalpes de Grasse, ainsi que les vastes plateaux déserts situés au sud du Cheiron (en particulier le Plateau de Caussols). A l'ouest du Var ces chaînons sont parallèles entre eux et prennent la direction Ouest-Est.

      De même ces calcaires jurassiques forment des crêtes montagneuses à l'est du Var : le Férion les corniches surplombant la mer de Nice à Monaco, le Mont Agel, qui ont sensiblement une orientation Nord-Sud.

      Ces calcaires jurassiques sont exploités dans toute la région comme pierres de construction.

      A la longue, l'eau de pluie chargée de CO2, a dissout en surface certaines parties de ces calcaires dolomitiques, ce qui les a transformés en roches irrégulièrement caverneuses ou cargneules, qui donnent à certains paysages un aspect des plus curieux et sauvage. Un bel exemple est la "mer des rochers" du Plateau de Caussols.

      Au crétacé, se déposent des calcaires marneux ou des marnes noires. On voit bien celles-ci ravinées par les eaux de ruissellement dans la vallée du Var à l'est de Touët.

      Les terrains crétacés forment souvent des dépressions allongées entre les chaînons jurassiques ; par exemple la vallée de l'Estéron au Nord du Cheiron, la vallée du Loup au sud du Cheiron, la bande crétacé de Caussols. Ces terrains apparaissent très stratifiés et de couleur beige.

      Ils affleurent aussi largement à l'est du Var inférieur, formant les vallées des 3 Paillons, et au Nord du Var Moyen. Leur plissement est très caractéristique dans la vallée de la Roya au sud de Breil sur Roya.

      Les calcaires marneux de la fin du Crétacé sont exploités comme pierre à chaux et ciments aux environs de Nice (à Contes et à la Grave de Peille).

  3. PENDANT L'ERE TERTIAIRE :
    • Un bras de mer couvre une bonne partie du département.

    • A l'éocène
    •  : Il se dépose un calcaire gris foncé et dur complètement pétri de fossiles de nummulites parfois très grosses. Il n'affleure pas sur de grandes surfaces, parce qu'il est généralement recouvert de terrains plus récents. On le voit particulièrement bien près du Col de Braus (route de Nice à Sospel).

      Au dessus du calcaire à nummulites, se déposent des marnes bleues. Elles atteignent plusieurs centaines de mètres d'épaisseur près de Contes. Ces marnes tendres fortement ravinées par les eaux de pluie sont bien visibles sur la route de Nice à l'Escarène.

    • A l'oligocène :
    • Une érosion intense sévit sur les massifs cristallins et des quantités énormes de sable et galets sont apportées au bord des hautes falaises autour d'Annot.

      Ces grès sont parfois fins et durs, parfois grossiers et mêlés de très gros galets. Ils affleurent largement dans différentes régions : autour de St Antonin, dans le massif du Tournairet, dans le massif de l'Authion, autour de Berre, de Menton. Parfois les couches de grès alternent régulièrement avec des couches de schistes argileux : cette formation est appelée Flysch. On l'observe très bien près de Berre et sur la piste de Piène Haute.

      La phase principale du plissement alpin se place, après l'oligocène : les fonds marins émergent en se plissant en formant des montagnes. Les structures du début du tertiaire contribuent à la formation de Synclinaux perchés.

      La région va prendre peu à peu son aspect actuel.

    • Au miocène :
    • Un golfe marin s'étend encore dans la région au sud de Vence. La mollasse à pectens de Tourrettes sur Loup date de cette époque.

      C'est également au miocène que se produisent des éruptions volcaniques intenses, le long des fractures produites par le plissement alpin. Les édifices volcaniques étaient sans doute au large de la côte actuelle et la mer les a recouverts. On observe dans la région comprise entre Biot et Villeneuve Loubet, une masse importante de cinérite (formée par la cimentation de cendres volcaniques) et de tufs andésitiques. De tels épanchements prouvent que l'éruption volcanique était du type explosif. Même formation à Cap d'Ail .

    • Au pliocène :
    • Enfin la mer remonte encore jusqu'à St Martin du Var, formant un long estuaire. L'érosion est très intense sur la jeune chaîne alpine, et le Var déverse dans cet estuaire d'énormes masses de galets et de sable qui se cimenternt en donnant le poudingue pliocène. Puis la mer se retire définitivement de la région.

  4. PENDANT L'ERE QUATERNAIRE :
  5. Les rivages se soulèvent lentement au dessus du niveau de la mer, et le Var quaternaire creuse sa vallée actuelle dans l'épaisseur de son delta pliocène. Le poudingue devient ainsi bien visible sur les collines qui bordent le Var inférieur et jusque dans les quartiers ouest de Nice.

    Comme dans le reste de la France, des périodes au climat chaud alternent avec des périodes glaciaires. Des glaciers descendent du Mercantour. On retrouve des moraines, traces de la dernière glaciation au voisinage de Valdeblore et de St Martin Vésubie, et dans la Vallée des Merveilles.

Marcuccini Julien