Dimanche 14 avril 2019G1 : tête de Sanguinière (2856 mètres) ou presque…

Dénivelée : 1250 mètres ; distance : 17 kilomètres

G2 : col de la Braïssa (2599 mètres)

 

« En avril ne te découvre pas d’un fil ». Et prévois même une petite polaire de plus dans ton sac à dos, c’est plus sage… La neige a fait un come-back inattendu (mais fortement espéré) : du coup les copains rejoignent les rangs, et nous voici 26 sur la ligne de départ, en comptant nos encadrants, Gabriel, Annie, Patrick, Vincent, Eric et Tony.

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Contrôle des DVA par Patrick, au pont de Saint-Dalmas-le-Selvage, les pieds dans l’herbe verte semée de petits crocus blancs. Si neige il y a eu, elle semble avoir cédé la place au printemps, mais il en faut plus pour attaquer notre mental : nous irons la chercher là où elle se cache, même très haut s’il le faut !

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D’une raquette décidée (le matin, la raquette est toujours pleine de bonne volonté), nous remontons le vallon de Sestrière par les raccourcis de la forêt. Il serait possible de chausser dès la balise 53, mais emportés par notre bel élan matinal, nous ne mettrons les raquettes que bien plus loin : la neige porte bien, et le rythme ne s’en trouve pas pour autant ralenti…

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Arrivés au niveau du refuge de Sestrière, nous quittons le vallon principal pour celui de la Braïssa. Voilà qui nous donne une première indication sur ce que nous ne ferons pas : éliminés, la tête Ronde de l’Escuzier et le col du même nom. Gabriel ayant réservé son choix pour décider sur place, nous savons désormais que c’est vers le col de la Braïssa que nous allons monter, puis (peut-être) vers la tête de Sanguinière ou le Jas de Léous.

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Vallon de la Braisse

L’enneigement est juste parfait dans le large vallon de la Braïssa, et la neige… un vrai régal de printemps, un cocktail sucre glace et sorbet ! Nous remontons un joli petit vallon jusqu’aux sources du torrent de la Braïssa, dominé par ces arbres énormes si caractéristiques, certains vieux de plusieurs centaines d’années : ils en ont vu passer, des randonneurs…

Cabane de la Braisse

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Le pied du col du Petit Valloar est une zone sanctuarisée « Tétras Quiet », matérialisée par des piquets et des cordes : laissons donc les tétras vivre en paix leur vie et leurs amours de tétras. Nous nous dirigeons vers le col de la Braïssa, on le sentait venir depuis un moment, à vrai dire…

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Au fond de cette combe, la longue crête de Sanguinière nous fait de l’œil, entre ses deux cols, Braïssa et Petit Valloar. Forcément, ça vous donne des idées de traversée…

 

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Tandis que le G2 d’Eric et Tony se regroupe au col qui constituera son but du jour, le G1 lève les yeux, toujours plus haut, vers la tête de Sanguinière. Le froid arrive d’un coup et coupe court aux discussions récurrentes dans la section raquette alpine sur le thème : on garde les raquettes, ou on chausse les crampons ? Vincent H, démarre en tête, suivi d’Annie, Patrick, Alix et Vincent M : ceux-là optent pour la première solution, tout à raquette ! Gaby et les suivants préfèrent mettre les mains dans la neige pour chausser les crampons, car on ne sait pas trop ce que va nous réserver cette belle croupe de neige qui monte vers le sommet.

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Sanguinière est le confluent parfait des vallées de la Tinée, du Var et de l’Ubaye, accessible aussi bien de Saint-Dalmas que d’Estenc et de Bayasse, et la vue que l’on a embrasse les quatre horizons. Toute la haute vallée du Var est à nos pieds, avec ses sommets parfaitement enneigés : autant de sommets que d’envies de grimpette, boulimiques que nous sommes… Plus austères, les sommets qui entourent le Trou de l’Âne : Fort Carra, Côte de l’Âne, Sanguineirette : beaux souvenirs pour les uns, projets à concrétiser pour d’autres.

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Nous progressons régulièrement sur de belles pentes de neige. Le sommet est à… combien ? 200 mètres maxi, et presque plus rien en dénivelée. Lorsque soudain se dévoile, insoupçonnable, « le » ressaut rocheux qui mettra fin à notre avancée conquérante, notre ressaut Hillary du jour…

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La montagne connaît toutes les ruses pour nous ramener, encore et toujours, à l’humilité, à la prudence, et à la raison. Il est plus difficile de s’arrêter à 15 minutes d’un sommet qui se découpe sur le ciel bleu que d’y renoncer au bout d’une petite heure de marche dans le brouillard… Surtout lorsqu’une trace parfaite aligne ses pointillés sur la neige immaculée du fameux ressaut, sur la fine arête de neige qui le précède et sur les corniches qui le suivent : c’est la trace d’un animal qui nous nargue, nous tente, et nous souffle que tout est possible…

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Nous sortons nos sandwiches, un peu déçus de n’être pas des quadrupèdes équipés de sabots, mais somme toute très heureux de notre ascension, même incomplète. Le chocolat de Jacques et la désormais célèbre grappa d’Alain tombent à point pour nous consoler de cette petite frustration.

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Deux traces de skieurs s’arrêtent là, elles aussi. Sur notre droite, nous reconnaissons l’itinéraire suivi l’an passé depuis le col de Sanguinière en direction de la tête du Colombier, dans un brouillard à tailler au piolet. En effet, Denis, tu avais raison : nous n’étions pas bien loin du sommet…

 

Col de la Braissa, Cime de la Clape, Cime de la Plate

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Sous un ciel toujours parfaitement bleu, nous amorçons la redescente de ce –presque- sommet, à grandes enjambées dans une neige excellente : un des grands régals de notre saison ! Plus bas, sur la neige qui était ce matin immaculée, nous laissons nos 26 traces côte à côte, chacun voulant déguster sa part de neige vierge à la descente… une vraie trace de rattrack qui balafre du haut en bas les vallonnements successifs que nous traversons. Puis toutes ces empreintes se regroupent jusqu’à n’en former plus qu’une, dans les passages plus étroits ou plus délicats où il est bien agréable de profiter de la trace du copain de devant…

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Le printemps effacera bientôt ces marques de notre passage, signatures éphémères sur un support tout aussi éphémère. D’énormes corniches festonnent les barres de la tête de la Clape, impressionnantes : mieux vaut ne pas être à proximité lorsque le redoux leur fera rejoindre le bas des pentes…

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Pour ne pas faire mentir l’enseigne du bar de Saint-Etienne « Lou ben manja », nous y déballons biscuits, pain d’épices et cookies, tout en trinquant au retour de la neige, qui vient de relancer une saison qui commençait à s’essouffler. Annie et Tony, listes en main, préparent déjà notre escapade pascale dans le Dévoluy : trois jours de découverte d’un nouveau massif, encore mieux qu’une pluie d’œufs en chocolat !

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