Dimanche 11 février 2018 : broussailles d’enfer et poudreuse divine…

G2 : cime du Pra par Barzès (dénivelée = environ 900 mètres, distance =11)

G1 : traversée cime du Pra – tête de la Colombière (dénivelée = environ 1080 mètres, distance =12)

 

Avec un sourire qui inspirerait presque confiance, Denis nous prévient qu’au moins une fois par an… il a besoin de mettre au programme une rando « comme ça ». Ses complices ? Eric (bienvenue !) et Tony pour le G2 ; Jacques pour le G1. Et des comptes ronds : 40 raquettistes, 80 raquettes, 400 doigts et autant d’orteils tout froids en sortant des voitures sur le parking de la chapelle de Saint-Jean, entre la D28 qui monte sur Péone, et Barzès, en bout de route. Quelques maisons, et un chien complètement dépassé par la situation puisqu’il doit aboyer, en une seule journée, après plus de monde que dans toute la saison.

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Denis, qui a besoin en général d’une bonne heure de marche pour se réchauffer, constate qu’il est en ébullition dès le départ. Que faut-il en conclure ? Qu’il n’a pas lâché le GPS des yeux, surtout sur une rando inédite ; qu’il a eu en permanence un œil dans le rétro pour surveiller le groupe ; tout ça en marchant en tête et en étant encore convalescent : de quoi, en effet, vous faire monter la température sous le Buff, bravo et merci, chef !

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Franck, promu au titre honorifique de contrôleur DVA, s’acquitte à merveille de son rôle, hommage à l’expérience !

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Nous rejoignons, au prix de quelques raccourcis, la piste forestière des Sauches et le départ des deux télésièges de Barzès et du Pas Brûlé qui retournent sur la station de Valberg. Nous remontons la piste du Pas Brûlé, encouragés par quelques « ho-hisse ! » (perfides ou admiratifs ?) venant des skieurs perchés sur les nacelles des télésièges…

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Les zigzags s’enchaînent et le G2, aux trousses du G1, remonte son léger retard… Mais nos vaillants traceurs donnent tout ! Et tracer dans 40 centimètres de poudreuse pour remonter une piste rouge n’est pas une mince affaire. Un bel effet chorégraphique et visuel, tous ces raquettistes qui se croisent et se recroisent sur une dizaine de niveaux de lacets bien réguliers !

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Une courte pause à la cabane d’arrivée du télésiège, et le dilemme classique : on va à droite sur le dôme du Barrot, ou à gauche vers la tête de la Colombière ? Tout nous tente, mais il faut faire un choix. Tant pis pour le Barrot qui nous fait signe d’un peu trop loin.

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Après l’ascension de la cime du Pra, toute proche, le G2 redescendra par le même chemin (et surtout par cette fabuleuse piste de poudreuse que nous venons de gravir, les petits veinards…), tandis que le G1 rejoindra la tête de la Colombière par la crête, avant de regagner (au mieux, n’est-ce pas…) le parking. C’est parti ! On mangera plus tard…

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Ô joie, plusieurs habitué(e)s du G2 rejoignent pour cette traversée les rangs du G1 ! Le parcours s’annonce panoramique : Saint-Honorat, Pelat, Aspre, Pal, Mounier, que de monts, que de cimes autour de nous.

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Tout à coup, stop ! Denis, qui marche en tête, disparaît pour un repérage : en effet, plus de crête du tout, qu’y a-t-il donc derrière ces derniers rochers ? Pascal, qui connaît le coin, parle des crampons, car il n’est pas question de tenter de passer à raquette. En attendant le retour de notre messie-Denis, on fantasme sur les aventures qui nous attendent, en embuscade derrière ce point où semble s’achever la crête.

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Denis confirme : « crampons ! ». On mangera plus tard… Il y a un petit couloir à passer, court mais bien raide, et se terminant en tremplin sur de longues pentes, hérissées de rochers. Tel un gendarme à un carrefour, Denis nous guide de la voix et du geste.

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Son calme et son assurance sont communicatifs et rassurants, ses encouragements bienvenus, ses conseils pertinents. Devant moi, Michèle jubile, radieuse d’avoir suivi le G1 dans ses aventures haut perchées. 

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Concentrés, nous descendons jusqu’à lui, traversons le mauvais pas, et gagnons des pentes qui, du coup, nous semblent incroyablement faciles !

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Et sur les pentes faciles : « raquettes ! », afin de rejoindre la Tête de la COLOMBIERE, déjà gravie par un autre itinéraire en décembre dernier. On mangera plus tard… On se roulerait de bonheur dans toute cette poudreuse, quelle merveilleuse sensation de flotter, de surfer, de s’envoler, de voler, de glisser, de planer !

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Mais voilà que les pentes censées nous ramener droit aux voitures deviennent de plus en plus raides : Denis douche notre enthousiasme : « crampons ! ». On mangera plus tard… Sous nos pieds, invisibles sous l’épaisse couche de neige fraîche, des rochers, de la neige gelée, des branches nous tendent toutes sortes de pièges louches : prudence extrême, malgré l’envie de courir comme des foufous en faisant voler la poudreuse…

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Nous rejoignons enfin la forêt, et les pentes se font moins propices aux glissades involontaires et aux avalanches : « raquettes ! » ET ON MANGE ! Nos quadriceps ont bien chauffé, et ils réclament leur ration de carburant…

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D’autant que l’aventure n’est pas finie, et elle prend la forme d’un « gentil petit vallon » qui nous conduira pile là où il faut. Notre méfiance s’endort à la vue de tant de belle neige entre tant de beaux arbres… mais le vallon s’encaisse, les arbres, tombés en travers, nous obligent à pratiquer le saut de haies et d’obstacles raquettes aux pieds (nouvelle discipline olympique ?), jusqu’à devenir un inextricable fouillis végétal dans un inextricable fouillis de rochers enneigés.

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Georges, parti en éclaireur, ne nous annonce rien de bon concernant la suite de ce vallon. Faisons confiance au GPS et, encore une fois, au flair de Denis qui, retrouvant une vague trace, déclare : « Mmhhh… ça pourrait ressembler à une sente, et il n’est pas impossible qu’elle aille où il faut » : et il a tout juste !

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Magnifique journée où la discipline et la solidarité des membres ont compensé la pénurie d’encadrants. Seule inquiétude de la journée : Tony craint depuis le matin que nous ne trouvions pas de bistrot à la taille de notre groupe. Rassure-toi, amigo, il y a tout ce qu’il faut à Entrevaux. Même si nous avons mis la révolution dans sa salle en pleine retransmission des JO, le patron ne s’est pas départi de sa patience devant nos soifs impérieuses, notre grand déballage de victuailles et nos séries de bravos sonores à l’intention de Denis, Eric, Jacques et Tony, par ordre alphabétique !

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